BRUNEAU — BRUNEHAUT
Il s’est procuré un mauvais bafeau-ponté avec lequel, à l'aide de quelques nègres, il a fait des voyages de cabotage sur les côtes de la Guyane et au Brésil, De jcanes esclaves nègres et mulâtres disparaissant de Cayenne, on soupçonna Matburin Bruneau de les entraîner dans ce marronnage prolongé, sans les inscrire sur son rôle d'équipage. Arrêté et interrogé par le consul français de Para , accusé de détournement de mineurs, le pauvre Bruneau, dans sa prison, passait le jour et.la nuit à écrire. La chambre des mises en accusation, reconnaissant le consentement des mineurs et le manque absolu de violence et de fraude, l’a renvoyé devant la police correctionnelle , comme prévenu de transport d'esclaves à l'étranger, délit prévu et puni par les lois spéciales de la colonie. »
Mathurin Bruneau est le sujet d’une des meilleures chan-
sons de Béranger, Qui n’a répété ce refrain bien connu :
Croÿez-moi, prince de Navarre,
Prince , faites-nous des sabots,
E. G. De MONGLAYE,
BRUNEHAUT (dans la langue germanique Brunhild, fille brillante), était fille d’Athanagild, roi des Visigoths d’Espagne. Sigeber, roi d’Austrasie, dédaignant de recevoir dans son lit des femmes de basse naissance, comme faisaient ses frères, demanda sa main, et l'obtint. « C'était, dit Grégoire de Tours, une jolie fille, belle de visage, séduisante en ses manières, honnête et décente dans ses mœurs, douée de prudence dans les conseils et d’un langage flatteur, » La même année Chilpéric, roi de Soissons, voulut faire comme son frère un noble mariage, et épousa Galswinthe, sœur aînée de Brunehaut. Mais bientôt il l’abandonna pour sa concubine Frédégonde; l’infortunée Galswinthe fut étouffée entre deux matelas. Ce meurtre fit éclater entre les deux reines une haine furieuse, qui devait non pas causer, mais animer la guerre entre les Francs d’Austrasie et ceux de Neustrie. C’est en vain que le saint évêque de Paris, Germain, essaya de s’interposer entre les partis : Brunehaut ne cessait de pousser son époux à la vengeance; Sigebert poursuivit Chilpéric, et se préparait à l’assiéger dans Tournay, quand deux assassins, envoyés par Frédégonde, vinrent le frapper dans son camp avec des couteaux empoisonnés. Aussitôt la fortune changea de face : l’armée austrasienne se dissipa, et fit sa soumission au roi de Neustrie; Brunehaut tomba au pouvoir de son enneni. Cependant Chilpéric, dont la cupidité se trouvait assouvie par les riches trésors enlevés à sa captive, la traita avec plus de douceur qu’elle ne s’y altendait ; mais la veuve de Sigebert, qui ne se senfait pas en sureté en présence de l'implacable Frédégonde, séduisit le fils de Chilpéric, Mérovée. Ce prince vint la rejoindre à Rouen, qui lui avait été donné pour résidence, et fit bénir son union avec la femme de son oncle par son parrain, l'évêque Prétextat,
Quelque temps après, Brunehaut parvint à se sauver et à gagner l’Austrasie, où régnait, sous l’autorité des grands, son fils Childebert, âgé de six ans. A peine de retour dans ses États, elle eut à lutter contre les seigneurs austrasiens; ces leudes, plus nombreuxet plus compactes que les nobles francs, vivaient disséminés dans la Neustrie et dans la Gaule méridionale ; en mème temps plus voisins des forêts de la Germanie, leur ancienne patrie , ils en avaient mieux gardé les mœurs rudes et farouches, et se croyaient plus de droits à l’indépendance, Aussi virent-ils avec dépit la veuve de Sigebert jalouse de régner au nom de son fils comme elle avait régné au nom de son époux. Ses efforts pour restaurer l'adminis= tration impériale, les Gallo-Romains, dont elle aimait à s'entourer au milieu d’un peuple encore sauvage, les leudes même qu'elle avait altachés à sa personne (chose inouie jusque alors et qui n'avait lieu que pour un roi), furent autant de causes qui soulevérent les mécontents. Elle eut pourtant d’abord si peu d'autorité, qu'elle ne put donner asile à