BRUNELLESCHI — BRUNET
d'autres ouvrages importants, Le grand-duc Côme de Médicis et le pape Eugène IV l’employèrent dans une foule de travaux, qui eussent suffi à la réputation de plusieurs autres architectes ; nous citerons seulement parmi ces travaux le célèbre palais Pitti, qui, augmenté depuis par les soins d’Ammanati, est devenu le séjour des grands-ducs de Toscane à Florence.
Quoïqne la sépulture de sa famille fût dans l’église de
Saint-Mare, le corps de Brunelleschi fut inhumé dans celle !
de Sainte-Marie-des-Fleurs : touchant hommage rendu par le peuple de Florence à son grand artiste.
BRUNELLIER , genre de plantes qui renferme six à |
huit espèces, dont deux sont originaires des îles Sandwich et Rawak, et les autres de l'Amérique méridionale, Ce genre, que M. de Jussieu place dans la famille des zanthoxylées, fut dédié par Ruiz et Pavon au botaniste bolonais Brunelli. Les brunelliers sont des arbres à fleurs diclines, disposées en panicules ou en corymbes axillaires ou terminaux. BRUNET (Jacques-CnarLes), célèbre bibliographe, naquit le 2 novembre 1780, à Paris, où son père était libraire. Après avoir quelque temps exercé lui-même cette profession , il débuta dans la carrière bibliographique par la rédaction de plusieurs catalogues de ventes de livres, dans le nombre desquels on peut citer celui de la bibliothèque du comte d'Ourches (1811) comme offrant un vif intérêt, et comme ayant conservé une grande valeur. En 1802, il avait déjà publié un Supplément au Dictionnaire Bibliographique de Duclos et de Caïlleau. Plus tard il donna son Manuel du Libraire et de l’Amateur de Livres (Paris, 1810, 3 vol.), dont la cinquième édition, entièrement refondue et augmentée d’un tiers, a été publiée sous sa direction, de 1360 à 1868, en 12 vol. grand in-8°. Cet ouvrage, frait d’un travail immense, a fait dire que M. Brunet pouvait à bon droit passer pour le créateur de la bibliographie générale ; il n’est pas moins estimé et recherché à l'étranger qu’en France, et fait tout à fail autorité dans la matière. On lui doit encore une Motice sur les différentes éditions des Heures gothiques ornées de gravures et imprimées à Paris à la fin du quinzième et au commencement du scizième siècle (1834); des Notices sur les Chroniques de Gargantua (1834); les Poésies françaises de J.-E. Alione d’Asti (1836); Recherches sur les éditions originales de Rabelais (1852), et Notice sur les heures gothiques du XV® siècle (1864). M. Brunet est mort le 16 novembre 1867,
à Paris.
BRUNET (MIRA, di), né à Paris, en 1766, est parmi les acteurs de nos théâtres secondaires celui dont le nom et la réputation ont été le plus populaires, le plus répandus. Pendant le cours de sa vogue, l’une dés plus longues que l’on puisse citer dans les annales de la scène, on ne disait plus : Allons aux Variétés ; mais, allons chez Brunet. Cette faveur si prononcée, si constante, était justifiée , il faut le dire, par un jeu d’une vérité, d’une naïveté, d’un naturel parfaits dans un genre inférieur ; Brunet eut , en outre, l’avanfage si précieux de venir à temps. Son public n'avait plus ce dédain aristocratique pour la peinture des mœurs du peuple, qui avant la révolution de 1789 eût pu nuire à l’effet des tableaux dont il était le personnage principal. Et nul mieux que Brunet , dont la figure seule provoquait le rire le plus franc, re pouvait répondre à ce besoin de l’époque. Cette révolution qui devait changer tant de destinées , tant de carrières, le lança dans celle du théâtre; son père tenait dans le quartier de la Halle un bureau de loterie d’un grand rapport. Quoique le jeune Mira eût un goût très-vif pour le spectacle, surtout pour celui qu'égayaient alors les Zazzis de Carlin, il ne songeait nullement à jouer la comédie autrement qu’en société , et était destiné à hériter du bureau et des occupations de son père. Une particularité assez piquante de son enfance, c’est que Talma, dont les parents habitaient
aussi ce quartier, fut son condisciple dans une des modestes |
DICT. DE LA CONYERS. — T. III
pensions de l'arrondissement. Assurément leurs camarades ne se doutaient guère qu’ils avaient auprès d’eux læ’tragédie et la farce, Manlius et Cadet-Roussel.
Lors de la suppression des loteries, en 1790, le fils du buraliste songea à se faire une ressource de ce qui n'avait été jusque là pour lui qu'un amusement. Il obtint de ses parents, non sans difficulté, et sous la condition de changer son nom de famille contre celui de Brunet, la permission d’aller essayer en province son talent dramatique, Deux ans de scène à Rouen le firent appeler à Paris, où il débuta sur le théâtre de la Cité dans Le désespoir de Jocrisse, rôle qu'avait créé Baptiste cadet, et qu'après cet acteur il était difficile d'aborder. Sorti avec bonheur de cette épreuve, Brunet devint bientôt, à son tour, un des sujets les plus aimés du public, et quelque temps après il passa au Palais-Royal, sur le théâtre de M€ Montansier, dont cet Atlas de la bouffonnerie fut pendant neuf ans la plus ferme colonne. L’affluence qu’il y attirait devint certainement le principal motif du décret impérial qui fit fermer cette salle en 1807, comme nuisant à la prospérité du Théâtre-Français ; la foule n’en suivit pas moins Brunet, d’abord au théâtre de la Cité, où fut représentée cent fois de suite La famille des Innocents, puis dans la salle des Variétés, construite ar boulevard Montmartre, où ses anciens directeurs contractèrent avec lui une association dont ils n’eurent pas à se repentir. Il resta attaché à ce théâtre jusqu’en 1833, qu'il prit sa retraite, après avoir fait rire le public pendant trente-cinq ans. Il était alors presque septuagénaire et jouissait d’une modeste aisance, fruit de ses longs travaux.
L'espace nous manquerait pour citer seulement les principaux rôles de sa création ; sa carrière théâtrale offre trois grands types bien distincts. Dans les niais, où il se montra surtout l’acteur de la nature, il sut différencier les nuances de ce type, et faire ressortir tour à tour la simplicité de Jocrisse, la candidité d’Innocentin, les prétentions comiques de Cadet-Roussel , la malice du Niais de Sologne, la poltronnerie de Tremblin et d’Agnelet, etc. Les {ravestissements lui valurent des succès auxquels n’ont jamais atteint ceux qui remplissent ce même emploi : ce sont des hommes déguisés en femmes, tandis que Brunet était réellement Cendrillon, Belle-belle, Flamméa, etc. Quoiqu'il eût alors près de cinquante ans, l'illusion était complète. Enfin, plusieurs rôles grimés , plusieurs caractères qui se rapprochaïent davantage de la comédie, tels que ceux de Vautour, de Pépin, du vieux procureur de L'intérieur de l’Étude , ajoutèrent encore à sa renommée théâtrale, et prouvèrent que le naturel n’excluait pas chez lui la variété.
Plus d’une fois on a voulu créer à Brunet un autre genre de réputation, en lui prêtant quelques mauvais bons mots politiques dont il était fort innocent. Un de ces mensonges imprimés qui se propagent de recueil en recueil a fait croire aussi à beaucoup de lecteurs qu’il avait été emprisonné sous le consulat, pour avoir, dans son rôle de Jocrisse, plaisanté sur les préparatifs de descente en Angleterre, et comparé les bateaux de Boulogne à des coquilles de noix. Cette anecdote est tout à fait controuvée, mais en voici une plus authentique , dans laquelle apparaît la grande figure de l’empereur en regard avec le masque bouffon de Brunet. A l'époque où cireulait déjà parmi les personnes de la cour impériale le bruit du divorce avec Joséphine, sans qu’il eût encore transpiré dans le public, les acteurs du théâtre des Variétés furent appelés à Grosboïis par le prince de Neufchâtel , pour y contribuer aux plaisirs de la fète qu'il y donnait à Napoléon. On représentait devant l'illustre assemblée Cadet-Roussel, professeur de déclamationu. La première moitié de la pièce divertit beaucoup les spectateurs, sans en excepter l'hôte célèbre de Berthier; mais lorsqu'un des personnages dit à Cadet que son élève ne vient chez lui que pour décider sa femme à un divorce, ce mot fital comprima soudain la gaieté. Ce fut bien pis encore
lorsque Cadet-Roussel-Brunet s'écria, avec ce sérieux si comique du singulier professeur ; « Est-ce que vous croyez que c’est pour le plaisir que je me suis marié? C’est pour ne pas laisser finir la perpétuité de ma famille : c’est pour me voir renaître à moi-même... » Cette fois, deschuchotements, des regards dirigés timidement sur l’impératrice, le silence morne et glacial des courtisans pendant tout le reste de cette parade déconcertèrent totalement Brunet et ses acteurs, qui l’achevèrent tant bien que mal et le plus vite possihle. Joséphine n’avait pu cacher son trouble; l’empereur, plus maître de lui-même, fit bonne contenance jusqu’à la fin. « Qu'avez-vous fait, malheureux ? » vint dire alors, tout effrayé, aux acteurs, qui ne l’étaient guère moins, l’aide de camp du prince de Wagram , l’auteur Reveroni Saint-Cyr, malencontreux ordonnateur du spectacle. « Je ne connaissais pas cette pièce ; il fallait me prévenir. » Mais, pendant ce temps, l’empereur disait au prince : « Mon secret était bien gardé, car ces bonnes gens auraient à coup sûr choisi nn autre onvrage. » Oury.
Jean-Joseph Mira, dit BRUNET, remonfa sur les planches le 8 juin 1841 et joua jusqu’à la fin de l’année quelques-uns de ses anciens rôles, entre autres Jocrisse, chef de brigands ; c'était moins la nostalgie de la scène que la nécessité de remédier à des malheurs de famille qui lui avait fait prendre celte résolution. Sa présence provoqua chez le public une sorte d’étonnement mêlé de pitié. 11 mourut le 21 février 1853, à Fontainebleau,
BRUNE TTI (ANGELO), surnommé Ciceruacchio, voiturier du Transtevère, s’est rendu fameux lors des événements arrivés à Rome pendant les années 1848 el 1849. Quoiqu'il n’eût reçu aucune instruction, il sut, grâce à une intelligence peu ordinaire et à ses rares talents, dominer la multitude, et pendant longtemps il exerça une grande influence sur la populace de Rome. I! n’employa d’abord son crédit qu’à prévenir les excès, à fortifier les Romains dans leur vénération pour Pie IX et à diriger les démonstrations quotidiennes de reconnaissance pour le pape réformateur. Cependant, lorsque la réforme dégénéra en révolution, lorsque le pape refusa formellement de déclarer la guerre à l’Autriche, Ciceruacchio changea de rôle. Aveuglé par sa vanité ou par les louanges des républicains, il ne tarda pas à devenir un instrument entre les mains des démocrates, On n’a jamais pu prouver, il est vrai, qu’il ait pris part à l’assassinat de Rossi; mais il a participé à la révolution du 16 novembre 1848. 11 se montra zélé partisan de la république; cependant, comme on n’avait plus besoin de lui, on le laissa de côté. Une fois les Français à Rome, il s’enfuit à Gênes.
BRUNETTO LATINI, Voyez Larini.
BRUNFELS ou BRUNSFELS (Ornox), médecin et botaniste allemand du seizième siècle, naquit vers 1464, près de Mayence, et mourut à Berne, le 23 novembre 1534. Fils d’un tonnelier, il fut dès sa jeunesse entrainé vers l'étude des sciences, et parvint au grade de licencié en théologie et en philosophie. Ses parents n’ayant pu lui fournir les ressources qui lui auraient été nécessaires pour poursuivre ses travaux, il prit le froc dans un couvent de chartreux situé aux environs de Mayence. Quand les doctrines de Luther commencèrent à se répandre en Allemagne, Brunfels était déjà arrivé à la cinquantaine; elles produisirent une vive impression sur son esprit, et le déterminèrent à abandonner son couvent pour se faire prédicateur protestant. Mais malgré son zèle pour la réforme, sa constitution chétive et maladive le força de renoncer au rôle d'apôtre, pour se contenter du modeste rôle de maître d’école à Strasbourg. Il y passa neuf années , étudiant en même temps la médecine et les sciences naturelles; et reçu docteur en médecine en 1530 à Bâle, il remplit pendant deux ou trois ans les fonctions de médecin inspecteur à Berne. Les derniers moments de sa vie paraissent avoir été exclusivement consacrés à la botanique, dont il fut le restaurateur au seizième siècle, et à la