‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 463 sur 527 · BRISSAC — BRISSON · texte numérisé non relu

BRISSAC — BRISSON

maréchal de France. Brissac ouvrit la campagne de 1554 par la prise de Quiers et de Saint-Damian; mais il fut peu secondé par la cour : on l’abandonna à ses propres forces; on ne lui envoya ni argent, ni troupes, ni munitions, ni vivres : il était encore trop heureux lorsque les ennemis qu’il avait auprès du roi n’augmentaient pas les embarras de sa position Brissac, ayant presque toujours à lutter contre des forces supérieures, n’éprouva jamais d'échecs. Nonseulement il conserva le pays qui lui était confié, mais il en recula les limites. 11 sut par sa justice, par la sagesse de son administration, par ses manières affables, se concilier l'esprit des habitants. Pendant plus de dix ans il les maïntint dans les mêmes dispositions à l'égard de la France. Il fitrégner parmi ses troupes la discipline la plus sévère, et les soldats, souventexposés aux plus rudes privations , n’osaient commettre ni désordres ni violences.

Après la mort de Henri II, Brissac se vit forcé d’abandonner le théâtre de ses victoires. Il revint en France, où il sollicita le payement de 100,000 livres qu’il avait empruntées pour la solde des troupes. Ne pouvant l'obtenir aussi promptement qu’il le désirait, il donna aux marchands piémontais qui les lui avaient avancées une somme de 20,000 écus, qu’il réservait pour la dot d’une de ses filles. Cet acte de désintéressement fit beaucoup de bruit à la cour : on ne put s'empêcher de l’admirer, mais on l’oublia bientôt. Brissac combattit les protestants, et se rangea dans le parti mixte qu’on désignait sous le nom de polifiques ; maïs il ne joua dans ces troubles qu’un rôle secondaire. On lui avait donné le gouvernement de Picardie. Sa modération le fit accuser d’indifférence pour la religion par les catholiques, et les protestants ne l’en déchirèrent pas moins dans leurs écrits. Il ne changea pas pour cela de conduite. I1 contribua beaucoup à la prise du Havre, et ce fut son dernier exploit. II mourut en 1563 , à l’âge de cinquante-sept ans. Brissac ne dut pas sa fortune à ses seuls services: il était doué de tous les agréments extérieurs. On ne l’appelait à la cour que Ze beau Brissac. Il y brilla par les grâces de sa personne, par son habileté et par son esprit. On prétend même que lintérêt tout particulier que lui portait Diane de Poitiers ne fut pas étranger à son avancement dans l’armée. Boivin du Villars, secrétaire du maréchal, a laissé des Mémoires qui méritent d’être consultés. Th. DELBARE.

BRISSON (Barvagé), né en {531 , d’une famille noble, se distingua de bonne heure par ses grands talents et son ambition pour les places. Il était encore simple avocat au parlement de Paris quand Henri IEX disait qu'aucun prince de l'Europe ne pouvait se vanter de posséder un homme aussi savant que son Brisson, Avocat général au parlement en 1575, et président à mortier en 1583, il ne cessa d'onir les recherches les plus savantes à l'exercice de ses fonctions. En 587 Je roi, après l'avoir nommé conseiller d'État, lui avoir confié plusieurs négociations importantes et l'avoir envoyé en ambassade en Angleterre, le chargea de mettre en ordre les ordonnances rendues sous son règne et sous celui de ses prédécesseurs. Cet ouvrage, connu sous le nom de Code Henri, fut achevé en trois mois, et mérita de grands éloges à Brisson, qui avait travaillé avec le coup d'œil d’un véritable législateur,

Lorsque, plus tard, par suile de la journée des barricades (1588), le roi seretira de Paris et convoqua le parlement à Tours, un assez grand nombre des membres quittèrent également la capitale. Brisson fut de ceux qui restèrent, et la Ligue le nomma premier président, à la place d'Achille de Harlay, prisonnier à la Bastille. Ce fut entre ses mains que le duc de Mayenne prêta serment en qualité de lieu tenant général de l'État et couronne de France. On a interprété très-diversement la conduite que Brisson tint en cette circonstance, Il protesta secrètement devant deux no- {aires contre tout ce qu'il pourrait faire de préjudiciable aux Wiéréts du roi, déclarant qu'il ne cédait qu’à la force, et

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