‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 474 sur 527 · BROCKHAUS — BRODERIE · texte numérisé non relu

BROCKHAUS — BRODERIE

De nos jours le brodequin diffère de la bottine en ce qu’on le lace sur le cou-de-pied, tandis que celle-ci se boutonne ou se lasse sur le côté. On n’en fait guère qu’en cuir, tandis que les botlines sont presque toujours en étoffes de toutes couleurs. Les brodequins sont surtout portés par les enfants, dont ils assurent la marche, en même temps qu’ils empêchent le pied de se déformer, et qu'ils le préservent de la poussière, du sable et de la boue, contre lesquels le soulier seul est de moindre défense.

Dans l’application aux choses du théâtre, il faut avoir bien soin de distinguer le brodequin du cothurne: un poëte comique chausse le brodequin; un poëte tragique, le cothurne; le premier est un attribut de Thalie, l’autre un attribut de Melpomène. Mercier a donc eu grandement raison de dire :

Voltaire, plein d’un feu divin, Chausse le cothurne tragique; Ma muse, naïve et comique, Ne chausse que le brodequin,

Brodequins s’est dit autrefois d’une espèce de torture ou de question à laquelle on soumettait, non pas toujours les criminels seuls, mais quelquefois aussi les accusés , les simples prévenus, pour leur arracher par la douleur laveu d’un crime que souvent ils n’avaient pas commis. On la donnait, disent les anciens auteurs, avec quatre petite ais forts et épais, dont deux se plaçaient chacun à la partie extérieure de la jambe droite et de la jambe gauche, et les deux autres entre les deux jambes. On liait ensuite tout cæ appareil avec de bonnes cordes, puis l’on prenait des coins de fer ou de bois , que l’on introduisait, de force, à coups de maillet, entre les deux ais qui séparaient les jambes, de manière à opérer une pression si puissante et si terrible qu'elle faisait éclater les os.

BRODERIE. origine de cet art doit remonter à une haute antiquité, car on en trouve des traces dans les premiers livres de la Bible, et la mythologie grecque en attribue l'invention à Minerve. On appelle broderie un dessin tracé à l'aiguille avec un fil quelconque sur toute espèce d’étoffes. Les broderies les plus simples se font avec du coton blanc, dont on fait usage sur de la mousseline, du jaconas, de la batiste, etc. On en fait aussi avec de la soie ou de la laine de couleur sur des étoffes diverses On fait encore des broderies en or et en argent, soit en fil rond, soit en lame, soit en paillette. Enfin, on fait des broderies en soies nuancées , et dans lesquelles on cherche à rendre les couleurs naturelles des objets que l’on veut représenter. Toutes ces broderies ont des noms particuliers, tirés de l'espèce de point où de la matière que l'on emploie. Ainsi, on dit broder en blanc ou en or, broder au passé, au plumelis, au point de chaïnette, au point de marque, au nuancé, à l'aiguille, au crochet, à la main, au mélier, en application. Cette dernière broderie consiste à coudre sur l'étoffe des morceaux d’une autre étoffe découpée pour former des pleins et des clairs d’un agréable effet. Sur les mousselines ou autres tissus blancs, on brode souvent à la main, ayant seulement l'attention de bâtir son dessin par-dessous l’étoffe ou de le dessiner sur l’étoffe par un procédé qui varie. Pour les broderies en or et en argent, et surtout pour les broderies en soie nuancée, on trace d'avance le dessin que l’on veut broder , et ensuite on monte l’étoffe sur un châssis à pied, que l’on nomme métier à broder.

Avant la révoiution de 1789, les brodeurs sur étoffe formaient une corporation dans laquelle n'étaient pas admises les brodeuses, qui faisaient seulement des broderies en blanc sur le linge. Maintenant, toutes les espèces de broderies sont faites par des femmes; mais ce sont ordinairement des hommes qui font les dessins, soit sur papier, soit sur étoffe. L

Les broderies sont l'obiet d’un commerce très-étendu. De plus, il est peu de dames qui ne consacrent quelques-uns

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