BRIQUEVILLE — BRISANTS
s'adressant au roi : « Sire, lui dit-il, c’est sous la protection ;
des Français que votre majesté doit rentrer en France. » Il conduisit, en effet, la famille royale jusqu'au château de Saint-Ouen; mais là il déclara respectueusement que ses affections et sa conscience lui faisaient un devoir de se retirer, et il donna sa démission, malgré les bienveillantes instances du monarque. Au retour de l’empereur, Briqueville accomplit des prodiges à la bataille de Ligny , où il fut mis à l’ordre du jour de l’armée. Le 17 et le 18 juin, faisant partie du corps de Grouchy, il fut l'un des officiers qui insistèrent le plus énergiquement pour marcher sur le canon de Waterloo. Après ce grand désastre le jeune colonel, frémissant d’indignation et de douleur, se précipita, entre Sèvres et Versailles, sur une colonne de cavaliers prussiens, dont il fit un horrible carnage , et du milieu de laquelle il sortit la tête entr'ouverte par un coup de sabre et le poignet droit à demi abattu. Criblé de blessures et accablé de souffrances, il ne fit pas moins partie de plusieurs conspirations tendant au renversement des Bourbons; puis il vécut dans la retraite jusqu’au moment où la reconnaissance de ses concitoyens l’envoya à la chambre des députés.
C'était en 1827. La Restauration, à laquelle il reprochait surtout son origine étrangère, n’eut jamais de plus ferme ni de plus incorruptible adversaire. Pour Briqueville, le Palais-Bourbon était un nouveau champ de bataille, où il combattait sans cesse pour la défense des libertés publiques. Il salua avec enthousiasme la révolution de Juillet; mais ses illusions ne tardèrent pas à s'évanouir, et il revint bientôt à l'opposition constitutionnelle, dans les rangs de laquelle il attaqua avec toute l’ardeur de son caractère celte série d'actes arbitraires, d’'humilités extérieures et d’usurpations hardies; enfin, ce système funeste qui, disait-il, se masquait toujours avec les mots d'ordre et de devoir. Une attaque assez vive contre le maréchal Soult amena entre le fils du maréchal et le colonel une rencontre, à l'issue de laquelle Briqueville vint déclarer à la tribune qu'il maintenait tout ce qu’il avait dit la veille.
Vers le milieu du mois de mars 1844, Briqueville, qui pressentait sa fin prochaine, se traîna mourant à la chambre des députés, pour demander que les restes mortels du maréchal Bertrand reposassent sous la même nécropole que les glorieuses dépouilles de Napoléon. Après avoir payé ce pieux tribut à la fidélité et à la gloire, le soldat de l'Empires’alita pour ne plusse relever. Ilexpira le 20 mars, en prononçant les mots : patrie, gloire, désespoir. B.Sanrans.
BRIS. Ce mot s'applique généralement au fait de l’homme, et imylique presque toujours l'idée d’un délit ; cependant il a en droit une tout autre acception quand il s’agit d’un bris de navire. Voyez Bris ET NAUFRACE.
Le bris de clôture est un délit prévu par l’article 456 du Code Pénal , et puni d’un emprisonnement d’un mois au moins, d’une année au plus, et d’une amende qui ne peut être au-dessous de 50 francs, Lorsqu'il accompagne un autre crime,
il en forme l’une des circonstances aggravantes, et prend le:
nom d’effraction,
Le bris de porte sort de la classe des délits lorsque l’autorité publique, voulant faire une perquisition légale dans le domicile d’un citoyen, éprouve quelque obstacle et se voit dans la nécessité d’ordonner le bris des portes au nom dela loi.
Le bris de prison est une effraction faite à une prison pour faciliter l'évasion d'un prisonnier. Le Code Pénal (art. 241, 244, 245 ) détermine la peine à infliger à ceux qui se rendent coupables de pareils actes.
Le bris de scellés est un délit qui consiste dans la rupture des scellés apposés par un officier public sur des objets dont il n’a pu encore être fait inventaire. La loi établit une différence dans la peine dont ce délit est puni selon qu'il a été commis par celui à la garde de qui les scellés avaient été confiés, ou par une autre personne, et selon les circonsfances dont il est accompagné. ( Art. 249 à 256.)
On a désigné autrefois sous le nom de bris de marché le délit de coalition ayant pour but soit d'empêcher certaines marchandises d'arriver à un marché, soit de fixer le prix de certaines denrées de manière à en assurer le monopole aux parties coalisées.
BRISACH ou BREISACH , que les Allemands appellent Alt-Breisach ( Vieux-Brisach ), est une ville du grand-duché de Bade, chef-lieu du district de ce nom, dans le cercle du Haut-Rhin, à 20 kilomètres ouest de Fribourg et 55 sud de Strasbourg, sur la rive droite du Rhin, vis-à-vis du fort Mortier et de Neuf-Brisach, ville d'Alsace dans le département du Haut Rhin, à 15 kilomètres sud-est de Colmar, et 2 de la rive gauche du Rhin, place de guerre de 1'e classe, bâtie en 1690 par Louis XIV, et fortifiée en 1699 par Vauban (après la perte du Vieux-Brisach), avec 1,981 âmes, un arsenal et une grande fabrication de calicot. Cette dernière ville a été annexée, en 1871, à la- Prusse.
Quant au Brisach badois, bâti sur un mamelon de formation basaltique, il fut longtemps ville libre impériale, et passa pour une des places les plus fortes de l’Allemagne jusque versle milieu du siècle dernier, où ses fortifications furent en partie détruites par ordre de l’impératrice Marie- Thérèse. On y remarque l’église de Saint-Étienne, monument d'architecture gothique, qui contient les tombeaux d’un grand nombre de personnages célèbres. Un pont jeté sur le Rhin le met en communication avec la rive gauche. Sa population est de 4,500 âmes; son commerce et sa navigation sur le fleuve sont considérables ; sa douane est une des plus actives de cette frontière, ainsi que sa fabrication de tabac.
Sa situation , abrupte, isolée, dut en faire de bonne heure un point stratégique important. Jules César en parle, sous le nom de mons Brisacius, comme d’une forteresse des Séquaniens. Après ta domination romaine, Brisach, suivant les destinées des pays voisins, appartint tantôt à l'Empire, tantôt à quelqu'un de ses puissants vassaux. Durant la guerre de trente ans, les Suédois et les Français la menacèrent à deux reprises. Enfin elle dut succomber en 1638 devant l’armée commandée par le duc Bernard de Saxe- Weimar. L'année suivante, l’empereur Ferdinand essaya vainement de la reprendre, et la paix de Westphalie en assura la possession à la France, qui la regarda comme une des clefs de son territoire jusqu’en 1697, que, par la paix de Ryswyck, Louis XIV, dont la période de revers avait commencé, fut contraint de la rendre à l’Empire. Pendant la guerre de la succession d’Espagne, les Français s’en emparèrent par surprise, et s’y maintinrent jusqu'en 1715, où la paix de Radstadi la rendit à l’Autriche. En 1793 les Français s’en rendirent maîtres de nouveau, et en rasèrent les fortifications; mais la paix de Lunéville en attribua Ja possession au duc de Modène, puis elle fut donnée à l’archidue Ferdinand, et définitivement annexée par la paix de Presbourg au grand-duché de Bade.
BRISANTS, masse de rochers ou de coraux contre lesquels la mer frappe ou brise. On donne aussi ce nom aux lames produites par le choc de la mer contre les côles et contre les rochers à fleur d’eau ou sous l’eau, et contre les bancs qui, ayant autant d’inégalités dans le fond du sol que dans leur profondeur, sont assez élevés pour produire de telles lames. Dans ces deux cas, les brisants sont utiles, en ce que, d’abord, le mouvement ondulatoire qui se communique à la surface de l'eau annonce la présence du danger, et qu’en outre le mouvement rétrograde que leur choc imprime au navire suffit quelquefois pour le mettre hors de toute atteinte.
Les brisants, très-dangereux pour les petits navires, qu'ils tourmentent beaucoup, sont incommodes pour les gros, qu’ils empêchent de gouverner en amortissant leur air, A l’abord d’une côte, à l'entrée d'une baie, d’une rade, d’un port, leur mouvement ondulatoire donne aux navires une telle levée, que parfois ils ne peuvent passer sans le plus grand
(JS