BRUNET — BRUNI
rédaction de ses ouvrages. I1 fraça à la science une route nouvelle en donnant l'exemple des herborisations pour apprendre à connaître les plantes indigènes. C’est ainsi qu'il fit connaître plus de cent trente espèces quiétaient demeurées inconnues à ses prédécesseurs. Plumier lui a consacré, sous le nom de brunfelsia, un genre de solanées. On a de Brunfels un grand nombre d'ouvrages relatifs soit à la médecine, soit à la botanique; nous citerons entre autres : Herbarum vivæ Icones ad naturæ imilalionem summa cum diligentia effigiatæ, una cum effectibus earumdem (Strasbourg, 1530, in-fol.); Catalogus illustrium Medicorum, seu de primis medicinæ scriploribus (ibid., 1533); Onomasticon seu Lexicon Medicinæ simplicis, avec les ouvrages de Théophraste (ibid., 1534); Epitome Medices, summam tolius medicinæ complectens (Anvers et Paris, 1540); Chirurgia Parva (Francfort, 1569).
BRUNF ELSIA , genre de solanées, établi par Plumier en l'honneur d'Othon Brunfels. Il se compose d’arbrisseaux de l'Amérique méridionale. Le brunfelsier des Antilles (brunfelsia americana) est même un arbre assez grand dans les contrées où il est indigène, II a besoin pour fleurir d’une bonne terre substantielle et d’une chaleur continuelle, et ne peut exister chez nous que dans les serres chaudes, où il reste nain, mais dont il fait le plus bel ornement, par son feuillage, toujours vert, et ses charmantes fleurs, grandes et blanches, qui répandent pendant tout l'été l'odeur la plus suave. I se multiplie de boutares, sur couche chaude et sous châssis ombragé.
Une espèce particulière , le brunfelsier ondulé ( brunfelsia undulata), originaire de la Barbade et de la Jamaïque, où il s'élève jusqu'à 6,50, ne parvient guère en France qu'à un mètre ou 1,30. Ses feuilles sont lancéolées, rétrécies à la base, ct ses fleurs, qui paraissent de mars à septembre , sont grandes , à tube long et verdätre, un peu courbé, à limbe légèrement ondulé, d’un blanc jaunâtre, et répandent une odeur d’œillet assez prononcée. Cette espèce demande la même culture que la précédente,
BRUNI (LEoNanDo), surnommé l’Arélin, était néen 1369, à Arezzo. En 1383, les bandes françaises aux ordres d’Enguerrand de Coucy, et réunies aux exilés d’Arezzo, s’emparèrent de celte ville, qu’elles saccagèrent ; et il eut la douleur de voir son père emmené prisonnier par les vainqueurs, tandis que lui-même était enfermé par eux comme sujet dangereux. Il n’avait encore que quatorze ans. Un portrait de Pétrarque appendu dans la pièce où il se trouvait détenu lui inspira la pensée de suivre les traces de ce grand poëte; et il n'eut pas plus tôt été remis en liberté, qu'il alla à Florence continuer sous Jean de Ravenne ses études commencées dans sa ville natale. Elles furent des plus complètes, et il nous apprend lui-même que son ardeur pour le travail était si grande qu’il répétait ses leçons pendant son sommeil, Après avoir donné quelquesinstants à l'étude de la jurisprudence, il se livra tout entier à l'étude de la langue grecque, sous la direction de Jean Chrysoloras, qui faisait alors à Florence des cours de langue et de littérature grecques. Nommé secrétaire apostolique par le pape Innocent VH, il remplit successivement les mêmes fonctions près de Grégoire XI, d'Alexandre V, et de Jean XXII. Ce souverain pontife ayant été déposé par le concile de Constance, Leonardo Bruni revint à Florence, où il se fixa et où il se consacra désormais à la culture des lettres, quoique revêtu à diverses reprises du titre de chancelier de la république. Il en remplissait les fonctions, lorsque la mort vint le frapper en 1444. 11 laissait divers ouvrages historiques, qui ont tous été imprimés. La république lui fit des obsèques magnifiques. On plaça sur sa poitrine un exemplaire de son Histoire de Florence, ouvrage écrit en latin dès 1415, traduit en italien par Acciajuoli et imprimé à Venise en 1473 (la première édition du texte original ne parut qu'en 1610, à Strasbourg). Son éloge funèbre fut prononcé par Giannoni
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BRUNI — BKUNN
Manetti, qui fut autorisé par les magistrats à le couronner de lauriers; et on lui éleva dans l’église de Santa-Croce un mausolée en marbre, que l’on y voit encore. Les autres ouvrages de Leonardo Bruni ont pour titre: De Temporibus suis (1475); De bello Italico adversus Gothos gesto (1470); Commentorium Rerum Græcarum (1539) ;on a aussi de lui des Vies de Pétrarque et du Dante,
Un poëte du même nom, An/onio Brunt, vivait dans la seconde moitié du seizième siècle et remplit les fonctions de secrétaire auprès du duc d’Urbin, François-Marie If. 1 mourut à la suite d’excès de table, Lié d’amitié avec le Marini, il imita son style, alors fort goûté. On a de lui : Æpistoleeroiche (Milan, 1626) : chacune de ces épitres est ornée d’une gravure, d’après le Guide, le Dominiquin, etc. ; divers poëmes, entre autres Le Tre Grasie, cive La celeste e La terrestre (Rome, 1633), et une tragédie, Radaminto.
BRUNIE , genre composé d’arbrisseaux du Cap. Il renferme un grand nombre d'espèces , dont plus de vingt sont cultivées dans les jardins européens : dans le nombre, on distingue la brunie lanugineuse, arbrisseau de 0", 60 à 1,20 de haut, très-élégant, à rameaux effilés, droits, couverts de feuilles linéaires et laineuses dans le bas. Elle fleurit en mai, et ses fleurs, réunies en têtes globuleuses, forment un corymbe terminal. Toutes les espèces de brunies réclament la même culture que les bruyères.
Ce genre a servi de type à M. Brongniart pour établir la famille des bruniacées , dont les espèces étaient auparavant placées à la suite des rhamnées.
BRUNINGS | CanisTian), né en 1736, à Neckarau, en Palatinat, et mort en 1805, passe à bon droit pour l’un des hommes qui se sont le plus distingués dans l’architecture hydraulique. De bonne heure il s'était familiarisé avec les diverses sciences se rapportant à cet art. Il était percepteur de l'octroi des digues en Hollande, lorsqu’en 1769 les états généraux le nommèrent inspecteur général des digues. Les travaux les plus importants qu'il ait exécutés sont les ou vrages construits pour arrêter les ravages du lac de Harlem, l’endiguement de ce qu’on appelle dans les Pays-Bas Les eaux hautes, lesquelles à l’époque des fortes marées inondaïient souvent de vastes étendues de territoire; enfin, la construction du canal de dérivation du Wahal, et du canal de Pannerden, travail qui a amélioré le lit du Rhin, du Wabhal et du Leck. On lui doit aussi l'échelle graduée pour mesurer la crue des eaux et mettre en garde contre l'inondation. En 1778 il fit paraître deux volumes de Rapports et de Procès-verbaux sur l’eau des rivières supérieures (Amsterdam, 2 vol., avec atlas). Quand il mourui, le directoire de la république batave mit au concours le plan du monument qui devait lui être élevé dans la cathédrale de Harlem ; mais les changements politiques survenus peu après firent oublier l'exécution de ce projet. Toutefois , le prix (200 ducats) proposé pour le meilleur éloge de cet habile architecte avait été adjugé, en 1807, à son élève et successeur Conrad.
BRUNIR, opération qui consiste à polir, ou plutôt à rendre brillante une pièce de métal au moyen du brunissoir.I!y a en effet une grande différence entre brunir et polir : on polit en usant les aspérités, les inégalités d’une pièce de métal ou de toute autre matière, au moyen de matières dures broyées plus ou moins fin, telles que le grès, l’émeri , le rouge d'Angleterre, le tripoli, la poudre de diamant, etc. Toutes sortes de matières sont susceptibles de poli plus ou moins parfait, suivant leur nature; mais on ne peut brunir en général que les matières métalliques, attendu que le brunissoir ne fait que resserrer et niveler, s’il est permis de parler ainsi, les molécules de la surface que l’on brunit sans les enlever. On ne saurait brunir une glace, une table de marbre, etc. — Bruni se dit, en terme d’orfévrerie, par opposition au ma t. TEYSSÈDRE,
: Brunir signifie aussi peindre en brun, devenir brun.
En termes de relieur, brunir un livre signifie éclaircir,
polir les tranches d’un livre , en les frottant avec une dent de loup, une dent d'agate ou de silex.
Brunir se dit, enfin, en termes de vénerie, de l’action des cerfs, des daims on chevreuils, qui, après avoir frayé, c’est .à-dire frotté légèrement leur tête aux arbres pour la dépouiller de sa première robe ou enveloppe velue, vont la teindre, ainsi que leur bois, aux charbonnières, aux terres raugeâtres, ete.
BRUNISSOIR , instrument d’acier trempé , auquel on donne ordinairement la forme d’une amande plus où moins allongée, et que l’on fixe par un de ses bouts dans un manche en bois, à l’aide duquel on peut appuyer plus ou moins fort sur la pièce de métal que l’on veut brun ir. On fait usage du brunissoir en le faisant glisser par un mouvement de va-et-vient sans quitter la pièce que l’on veut brunir : par ce frottement répété l’ouvrier, sans rien enlever de la superlicie métallique, ne fait qu'abattre ou refouler les petites rugosités que la lime ou le marteau peuvent avoir laissées sur la pièce.
Le brunissoir sert également dans divers arts et métiers ; mais il varie de forme et de grandeur suivant le besoin de l'ouvrage sur lequel on l’emploie. Les serruriers, éperonniers, armuriers et couteliers se servent de brunissoirs , aussi bien que les ciseleurs, les fabricants de bronze, les doreurs sur métal ou sur bois, les horlogers , les potiers d’étain, les orfévres, les bijoutiers , les relieurs, les graveurs et les planeurs. Le brunissoir de ces derniers est d’une assez grande dimension ; son manche a environ 0,60 de long, et l’ouvrier le tient à deux mains. Celui dont se serven{ les orfévres et les bijoutiers n’est quelquefois qu’une simple pointe, eu un crochet, auquel on donne le nom de dent de loup;. souvent aussi, au lieu d’être en acier, c’est une agate, dont la dureté donne un poli encore plus parfait que l’acier même. Lorsque les potiers d’étain se servent du brunissoir, ils ont soin de mouiller leur pièce avec de l’eau de savon; les planeurs se servent d’eau pure; les serruriers et les armuriers emploient quelquefois de l’huile.
BRUNN, appelé par les Slaves Brno, située en Moravie, au confluent de la Zwittawa et dela Schwartzawa, dans une contrée fertile et agréable, est en partie entourée de murs et de fossés qui la séparent de ses quatorze faubourgs. Les rues n’en sont pas larges, mais bien pavées et garnies de trottoirs. On y compte sept places publiques, décorées de fontaines jaillissantes : les plus remarquables sont la Grande Place, le Marché aux Herbes et la place des Dominicains. Les édifices les plus considérables sont : la cathédrale de Saint-Pierre, bâtie au sommet d’un rocher, non loin de la résidence de l’évêque et de celle des membres du chapitre, et d’où l’on jouit d'une vuemäagnifique ; l’église gothique deSaint-Jacques, avec une tour haute de 92 mètres et une collection extrêmement précieuse de livres datant des débuts de l'imprimerie ; l'église des Minorites ; le couvent des Augustins, situé dans le faubourg d’A!{-Brunn, avec une église gothique, et qui possède un beau tableau &e Luc Kranach ainsi qu’une riche bibliothèque; l’église des Capucins ; l'église des Dominicains et celle d’Obrowitz. Citons encore l’hôtel du gouverneur, l'hôtel de ville, où l'on admire un portail magnifique et diverses antiquités; l’école des aveugles ; le palaïs de justice; ceiui du prince de Kaunitz, etc., efc.; enfin, le superbe em-
arcadère où viennent converger les chemins de fer de l’empereur Ferdinand et du Nord.
Brunn est le siége des autorités civiles et militaires supérieures de la province, d’une direction générale des finances, d’une cour d'appel pour la Moravie et la Silésie. On y trouve un grand et un petit séminaire, un collége avec une bibliothèque, une école pour les aveugles et une école pour les sourds-muets , une maison de correction pour les enfants dépravés , un théâtre avec une redoute , un couvent d’ursulines avec une école de filles, plusieurs écoles primaires, et diverses sociétés pour la culture des sciences et des
lettres ou le perfectionnement de l’économie agricole. Lapopulation est de 59,000 âmes, en y comprenant les faubourgs. On y trouve des fabriques de draps, de liqueurs, de sucre, d’étoffes de laine et de cuir. Il s’y fait aussi un commerce de transit fort important avec la Bohême et le reste des États autrichiens, avec l'Italie, la Pologne, la Russie, l’Amérique et la Perse. Les anciennes fortifications ont été transformées en promenades publiques.
A l’ouest de la ville, non loin du Pefersberg, haut de 200 mètres, s'élève le Spielberg, qui atteint une hauteur de 272 mètres, d’où l’on découvre le panorama le plus magnifique, dont les Français essayèrent de détruire les fortifications en 1809, et qu’on a transformé de nos jours en prison d’État. En dehors de la ville on trouve la colonne de Zdérad, le plus ancien monument de la Moravie. Sur le Pétersberg, appelé aujourd’hui Franzensberg, orné de jardins et de terrasses, s'élève un obélisque en marbre de Moravie, haut de 20 mètres, et consacré à la mémoire de l’empereur François, de ses alliés et de la bataille de’ Leipzig.
Brunn a été plusieurs fois assiégé ; par exemple : en 1428, par les Taborites ; en 1467, par le roi de Bohême Georges Podiebrad, qui voulait punir les habitants d’avoir pris fait et cause pour le roi de Hongrie Mathias Corvin, et à l’époque de la guerre de Trente ans par Torstenson, qui fut réduit à en lever le siége. Après la capitulation d'Ulm ( 20 octobre 1805 ) et la prise de Vienne Napoléon transféra le théâtre des opérations militaires aux environs de Brunn jusqu’au moment où la bataille d’'Austerlitz amena la conclusion de la paix de Presbourg.
BRUNNER (Appareil de), appareil au moyen duquel on effectue l’analyse de l'air par une seule opération. Il se compose d’un flacon rempli d’eau et muni d’un robinet fermé à sa partie inférieure. Le bouchon de ce flacon livre passage à un tube recourbé rempli de chlorure de calcium qui communique avec un second tube plein de phosphore, lequel communique pareillement avec un troisième tube plein de potasse caustique, qui, à son tour, arrive dans un tube plein d'amiante, mouillée avec de l’acide sulfurique ; l’extrémité de ce dernier tube est fermée à la lampe. Touteslesjoinfures étant parfaitement lutées, si on ouvre le robinet et que l'on brise l'extrémité fermée à la lampe, l’air entre aussitôt par cette extrémité et traverse successivement tous les tubes dans un sens inverse de celui de notre énumération. Mais, en vertu des affinités chimiques des gaz qui le composent pour les matières renfermées dans les tubes, l'air dépose dans le premier tube qu'il rencontre la vapeur d’eau qu’il contient ; dans le suivant, son acide carbonique, et dans celui qui vient après son oxygène : de sorte qu’il n'arrive dans le flacon que de l’azote, Quant au chlorure de calcium du tube recourbé il n’a pour destination que d’absorber l'humidité qui pourrait provenir du flacon et altérer ainsi les résultats de l’analyse. On arrête l’opération en fermant le robinet, et on voit immédiatement quel volume d’eau l’azote a déplacé. Pour connaître les quantités absorbées d'oxygène, d’acide carbonique et de vapeur d’eau, il suffit de peser exactement le phosphore, la potasse et l’amiante, avant et après le passage de l’air : les différences de ces pesées sont évidemment les quantités cherchées.
Cet ingénieux appareil porte le nom de son inventeur, artiste adjoint au Bureau des Longitudes. ÆE. MERLIEUX.
BRUNNOW ( Pruziwpe, baron DE), conseiller d’État, envoyé extraordinaire et ministre plévipotentiaire de la cour de Russie à Londres, est né le 31 août 1797, à Dresde, d'une famille originaire de la Poméranie, et fut élevé, avec son frère Ernest-Georges, dans la maison paternelle, qu'il ne quitta qu’en 1815, pour aller suivre les cours de l’université de Leipzig. A l’époque du congrès d’Aix-la-Chapelle, en 1818, il entra au service de la Russie, et fut alors partieulièrement protégé par le conseiller d'État Stourdza. Les ministres Nesselrode et Capo-d'Istria ayant eu bientôt l’occa-