BRISTOL — BRITANNICUS
tunnel de fer assez solide pour permettre le passage des con vois de chemin de fer. Les deux ingénieurs Fairbairn et Stephenson se disputent la gloire-de l'invention de ce projet gigantesque. Fairbairn paraît en avoir conçu la première idée; mais c’est à Stephenson qu’appartient incontestablement le mérite de l’avoir développée et mise à exécution. Le tunnel proprement dit est fait de plaques de fer rivées ensemble et formant une longue caisse dont la coupe transversale est un rectangle, Le pont ne reçoit la solidité nécessaire que de tubes de fer carrés, solidement assujettis dans le sens de leur longueur dessus et dessous, au nombre de huit en haut et de six en bas. Des essais répétés avec un modèle de près de 31 mètres ayant réussi, on se mit à l’œuvre, en 1847, et un pont de 121,84 de long, sur 4,14 de large et 7°,31 de hauteur fut jeté d’abord sur le golfe de Conway. A 31 mètres environ de son emplacement, ce pont fut assemblé sur des pilotis, d’où on l’enleva à la marée montante au moyen de pontons pour le mettre en place le 6 mars 1848. Deux presses hydrauliques mues par la vapeur l’ajustèrent sur les culées. Le pont du canal de Menai, construit de la même manière, fut achevé en 1850. Il a 454,75 de long, et repose, outre les deux culées, sur trois piles, dont celle du milieu est construite sur le rocher Britannia dans le canal. Les deux sections moyennes ont chacune 143,85.
BRITANNIA (Métal), alliage fort employé dans la fabrique anglaise, de couleur blanche, semblable à l’argenf, et composé de parties égales de laïton, d’étain, d’antimoine et de bismuth, qu’on fait fondre ensemble et auxquelles on ajoute assez d’étain pour que l’alliage prenne la dureté et la couleur convenables. On emploie le britannia à faire des théières, des pots au lait, etc.
BRITANNICUS (Czaunivs-Tiserius), né l’an de Rome 794, et de J.-C, 42, de l’empereur Claude et de Messaline, reçut, comme son père, le surnom de Britannique, dont le sénat avait salué ce dernier au retour d’une expédition dans la Bretagne, où une fois il avait fait preuve de quelque courage. Fils de l’imbécile Claude et de l’impudique Messaline, ce malheureux prince paraissait réservé par le sort à être lié, tant par le sang que par les alliances, à ce que la cour enfermait de plus honteux et de plus exécrable, Messaline ayant été massacrée par un tribun dans les jardins de Lucullus, par l’ordre surpris à Claude et par les soins empressés de Narcisse, le seul héritier de l’illustre famille Claudia, à laquelle Rome devait trois empereurs, passa sous la tutelle d’une belle-mère digne en tout point du lit qu’elle venait d'occuper et de celle qu’elle y remplaçait, sous la tutelle enfin d’'Agrippine, mère de Néron. Cette femme, violente et artificieuse , se hâta, par mille moyens, de frayer à son fils une route à l'empire, dont elle convoïtait sa part; elle l’entourait d’égards, de dignités et d'une garde d'honneur, l'ayant proclamé prince de La jeunesse, tandis qu’elle laissait dans l’ombre, le caressant en apparence, le jeune Britannicus. Toutefois, la tendresse de Claude pour cet enfant, né pendant son règne, circonstance réputée heureuse pour lui et le peuple romain, offusquait la veuve de Domitius ; il lélevait dans ses bras, le montrait aux soldats dans le Champ-de-Mars et aux citoyens dans le Cirque; dans son palais, il le tenait souvent sur ses genoux; enfin, lorsqu'il eut atteint l’âge de treize ans, il voulut qu'il fût revêtu de la robe virile « pour que Rome, disait-il, eût cette fois un vrai César. » Cependant, par une de ces inconséquences qui signalaient chacune de ses actions, il ayait adopté, dès l'âge de sept ans, L. Domitius, l’ambitieuse espérance d’Agrippine. La présomption à l’empire était déjà si forte dans ce fils adoptif, qu'étant encore enfant, lui et sa mère supportaient impatiemment la familiarité de Britannicus, l'appelant de son surnom de famille, Ænobarbus (Barbe de Cuivre). Agrippine s'en plaignit amèrement à son faible époux, rejetant néanmoins toute la faute sur les instituteurs du jeune