‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 50 sur 527 · UNIVERSITY OF VICTORIA [IRAN ADVY · texte numérisé non relu

UNIVERSITY OF VICTORIA [IRAN ADVY

BERTUCH éographique de Weimar, établissement destiné à la gravure les cartes géographiques, et d’où est sorti le Manuel com-

let de la Géographiemoderne (terminé seulement en 1832, 20 tomes gros in-8°, composés chacun de plusieurs volumes), vaste collection qu’on peut considérer comme une réritable encyclopédie géographique. Bertuch a publié en utre une Nouvelle Bibliothèque des Voyages, dont il a aru 60 volumes. Il avait fondé en 1817 la Feuille d'Oposition, journal que le pouvoir ne tarda pas à supprimer, cause de l'indépendance de ses allures.

BÉRULLE (Prerne pe), cardinal, naquit d’une famille oble, au château de Sérilly, près de Troyes, le 4 février 1575, t mourut à Paris, le 2 octobre 1629. De bonne heure il ontra une pénétration, des lumières et une vertu qui frapèrent les maitres sous lesquels il fit ses diverses études. élevé à la prètrise , il se signala dans la controverse, « Si ’est pour convaincre les hérétiques , disait le cardinal Du erron, amenez-les-moi; si c’est pour les convertir, présenez-les à M. de Genève (saint François de Sales); mais si rous voulez les convaincre et les convertir tout ensemble, dressez-vous à M. de Bérulle. » Il l'avait pris pour son seond dans le fameux duel théologique qu'il eut avec D ulessis-Mornay, le 4 mai 1600, à Fontainebleau, en résence de Henri IV, des princes et des premiers seigneurs es deux partis, au nombre d’environ deux cents, et où le ape des huguenots (c’est ainsi qu'on appelait Duplessis) ut battu. Bérulle , par ordre du roi, soutint lui-même, à ézanne en Brie, un combat singulier de ce genre contre ierre Dumoulin. Il en sortit également vainqueur. Après voir opéré des conversions, refusé d’être précepteur du auphin, introduit en France, non sans peine, les carmélites éformées d’Espagne, il songea à y fonder la congrégation de ’Oratoire, qui existait déjà en Italie. C'était afin de régénérer le clergé, en le retirant de l'ignorance et des vices, ruit des temps barbares et des guerres civiles. L'esprit de ‘énoyation travaillait alors l’Église.

Il suscita d’autres établissements, tels que les prêtres de a Doctrine de saint Vincent de Paul, Port-Royal, et, par ette aräeur et ses travaux immenses, la science ecclésiasique se releva, les mœurs s’épurèrent. Une belle part de a gloire du sacerdoce au dix-septième siècle revient aux ratoriens. Pour les établir, Bérulle eut à surmonter beaucoup obstacles. Heureusement il n’était pas moins homme d’afaires que d'étude. Jouant un rôle important dans la poliique, il réconcilia les membres de Ja famille royale, et fit parie du conseil de la couronne, où il se trouva plusieurs fois n opposition avec Richelieu, dont il excita la jalousie. A la ort de ce rival, Richelieu dissimula si peu le contentement 15 être débarrassé qu’on crut qu’il l’avait fait empoisonner.

1 s’en défendit avec indignation, et sans doute il était inno-

ent. Les médecins avaient jugé Bérulle depuis longtemps atteint d’une maladie incurable. Bérulle concevait mieux l'indépendance de l’Église gallicane que la liberté des cultes. Chargé d’aller à Rome demander la dispense pour le mariàge de Henriette, sœur du roi, avec le prince de Galles, depuis Charles 1°, roi d'Angleterre, il laissa entendre qu’on s'adressait au saint-siége par déférence, et que s’il n’agissait point convenablement, on saurait se passer de lui; qu’on avait en France des pouvoirs suffisants. J1 fut nommé confesseur de la nouvelle reine, et il laccompagna en Angleterre, avec douze prêtres de l’Oratoire. Il revint en France exposer le triste état des catholiques; retenu par Louis XIII, il reprit ses anciennes fonctions.

Gardien sévère de la pureté de la foi, il repoussait à Ja fois le quiétisme et le molinisme. I] fuyait l'élévation, quoique par dévouement il setrouvât dans les plus hauts postes. Sans le prévenir, le roi demanda pour lui le chapeau de cardinal ; le pape, en le lui envoyant , lui adressa deux brefs dont lun avait pour objct de le relever du vœu par lequel il s'était engagé à n’accepter jamais aucune dignité ec-

— BERVIC 101 clésiastique, et de lui enjoindre de recevoir celle qui venait de lui tre conférée sous peine de désobéissance, Malgré ces ordres, quelque impératifs qu’ils fussent, il était tenté de faire des représentations pour être dispensé de s’y soumettre, Mais le père Condren, son confesseur , vint à bout de l'en dissuader, en lui remontrant qu'il devait se prêter à ce que Dieu exigeait visiblement de lui. Il était en garde contre tout ce qui pouvait, même de loin, le porter à se prévaloir du haut rang qu'il occupait; il ne permettait pas que les pères de sa maison adoptassent une nouvelle manière de traiter avec lui. La veille des grandes fêtes, il lavait la vaisselle, suivant un usage qui existait alors dans la plupart des communautés.

Ce cardinal remplissant l’office de marmiton se déclara en toute occasion le protecteur des gens de lettres. Ainsi, il fit lever les difficultés qui s’opposaient à l'impression de la Polyglotte de Le Jay. Un des premiers, il comprit le génie de Descartes, et l’encouragea à se produire. Dans une réunion de savants tenue chez le nonce Bagni, pour entendre un médecin bel esprit, nommé Chandoux, qui devait étaler un nouveau système philosophique, Bérulle s’aperçoit que Descartes, au milieu des applaudissements, écoute en silence; il le presse de s'expliquer sur ce qui vient d’être dit; Descartes obéit, et ravit l'assemblée. Bérulle, frappé de la netteté et de la justesse de ses idées, désire avoir un entretien particulier avec lui ; Descartes lui développe ses principes, et lui fait entrevoir les avantages que les hommes pourraient en retirer pour la perfection des arts et des sciences pratiques, comme la mécanique, la médecine et les autres. Bérulle l’engage vivement à poursuivre ses recherches et à les livrer au public. « Ce n’est point en vain, lui dit-il, que vous avez reçu de Dieu une force et une pénétration si peu communes. Vous lui rendrez compte de vos talents; vous répondrez à ce juge souverain des hommes du tort que vous feriez au genre humain en le privant du fruit de vas méditations. » De pareilles exhortations, plusieurs fois réitérées, raniment le courage de Descartes, effrayé jusque là des contradictions que les suppôts de la vieille philosophie commencçaient à lui faire éprouver de toutes parts. Il prend la résolution inébranlable de suivre l’impulsion qui le porte à se frayer une route nouvelle. e

On a de Bérulle plusieurs ouvrages et des lettres. Celui où il traite de l’État et des grandeurs de Jésus fit, lorsqu'il parut, une sensation extraordinaire. Après l’avoir lu, le pape Urbain VIII n’appelait plus l’auteur que l’apôtre du Verbe incarné. Ce livre a peut-être donné à Bossuet l'idée de ses Élévations sur les Mystères et de ses Médilations sur l'Évangile. En 1644, Bourgoing, troisième général de l’Oratoire, publia les œuvres réunies de Bérulle en un gros volume in-folio. BorDASs-DEMOULIN.

BER VIC (CnarLes-CLÉMENT), célèbre graveur français, s'appelait véritablement Jean-Guillaume Bazvay. Il naquit à Paris, en 1756. Dès son enfance, cédant à un penchant irrésistible, il copiait toutes les images que le hasard faisait tomber dans ses mains. La vue de quelques tableaux et les lecons de dessin qu’il reçut de Leprince décidèrent de sa vocation: il voulut être peintre ; mais, plus caleulateurs qu’enthousiastes, ses parents préférèrent lui voir étudier lagravure. On le plaça donc chez le graveur Georges Wille dès l’âge de treize ans : l'élève devait laisser son maître bien loin derrière lui.

Après avoir successivement gravé plusieurs portraits, où il est intéressant de suivre pas à pas les progrès de son burin, après avoir fait à Lépicié l'honneur de graver ses froids tableaux du Repos et de l’Accordée de village, qu'il chercha vainement à réchauffer du feu de son talent, Bervic prit sa revanche en 1790, dans le grand portrait en pied de Louis XVI; et dela plus misérable peinture de Callet il fit une bonne estampe, pleine de vérité, de couleur et d'harmonie. Cette magnifique planche fut malheureusement

brisée lors de la tempête révolutionnaire de 1793 : aussi les épreuves en sont-elles devenues très-rares et très-chères.

La peinture, déchue dans l’école de Boucher, se régénérait alors sous l'impulsion de David; Bervic était appelé à rendre le même service à son art. Sa réputation s’accrut et s’affermit encore à l'apparition de l'Éducation d'Achille (an vi), d’après Regnault, et surtout de l’£nlèvement de Déjanire (an x), d'après le Guide. C’est là une belle œuvre, qui reproduit avec fidélité la légèreté de ton et la manière lumineuse de ce maître, la noblesse et le haut stylé ile dessin et de pensée de la figure de Déjanire, avec lexpression passionnée de son ravisseur. Lorsqu'elle parut, Bervic, qui avait déjà reçu en 1792 le prix d'encouragement pour la gravure, fut désigné pour le prix de gravure par la commission des prix décennaux. « Cette estampe (l Entèvement de Déjanire) peut être regardée, dit le compte-rendu du jury, comme une des plus belles dans le genre historique qui aient paru depuis Louis XEV (1). »

Après avoir gravé le groupe de Zaocoon, encore un des chefs-d’œuvre de l’école française, Bervic gémissait pourtant toujours de n’avoir pu réaliser qu’en partie les vues nouvelles qu'il avait sur son art. Ces vues étaient sans cesse présentes à son esprit : dans l’école de gravure, où de nombreux élèves recueillirent ses leçons , nul maître ne s’attacha plus à démontrer les dangers de limitation servile, nul ne dirigea mieux ses élèves dans la liberté du génie naturel de chacun : aussi cette école fut-elle distinguée entre toutes.

La vie de Bervic fut sans événements importants. Les souverains et les gouvernements s’empressèrent de lui décerner les récompenses et les encouragements dus à son talent. 11 fut logé par Louis XVI au Louvre, et décoré successivement des ordres de Saint-Michel, de la Réunion et de Ft Légion d'Honneur, Il avait été membre de l’ancienne Académie royale de Peinture et de Sculpture ; il mourut à Paris, le 23 mars 1822, membre de l'Institut, laissant un nom qui ne sera jamais prononcé, dit Quatremère de Quincy, sans rappeler une des plus belles époques de la gravure en France.

BERVILLE (Sant-ALen), premier avocat général à la cour d’appel de Paris, est né à Amiens, le 22 octobre 1788. Son père, attaché, en qualité de secrétaire, à l'Assemblée provinciale de Picardie, devint plus tard secrétaire général de la préfecture de la Somme, II fit, dans sa ville natale, en raison de sa frêle santé, de médiocres études, mais il vint dans la suite les compléter à Paris, Reçu avocat en 1812, il ne tarda pas à se distinguer, non moins par une probité sévère et un beau caractère politique, que par le talent élevé qui le plaça en peu de temps aux premiers rangs du barveau. Bientôt il dévoua sa vie à la défense des amis de la tiberté persécutés par le gouvernement des Bourbons de la branche aînée, Comme les Dupin, les Barthe, les Mérilhou, æs Mauguin, les Barrot, il fut l’un des chefs de ce jeune libéralisme qui ne cessait de combattre les mesures réactionnaires du gouvernement,

Peu fait pour le mouvement et pour le bruit, il ne se délassait des travaux de son état que par un autre genre de fravaux. La littérature et la musique composaient les seules distractions qu’il recherchât. Aussi, malgré la réputation étendue et bien acquise que ses talents lui méritèrent, il fut peu mêlé aux faits de la Restauration. Toute sa vie publique est dans ses plaidoyers ; ses autres instants ont été partagés entre les arts, que son goût délicat et sûr sut apprécier, et Vamitié, que son caractère, doux et simple, est fait pour rendre sincère et de longue durée. Cependant, quelque reliré qu'il fat, quelque modération que comportät sa nature, aucun avocat, pendant la longue durée de la Restauration,

(1) Qu'il nous soit permis de rappeler à nos premiers souscriplenrs que ces denx dernieres gravures, également appréciées par lous les jnges compétents, sont celles que nous leur avons offertes en prime,

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