BRUCKER — BRUEYS
cèrent pour Civilis. Velléda, la prophétesse, était Bructère d'origine; elle habitait du moins une tourelle de leur pays. Battus par les Chamaves et les Angrivars, pillés, brülés, dévastés, égorgés par Constantin, forcés de recevoir un chef qu'ils avaient expulsé, ils entrèrent en grand nombre dans la milice romaine. Alliés des Francs, subjugués par les Saxons , ils changèrent leur nom en celui de Berthari au huitième siècle.
BRUEYS et PALAPRAT, « nés tous deux dans le midi de la France, et qui avaient, dit La Harpe, la vivacité d’esprit et la gaîté qui caractérisent les habitants de cette contrée, réunis fous deux par la conformité d'humeur et de goût, après avoir mis en commun leur travail et leur talent, sans que celte association délicate ait roue produit entre eux de jalousie, nous ont laissé. deux pièces d’un comique naturel et gai : Z’Avocat Patelin et Le Grondeur. »
Né à Aix en 1640, d’une famille ancienne et protestante, David-Augustin ne Brueys avait été élevé dans la religion de ses parents, qui le destinaient au barreau; mais, se senfant peu de goût pour la jurisprudence, il avait préféré l’étude de la théologie, à laquelle il s’était livré avec tant d’ardeur , qu’il était devenu en peu de temps un des membres les plus distingués du consistoire de Montpellier. Bossuet, frappé du talent qu'il remarqua dans une Réponse que Brueys avait faite en 1681 à son Zxposition de la Doctrine Catholique, au lieu derépliquer, voulut voir son antagoniste, l’accueillit avec distinction, entreprit de le convertir, et y réussit. Brueys se montra aussi zélé défenseur des doctrines qu’il venait d’embrasser si subitement, qu'il l'avait été précédemment des croyances de ses pères, et divers écrits, tels que l’£Zxamen des raisons qui ont donné lieu à la séparation des protestants (1682); la Défense du culte extérieur de l’église catholique (1686 ); la Réponse aux plaintes des protestants contre les moyens qu'on a employés pour leur réunion, et contre le livre intitulé : La politique du clergé de France (ibid. ); le Traité de l'Eucharistie en forme d'entretiens (ibid. ); le Traité de la Sainte Messe (1683), et le Traïlé de l'Église (1687 ), vinrent successivement témoigner, sinon de la sincérité de sa conversion, du moins de la merveilleuse facilité avec laquelle son style et son raisonnement avaient su se plier à sa nouvelle position.
Ce qui pourtant semblerait annoncer de sa part une foi assez vive, c’est la résolution qu’il prit d’embrasser l’état ecclésiastique après la perte de sa femme. Le clergé et le roi l'avaient comblé de pensions et de bénéfices en récompense de ses écrits en faveur de la religion catholique, et tout devait faire penser que sa vocation était dès lors bien décidée, lorsqu'un voyage qu’il fit à Paris et la fréquentation du théâtre éveillèrent en lui une nouvelle faculté, dont l'exercice devait lui assurer un nom dans les fastes de la scène. Étranger aux intrigues du monde, et surtout à celles qui . se pratiquent dans les coulisses, il lui fallait quelqu'un qui facilitât ses premiers pas, fit recevoir ses ouvrages et en suivit les répétitions; il trouva ce secours dans un de ses compatriotes, qui devint bientôt son ami, son collaborateur, et n’aurait, assurent certains biographes , apporté d’autre contingent que celui-là à leur fraternelle association.
C'était Jean de Bigot PaLarnaT, issu d'une famille de robe, né à Toulouse, en 1650, fait capitoul en 1675, chef du consistoire en 1684, qui avait quitté tous ces honneurs pour se livrer aux lettreset s'attacher, en qualité de secrétaire, au due de Vendôme. Les premiers fruits de cette association furent le Grondeur et le Muet, représentés tous les deux avec succès sur la scène française la même année (1691). Le dernier de ces deux ouvrages, au jugement de La Harpe, est fort inférieur à l’autre; le fond en est emprunté à l'£unuque de Térence, et il offre des situations que le jeu seul du théâtre fait valoir, Nous ne nous étendrons pas sur l’A-
comme un trophée. Sous Vitellius et Vespasien, Us sé piuuvn- | vocat Patelin, pour lequel nous partageons la prédilec-