‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 461 sur 527 · BRISANTS — BRIS ET NAUFRAGE · texte numérisé non relu

BRISANTS — BRIS ET NAUFRAGE

danger sur des hauts-fonds où ilsauraïent eu assez d’eau sans cette levée. Parfois aussi ils rendent totalement impraticable l’entrée d’un port ou l’abord d’une côte.

BRISE. On entend vulgairement par ce mot un petit vent frais et périodique qui souffle dans certains parages. En termes de marine, c’est la qualification générique du vent quand il n’est pas à la tempête. On dit une faible brise, une pelile brise, une jolie brise, une bonne brise, une brise carabinée, une brise de terre, une brise du large. H ne faut pas confondre la brise de terre avec le vent de terre, ni la brise du large avec le vent du large. La brise du large et celle de terre sont des brises régulières qui se succèdent dans la zone torride, et même un peu en dehors. La brise de terre souffle vers le matin ; elle est moins forte que celle du large. Elle souflle sur la terre refroidie quand l'air n’est plus raréfié : à ce moment, la chaleur que la mer a conservée, raréfie l'air qui lui est supérieur, et alors celui de terre accourt pour remplir la dilatation qu’opère la raréfaction au large. La brise du large se fait sentir vers midi, et dure plus ou moins, quelquefois jusqu’à sept ou huit heures, et quelquefois jusqu’à minuit : elle est régulière sur les côtes des continents et des grandes îles entre les tropiques. La brise carabinée est le grand frais; elle fait riser ( serrer ) les huniers au plus près.

BRISÉES. On entend au propre par cemot, en termes d'eaux et forêts, des branches que l’on coupe dans un taillis ou à de grands arbres pour marquer les bornes des coupes. En termes de chasse, ce sont également des branches que le veneur rompt aux arbres ou qu’il sème sur son chemin pour reconnaitre l'endroit où est la bête et où on l’a détournée : on dit frapper aux brisées pour courre lorsque le veneur a fait son rapport.

Dans le style figuré, on se sert du mot brisées dans la même acception, c’est-à-dire pour indiquer la voie pratiquée par quelqu'un, et que l’on veut suivre : aller ou marcher sur les brisées de quelqu'un, c’est suivre ses traces, c'est entrer, en quelque sorte, en émulalion, en concurrence, en rivalité avec lui.

BRISEIS ou HIPPODAMIE, fille de Brisès, grand prêtre de Jupiter à Lyrnesse , capitale de la Cilicie, et femme de Mynès, roi de cette contrée, tomba, après la mort de son époux et la prise de cette ville par les Grecs durant la guerre de Troie, dans e partage que les vainqueurs firent du butin, entre les mains d'Achille, qui en devint éperdûment amoureux, et promit d’en faire sa femme. Mais Agamemnon, que les conseils d'Achille avaient obligé de rendre à Chrysès , frère de Brisès, <a fille Chryséis, dont il avait fait son esclave, fit enlever au héros sa captive, et la garda dans sa tente, où il la traita, du reste, avec toutes sortes d’honneurs et de respects. Le ressentiment qu’Achille conçnt de cette action faillit avoir des suites funestes pour les Grecs, qui se virent privés de l’appui du héros, retenu durant près d’une année dans sa tente sans vouloir prendre aucune part aux combats, Enfin, Agamemnon, effrayé des victoires d’'Hector, consentit, à la prière des Grecs, à rendre Briséis à Achille, et il la lui renvoya avec de riches présents ; mais celui-ci refusa de la reprendre. On ignore ce qu’elle devint après la mort d’Achille, dont la colère et linaction après l'enlèvement de sa captive font le sujet principal de l'/liade.

BRISE - LAMES, On nomme ainsi un ensemble de claires-voies prismatiques, faites en bois et flanquées de liége, longues chacune de vingt mètres, qui dépassent de deux mètres la surface agitée de la mer, et qu’on amarre solidement # environ trois kilomètres des côtes. C’est une espèce de digue en bois, à la fois résistante et mobile, Les sections du brise-lames sont placées en ligne, ou plutôt en échiquier de manière à se prêter un mutuel appui. La lame qui vient du large passe à travers le brise-lames comme à travers un crible élastique, et perdant son élan , la mer reste

calme dans le bassin que ‘e brise-lames enserre et protège.

- Les premiers essais de cet appareikont été faits à Penzance et en avant de Brighton. En 1846 on en a construit un dans le port de la Ciotat ( Bouches-du-Rhône ).

BRISE - MOTTE. On appelle ainsi tout instrument propre à pulvériser les mottes trop grosses que laisse l’opération du labourage. Tels sont les rouleaux compresseurs de Schattenmann, soit unis soit garnis de pointes, et le rouleau squelette, qui, formé de disques de fonte enfilés dans un axe de fer, offre des tranchants moins sujets à s’émousser que les dents des rouleaux à pointes.

Après le passage du rouleau, les mottes semblent quelquefois encore tout entières; mais on ne tarde pas à s’apercevoir de l'atteinte qu'elles ont reçue; car en faisant succéder à ce travail celui de la herse, elles se brisent, s’émiettent sans peine, tandis qu’elles résistaient avant le passage du rouleau,

BRISE-PIERRE, instrument dont on se sert pour concasser la pierre qui entre dans le ferrement des routes. En chirurgie, c'est le nom de plusieurs instruments de lithotritie employés pour briser la pierre dans la vessie.

BRISER. En termes de blason c’est charger un écu de brisures, comme lambel, bordure, etc., pour distinguer les branches et les cadets de leur aîné, auquel appartiennent les armes pleines.

BRIS ET NAUFRAGE ( Droit de). Ce droit a longtemps existé en France : c'était la confiscation de ce qui restait d’un vaisseau qui avait fait naufrage et s'était brisé sur les côtes. Il est vraiment curieux de rechercher l’origine d’un usage si barbare, qui s’était établi chez les peuples riverains de la mer, et que jusque vers la fin du dix-septième siècle, au milieu d’une civilisation très-avancée, notre législation avait osé consacrer. On en trouve des traces chez toutes les nations maritimes ; mais c’est dans la barbarie des premiers âges qu’il a pris haissance. Lorsque les hommes commencèrent à s'organiser en sociétés, les tribus demisauvages étaient en guerre permanente; la piraterie devait donc être en quelque sorte le droit des gens de ceux qui habitaient le littoral des mers; tout étranger étant un ennemi , quelle loi eût pu protéger les naufragés ? On trouvait tout naturel de prendre ce qu'offrait la tempête ; et d’ailleurs, il était difficile qu’on respectât un malheureux que la colère des dieux semblait poursuivre.

Mais quand des relatiuns de commerce et d'amitié se furent établies entre les nations, que des conventions réciproques eurent offert uné protection aux citoyens de pays divers, il est probable qu’alors on dut considérer les hommes que la tempête poussait sur les côtes, avec quelques débris de leur fortune, comme ayant autant de droits que ceux qui y abordaïent tranquillement pour y faire un trafic avantageux. Alors la féroce coutume de piller les naufragés, de les réduire en esclavage, de les immoler comme des bêtes fauves, ou même de les sacrifier en holocauste sur les autels dela Divinité, disparut sans doute, et les naufragés, en mettant le pied sur le rivage d'une nation civilisée par le commerce, purent dire comme Ménélas dans Euripide : Navayds éyd Eévoc, &uknrov yévos (Sum naufragus, Spoliare quod genus est nefas). Les Égyptiens, qui, par des raisons de sûreté intérieure ou ae commerce, fermaient quel ques-uns de leurs ports aux étrangers, firent une exception en faveur de ceux que la tempête contraignait à chercher un asile dans ces ports réservés. La législation romaine avait pris toutes les mesures qui étaient en son pouvoir pour empêcher que les naufragés ne fussent pillés; la loi prononçait des peines sévères contre ceux qui élevaient sur la côte des feux pour attirer les navigateurs dans les écueils, (ne piscatores, lumine ostenso, fallant navigantes, quasiin portum aliquem delaturi, elc.). Les lois de Constantin consacrèrent le principe, qu'it était odieux que le fisc

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