‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 494 sur 527 · BROWNE — BROYEUR · texte numérisé non relu

BROWNE — BROYEUR

noble catholique. Après avoir fait ses études à Limerick, il entra en 1725 au service de l'électeur palatin, puis en 1730 au service russe avec le grade de capitaine. Une émeute, dans la répression de laquelle il ne déploya pas moins de courage que de résolution, lui fournit bientôt l’occasion de se mettre en évidence, et à partir de ce moment jus. qu’en 1762 il prit part à toutes les guerres que la Russie eut à soutenir. Pierre III le nomma feld-maréchal et gouverneur de la Livonie, fonctions dans l'exercice desquelles il rendit d'importants services. En 1779, Joseph II le créa comte de l'Empire. Browne mourut à Riga, le 18 septembre 1792. Vingt ans auparavant, il avait lui même fait faire son cercueil, qu'il examinait fréquemment, Il avait aussi l'habitude de se faire lire chaque année l'acte contenant l'expression de ses dernières volontés.

BROWNE (MAxIMILIEN-ULYSSE, comte DE), cousin du précédent et feld-maréchal-général autrichien, était né en 1705, à Bâle, d’un père qui avait été obligé de quitter l'Irlande comme partisan de Jacques IT, pour entrer au service de l'empereur, et qui mourut en 1721 avec le grade de colonel et le titre de comte de l'Empire, qu’il avait obtenu en 1716. U embrassa jeune encore la profession des armes, se distingua dans la campagne d'Italie, contre les Français et les Sardes en 1734, fit de 1737 à 1739 trois campagnes contre les Turcs , et, en récompense de ses services, fut nommé feldmaréchal-lieutenant et membre du conseil aulique. Lorsqu'éclata la guerre de la succession d'Autriche, il opposa en 1740 une vive résistance à l'invasion de la Silésie par les Prussiens. Obligé de battre en retraite devant des forces supérieures , il opéra sa jonction avec le feli-inaréchal Neipperg, et commanda l'aile droite à la bataille de Mollwitz, le 10 avril 1741. L'année suivante, en qualité de plus ancien des feld-maréchaux-lieutenants, il exerça le commandement supérieur à la bataille de Chotusitz près de Czaslaw. Il fit ensuite les campagnes de Bavière, de Bohème, du Rhin et d'Italie jusqu à la mort de l’empereur Charles VII. En 1746 il commanda l’armée des Impériaux en Italie, contribua puissamment au gain de la sanglante bataille de Plaisance, et se rendit maître des défilés de la Bocchetta, fait d'armes qui entraina la soumission de Gênes. En récompense de ses services, il fut, à la paix, nommé gouverneur de la Transylvanie. En 1751 il reçut le commandement général de la Bohème, et fut élevé en 1754 au grade de feld-maréchal général. Lorsque Frédéric le Grand recommença la guerre, Browne, qui manquait de tout, tant la cour de Vienne avait été prise à l’improviste, déploya une telle activité, qu’il put bientôt entrer en campagne; mais il fut battu à Lowositz, le 1° octobre 1756, et ne put dégager l'armée saxonne enfermée entre Kœænigstein et Pirna. 1] contraignit cependant les Prussiens à évacuer la Bohème. Appelé à Vienne, il opina pour qu’on prit l'offensive, mais il ne fut pas écouté. Grièvement blessé à la bataille de Prague, où il déploya là plus grande bravoure (6 mai 1757), il mourut le 26 juin 1757, à Prague, des suites de ses blessures. En disant que c’était du feld-maréchal Browne qu'il avait appris la science de la guerre, Frédéric I fit de ce guerrier la plus belle oraison funèbre qu’il eût pu ambitionner

BROW NE (HenRieTre), femme peintre, née en 1829, à Paris, est issue d’une famille irlandaise, Elle s’est fait connaître sous le nom d’Henrielle Browne. dont elle a signé toutes ses productions ; mais elle se nomme en réalité Sophie pe BoureiLuer, et en 1853 elle a épousé M. de Sault, employé au ministère des affaires étransères. Élève de Chaplin, elle attira de bonne heure l’aitention sur ses petites compositions, dont elle puisait le sujet dans les scènes de la vie familière. Nous citerons d’elle : l'École des pauvres, l'Enseignement muluel et les Lapins (1855), le Catéchisme (1857), les Sœurs de charilé (1859), une Visite (1861), Céline et sa sœur (1868), .Danseuses nubiennes (1809). Cette dame a obtenu plusieurs médailles pour

les tableaux de genre et aussi pour quelques eanx-fortes.

BROWNING (Roserr), poëte anglais moderne, naquit en 1812. Il débuta par un conte en vers, Pauline, suivi bientôt d'un drame, Paracelse (1835), où il tenta la réhabilitation de ce philosophe, e de Strafford , tragéilie. En 1848, il publia un recueil d'essais dramatiques (Bells and pomegranates), où l’on remarque un grand changement dans son style et une tendance sensible à se rapprocher de la réalité. Son Christmas eve and Easter day (1850) est un poëme philosophico-religieux, rempli de pensées hardies et riche en descriptions poétiques, mais où l'on trouve encore trop de ces singularités, de ces bizarreries, qui déparent les autres créations du poëte. On regarde le poëme intitulé Wen and Women (1855) comme son meilleur ouvrage. Ses derniers, Dramalis personæ (1865) et the Ring and the Book (1868), le montrent supérieur à Tennyson pour la vigueur et l'éclat des pensées, mais bien au dessous de lui pour l'harmonie des vers et la grâce du style.

Sa femme, Élisabeth Barnurr, née vers 1808, à Londres, reçut une éducation supérieure et s'adonna de bonne heure à la culture des lettres, Elle débuta par une série d'articles critiques sur les poëtes chrétiens, qui ont été réunis en 1863, et par une traduction en vers du Promélhée d'Eschyle. Son poëme des Séraphins (1838) était un heureux essai de revêtir les sentiments chrétiens de la forme lyrique empruntée aux Grecs. La faiblesse de sa santé et de cruels malheurs domestiques la condamnèrent longtemps à une vie de repos et d'isolement, En 1846, elle épousa Robert Browning, et depuis ils vécurent presque toujours en Italie. Puis on a eu d'elle : Casa Guidi windows (1851), poëme dont la guerre de 1849 en Toscane est le sujet; et Aurora Leigh (1856), le plus charmant de ses ouvrages; et Poems before congress (1861). M"° Browning est morte le 19 juin 1801, à Florence.

BROYE, instrument qui sert pour rompre le fil du chanvre à une certaine longueur.

L’ouvrier broyeur, ou plutôt la broyeuse, car c’est presque toujours une femme, tient d’une main une poignée de tiges de chanvre, qu’elle engage entre les mâchoires de la broye, dont elle élève et abaisse successivement la poignée, Par cetle manœuvre, les chènevottes sont brisées à plusieurs reprises ; en réitérant l'opération, et en tirant un peu à elle sa poignée de chanvre elle force la majeure partie des chènevottes à se séparer de la filasse. L'ouvrière secoue ensuite fortement ce qu’elle tient, pour faire tomber les chènevottes qui adhèrent encore. Cette filasse, ainsi nettoyée assez imparfaitement, et qui retient encore en grande quantité des fragments de chènevottes, se plie en deux, se tord grossièrement, et, dans cet état, elle attend le sérançage.

Dans ces derniers temps, plusieurs philanthropes et spéculateurs ont rêvé aux moyens de substituer à toute espèce de rouissage du chanvre un broyage perfectionné qui pût éviter cette opération insalubre; mais il faut malheureusement reconnaître que tant de travaux n’ont eu qu'un résul- Lat fort incertain et fort contesté, pour ne pas dire pis. La filasse donnée par les procédés purement mécaniques s’est toujours montrée dure, cassée, courte, et les dechets sont très-considerables.

Les fragments des tiges qui résultent du broyage et du sérançage servent quelquefois à faire des allumettes, ou pour chaufter les fours des boulangers. Le charbon qui en provient est réputé, dans la fabrication de la poudre à canon, comme égal à celui de la bourgene. PELouzE père,

BROYEUR (Art du ). Un grand nombre de substances plus ou moins dures exigent un broyage préalable à leur eme ploi. Le plus communément on entend par broyage celui ües couleurs pour la peinture à l'huile on en détrempe.

L'art du broyeur est en général pénible, quand il s'exerce sans le secours de moteurs étrangers à la force mécanique de l'homme, et dans ce cas il ne peut même guère avoir

pour objet que de petites masses. D'ailleurs, la malpropreté du métier rebute, et le danger des émanations délétères exige de grandes précautions pour s’en garantir; car un grand nombre de couleurs sont tirées du règne minéral, et ce sont des poisons plus ou moins subtils, qu’il est extrèmement dangereux de respirer. Le mélange même qui en est fait avec l'huile, loin de diminuer le danger, ne fait souvent que le rendre plus difficile à éviter. Si d’une part l'huile s'oppose à la diffusion des poussières dans l'atmosphère que l’on respire, de l’autre la dissolution qu’elle opère d’une petite portion des substances malfaisantes les rend plus ou moins vaporisables, et dans ce cas le danger est imminent : c’est ce qui a lieu principalement dans le broyage des oxydes de plomb. Aussi les vues des philanthropes se sont-elles depuis longtemps tournées vers les moyens de substituer le travail des mécaniques à celui de l’homme dans le broyage des couleurs de peinture. Le but qu’on se proposait a été en grande partie atteint. Nous en avons sous nos yeux à Paris un heureux exemple dans le bateau broyeur, qui fonctionne depuis nombre d'années avec succès et économie en rivière, et qui est amarré contre le quai de l’Horloge.

Néanmoins, comme ces moyens mécaniques sont malheureusement fort loin d’avoir partout reinplacé le broyage à main d’homme , rappelons que quand on broie à sec il faut avoir soin de se placer dans un courant d’air déterminé par un feu d’appel dans une cheminée à l'extrémité opposée de l’atelier. De plus cet artexige des précautions et une grande propreté. Le broyeur doit fréquemment nettoyer sa pierre et sa molette, à l'aide de son couleau et d’un peu d'huile; il ne doit pas souffrir les espèces de couennes qui se forment par l’action de l'air. Cette propreté devient d’autant plus indispensable à la fin de chaque broyage, que si l’on a à changer de couleur, on doit éviter le mélange des teintes. Quand laierre et la molette ont été décrassées, il est bon de les essuyer avec de la mie de pain médiocrement tendre pour achever le nettoyage; on peut même finir, pour plus de précaution, par un lavage avec une dissolution alcaline faible, une grande affusion d’eau ensuite pour faire disparaître lalcali, et un séchage convenable.

Il serait assez inutile de décrire minutieusement la manœuvre du broyage : elle consiste principalement à écraser d’abord avec le coin de la molette la substance qu’on veut réduire en poudre ou en pâte fine. On travaille ensuite par un mouvement circulaire imprimé à la molette. On n’humecte la couleur, soit d'huile, de colle ou d’eau de gomme, que graduellement, et à mesure que la sécheresse de la masse en fait sentir le besoin. Le mouvement circulaire tend continue!lement à refouler la matière à la circonférence de la pierre ; il faut donc de temps à autre la ramener au centre, à l’aide du couteau ou spatule de broyeur; on‘rassemble Ja couleur en un las; on la reprend par parties et snccessivement ; on continue à broyer, et ainsi de suite, Les pierres à broyer et les molettes sont généralement de porphyre, de grès compacte ou de marbre. PELOUZE père.

BRUANT, genre d'oiseaux appartenant à l’ordre des passereaux, et qui se'distingue facilement à son bec conique, court , droit, sans aucune échancrure, et dont la mandibule supérieure , plus étroite et rentrant dans l’inférieure, a au palais un tubercule saillant et dur. Ce sont de petits oiseaux dont le chant est monotome, qui se nourrissent de graines pendant l'hiver, de graines et d’insectes pendant l'été, qui ont peu de prévoyance, donnent dans tous les piéges qu’on leur tend, et sont recherchés comme petit gibier. 11 y en a diverses espèces dans les deux continents ; nous citerons seulement celles que l’on trouve en France.

Le bruant comnrun où bruant jaune ( emberiza citrinella, Linné), long de 0”, 17, a le dos fauve, tacheté de noir, la tête et tout le dessus du corps jaune, les deux pennes externes de la queue à bord interne blanc; il est répandu dans toute l’Europe, depuis la Suède jusqu'en Italie, IL établit son

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