BERVILLE — PER\ICK
Parmi les travaux purement littéraires de Berville, le plus connu est l’Éloge de Rollin, couronné par l'Académie Franaise, discours remarquable par la grâce et l'élégance de la diction et par la finesse des aperçus. Ces qualités sont au reste celles qui caractérisent l’éloquent avocat général. Son style reproduit parfaitement son âme douce et tendre, Il manque peut-être de mouvement et de passion, mais son élégante simplicité prend toujours de la vigueur quand la droiture et Ja probité ont besoin pour se montrer dans tout leur jour d’être appuyées sur une mâle énergie. Berville est le parfait modèle du calme et de la sérénité de la bonne conscience. D’autres peuvent émouvoir plus fortement , nul ne peut se faire plus aimer ni plus estimer. Achille Rocue.
En 1837 le collège électoral de Pontoise envoya M. Ber- Yille, pour la première fois, à la Chambre des Députés, et ne cessa pas depuis de renouveler son mandat. 11 y siégeait sur la limite de la ganche et du centre, sans que le pouvoir d'alors s'en préoccupât beaucoup et s'offensat des velléités du magistrat député. 11 avait bien au fond une opinion progressive pour les choses, maïs il n'avait que des services pour ses collègues de toutes les nuances ; et il lui arriva plus d’une fois, sur les marches de la tribune, de donner en même temps des boules noires au ministère et des poignées de main aux ministres, lesquels eussent peut-être bien préféré le contraire.
11 présenta en 1840 le rapport de la loi sur les fonds secrets et celui de la loi sur l’organisation du tribunal de la Seine, J1 fit une proposition relative aux droits des veuves et des enfants des auteurs dramatiques, et parla encore sur la propriété littéraire et sur les sucres. Un pair de France avait introduit une nouvelle jurisprudence pour la répression des délits de presse, lorsqu'il s'agissait de diffamation exercée contre les fonctionnaires : on ne s’adressait plus au jury comme le voulait la charte, mais aux tribunaux civils, et, au lieu d’une condamnation pénale qu’on n’obtenait pas toujours, on obtenait une réparation pécuniaire. Cette jurisprudence, accueillie par la cour de cassation, trouva un adversaire dans M. Berville, qui fit une proposition à la Chambre pour rendre au jury sa compétence exclusive sur les délits de la presse. Quand vint la grande question de la réforme, il avoua qu’il désirait bien moins l'extension du suffrage électoral qu’une bonne distribution des électeurs. Il ne voyait la corruption que dans les petits colléges. Du reste ses avertissements ne cessèrent pas d’être pleins de bienveillance. « Il y a toujours moyen, disait-il, de s'entendre avec un pouvoir qui n’use pas de violence pour briser les institutions du pays. »
Après la révolution de Février, le département de Seineet-Oise envoya encore M. Berville à la Constituante. Aux deux dernières sessions de l’ex-Chambre des Députés, il avait cessé de prendre la parole, son mince filet de voix n'arrivant qu'à grand'peine jusqu’au tube auditif de ses collègues les plus désireux de l'entendre. fl ne se représenta pas four l’Assemblée législative : la loi avait déclaré son mandat incompatible avec ses fonctions. Nommé président de chambre en 1853, il fut admis à la retraite en 1858, el mourut en septembre 1868, à Paris.
Berville dut une partie de sa fortune à la publication des Mémoires sur la Révolution française(1820-26, 56 vol.), annotés par lui et par son ami Barrière. Littérateur agréable il a publié, outre les ouvrages cités, des Fragments oratoires el litl(raires (1845, in-8°), des Mélodies amic noises (1853, in-8°), en vers ; et Gressel, sa vie el ses ou-
orages (1853, in-8°). IL a écrit, en outre dans le Journal des Débats et donné beaucoup d'articles à l'Encyclopédie moderne, à l'Encyclopédie des gens du monde, et au Dictionnaire de La Conversalion. Enfin, il était un des membres éminents de la Société philotechnique,
BER WICR, comté du sud-est de l’Ecosse, borné par la mer du Nord et par les comtés d'Haddington, de Roxburgh
et d'Édimbourg , séparé en outre de l'Angleterre par la Tweed, comprend une superficie de {1 myriamètres carrés, avec nne population, en 1871 de 3% 474 hahifants, Le ol, stérile dans les districts du nord et du nord-ouest, où il est couvert par des ramifications des monts Lammermoor, ayant au plus 360 mètres d’élévation, est au contraire très-aple à être mis en culture dans les districts méridionaux, où on ne laisse pas d’ailleurs que de rencontrer aussi des landes d’une grande étendue, Le grès domine dans tout ce comté, où le Leader, ia Dye et le Whiteadder viennent, en se dirigeant au sud-est, se jeter dans la Tweed et l’Ege, fleuves qui se frayent passage à travers les rochers hauts, abrupts et presque inaccessibles qui bordent les côtes, pour se décharger dans la mer. Le climat est âpre, mais sec, et favorable par conséquent à l’agriculture. Dans les vallées des parties montagneuses, là où un sol marécageux à pu être mis en valeur, de mème que dans les plaines bien situées où la propriété se trouve extrêmement divisée, morcelée, le sol est exploité avec beaucoup d’habileté, soit par les propriélaires eux-mêmes, soit par leurs fermiers ; les uns et les autres emploient les méthodes de culture les plus rationnelles et les plus perfectionnées. Les pâturages qu'on rencontre dans les montagaes nourrissent une remarquable race de bêtes à cornes, dont l’engraissage forme avec l'élève des moutons et des porcs une des principales ressources de la population.
BER WICK, sur la Tweed, bourg et port de mer, qui, de même que son territoire, de 440 kilomètres d’étendue environ , ne dépend, à bien dire, d’aucun comté particulier, bien qu’on le comprenne souvent dans le Northumberland, est bien bâti. 11 possède plusieurs édifices remarquables, et en 1871, 13,231 habitants, qui vivent pour la plupart du commerce des poissons, des grains, des charbons et de l’ale, en retour desquels is font venir du bois, du chanvre, du fer, des os, etc. Il existe en outre à Berwick une inportanteusine, dans laquelle on fabrique les différents métiers et machines propres à la filature du lin et du coton. La pêche du saumon y a beaucoup perdu de limportance qu’elle avait autrefois, Une grande jetée en pierre surmontée d’un phare rend sûre et cemmmode l'entrée de la Tweed. On y traverse le fleuve lui-même sur un pont et sur un immense viaduc construit pour la compagnie du chemin de fer à Édimbourg par Stephenson.
BERWICR (Jaues FITZ-JAMES, duc DE), appelé ordinarrement le maréchal de Berwick, pair de France et d'Angleterre, et grand d’Espagne, né le 21 août 1670, était fils üaturel du duc d’'York, qui fut plus tard le roi Jacques Il, et d'Arabella Churchill, sœur du duc de Marlborough. Il porta d’abord le nom de Fits-James. Élevé en France, il fit ses premières armes en Hongrie sous les ordres du duc Charles de Lorraine, général de l’empereur Léopold I‘. Peu de temps après éclata la révolution d'Angleterre. Berwick accompagna son père dans ses expéditions d'Irlande, et fut blessé pour la seule fois de sa vie dans une affaire qui eut lieu en 1689. 11 servit ensuite en Flandre sous Îles ordres du maréchal de Luxembourg, en 1702 et 1703 sons ceux du duc de Bourgogne, puis sous le maréchal de Villeroi, et se fit naturaliser Français. En 1706 il passa maréchal, et fut envoyé en Espagne, où il remporta la victoire d’Almanza, qui rendit de nouveau le roi Philippe V maitre de Valence, et lui assura la possession du trône d’Espagne. Philippe l'en récompensa en le créant duc de Liria et de Xerica. Mais en 1719 il dut envahir l'Espagne à la tête d’une arinée française et combattre ce même Philippe V, qui, par reconnaissance pour ses services passés, avait appelé un de ses fils en Espagne, En entrant sur le territoire espagnol , Berwick éenivit à ce fils, connu sous le nom de ducde Liria, de faire son devoir en toute occurrence el de défendre de sen mieux les droits de son souverain.
Après être resté longtemps en inactivité, Berwick reçut le
commandement d’une armée chargée d'effectuer le passage du Rhin à Strasbourg, et alla mettre le siége devant Philippsbourg, où il fut tué d’un coup de canon. C'était un homme froid, mesuré, mais d’une grande énergie de caractère, et possédant toutes les qualités propres à un capitaine. De son premier mariage avec la fille du comte de Clanricarde descendent les ducs de Liria en Espagne. En 1699 il épousa en secondes noces une certaine miss Bulkelers, qui le rendit père du premier duc de Fitz-James. Les Mémoires du maréchal de Berwick (2 vol., La Haye, 1737-1738) sont apocryphes; mais plus tard le duc de Fitz-James publia les Mémoires autographes du duc de Berwick (2 vol., Paris, 1778).
BÉRYL, variété de l’émeraude. Les béryls de Sibérie sont d’un bleu verdâtre ou d’un jaune de miel (émeraude miellée des lapidaires}; ceux de Bavière, de l’île d’Elbe et de France sont blancs (quelquefois limpides et incolores), blanc jaunâtre on gris brunâtre. Quand le béryl est d’un vert bleuâtre , il prend le nom particulier d’aigue-marine.
La chaux sert de base à deux combinaisons qui portent dans le commerce le nom de faux béryls : ce sont cette variété de phosphale de chaux appelée apalite, et les gemmes de chaux fluatée que les marchands nomment prime d’émeraude, fausse améthyste, fausse lupaze, suivant leur couleur,
BÉR YLLE ou BERYLLUS, évêque de Bosra, en Arabie, qui enseignait que Jésus-Christ n'avait point joui d’une existence particulière avant que de paraître parmi les hommes, et qu’il n'avait point d’autre divinité que celle du Père, qui habitait en lui. C'était anéantir la personne divine du Verbe éternel. Plusieurs évêques disputèrent contre Bérylle pour le tirer de son erreur, et, ne pouvant le réduire, ils appelèrent à leur secours Origène, qui le pressa par des raisons si fortes qu’il le convaiu juit et le ramena à lorthodoxie. 1 paraît toutefois que la secte qu’il avait fondée n’en continua pas moins de subsister, car un concile assemblé cent ans après fut obligé de promulguer encore des canons contre elle.
BERYLLIENS. Voyez BÉRYLLE el ALOGIENS.
BERYTE. Voyez BElRoUT.
BERZÉLIUS (Jean-Jacques), un des plus grands chimistes de notre temps, naquit le 20 août 1779, à Westerlæsa, près de Linkæping, dans l'Ostrogothie, où son père était chapelain. 1] reçut sa première éducation dans la maison paternelle, et alla en 1796 suivre les cours de l’université d’Upsal avec l'intention de se consacrer à la médecine. Son aptitude pour la chimie se fit remarquer de bonne heure, et il acheva ses études dans cette science sous le patronage du célèbre Gahn. Le premier fruit de ses études et aussi d’un an de séjour fait en qualité d'aide auprès d’un médecin d’un endroit thermal appelé Medewi, fut la Nova Analysis Aquarum Mediviensium (Upsal, 1800). Après avoir encore publié un petit écrit intitulé : De Ælectricitalis galvanicæ in Corpora organica effectu (Upsal, 1802), et s’être fait recevoir docteur en medecine, il fut nommé en Mat 1802 adjoint pour la médecine et la pharmacie à Stockholm par le collége de santé. Berzélius, tout en remplissant ces fonctions, ne laissa pas que de s'occuper concurremment de pratique médicale, de faire des cours publics sur la chimie expérimentale et de donner des leçons particulières de pharmacie. En 1806 il fut nommé professeur de chimie à l’école milñaire, et l'année suivante professeur de médecine et de pharmacie à Stockhohn, où il fonda en 1807, avec le concours d’autres médecins, la Société Médicale de Suède, compagnie savante qui a bien mérité des sciences, Nommé membre de l'Académie des Sciences de Stockholm en 1808, il fut appelé à la présider dès l'année 1810, et en 1818 on l'en élut secrétaire perpétuel, tonctions qu'il remplit assidament jusqu'au 7 août 1848, jour où la mort vint l'enlever à la science,