‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 479 sur 527 · BRONZE — BROSSARD · texte numérisé non relu

BRONZE — BROSSARD

frères Keller, fondeurs célèbres du temps de Louis XIV, dirigeaient toute leur attention sur ce point : des statues coulées par eux ont été trouvées composés de cuivre, 91 à 91,68 ; étain, 1 à 2,32; zine, 4,93 à 6,09, et plomb, 1,07 à 1,61; variations tellement faibles que l'on ne saurait trop admirer le talent des fondeurs qui les ont exécutées.

C’est toujours dans des fours à réverbère que l’on fond le bronze ; la température doit être assez élevée pour le faire liquéfier promptement, parce que s’il reste trop longtemps exposé à l’air, une portion considérable du zinc, de l’étain et du plomb, s’oxyde, et le cuivre se fond plus difficilement, coule mal, et ne peut prendre tous les détails du moule, ce qui donne lieu à des inconvénients immenses. Le refroidissement doit être aussi prompt que possible dans les moules , afin d'empêcher que les métaux ne se séparent entre eux dans l’ordre de leur densité. Enfin, on a reconnu qu’il était avantageux d’ajouter au bronze une petite quantité de fer, pour augmenter sa dureté et sa ténacité.

Les marchands donnent le nom de bronze artistique à une composition dans laquelle il entre peu de cuivre et qui est fort peu propre à rendre la beauté des formes plastiques.

BRONZES (Industrie des). Depuis la Renaissance jusqu’à la fin du règne de Louis XV le bronze, employé seulement à de grands travaux d’art, n’était pas encore du domaine de l’industrie. Mais, à l’époque de la faveur de madame Dubarry, Goutherie inventa la dorure au mat. Le bronze, devenu objet de luxe et d'ameublement, prit dès lors une place importante dans la fabrication parisienne. Cependant, il y a quarante ans Paris comptait au plus six fabriques de premier ordre. Mais le luxe en pénétrant dans les classes moyennes a popularisé les bronzes et fait surgir en peu d'années un grand nombre d'établissements dont le but est de satisfaire à ces nouveaux besoins.

L'industrie des bronzes est aujourd’hui au premier rang des grandes industries de luxe. Elle produit des pendules, des candélabres, des lustres, des pièces de surtout, des garde-feu, des statueltes, des garnitures de meubles, etc., etc. On estime que l'atelier de bronzes de Paris, sans rival et à proprement dire sans concurrent dans le monde, fabrique, année commune, pour environ 25 millions de produits, dans lesquels la matière première entre pour un tiers de la valeur ; le surplus est le prix de l’invention et le salaire de six mille ouvriers distingués, sculpteurs, fondeurs, ciseleurs et monteurs, dereurs et metteurs au vert L’exportation monte à peu près anx deux tiers de la production,

BRONZINO (| Ac1oLo), peintre, graveur et poëte, né à Florence, vers 1502, mort dans la même ville, en novembre 1572, se distingua surtout dans la peinture. Élève du Pontormo, qu'il aida dans un grand nombre d'ouvrages, il termina ceux de la chapelle de San-Lorenzo, à Florence, que la mort de son maître laissait inachevée. Quoique Bronzino ait cherché surtout à imiter le style de Michel-Ange, on reproche à ses tableaux d’histoire une manière froide et étudiée. Il réussissait mieux dans le portrait, et il en existe de lui qui sont de véritables chefs-d’œuvre; tel est, dans la galerie électorale de Dresde, celui de la duchesse Éléonorc, femme de Cosme Ier de Médicis.

Les principales toiles de ce maître, dont s’enorgueillit l'École florentine, sont à Pise et à Florence. Dans cette dernière ville, on remarque surtout un Christ dans les Limbes. Le musée du Louvre n’a qu’un tableau de cet artiste, Le Christ apparaissant à la Madeleine, tableau longtemps attribué par erreur à Alessandro Allori, qui, élève et neveu de Bronzino, se fit appeler du nom de son maitre.

BROOKE ( Henry), poëête anglais, né en Irlande, en {706 Il suivit quelque temps inalgré lui la profession d'avocat consultant ; mais son goût dominant était pour la poésie et la littérature. Ce got, fortifié par la société de Pope et de Swifi, se manifesta par un poëme philesophique sur la Beaulé universelle; sa tragédie de Gustave Wasa,

jouée à Dublin, pièce remarquable par les sentiments de liberté dont elle est remplie, produisit un tel effet que le parlement crut en devoir défendre la représentation; ce qui augmenta tellement l’enthousiasme que lorsqu'en 1739 la pièce {ut publiée par souscription, elle rapporta à l’auteur beaucoup plus que n'aurait pu le faire un long succès au théâtre. 11 est aussi l'auteur de plusieurs romans, parmi lesquels nous citerons Le Fou de qualilé, ouvrage ingénieux, d’un ton original et un peu bizarre, et qui obtint un grand succès. Juliette Grenville, composée dans les dernières années de sa vie, indique le déclin de ses facultés Il mourut en 1783.

BROOKE (Françoise MOORE, mistress), morteen 1789, a composé plusieurs romans, entres autre l'Histoire de Ju- | lie Mandeville dans le genre de Richardson; l'Histoire d'Émilie Montague, des poésies pastorales, et une tragédie. Rosine, drame en musique, est demeurée en Augleterre son ouvrage le plus goûté.

BKOOKE (Jaues), Anglais célèbre par la position qu'il a su se faire à Bornéo, est né au Bengale, en 1803. Il entra de bonne heure au service-de la compagnie des Indes orientales, se signala dans la guerre contre les Birmans, et fut nommé capitaine. En 1830, dans un voyage qu'il fit en Chine, il visita plusieurs îles de l'archipel Indien, et ne tarda | pas à reconnaitre que c'était un théâtre sur lequel on pou- | vait acquérir un nom immortel. Sans se laisser rebuter par les difficultés qu’il rencontra, il partit d'Angleterre, en 1837, et débarqua à Singhapuen, qu’il avait choisi pour son centre d'opération. Il se mit en rélation avec des marchands de tous genres, et fit voile, en 1838, pour Sarawak, province du royaume de Bornéo, depuis longtemps déchirée par la guerre civile. Le radja Mouda-Hassim ayant réciaméson secours contre les rebelles, il consentit à le seconder à condition qu’il lui abandonnerait l'administration du pays. Un traité fut signé le 24 septembre 1846. Brooke sut si bien profiter de sa position, qu’en peu d’années il devint le maître du pays, et qu'il força le sultan de Bornéo à lui en accorder linvestiture. Dès lors il prit le titre de radja de Sarawak, et il donna à sa principauté une constitution qui proclame l'égalité de tous devant la loi, punit de mort la piraterie, et déclare libres le commerce et l’industrie. Le sultan, ayant essayé de se débarrasser de cet étranger impérieux, fut traité comme un traître sans foi, en 1846, et forcé de céder l’île de Labouan aux Anglais.

Brooke cependant n'agit qu’en son nom; il ne reçut aucun secours du gouvernement britannique. Dans un voyage qu’il fit en‘ Angleterre il fut reçu avec les plus grands lionneurs, et nommé gouverneur de Labouan, chevalier du Bain, commissaire et consul général auprès des princes indépendants de Bornéo. De retour dans l'archipel Indien, en 1847, il ne cessa de travailler à étendre la domination anglaise dans ces contrées. En 1850 il futenvoyé à Siam; mais sa mission ne réussit pas. En 1851 il revint en Angleterre, et demanda une enquête, dont le résultat mit à néant les ‘harges portées contre lui dans le parlement. Lord Derby refusa néanmoins, en 1858, de sanctionner la prise de possession de Labonan et de Sarawak. En 1861 Brooke laissa ces territoires dans la situation la plus florissante sous la direction de ses neveux, et mourut eu 1868, à Devon. H avail pubié son Journal et sa Correspondance privée (1853, 3 vol. in-8°).

BROGKRLYN, ville qui est devenue l'un des quartiers de New-York. Voyez New-YonK.

BROSSARD (SÉRasTiEN DE), maître de musique de l'église cathédrale de Strasbourg, et en dernier lieu de celle de Meaux, né en 1660, et morten 1730, est le premier auteur français qui ait publié un Dictionnaire de Musique. Cet ouvrage, très-remarquable pour l'époque, rendit à l’art des services réels. J.-J. Rousseau , qui n'etait ni aussi savant musicien ni aussi érudit dans Va stuire de la musique que Brossard, à constamment attaqué ce dernier,

sans avouer les emprunts qu’il lui avait faits, Il lui reproche surtout d’avoir donné un vocabulaire italien au lieu d’un dictionnaire français, maïs c'était positivement le but de Brossard, et c’est en cela même que son ouvrage fut utile, puisqu'il expliquait la nomenclature des termes latins, grecs et italiens qui étaient alors d’un fréquent usage dans la musique, Il existe plusieurs éditions du dictionnaire de Brossard ; la première est de 1703, in-fol. Il a laissé en manuscrits de nombreux matériaux pour un dictionnaire historique de la musique et des musiciens, qu’il se proposait de mettre au jour. Sa Lettre,en forme de dissertation, à M. Demoz, sur sanouvelleméthode d'écrire Le plain-chantet la musique, parut en 1729. 1] a aussi composé des messes, des molets, des cantates etle Prodromus musicalis, imprimé en 1695, in-fol, Brossard fit hommage à Louis XIV de tous ses travaux et de sa belle bibliothèque musicale ; cette magnifique collection fut placée à la Bibliothèque Nationale; elle se compose d’un grand nombre de pièces, parmi lesquelles il en est de très-rares, et qui sont d’un prix infini pour l’histoire de la musique. F. Dansou,

BROSSARD ( AmÉDée-HiPPOLYTE, marquis pe ), né le 8 mars 1784 à Foileny (Seine-Inférieure), s’enrôla d’abord, en 1795, parmi les Vendéens, et passa l’année suivante a l’armée de Condé. Rentré en France en 1806, il s’engagea dans les gendarmes d'ordonnance, après avoir servi en Portugal comme garde de la marine. Au bout de deux ans il était lieutenant dans un régiment de chasseurs à cheval. II fit toutes les campagnes de la grande armée, et devint sous la Restauration lieutenant-colonel au corps d'état-major. C’est en qualilé de chef d'état-major de la première division qu’il fut attaché, en 1830, à l’armée expéditionnaire d’Afrique. Maréchal de camp en 1833, on lui confia le commandement militaire du département de la Drôme, d’où il fut envoyé à Oran en 1837, pour y remplacer le général de L’Etang, rappelé en France. C’est lui qui fit construire le camp de la Chiffa, établir la redoute d’Oued-Laleg {rivières des Sangsues }), et occuper Misserghin. 11 bloqua la ville de Blidah pendant plusieurs jours, et refoula vigoureusement dans leurs montagnes les Béni-Salah, dont les agressions incessantes compromettaient la tranquillité de cette petite cité. 11 donna souvent des preuves de valeur et de capacité. Une accusation de concussion, de corruption de fonctionnaires publics, d’excitation à la haine et au mépris du gouvernement qui le força de comparaître devant le conseil de guerre de Perpignan, vint suspendre tont à coup le cours de sa carrière militaire, L'arrêt d’acquittement qui le renvoya absous ne parut pas justifier son caractère aux yeux du ministre, qui en 1839 P'admit à faire valoir ses droits à la retraite,

BROSSE, BROSSERIE. Tout le monde connaît l’instrument dont on se sert pour nettoyer les habits, les souliers, les voitures, etc. Les brosses se font en soïes de porc ou de sanglier, en £rins de cheval, en brins de bruyère, en racines de riz, etc., que l’on fixe de deux manières sur le fut ou patte de la brosse, suivant que celle-ci est percée de trous à jour ou de trous foncés. Pour faire une patte de brosse on prend une planchelte de bois dur, débitée à la scie. Souvent la patte est conrbée en arc de cercle ; celles qui sont destinées à faire des brosses communes sont toutes droites. Les trous des pattes se percent avec une mèche de vilbrequin montées sur l'arbre d'un tour-en-l'air, que l'on fait mouvoir avec le pied ; pour que les trous soient aussi bien espacés entre eux que possible, on fixe sur le fût un calibre de tôle de même grandeur : ce calibre est percé d'autant de trous que le fût peut en comporter. Au imoyen de cette précaution, on perce vite, avec régularité, sans tälonnement. Si les trous ne doivent pas être percés d'outre en outre, on fixe une virole sur la mèche, qui Pempêche d'avancer au delà d'une certaine limite, de façon que tous les trous ont la même profondeur,

Comme nous l'avons déjà dit, il y a deux manières de fixer

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