‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 475 sur 527 · BRODERIE — BROEK · texte numérisé non relu

BRODERIE — BROEK

de leurs loisirs à exécuter de ces charmants travaux d’aiguille. Ainsi la broderie dite à l'anglaise, qui se fait au point de cordonnet allié souvest au point de feston, a occupé dans ces derniers temps beaucoup de doigts plus ou moins aristocratiques ; aujourd’hui que ce genre de broderie est à la portée de presque toutes les bourses, l'engouement passager qui l’a accueilli semble se reporter sur d’autres genres. Mais la broderie en tapisserie, qui consiste à remplir un canevas avec de la laine ou de la soie, de manière à imiter un dessin donné, est toujours en vogue. La broderie donne lieu en France à un mouvement commercial qu'on évalue à environ 20 millions.’ Le centre de cette industrie est en Lorraine; on compte dans le département des Vosges jusqu’à 75,000 brodeuses,

Au figuré, la broderie, sans être précisément un mensonge, en approche quelque peu : on brode quand on ajoute à un récit des details dont on n’est pas sûr, souvent méme dont on sait la fausseté, mais qui offrent l'avantage de rendre plus intéressant le fait que l’on raconte.

Broderie, enlin, sert encore à désigner en musique de légères variations que le musicien ajoute à sa partie dans l'exécution, pour orner des passages trop simples, et par le moyen desquelles il peut faire briller la légèreté de ses doigts ou la flexibilité de son gosier.

BRODY.,importante ville de la Galicie Autrichienne, dans le cercle de Zloczow, à peu de distance des frontières russes de l’ancienne Volhynie, au mulieu d’une plaine marécageuse environnée de forêts, à 88 kilomètres de Lemberg, et érigée depuis 1799 en ville libre commerciale, est le siége d’une chambre impériale, d’une direction générale des douanes et d’un tribunal de commerce. On y trouve cinq faubourgs et plusieurs places publiques, entre autres le vieux Marché et la place du Château ou Marché-Neuf. Les rues en sont sales et les maisons construites en bois ; on y voit aussi un château seigneurial avec parc, appartenant au comte Potocki, un grande église catholique et deux grandes églises grecques, trois synagogues, un hôpital richement doté, Cette ville a été à moitié détruite, en 1859, par un incendie, où un grand nombre de personnes perdirent la vie.

La population de Brody est d'environ 25,000 âmes, dont près des sept huitièmes professent la religion juive; le reste se compose de Polonais , d’Allemands et de fonctionnaires publics ; et après Lemberg, c’est la ville la plus peuplée et la plus commercante de la Galicie. Elle constitue le principal lieu d'échange entre l’empire d'Autriche et la Russie, on pourrait même dire entre l'Orient et l'Occident. Quarante maisons de commerce de premier ordre et deux cents maisons d'importance moindre, les unes et les autres pour la plupart entre les mains d’Israélites, y font des affaires immenses en bestiaux , chevaux , cires, suifs, cuirs, pelleteries, vins de France, du Rhin et de Hongrie, anis, fromages, soies, verres, porcelaines et sels. Il y existe aussi d’importantes manufactures de cordes et tanneries.

BRODZINSRKI (Case ) , l’un des poëtes polonais les plus distingués des temps modernes, naquit en 1791, à Krolowsko, dans l’ancienne starostie de Lipna. En 1809, à l’époque du grand-duché de Varsovie, il entra à Cracovie dans les rangs des défenseurs de la patrie, et servit, en qualité de sous-oflicier, dans un régiment d'artillerie. La publication de ses premières œuvres poétiques remonte à la même époque ; elles avaient pour titre: Pienia wiejskie (Cracovie, 1811), et prouvèrent que la vie intime du paysan polonais offre à la poésie une riche source, On admira surtout la vérité avec laquelle il savait peindre les mœurs et exprimer les idées propres au peuple. Après avoir séjourné quelque temps à Varsovie et à Modlin, il fit, avec les Français, la campagne de 1812 contre les Russes Revenu, en 1813, à Cracovie, avec les débris de l’armée polonaise et les épaukttes d’oflicier, il fit encore les campagnes d’Autriche et de Saxe. Prisonnier à la bataille de Leipzig, il fut mis en liberté

sur sa parole, et passa alors une année à Cracovie. I] alla ensuite à Varsovie, et devint professeur d'esthétique à l’université de cette ville. Bien avant Mickiewicez, il avait tenté de donner une vie nouvelle à la poésie polonaise par l'imitation de modèles choisis dans les poésies étrangères; il ne pouvait donc manquer d’être l’un des plus fervents défenseurs de ce novateur, lorsqu'il commença son apostolat littéraire. Les poésies de Brodzinski, et surtout les nombreuses dissertaÿons critiques qu'il fit paraître dans des revues et des journaux, contribuèrent puissamment au triomphe de la nouvelle école romantique, et l’eurent bientôt classé parmi les critiques polonais les plus influents,

Depuis la dissolution de l’université de Varsovie, à la suite des événements de 1831, il vivait sans emploi à Varsovie , souffrant d’une maladie de poitrine, lorsqu'il obtint entin , à grand'peine , la permission d’aller prendre les eaux en Bohême; mais il ne lui était pas donné de revoir le sol natal. 11 mourut le 10 octobre 1835, à Dresde, où ses compatriotes lui ont élevé un modeste monument, Doux et sensible , l’amour de la patrie et le sentiment religieux formaient le fond de son caractère et le type de son existence. On a commencé à Wilna une édition de ses œuvres. Brodzinski avait aussi traduit Job, les Souffrances du jeune Werther et un choix de chants populaires serbes et bohemes.

BROERK (on prononce Brouk), village de 1,100 âmes, dans la province de Nord-Hollande, à 4 kilomètres nordest d'Amsterdam, célèbre par la minutieuse propreté de ses habitants, dont beaucoup, anciens négociants retirés des affaires, sont deux et trois fois millionnairés, et qui n’admettraient pas chez eux un étranger sans lui avoir fait préalablement quiiter ses bottes ou ses souliers, pour chausser des espèces de babouches destinées à garantir de toute espèce de souillure leurs parquets et les somptueux tapis qui les recouvrent. Cette formalité est tellement de rigueur, que Napoléon et l’empereur Alexandre eux-mêmes, quand ils vinrent visiter ce village, furent obligés de s’y soumettre comme de simples mortels. L'entrée de Broek est d’ailleurs soigneusement interdite aux bestiaux, aux chevaux, aux voitures, aux équipages même les plus légers, afin que les rues ne soient jamais salies; car vraiment ce serait dommage! Représentez-vous en effet, si vous le pouvez, des rues payées en marbre à peu près comme le sont les antichambres et les salles à manger de nos habitations parisiennes, aussi soigneusement entretenues, balayées et lavées. Le long des maisons de ces villageois millionnaires règne un espace séparé de la voie publique par une balustrade en fer battu ornée de pommes de cuivre étincelantes de fourbissure. Cette espèce de trottoir est payé en mosaique à la manière de celles qu’on peut voir dans les raines de Pompéi. L'aspect extérieur des habitations répond complétement à ce que promet cette voie publique ; ce sont de véritables palais en miniature, tout étincelants de dorures et de peintures renouvelées ou tout au moins rafraichies chaque année; l'entrée ordinaire en est placée sur les derrières, où l’architecte a discrétement ménagé une porte bâtarde. Quant à la porte unique donnant sur la rue, porte toujours d'apparence somptueuse, elle ne s'ouvre que dans trois circonstances bien solennelles de la vie de chacun des propriétaires de ces bijoux : les baptémes, les mariages et les enterrements. A l’intérieur, ce ne sont que tableaux , marbres , vases et curiosités ; ce ne sont que bois précieux et luisants, porcelaines d'Asie, cristaux, albâtres , porphyres.

Un voyageur français qui à publié une descriptis a trèspiquante de la Hollande et de ses mœurs, sous le ütre de Quatre mois dans les Pays-Bas, M. Lepeintre-Desroches, nous apprend que cet opulent village, tout féerique qu'il paraît d’abord , est d’une tristesse incomparabk, et qu'on ÿ rencontre si peu de passants qu'on le croira.t désert. Les prudents habitants de Broek, aussi économe» qu’opulents et aussi sédentaires qu'éconoines, se voiesl rarement entre

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