‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 486 sur 527 · BROUGHAM — BROUGHTON · texte numérisé non relu

BROUGHAM — BROUGHTON

en France. En 1840 il se prononça contre O’ Connefi, eè indirectement contre le ministère whig, dans un remar-quable discours où il jetait une vive lumière sur l’état de: l'Angleterre, en même temps qu'il y traitait de la plus dou loureuse des plaies dont souffre ce pays : la condition socialeet politique de ses classes laborieuses. Il indiquait comme unique remède à la situation Pabolition de la législation restée: Jusque alors en vigueur en matière de céréales, et une extension nouvelle à donner au droit de représentation politique. En 1842 il se prononça de nouveau pour l'abolition com-plète de toutes les restrictions apportées au commerce des grains, sauf à ne procéder que graduellement dans cetteœuvre réparatrice.

Lord Brougham n’est pas seulement l’un des plus grands jurisconsultes que l'Angleterre ait jamais eus, il possède en, outre les connaissances les plus variées dans presque tous. les autres domaines de la science. L’un des premiers orateurs du parlement en ce qui est de la finesse et souvent dn. mordant de l'esprit, de l'éclat du débit, de la vigueur et de la flexibilité de l'organe, il n’a jamais eu de rival comme. dialecticien. Autant il brille comme homme politique, autant dans la vie privée il montre d’amabilité et de bienveillance à tous ceux qui l'entourent. Fidèle en amitié, il est d’un commerce aussi sûr qu’agréable.

Nous sera-t-il permis maintenant d’ajouter, dans l’imique intérêt de la vérité historique, qu'avec l’âge ce qu’il y avait d’excentrique dans le caractère de lord Brougham n’a fait que se manifester avec plus de force et l’a poussé à certaines démarches en désaccord complet avec tous les principes de sa carrière antérieure. Ses paroles et ses actes trahissent trop souvent une certaine irritabilité nerveuse à laquelle, par exemple, il faut sans doute attribuer l'étrange sortie qu’il se permit à l'égard du chevalier Bunsen, envoyé de Prusse à Londres, qui à la séance de la chambre haute du 17 juin 1850 s'était placé dans la tribune attribuée aux pairesses. Il salua d’abord la révolution française de 1848 de ses plus sympathiques acclamations, et alla même alors jusqu'à demander au ministre de la justice du gouvernement provisoire, Crémieux, si en raison de la propriété qu'il possède aux portes de la ville de Cannes, et où il a l'habitude de venir passer ses vacances parlementaires, il ne pourrait pas se faire recevoir citoyen français. Mais il ne tarda point à complétement changer d’idées à cet égard, ainsi qu'on peut le voir dans sa Lettre au marquis de Lansdowne, où il s’exprime au sujet de la révolution de Février et de ses auteurs dans les termes les plus amers. Dans ses dernières années, iord Brougham, a montré le même zèle pour la liberté, læ même indépendance de parole dans les discours assez nombreux encore qu'il a prononcés devant les lords, Il est mort presque nonagénaire, et sans avoir rien perdu de ses brillantes facultés, le 9 mai 1868, dans sa villa de Cannes.

Lord Brougham a beaucoup écrit depuis qu’il n’occupe

plus de fonctions publiques. Entre autres ouvrages qu'on a de lui nous citerons, indépendamment du recueil de ses discours (4 vol., 1838) et d'un Æssai sur la Constitution anglaise (1844) : Skelches of Slatesmen of the time of Georges III (1839), Lives of Men of Letters and Science who flourished in the lime of Georges III (1845), Voltaire el Rousseau (1845), écrit en français; Recherches sur La lumière (1850-53, 3 parties); Analyse des principes de Neuton (1860), etc. 1 à publié lui-même une édition complète de ses œuvres (1855 et suiv., 12 vol.).

BROUGHTON (archipel de), groupe d'iles boss, situées dans l'Océanie, archipel des Fidgi, à l’est de la Nouvelle-Zélande, par 44° de latitude sud et 178° de longitude ouest. 11 se compose des îles Cornwallis, Pitt et Chatam. Cette dernière est la plus considérable de toutes ; sa longueur peut aller à 48 kilomètres; le terrain s'y élève graduellement, et forme, dans l'intérieur, des collines d’un aspect agréable. Bien que la végétation y ait beaucoup de force, les

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arbres n’y atteignent guère qu'une élévation moyenne, Les habitants sont des hommes de moyenne taille, vigoureux, bien proportionnés, Leur corps n'offre aucune trace de {atouage. Une peau de phoque et une natte tressée avec art forment leur vêtement. Leur teint est d’un brun foncé, et leurs traits sont vivement accusés. 11s ont des lilets et des lignes fabriqués avec un beau chanvre qui croit probablement dans leur île. Cet archipel tire son nom du navigateur Broughton, qui le premier le visita. Le nom du mêine navigateur a également été douné à un autre groupe d'ües, situé sur la côte occidentale de l'Amérique septentrionale, au nord de l'ile de Vancouver, par 50° 47 nord et 125° 66° longitude ouest et découvert pendant le voyage de recherches entrepris par Vancouver,

- BROUGHTON ( Wicriau-Rogerr), navigateur anglais, né dans le comté de Glocester, mortà Florence, en 1821, commandait le brick Le Chatam dans la célèbre expédition de Vancouver. Il découvrit en 1790 plusieurs îles à l'embouchure de l'Orégon, sur la côte occidentale de l'Amérique du Nord et leur donna son nom. Il reconnut en outre l’archipel du Japon, la côte orientale de l’Asie, et une partie de l'Océanie. En 1797 il eut part à la prise de Java, en qualité de commodore.

BROUILLAMINT, terre rouge et visqueuse, espèce de bol, que l’on a confondu avec le bol d'Arménie, et d’où serait venu son nom, selon queiques étymologistes. On lui attribuait autrefois de grandes vertus médicales ; mais son

usage le plus réel était celui que les peintres en faisaient pour appliquer l'or à leurs ornements, et les potiers pour teindre leurs pots en rouge. On désigne généralement aujourd’hui sous ce nom, ou sous celui de bo! en bille, en pharmacie, des masses de bol de la grosseur et de la longueur du doigt.

Brouillamini se dit, dans un autre sens, et dans une acception familière ou burlesque, de tout ce qui est obscur, embarrassé ; il est alors synonyme d’imbroglio,et tire, comme lui, son origine du verbe brouiller.

BROUILLARD. Les brouillards, que l’on observe fréquemment en Europe, paraissent le soir et le matin. Ils sont la suite du refroidissement de l'atmosphère. Pendant la journée, la température de l'atmosphère s’élève, l'air peut retenir la vapeur formée à la surface de la terre ; le soir, la terre perd par le rayonnement une partie de la chaleur qu’elle a reçue du soleil, elle se refroïdit et refroidit l'air atmosphérique; celui-ci abandonne une partie de la vapeur qu’il a dissoute pendant la journée; cette vapeur se précipite sur la terre, et il arrive souvent que le brouillard disparait quelques heures après le coucher du soleil; quelquefois il dure toute la nuit. Enfin il arrive que le brouillard ne se manifeste que le matin, c’est-à-dire vers le moment où la terre a perdu le plus de chaleur. La cause des brouillards étant une fois indiquée, il est facile de se rendre raison de ces diverses circonstances, La présence d’un orouillaru doit produire le même effet que celle d’un nuage sur le refroidissement de la terre; elle doit le ralentir. Aussi a-t-on remarqué qu’en général le froid est peu intense pendant que la {terre est couverte de brouillards.

Les pièces d’eau un peu étendues, les lacs, les rivières, elc., sont souvent couverts, le soir et le matin, de brouillards plus ou moins épais. Voici pourquoi : la surface de l’eau se refroidit moins que la terre et que l’air, parce qu’à mesure qu’une couche se refroidit, elle se précipite et est remplacée par une couche plus chaude, en sorte que, pour que la surface d’une pièce d’eau soit à la température à laquelle elle serait si elle ne changeait pas de position, il faut que toute la masse d’eau ait subi le même refroidissement qu’elle a subi d’abord. La surface d’une eau courante ou tranquille doit donc être, en général, plus chaude que Pair et que la terre qui l’environnent ; mais la couche d’air qui est immédiatement en contact avec elle prend sa tempéra-

ture et se sature de vapeur. Celle couche d'air chaud et humide s'élève, se mêle à l'air plus froid, abandonne de la vapeur et produit un brouillard, Si l'air est agité par la pluie ou par le vent, la température de Pair est sensiblement uniforme ; la couche qui touche la surface de l’eau n'a pas le temps de se saturer de vapeur, il ne doit pas se former de brouillard ; c'est ce que l'observation confirme,

Quoique les brouillards doivent généralement leur origine à l'humidité, ils ne sont pas tous de même nature, Assez souvent i's répandent une odeur fétide, qui atteste qu'ils peuvent retenir et entraîner diverses substances gazeuses autres que la vapeur de l'eau; parfois même ils semblent tellement chargés de particules étrangères, qu’ils mouillent à peine les corps avec lesquels ils se trouvent en contact, et qu’on a pu les désigner sous le nom de brouillards secs. Ces brouillards agissent chimiquement sur la végétation : ils fertilisent la terre en la pénétrant à l'époque des labours et des semailles, et ils ajoutent plus tard à la nourriture que les feuilles puisent dans l'atmosphère, Mais si leur durée est trop longue , ils contribuent indirectement, en abaissant la temperature, en arrêtant les rayons lumineux et en entretenant une humidité particulière, à faciliter la propagation de la rouille des blés, du charbon, de la carie, l’avortement des fleurs, la coulure des fruits, etc.

BROUILLARD (Complabililé). Voyez Livres DE COMMERCE.

BROUILLE , rupture momentanée, altération légère dans le commerce de l'amitié. Diminutif de brouillerie, brouille n’est usité que dans la conversation et le style familier : On dit qu'il y a de la brouille dans le ménage, qu'après la brouille vient le raccommodement, etc. Ce mot parait être tout moderne, et ne date peut-être que du commencement de ce siècle.

BROUILLER, de l'italien brogliare, imbrogliare, s'emploie dans l’acception de mêler, d'établir de la confusion ou du désordre dans les affaires, dans les idées ou entre les personnes.

En termes d'équitation, brouiller un cheval, c’est le conduire si maladroitement, qu’on l’oblige à agir sans règle ; un cheval se brouille lorsque par trop d’ardeur, ou par l’inhabileté de son cavalier, il confond tous les mouvements qu’on lui imprime.

BROUILLERIE, commencement de discorde, dissension légère qui divise et menace d’altérer les sentiments dans la famille ou l'amitié. Les brouilleries les plus légères quand elles sont fréquentes détruisent à la longue les affections et usent l’amitié, tandis qu’elles fortifient l'amour. Aussi, les amants, s'ils cessent d’aimer , ne se querellent-ils pas longtemps : ils se quittent. Pascal appelle brouilleries des disputes hérissées de chicanes. Toutefois, si le mot brouillerie: a figuré dans le style noble, il n’a pu s’y maintenir, et n'est. guère admis maintenant que dans le style simple ou familier.

Brouillerie, dans un autre sens ; était un amas d’objets de peu de valeur, qui ne méritaient pas d’être décrits séparément. On dit aujourd’hui broutilles.

BROUILLON, celui qui brouille et confond toutes. choses faute de réflexion ou de discernement. C’est un vice de tempérament insupportable dans la vie privée et dangereux dans les affaires publiques. Dans le premier cas le brouillon parle sans savoir ce qu’il dit, agit sans avoir la conscience de ce qu'il fait; il aflirme ou dénie au hasard, comme il place et déplace sans motif ce qu’il touche. En politique le brouillon est un ambitieux, qui trouble l’État par amour du changement, par inconstance d’esprit. 11 n’a point de vues profondes , de plan médité, il s’abandonne à son penchant et s’élance dans les révolutions par goût ou pour venger une injure. À Rome, Clodius était un brouillon, César un politique.

Brouillon se dit aussi des premières idées jetées sur le pa-pier et destinées à être revues , corrigées, transcrites de now.

veau. Dans la tenue des livres, Brouillon est synonyme de Brouillard ou main-courante (voyez Livres DE COMMERCE).

BROUISSURE. Voyez BruLure (Agriculture).

BROUNISTES , disciples de Robert Brown, qui se sépara de l'Église dominante par suite des mesures sévères adoptées à partir de 1573 contre les puritains. Dans ses attaques passionnées, il ne ménageait pas plus les presbytériens que l’Église épiscopale; car, bien que partageant quelques-unes des doctrines des premiers, il condamnait leur constitution synodale et presbytérale, comme contraire aux traditions apostoliques. Suivant lui, chaque communauté devait former une société ou congrégation (d’où le nom de congrégationnalistes ) subsistant par elle-même et se gouvernant elle-même, indépendante de toute autorité étrangère. Cette constitution, dans laquelle chaque membre de la comimunauté avait les mêmes droits et la même puissance, entraînait la nécessité de la suprématie des majorités. Chaque communauté élisait librement son ministre ou lui Ôtait ses pouvoirs, et ce prêtre n’avait point le privilége de l’enseignement, car chaque frère avait le droit de prophétiser. En ce qui touche la liturgie, Robert Brown condamnait toutes les formules de prières, ainsi que le mode d’administration des sacrements et la cérémonie ecclésiastique du mariage. Après la mort de Brown, ses partisans, dont le nombre augmenta plutôt qu'il ne diminua, sous la direction de leur deuxième docteur, le jurisconsulte Henri Barrow (d’où le nom de barrowistes qu’on leur donne aussi quelquefois), se virent forcés, par suite des persécutions dirigées contre eux, de seréfugier en Hollande, et de s'établir à Amsterdam, Middelbourg et Leyde. C’est dans ce pays que John Robinson, leur chef à Leyde, mort en 1626, leur inspira des idées plus modérées , et transforma leur communauté en celle des indépendants, qui plus tard prit une si grande importance politique. Vers 1643, les uns revinrent s'établir en Angleterre, et les autres passèrent dans l’Amérique septentrionale. Aujourd’hui, les indépendants ne diffèrent des autres sectes protestantes que parce qu’ils rejettent toute formule de foi et ne font point ordonner leurs prêtres.

BROUNISTES ( Hist. médicale). Voy. Brown (John).

BROUSSA. Voyez BROUSSE.

BROUSSAILLES, mauvais bois qui profite peu, tels que haies, buissons, ronces, épines, bruyères, etc. On a dit autrefois brossailles.

BROUSSAIS (François-Josepa-Vicror), naquit à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), le 17 décembre 1772. A peine avait-il terminé ses études classiques au collége de Dinan, que la révolution survint. Pendant quinze mois il servit l'État, d’abord comme simple grenadier, puis en qualité de sous-officier. Durant les trois premières années de la république il fut employé comme chirurgien sous-aide, dans la marine militaire, à Saint-Malo, dans les différents hôpitaux de Brest. et à bord des vaisseaux français. Il reçut de son père les premières notions de chirurgie, et il commença à étudier l'anatomie sous la direction de Billard et Duret. Pendant deux ans il exerça sur une corvette de l’État les fonctions de chirurgien de seconde classe. Revenu dans ses foyers en 1798 , Broussais continua ses études médicales par étude de la botanique , de la matière médicale, et la lecture des livres de médecine, Muni de tant d’instruction et de connaissances pratiques déjà étendues, il se rendit à Paris en 1799, où pendant quatre années il suivit les cours qui s’y faisaient alors, et fut reçu docteur en 1803, après avoir soutenu une thèse qui portait pour titre : De La fièvre hectique, considéréecomme dépendante d’une lésion d'action des différents systèmes, sans vice organique. Après avoir exercé la médecine pendant deux ans dans la capitale, Broussais fut nommé médecin militaire, et successivement il exerça l'art de guérir dans les hôpitaux dela Belgique, de la Hollande, de l'Autriche et de l'Italie. Revenu à Paris en 1808, pour refaire sa santé, que les fatigues de la guerre avaient altérée, il publia

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