BROHAN
vit d’aise le vénérable orchestre du Théâtre-Français, pen habitué à pareille fête. Dans la même soirée elle aborda le rôle ‘le Lise des Rivaux d'eux-mêmes. Ici, il ne s'agissait plus d’être franche du collier, il fallait finasser, ruser, avoir de la grâce, de la chatterie, quelque peu de fine fourberie ; M''e Augustine Broban eut de tout cela! Aussi dès cette première soirée le public prit en grande affection ce frais sourire , ces dents si blanches, toujours prêtes à se laisser voir, ces yeux tout à la fois vifs, doux et agaçants, cette taille à facilement envelopper dans les dix doigts, cette physionomie railleuse, ces gestes sobres, bien qu'aisés, cette voix mordante, qui ne permet pas à l'oreille la moins attentive de perdre une syllabe de la poésie franche et forte de Molière.
Dès cette première soirée il fallut convenir que l'hérédité du talent n’est pas toujours un vain mot. Avec lemême bonheur qui avait protégé ses premiers pas, M!° Augustine Brohan parcourut successivement le répertoire de Marivaux, de Regnard, de Destouches, de Lesage, ete, Chose étonnante ! la Comédie-Française comprit que ce bonheur était du talent, et du meilleur; elle se hâta (elle, d’ordidaire si lente dans ses résolutions, surtout quand ces résolutions sont bonnes) d'enchainer à tout jamais M!'° Augustine Brohan, sa vive et précoce intelligence, son fin regard, par une promesse de sociétaire. Cette promesse reçut son accomplissement, ct depuis l’âge de dix-neuf ans à peine Mile Brohan fait partie de la société,
Édouard LEMOINE.
Jusqu'en 1865 Mile Augustine Brohan n'a pas cessé d’appartenir au Théâtre-Français, d'en gâter le public, et d'être son enfant gâté. Son talent, ses séduisantes qualités y lirent longtemps courir la foule, et ses apparitions sur là scène se comptèrent toujours par des succès, Les rôles de Dorine du Tartufe, de Toinette du Malade imaginaire, et de Suzanne du Mariage de Figaro furent trois de ses plus beaux triomphes. Cependant elle a créé des rôles importants dans la plupart des ouvrages modernes, comme ceux du Caprice, de Me de Belle-Isle et des Demoiselles de Saint-Cyr. En 1859, après la mort de Mie Rachel, elle la remplaça comme professeur au Conservatoire. Atteinte d’une myopie excessive, elle ne fit plus dès lors que de lointaines apparilions sur la scène, et en février 1858 elle donna sa représentation de retraite.
Mie Augustine Brohan ne se contentait pas de jouer, elle a écrit aussi des comédies, On a joué d'elle sur des théâtres de souété plusieurs proverbes agréablement composés : Compter sans son hôle (1849), Les Metamorphoses de l'amour, Quille ou double, IL faut toujours en venir là, Qui femme a guerre a; quelques-unes de ces œuvres légères ont même été produites au Théâtre-Français. Elle passe également pour avoir rédigé des Mémoires, qu'on ditêtre fort piquants, mais qu’elle a refuse de livrer à la publicité. Eutin elle a fait insérer, en 1857, dans le Figaro une série de lettres, signées Suzanne, et dont la causticité lui attira de la part des gens de lettres des représailles séyeres,
BROHAN (Éiure- MADELEINE) est la sœur cadette d'Augusline, Née le 22 octobre 1833, et destinee au théâtre, ;la jeune élève du Conservatoire remporta le premier prix de comédie, le 25 juillet 1850. Le 15 septembre de la même année, elle débutait au Théâtre-Français dans le rôle de Marguerite des Contes de la reine de Navarre, de M, Scribe; ce début fut un éclatant triomphe. On admira cette excellente diction, cette tenue parfaite; on se trouva pris sous le charme de cette souriante jeunesse, de cette voix charmante, et surtout de cette beauté pleine d'éclat. Elle s'essaya ensuite dans l'ancien répertoire de la comédie, et joua avec beaucoup de succès les rôles de Célimène du Misanthrope et de Sylvia dans Le Jeu de l'amour et du hasard. En fait de rôles nouveaux, nous cilerons ceux qu'elle a créés dans Les
BROHAN — BROMÉLIACÉES
Caprices de Marianne, Me de la Seiglière, les Doigts
de fée, une Loge d'opéra et Le Lion amoureux. Elle a été
admise comme sociétaire au Théâtre. Français en 1851. Deux
ans après elle épousait M. Mario Uchard, auteur dramatique,
union mai assortie du reste qui ne tarda pas à être romnpue du cois+in nt mutuel des deux époux,
BROMATES, sels résultant de la combinaison de l'acide bromique avec une base. Tous les bromates, excepté ceux d'argent et de protoxyde de mercure, sont solubles dans l'eau. Ils détonnent vivement sous le choc du marteau. Ils peuvent, servir aux mêmes usages que les chlorates, avec lesquels ils sont isomorphes. Ces deux classes de sels se comportent presque toujours de la même manière ; ainsi, les bromnates soumis à l’action de la chaleur se décomposent en oxygène et en bromures analogues aux chlorures qu’on obtient des chlorates dans les mêmes circonstances. Enfin, comme dans les chlorates , l'oxygène de l'acide des bromates est à l'oxygène de leur base comme 5 est à {.
BROMATOLOGIE , science ou traité des aliments, boissons, condiments, elc. Ce terme, qui a été quelquefois employé dans l’hygiène, est hors d'usage.
BROMBERG, ville de Prusse, sur la Brahe, est le chef-lieu d’un cercle de Ja province de Posen et le siége d'une cour d'appel. Elle doit sa prospérité à Frédéric II, à qui elle a élevé une statue en 1816, et qui fit communiquer par un canal les eaux de la Vistule avec celles de l’Oder. On y Compte 25,000 âmes. Elle fait un grand commerce en laines, cuirs et bois, et contient quelques fabriques. Depuis 1862 elle est reliée par un chemin de fer à Berlin et à Varsovie.
BRÔME (de Boôuos, espèce de graminée, ou de Bpôuæ, aliment , parce que les graines des bromes servent de nourriture aux oiseaux), genre de plantes de la famille des graminées, dont les espèces, au nombre d'environ quatre-vingts, sont répandues dans presque toutes les contrées du globe, et particulièrement en dehors des tropiques. Toutes les espèces indigènes à la France, et on en compte dix-huit, conviennent plus ou moins pour la composition des prairies. La plus propre à remplir cette destination est le brome des prés (bromus pralensis, Lamarck), qui se voit dans toutes les prairies confondu au milieu des autres herbes. Si une portion de ces prairies a été fatiguée par un chemin qui y aurait été pratiqué momentanément, si par toute autre cause, telle que des meules qui auraient été laissées trop longtemps, ou des feux que les pâtres auräient établis, l'herbe naturelle au pré est fatiguée ou détruite, on voit d’abord s’y établir des poas, des houlques, qui gazonnent ces places d’une lerbe serrée et fine, bientôt surmontée d’une herbe plus élevée, qui est ordinairement un brome et presque toujours le bromus pralensis ou le bromus mollis, ce qui indique l'utilité d’en répandre les graines dans des circonstances semblables pour rétablir plus rapidement le niveau dans les herbes de la prairie. Le brome des prés, croissant spontanément dans les sols les plus mauvais, a fourni tout naturellement la pensée de le cultiver en grand en de pareilles circonstances; la pratique à justifié cette pensée pour des sols réfractaires à d’autres graminées, où on obtient une herbe abondante et du foin, tout en gazonnant d’une plante vivace des terrains qui se trouvent ainsi améliorés et propres à la dépaissance ou disposés à recevoir plus utilement d’autres cultures. Mais nous conseillerons de îe mêler de quelques plantes qui tapissent la terre ou garnissent les parties inférieures et moyennes un peu nues du brome des prés ; par ce moyen, on crée immanquablement une prairie touffue et élevée, dont on peut faire du foin ou un pâturage de bonne qualité, abondant et permanent. C. ToLLARD ainé.
Le brome des prés fleurit en juin. C’est une belle espèce, d’un vert glauque, dont la hauteur varie de 0,65 à 0,95; ses racines dures, épaisses, vivaces, donnent naissance à
DICT. DE LA GONVERS. — T. Ill.
plusieurs tiges droites presque nues; les feuilles sont parsemées de poils rares, les épillets panachés de vert, de violet ou de pourpre, et composés de six à neuf fleurs.
Le brome seiglin (bromus secalinus, Linné), ainsi nommé de ce qu’on le trouve fréquemment dans les champs de seigle et d'avoine négligés, a des tiges glabres, hautes d'environ un mètre; les feuilles sont planes, à peine parsemées de quelques poils courts; les épillets ovales lancéolés, glabres, un peu comprimés, d’un beau vert, bordés de blanc, renfermant dix à douze fleurs.
Le brome velu (bromus mollis, Linné) se reconnait à l'aspect blanchâtre et pubescent de toutes ses parties, au duvet mou qui recouvre ses graines et ses épillets. On le trouve ordinairement le long des chemins et des murs et, comme le brome seiglin, dans les prés secs et les terres négligées. Ces deux espèces sont souvent très-communes parmi les céréales, et leurs semences, mêlées à celle du seigle et du froment, sont peu nuisibles il est vrai, mais communiquent au pain une saveur amère et désagréable. Dans les années de disette, on a cherché à les employer ; mais on n’en obtenait qu’un pain noir et pesant. Le meilleur parti qu’on puisse en tirer, c’est d'en nourrir la volaille. La panicule du brome velu fournit une couleur propre à teindre en vert.
Le brome rude (bromus squarrosus, Linné), qui habite le midi de l'Europe et se répand jusque dans l'Afrique septentrionale, croît sur le bord des champs et fleurit en juin
| et juillet. Il est très-remarquable par la grosseur de ses épil-
lets larges, pendants, comprimés, comprenant un grand
: nombre de fleurs, dont les valves sont grandes, obtuses, très- | glabres et membraneuses.
Le brome des toits (bromus tectorum, Linné}, trèscommun sur les toits, les vieux murs, et dans les lieux stériles, s'étend du midi au nord de l’Europe. Il croît presque toujours par touffes. Les épillets sont rapprochés, d’un vert blanchâtre et luisant, mollement balancés sur leus chaume flexible. La panicule est inclinée d’un seul côté, presque horizontalement.
Les autres espèces indigènes du genre brome sont le broma stérile, le brome des buissons, le brome à petites fleurs, le brome des bois, etc.
BROME (de Brœuos , fétidité). C’est le nom par lequel on désigne un corps simple trouvé, en 1826, dans les eaux mères des marais salants , où il existe à l’état de combinaisen avec la magnésie. Ce corps, dont on doit la découverte à M. Balard, est de consistance liquide, d’une couleur rouge hyacinthe ou rouge noirâtre, suivant qu'on le voit par réfraction ou par réflexion : son odeur est suffocante et offre beaucoup de ressemblance avec celle du chlore et particulièrement de sonoxyde ; il est très-volatil et répand des vapeurs rutilantes ; mis en contact avec la peau, il la tache en jaune, il n’est congelable qu’à une très-basse température ; sa densité est 2,96. Il est extrêmement vénéneux,
Le brome a déjà été conseillé dans certains cas de médecine, tels que les scrofules, la phthisie, la chlorose, etc.; cependant, il est encore peu usité. Espérons qu'il ne tardera pas à être plus généralement prescrit par les praticiens. Je l'ai employé (à l’état d’hydrobrômate de fer, etc.) avec un succès assez marqué dans quelques cas d’affections strumeuses, dans plusieurs maladies chroniques de la poitrine, etc., pour qu’il me soit permis de le citer ici comme un médicament destiné à jouer par la suite un rôle des plus importants dans la thérapeutique. D' P.-L. COTTEREAU.
BROMELIACEES, famille de plantes monocotylédones, qui a pour type le genre bromelia, dont on a démembré l'ananas. Les broméliacées ont des fleurs hermaphrodites, généralement régulières, disposées en épis, plus rarement en grappes ou en panicules. Toutes les plantes de cette famille sont originaires, soit des Antilles, soit du continent de l'Amérique meridionale. Elles se font remarquer par un port fout particulier; ce sont des plantes vivaces, quelquefois
des arbustes rameux, portant des feuilles très-nombreuses, épaisses et roides, souvent armées de dents épineuses sur leurs bords.
BROMHYDRIQUE (acide). Cet acide, composé d'hydrogène et de brome, est un gaz incolore, fumant - à lair comme lacide chlorhydrique, dont il rappelle l'odeur et avec lequel il présente une grande analogie, tant par sa composition que par ses propriétés. Seulement, à une température élevée, l'acide bromhydrique se décompose en partie; il est par conséquent moins stable que l’acide chlorhydrique.
Pour préparer l'acide bromhydrique pur, on met des fragments de phosphore dans un vase auquel est adapté un tube; on verse par dessus une couche d’eau, puis on ajoute du brome. Une vive réaction a lieu aussitôt; il se forme un bromure de phosphore, qui décompose l’eau et donne naissance à de l'acide hypophosphoreux, qui reste, et à de l’acide bromhydrique, qui se dégage et qu’on recueille, comme le chlore, dans un flacon rempli d'air.
BROMIOS (du grec Bpépev, frémir, résonner, vibrer). Voyez Baccuus.
BROMIQUE (Acide). Liquide, incolore, inodore, composé de 2 volumes de brome et de 5 d'oxygène, cet acide, isomorphe avec les acides iodique et chlorique, forme avec les bases des bromates analogues aux chlorates et aux iodates. Il se prépare absolument de la même manière que l’acide chlorique.
BROMURES, composés binaires résultant de la combinaison du brome avec un corps simple. Isomorphes avec les chlorures, ils peuvent les remplacer parfaitement dans certains usages. M. Roseleur ‘en etait servi avec succès pour la dorure galvanoplastique.
BRONCIHIES (de Bz6v405, gosier). On appelle ainsi :es subdivisions de latrachée-artère. Lorsque celle-ci est parvenue dans la poitrine au niveau de la deuxième ou troisième vertèbre, elle se partage d’abord en deux rameaux secondaires, qui portent spécialement les noms de bronche droite et bronche gauche. Ces deux rameaux se subdivisent ensuite en pénétrant dans les poumons en des bronches de plus en plus ténues, qui se terminent enfin, d’après l’opinion de la plupart des anatomistes , par de petites vésicules arrendies où s'opère la revivification du sang. M. Rochoux , sur des recherches microscopiques, suppose que chaque bronche n’a que quinze divisions successives, et porte à 32,768 le nombre de leurs ramifications dernières. Il suppute que chacune de ces rarnifications aboutit à 17,790 cellules aériennes, ce qui porte le nombre total de ces cellules à 582,942,720. C’en est assez à coup sûr pour donner une vaste idée du champ respiratoire et des innombrables points de rencontre de l'air et du sang (voyez Respiration). Les bronches, qu’entourent un grand nombre de ganglions lyn.phatiques, sont formées dans leur partie interne d’une membrane muqueuse, mince et rougeâtre, qui présente à sa face libre les orifices excréteurs d'un grand nombre de follicules muqueux secrétant plus ou moins abondamment ce fluide assez épais que l’on rejette par la toux.
La membrane muqueuse qui tapisse les bronches est sujette à une inflammation qui porte le nom de bronchite ou catarrhe pulmonaire. Cette membrane est aussi le siége du croup, maladie funeste surtout dans l'enfance. La rupture des dernières ramifications des bronches produit l'espèce d'hémorragie qui a reçu le nom d'hémoptysie. Quélquefois enfin on observe la carie du cartilage des bronchies dans la phthisie laryngée.
BRONCHIQUE, qui appartient aux bronches. Les cellules ou culs-de-sacs qui terminent les bronches, les glandes ou ganglions lymphatiques, les artères, les veines et les nerfs de ces organes, sont désignés sous les appellations de ganglions bronchiques, artères bronchiques, veines bronchiques, nerfs bronchiques.
BROMÉLIACÉES — BRONGNIART
BRONCHITE, inflammation des bronches. Voyez CATARRIHE PULMONAIRE.
BRONCHOCELE (de Bp6yz0s, gosier, bronche, et de xfln , tumeur), synonyme de goitre.
BRONCHOTOMIE (de Bgévxos, gorge, bronche, et To, coupure, incision), nom impropre que l’on a donné à une opération chirurgicale autrement appelée {r ac héo tomie.
BRONGNIART, nom d’une famille de savants qui a eu l’heureux privilége de donner un grand nombre de membres à notre Académie des Sciences.
BRONGNIART ( ANToine-Louis }, pharmacien du roi Louis XVI, se fit connaître par des cours particuliers de physique et de chimie à une époque où ces deux sciences comptaient à Paris peu de professeurs. La facilité avec laquelle il s’énonçait, la clarté de ses démonstrations, le firent nommer professeur au Collége de Pharmacie, et lorsque Rouelle le jeune mourut, il fut appelé à la chaire de professeur de : chimie appliquée aux arts, et se trouva collègue de Fourcroy au Lycée républicain et au Jardin des Plantes. Pendant une partie de la révolution, il remplit les fonctions de pharmacien militaire, puis fut professeur au Muséum d'Histoire Naturelle. 11 est mort à Paris, le 24 février 1804. Il a publié un Tableau analytique des combinaisons et des décompositions de différentes substances, ou Procédés de chimie pour servir à l'intelligence de cette science ( Paris, 1778). 11 a travaillé, en 1792, avec Hassenfrafz, au Journal des Sciences, Arts et Métiers, et à d’autres feuilles périodiques.
BRONGNIART ( ALExANDRE-THÉODORE), architecte, frère du précédent, naquit à Paris, le 15 février 1739. La construction d’un grand nombre d'hôtels, le dessin élégant de plusieurs jardins, enfin son habileté dans les arts d’ornement, lui avaient fait une belle réputation lorsqu'il fut chargé en 1807 de la construction de la Bourse de Paris. Quoi qu’en ait dit l’auteur de Notre-Dame de Paris, par un amour un peu trop exclusif du moyen âge, ce monument est l’une des gloires de notre capitale. Rien en effet ne manque à la majesté de l'édifice, qu’une plus noble destination. Il semble qu'un sanctuaire pour les chefs-d’œuvre des arts ou les collections de la science serait mieux placé derrière cette magnifique colonnade qu’un champ clos pour les âpres combats de l’agiotage et de la chicane.
Brongniart n’eut pas le bonheur de voir son grand ou vrage terminé ; enlevé aux arts le 6 juin 1813, ses restes furent déposés au cimetière du Père-Lachaise, dont les nobles et simples dispositions sont encore son ouvrage, ainsi queles grandes avenues qui ayoisinent les Invalides et l’École militaire, Son fils Alexandre Brongniart a publié, en 1814, ses Plans du portail de la Bourse el du cimetière de Mont-Louis , en 6 planches avec une notice.
[ BRONGNIART (ALEXANDRE ), savant naturaliste, fils du célèbre architecte dont nous venons de parler, naquit à Paris, le 5 février 1770. 11 termina de bonne heure ses premières études scientifiques à l’École des Mines, et, à peine âgé de vingt ans, il visitait les mines du Dérbyshire, d’où il rapporta les éléments d'un Mémoire sur l'Art de l’Émailleur, qui, in: séré dans les Annales de Chimie, fut son début dans la carrière céramique. A son retour d’Angieterre, choisi pour préparateur par son oncle Antoine-Louis Brongniart, ilse livra à la pratique de la chimie. Il étudiait également la médecine, lorsque, la première réquisition appelant tous les Français à la frontière, il fut attaché comme pharmacien à l'armée des Pyrénées. Là, pendant un séjour de quinze mois dans les montagnes, il ne négligea ni la zoologie, ni la botanique, ni surtout la géologie. C’est au milieu de ces paisibles travaux que, accusé d'avoir favorisé l'évasion de Broussonnet, il fut mis en prison. Rendu à la liberté après le 9 thermidor, il revint à Paris, où il fut nommé ingénieur des mines. Bientôt après il fut appelé à professer l'histoire naturelle
BRONGNIART -— BRONKHORST
à l'école centrale des Quatre Nations, et en 1800 Ber- | Plantes, membre de l'fnstitat, où il a succédé à Desfontaines
thollet, qui avait deviné tout ce que promettait le jeune Brongniart, le fit nommer directeur de la manufacture de porcelaine de Sèvres. Depuis cet instant jusqu’à sa mort, cet établissement, où il fit renaître l’art presque perdu de la peinture sur verre, lui fut redevable d’incessantes améliorations : ainsi c’est Brongniart qui créa le musée céramique de cette manufacture, magnifique collection de poteries, de verreries, d'émaux de tous les pays et de toutes les époques, classés avec l’ordre et la méthode qui caractérisaient tous ses travaux.
Déjà en 1805 Brongniart avait publié son Essai sur une Classification naturelle des Reptiles, excelient travail qui sert encore de base à l’erpétologie, lorsqu’en 1807 il fit paraître son Trailé élémentaire de Minéralogie, œuvre capitale, qui devint le texte assidûment perfectionné des leçons qu'il fit pendant longtemps à la Faculté des Sciences comme adjoint de Hauy, et qu'il continua au Muséum d'Histoire Naturelle lorsqu'il fut appelé à y remplacer cet illustre savant. Le premier de ces ouvrages rapprocha Brongniart et Cuvier : leurs communes recherches les conduisirent à des faits d’une immense importance en géologie, qu’ils consignèrent dans leur Descriplion géologique el minéralogique des environs de Paris (1811; 3° édition, 1835).
Brongniart venait de coopérer à une grande révolution scientifique. A partir de cette époque sa vie, déjà si laborieuse, n’est plus qu’une suile non interrompue de précieux travaux. Ses nombreux voyages en France, en Suisse, en Italie, en Suède, en Norvège, ete., enrichissent la science d’une foule d'observations utiles et de connaissanees nouvelles. Il analyse la glauhérite d’Espagne et détermine la webstérite d'Auteuil. Il publie un Mémoire sur les trilobiles (1814), où il pose les bases de la classification de ces singuliers crustacés. Il fait paraître un grand nombre de mémoires importants dans les Annales des Sciences naturelles et dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences ; il donne de savants articles au Dictionnaire Technologique et au Dictionnaire des Sciences Naturelles ; il annote, dans la Bibliothèque Latine- Française, la traduetion de Pline, d’Ajasson de Grandsagne, etc.; il publie sa Classification des Roches, son Tableau des Terrains qui composent l'écorce du globe, etc., et, enfin, en 1844, il résume les travaux d’une grande partie de sa vie dans son Traité des Arts Céramiques (2 vol. in-8° ).
Travailleur infatigable, Brongniart remplissait rigoureusement tous les devoirs que lui imposaient ses fonctions d’ingénieur en chef des mines, de directeur de la Manufacture de Sèvres, de professeur au Muséum et de membre de l’Académie des Sciences ( depuis 1815 ). Comme professeur, il possédait à un haut degré le don d’instruire, et son cours de minéralogie recevait un grand intérêt des considérations géologiques dont il se plaisait à lenrichir. Affable envers tous, se faisant un devoir de protéger les jeunes gens qui aimaient la science, il fut enlevé à l'affection de ses élèves, le 7 octobre 1347. E. MERLIEUX. ]
[BRONGNIART (Apozpne-TuéoporE), fils du précédent, Né à Paris, en 1801, il manifesta dès le collége une prédilection prononcée pour la botanique : en sorte qu’à elle seule, la famille Brongniart embrassait il y a quinze ou vingt ans ies principales divisions de l’histoire naturelle : Brongniart père eultivail la minéralogie et la géologie; Audouïin, Pun de ses gendres , la zvologie, mais surtout l’entomolog'e; et M. Adolphe Brongniart la botanique, principalement la cryptogamie, Et même il y a trente ans M. J.-B. Dumas, autre beau-frère de M. Adolphe Brongniart, se montrait un habile physiologiste et micrographe, direction première qu'il n'eût sans doute point quittée, si la chimie ne Pavait pas entouré de ses séductions irresistibles.
M. Ad. Brongniart, aujourd'hui professeur au Jardin des
(1334), docteur et agrégé de la Faculté de Médecine, a com posé plusieurs ouvrages de botanique, entre autres une (‘lassification des Champignons (1825), et l'Énumération des genres de plantes cultivés au Muséum d'Histoire Nalurelle de Paris (1843); mais le principal lui a été suggéré par les travaux de Cuvier , l’intime ami et le collaborateur de son père. Histoire des Végétaux Fossiles, ou Recherches botaniques et géologiques sur Les végétaux renfermés dans Les diverses couches du globe, tel est le titre de ce bel ouvrage, dont il a déjè paru 24 livraisons formant 2 vol. gr. in-4°, avec 160 planches. M. Ad. Brongniart soumit à l’Institut dès 1828 les premières vues et comme le prodrôme de ce grand travail, qui fit sensation et fut utile au progrès d’une science naissante. L'auteur, frappé de voir coincider dans les couches profondes du globe les débris d’énormes végétaux cryptogames avec ceux de reptiles et de poissons gigantesques, en infère avec vraisemblance qu’à cette première époque, à ce premier cataclysine dont le sein de la terre offre le témoignage, il n'existait encore ni mammifères, ni oiseaux, ni à plus forte raison aucun individu de l'espèce humaine. I fait plus : en cela d'accord avec Buffon, quand il suppose l’incandescence et le refroidissement de la terre, M. Ad. Brongniart conjecture que Patmosplière, à ces premiers temps de la création, n’avait pas la composition qu'on lui voit aujourd’hui ; que sans doute elle contenait plus d’azote et moins d'oxygène, plus d'acide carbonique et plus de chaleur, ainsi que semblent l’attester ces énormes reptiles à respiration imparfaite et ces grands végétaux cryptogames, lesquels, en effet, ne consommaient pas autant d'oxygène, mais devaient exiger plus de chaleur que les animaux mammifères et les végétaux phanérogames de nos jours La faible santé de l'auteur a jusqu'ici empêché la terminaison de ce savant ouvrage. Depuis 1852 M. Brongniart est inspectenr général de l’université, {Isidore Bonrpon.
BRONIKO WSRKI (ALEXANDRE-AUGUSTE-FERDINAND D'O- PELN), célèbre romancier allemand, naquit le 28 février 1783, à Dresde, où son père, Polonais d’origine, remplissait les fonctions d’adjudant général de l'électeur. Il entra d’abord au servicede Prusse ; mais, fait prisonnier à Breslau en 1807, il donna sa démission, et habita aiternativement Breslau, Prague et Dresde. En 1812 il prit du-service dans l’armée polonaise , fut nommé major dans les hulans de la garde, et attaché à l'état-major du duc de Bellune. Au rétablissement de la paix, il prit sa retraite, et vécut à Varsovie jusqu’en 1823, époque où il alla s'établir à Dresde. De 1830 à 1832, il résida à Halberstadt, puis revint encore se fixet à Dresde, où il mourut, le 21 janvier 1834.
Il était déjà âgé de quarante-deux ans, lorsque le besoïn de vivre fit de lui un écrivain, et il donna bientôt des preuves d’une étonnante fécondité, Réduit à travailler pour assurer sa subsistance quotidienne, ilétait impossible qu'il songeät jamais à écrire une œuvre sérieuse. Ses romans témoignent du lais ser-aller avec lequel il les composait ; il étendait son sujet le plus qu’il pouvait, au lieu de le resserrer et de le limiter suivant les préceptes de l’art. II se pourrait toutefois que ce fussent précisément ses défauts qui aient fait son succès ct qui aient valu un public si nombreux à ses romans et à ses nouvelles, dans lesquels on ne saurait sans injustice méconnaître une rare habileté à disposer un plan et à exciter l’intérêt. Bronikowskt emprunta de préferenceses sujets à l’histoire de Pologne , comme on peut le voir d’après la liste suivante de ses ouvrages : Hippolyle Boratynski (4 vol., Dresde, 1825-1826); Olgierd et Olga, ou la Pologne au onzième siècle (5 vol., 2° édition, 1832); /a Pologne au dir-seplième siècle, ou Jean III Sobieski et sa cour (5 vol., 1829); Les dames Koniecpolski (4 vol., 1833-1835). On a aussi de lui une His{oire de la Pologne (4 vol., 1827).
BRONRIHIORST (Peter Van), peintre hollandais, né le 16 mai 1333, à Delft; réussissait particulièrement à re-
présenter des perspectives de temples et d'églises, et savait les animer par de petites figures d’un fini admirable. On voit à l’hôtel de ville de Delft deux grandes et belles toiles de cet artiste, représentant l’une, le Jugement de Salomon, et l'autre, Jésus-Christ chassant les marchands du Temple. Ces deux tableaux sont, suivant Descamps, les principaux ouvrages de Bronkhorst, qui mourut le 22 juin 1661.
BRONRKRHORST (Jean Van) , né à Utrecht, en 1603, mort en 1680, est surtout renommé comme peintre sur verre, Jl existe de lui de précieuses peintures de ce genre à Amsterdam, dans la Nieuwe-Kerk. Il a aussi beaucoup gravé d'apres Pælemburg,.
BRONKHORST (JEAN VAN), peintre célèbre, né à Leyde, en 1648 , était pâtissier de son état, et ne faisait de la peinture , qu’il avait apprise sans le secours d’aucun maitre, que pour se délasser ; mais il ne tarda pas à atteindre dans ses productions un haut degré de perfection. Il peignait de préférence les animaux, et surtout les oiseaux, dont il excellait à reproduire le plumage brillant et léger. 11 mourut à Hoorn, en 1726.
BRONTE (CnarLorTe), plus connue sous le pseudonyme de Currer Bell, naquit le 21 avril 1816, à Thornton, petite ville du comté d’York, où son père était vicaire de campagne. Les siles romantiques de sa patrie firent de bonne heure une profonde impression sur son esprit, et lui inspirèrent le désir de peindre l'état social des paysans anglais, d’esquisser les traits caractéristiques de la vie de province qui rappellent encore à tant d'égards la naïveté des mœurs patriarcales. Son premier roman Jane Eyre (Londres, 1847) fit une vive sensation par la nouveauté du slyle non moins que par la hardiesse des paradoxes dont il abonde ; il ne tarda pas à être traduit dans toutes les langues de l’Europe. Chacun se demandait qui pouvait être ce Currer Bell qui avait su tracer un caracière aussi vigoureux que celui de Rochester, le héros du roman. et qui connaissait en même temps à fond les mystères du cœur féminin, lorsque l’apparition de Shirley (Londres, 1849) vint révéler le secret. On trouve dans ce nouveau roman de si fines nuances dans la peinture du caractère de la femme, qu’il était évident que l’auteur appartenait au beau sexe, Villetle (1852) et le Professeur (1856) soutinrent dignement sa renommée littéraire. Après avoir subi des épreuves douloureuses, elle venait de goûter quelque repos dans un mariage de son choix lorsqu'elle succomba le 31 mars 1855, à Haworth (Yorkshire), à une aflection de poitrine, M=° Gaskell a publié, en 1857, une intéressante Vie de Charlorte Bronte (2 vol. in-8°).
Ses deux sœurs cadettes, Emily et Anne, mortes lontes deux à la fleur de l’âge, la première le 19 décembre 1848, la seconde le 28 mai 1849, se sont aussi fail connaître dans la littérature sous les pseudonymes d’£{lis el d'Ac/on Bell, Elles ont publié Wuthering heights et Agnès Grey (Londres, 1850), romans qui révèlent autant de talent que de sensibilité. .,
BRONTES, Voyez CycLopes.
BRONZAGE,. C’est l'art de donner la couleur et l’apparence du bronze à des objets de bois, de plâtre, de carton, etc. Ces objets doivent être d’abord recouverts d’une couche uniforme de colle ou de vernis, et lorsque cette couche est sur le point de sécher, on la saupoudre , à l’aide d'un petit sachet, de poudre à bronzer que l’on prépare avec des feuilles d’étain, d’or, de l’or mussif ou du cuivre; on frotte ensuite la surface avec un linge humide. On peut mèler d'avance la poudre à bronzer avec de l'huile siccative, et puis appliquer le mélange avec une brosse, Du reste. il y a un grand nombre de recettes pour former des couleurs imitant le bronze, maïs toutes, où du moins les Meilleures, ont pour base le cuivre jaune pulvérisé aussi fin que possible, par la raison que cette poussière s'oxydant à Vair (c’est-à-dire prenant la couleur de vert-de-gris), il en
BRONKHORST — BRONZE
résulte que l'objet qui en est couvert prend l'apparence du bronze.
Le bronzage des canons de fusil et autres objets en fer s’opère, tantôt en les exposant à l’action de l'acide chlorhydrique en vapeur, tantôt en les traitant par de l’eau régale très-étendue; le plus souvent, on chauffe légèrement le canon, et on le frotte vivement avec un mélange d’huile d’olives et de chlorure d’antimoine fondu, dont on renouvelle l'action à plusieurs reprises. Quelquefois on frotte ensuite avec un linge imbibé d’eau seconde. Enfin, on lave le canon avec de l’eau pure, on l’essuie, on le sèche, et on le polit avec un brunissoir d'acier,
On entend aussi quelquefois par bronzage l’art de recouvrir d’un enduit métallique par la galvanoplastie des objets de matière quelconque.
BRONZE. On appelle ainsi des alliages de cuivre et d’étain auxquels on ajoute quelquefois un peu de zinc ou de plomb, Beaucoup plus dur que le cuivre, le bronze était employé par les anciens pour faire des haches, des épées , etc. (voyez AIRAIN ). Une foule d'objets divers, comme des instruments aratoires, des lampes, des anneaux, etc., se retrouvets encore bien conservés dans les fouilles que l’on fait dans les pays habites autrefois par les Romaïns. Sans contredit le fer et l’acier se façonnent mieux, et peuvent donner des instruments plus légers et plus commodes, mais nous aurions à peine une idée de ceux qui étaient en usage dans les temps reculés, si ces substances avaient toujours servi à les confectionner; la rouille en aurait à peine respecté quelques fragments, tandis que le bronze enfoncé dans la terre s’altère assez fortement, il est vrai, mais de manière cependant à conserver encore une grande partie de ses formes. 4
C’est surtout pour des objets qui doivent retracer quelques faits importants ou perpétuer la mémoire d'événements qui font époque pour une nation, que ie bronze présente un incontestable avantage : ainsi, les monnaies des Romains coulées avec ce métal se sont conservées jusqu’à nos jours, malgré les vicissitudes extraordinaires qu’elles ont éprouvées, tandis que toutes celles que l’on a frappées en cuivre depuis deux cents ans ont déjà éprouvé de si fortes altérations que leur existence dans quelques siècles est très-problématique D’ailleurs, le bronze n’a par lui-même qu'une très-faible valeur : on a peu d'intérêt à détruire des objets qui en sont composés, et à l'exception des tourmentes politiques ou des bouleversements des nations, qui anéantissent souvent les monuments les plus précieux, le bronze est beaucoup plus respecté que ne l’est le cuivre, dont il est si facile de tirer immédiatement parti.
L'art de fondre des statues de bronze était déjà arrivé à un certain degré de perfection vers l’an 700 avant J.-C, ; mais il prit un grand développement pendant le règne d'Alexandre. A cette époque, le célèbre Lysippe parvint, par de nouveaux procédés de moulage et de fusion, à des résultats remarquables que nous À transmis l’histoire. Bientôt après on coula d'énormes colonnes en bronze. On rapporte que le consul romain Mutionus trouva plusieurs milliers de statues à Athènes, à Olympie, à Delphes, etc.
Chez les modernes les usagesles plus importants du bronze sont la fabrication des statues, des bouches à feu, des cloches, des tam-tam ou des cymbales, des médailles, des pendules et des ornements destinés à la dorure.
Le bronze destiné aux statues ou aux monuments doit être assez fusible pour couler promptement dans toutes les parties du moule, quelque délicates qu'elles soient ; il doit être dur, afin de pouvoir résister aux chocs que les statues peuvent recevoir par accident ; il doit être à l'épreuve de l'influence des saisons et de nature à pouvon acquerir à l'extérieur, avec le temps, cette teinte verdâtre ou patine, qu'on admire tant dans les bronzes antiques. La composition chimique de l'alliage est donc un objet de la première importance, Les