BRUEYS D’AIGALLIERS — BRUHL
De toutes les villes de la Belgique c'est celle qui a le plus conservé de la physionomie du moyen âge; et il est possible de remonter dans son histoire jusqu’au troisième siècle de notre ère, époque où, dit-on, saint Chrysole vint prêcher l'Évangile à ses habitants. Au septième siècle elle avait pris assez d’extension pour avoir le titre de ville et être considérée comme la capitale de toute la contrée environnante désignée sous le nom de Flandre. Son commerce maritime était déjà considérable avant la conquête d'Angleterre par les Normands, et il prit alors un tel essor avec les séigneurs normands que les marchands de Bruges formèrent à Londres une hanse particulière, investie de nombréux priviléges et qui en vint à acquérir tant d'influence qu’en 1242 le comte de Flandre s’engagea à ne choisir désormais d’échevins que permi les membres de cette association, La richesse de cette ville au moyen âge était extraordinaire, ainsi qu’on en peut encore juger de nos jours par les nombreux monuments et édifices qui nous restent de cette époque. Mais l’ensablement successif des ports de Sluys et Damme, auquel les habitants de Bruges ne purent porter remède, empêchés qu’ils étaient par des guerres civiles et des émeutes sans cesse renaissantes, amena la décadence de leur ville en même temps qu’il favorisa les développements, toujours plus grands, d'Anvers, cité rivale. Les événements qui aboutirent à la captivité de l’empereur Maximilien dans le château de Cranen (1488) exercèrent sur leur commerce la plus délétère influence ; et il n’y eut bientôt plus que le monopole des laines, devenu d’une haute importance pour les Anglais après la perte de Calais (1460), qui le préserva d’un complet anéantissement. Les émigrations en masses qui à l’époque du règne sanglant de Philippe II furent le résultat des persécutions religieuses n’eurent pas des suites moins désastreuses,
Vers la fin du seizièmé siècle les tapisseries fabriquées à Bruges jouissaient d’une immense réputation en Europe, et les premières tapisseries de haute et de basse lisse qui sortirent des ateliers de la célèbre manufacture fondée à Paris par les frères Gobelin étaient l'ouvrage d’un ouvrier de Bruges, appelé Jans ou Jansen. On prétend-que ce fut à Bruges qu’en 1450 l’art de tailler le diamant fut inventé par Louis de Berken ou Berquen.
En 1704 les Hollandais mirent le siége devant Bruges, qui fut prise par les Français en 1708 et 1745. Lors de la réunion de la Belgique à la France, elle devint le chef-lieu du département de la Lys. Elle a donné le jour à van Oort, le peintre célèbre, à l’imprimeur Colard-Mansion (1472) et au mathématicien Stevin, auquel elle a récemment élevé une statue. C'est à Bruges qu’en 1429 le duc Philippe le Bon institua l’ordre de la Toison d’or, Le sang est beau dans cette ville, et les femmes de Bruges jouissent d’un renom de beauté justement mérité, qui date de loin, comme on peut le voir par des vers latins que nous citons plus loin à l'article Bruxelles, et qui caractérisent les avantages particuliers à chacune des villes principales de la Belgique.
BRUGES (Jean DE). Voyez Eycr (Van).
BRUGNET,. Voyez BoLer.
BRUGNON , espèce de pêche, dont la chair est plus ferme et la peau plus lisse et plus colorée que celle des pèches ordinaires, et qui mürit à la fin de septembre : le dbrugnon violet est le plus estimé; il y en a aussi une espèce musquée.
BRÜHL (Henri, comte ne), ministre d’Auguste II], roi de Pologne et électeur de Saxe, naquit le 13 août 1760 à Weissenfels, où son père remplissail les fonctions de maréchal de la cour et de conseiller intime du duc de Saxe- Weissenfels. 11 était le quatrième de cinq enfants, etsa mère, née Van der Heyde, appartenait aux maisons de Chemnitz et de Mislareuth, De bonne heure il entra, en qualité de page, au service de la duchesse Élisabeth, veuve du duc Jean-Georges de Saxe-Weissenfels, qui résidait alors le plus