BROYEUR — BRUANT
nid soit à terre, sous une motte, au milieu de l’herbe, soit dans un buisson ou sur les basses branches d’un petit arbre, Ce nid, composé à l'extérieur de mousse, de feuilles et de paille, est garni en dedans d’un petit matelas de crin et de laine, sur lequel la femelle pond, plusieurs fois par an, quatre ou cinq œufs d’un blanc sale, tachetés de brun. Cette mère a tant d’affection pour sa progéniture, qu’elle se laisse souvent prendre à la main sur ses œufs plutôt que de les abandonner. Ces oiseaux nes’enfoncent guère dans l'épaisseur des bois ; ils se tiennent sur leur lisière, le long des haies, dans les bosquets et les taillis. L'hiver ils se rapprochent des habitations en troupes innombrables , et sont alors très. faciles à prendre,
Le bruant fou (emberiza cia, Linné) habite particulièrement les contrées montagneuses , et n’est que de passage en France. 11 diffère du précédent en ce qu’il a le dessous gris roussâtre , et les côtés de la tête blanchâtres, entourés de lignes noires en triangle. Son nom vient de la facilité avec laquelle on le prend à l’aide de toute sorte de piéges; mais cette espèce de folie n’est, dit Buffon, qu’une maladie de famille, que le bruant dont il s’agit ici a seule. ment dans un plus haut degré. ;
Le bruant des haies ou zizi (emberiza cirlus, Linné) est long de 0", 16. Il a les parties supérieures variées de roux et de marron, les parties inférieures d’un jaune clair, Ja gorge et le haut du cou noirs, les sourcils jaunes, les moustaches noires, le plastron jaune, la poitrine cendrée avec ses côtés roux ainsi que ceux du ventre, la tête et la nuque olivâtre tacheté de ncir. La femelle a les parties inférieures plus ternes et la poitrine maculée de roussâtre. Ces oiseaux sont plus communs au midi que dans nos contrées ; cependant on en voit châque année quelques individus, au printemps et en automne, dans les environs de Paris. Leur chant, que l’on a cherché à rendre par les syllabes, zis, sis, sis, zis, gor, gor,gor, a, malgré sa monotonie, quelque chose d’agréable, surtout quand il se mêle à celui des autres oiseaux. Aussi recherche-t-on ce bruant pour en garnir les volières , dans lesquelles on le nourrit avec du chènevis et de la navette, et où il vit ainsi en captivité pendant cinq ou six ans.
Le bruant des roseaux (emberiza schæniculus, Linné), a chez le mâle, le bec noir ainsi que la tête, la gorge et le devant du cou, un collier blanc sur la partie supérieure du cou , une ligne au-dessus des yeux et une bande au-dessous de la même couleur, le dessous du corps d’un blanc teinté de roux , les flancs un peu tachetés de noiïrâtre, les pennes des ailes et de la queue d’un beau noir et frangées de roux, excepté les deux dernières de chaque côté de la queue, dont la plus interne est toute d’un blanc de neige et la suivante seulement bordée de blanc. Dans la saison des amours, le bec prend une teinte jaunâtre, les joues sont d’un roux brun, la gorge entièrement noire, le dessous du corps d’un blanc pur avec des taches noires sur les côtés, Il a 0 *, 15 de longueur. La femelle, un peu plus petite que le mâle, en diffère d’ailleurs par la privation du collier et de teinte noire sur la gorge , par la tête variée de brun et de roux clair, et par les parties blanches de son plumage , qui sont souvent plus ou moins lavées de roux. Cet oiseau, que l’on trouve depuis les provinces méridionales de l'Italie jusque dans les régions froides de la Suède et de la Russie, niche au bord des lacs, des rivières et des marais, Il attache aux rosesux un nid composé de joncs secs et de moûsse, garni de poils intérieurement, et dans lequel il pond quatre ou cinq œufs, d'un gris foncé, avec des taches et des raies brunes ; à l'automne il quitte les lieux marécageux pour fréquenter les plaines et les hauteurs, où il recherche sa nourriture le long des haies et dans les champs cultivés, I s'élève peu de terre, et ne se perche que sur les buissons ou les petits arbres, Au printemps le mâle fait entendre nuit et jour un gazouillement assez re-