‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 521 sur 527 · BRUNN — BRUNNOW · texte numérisé non relu

BRUNN — BRUNNOW

sion d'apprécier ses rares dispositions pour la carrière diplomatique, il fut attaché au ministère des affaires étrangères, et adjoint à Stourdza, à l'effet de rédiger un projet de code civil pour la Bessarabie. Après avoir assisté aux congrès de Troppau et de Laybach, il fut attaché pendant une année, comme secrétaire, à l'ambassade de Londres, puis vint prendre part aux délibérations du congrès de Vérone, et occupa ensuite une haute position administrative à Saint- Pétershourg. Attaché plus tard à la personne du comte Woronzoff, gouverneur général d’Odessa, il fit, comme employé civil, les campagnes de 1828 et 1829 contre les Turcs. Nommé alors conseiller d’État et employé dans le cabinet même de M. de Nasselrode , il remplit à Saint-Pétersbourg les fonctions de premier rédacteur du ministère des affaires étrangères, et dans ce poste put acquérir une connaissance intime de l'esprit et de la direction de la politique russe,

En 1839 il fut accrédité comme ministre plénipotentiaire auprès des cours de Stuttgard et de Hesse-Darmstadt ; mais dès l’automne de la même année son gouvernement le chargea d’une mission spéciale à Londres, à l'effet d'opérer un rapprochement plus intime entre les cabinets de Saint-James et de Saint-Pétersbourg, à propos de la question d'Orient, en profitant du refroidissement survenu entre la France et la Grande-Bretagne. Ses premières tentatives demeurèrent , à ce qu’il paraît, infructueuses, car dès la fin de cette même année il était revenu à son poste diplomatique en Allemagne. Quelques semaines plus tard, cependant, il partait de nouveau pour Londres, à l’effet d'y renouer les négociations précédemment entamées, et au printemps de 1840 il y était accrédité d’une manière permanente. C’est à ses efforts et à son habileté que le cabinet de Saint-Pétersbourg fut redevable de la conclusion du célèbre traité du 15 juillet 1840 ; traité qui brisa l’alliance diplomatique de l’Angleterre et de la France, et qui, en mettant les puissances du Nord d’accord avec le cabinet de Londres sur la question d’Orient, en amena une solution provisoire, M. de Brunnow, qui eut ordre de ne rien négliger pour faire croire aux tendances pacifiques de la Russie, resta dès lors à poste fixe en Angleterre, et prit part aux négociations qui aboutirent au traité de commerce de 1849 entre la Russie et la Grande-Brefagne. Quand lord Palmerston éleva des réclamations contre la Grèce etles États d'Italie en 1850, la Russie fit ruine d’abord de rappeler son ambassadeur; mais M. de Brunnow parvint à rétablir les bonnes relations. Rappelé en février 1854, il fut accrédité auprès de la Confédération germanique et fit tous ses efforts pour retenir les États secondaires dans la neutralité, Après avoir secondé le prince Orloff dans les débats du congrès de Paris, il fut chargé de l'ambassade de Berlin (1857) et alla occuper, le 22 mars 1858, celle de Londres, où il se trouve encore.

BRUNNOW ( Ennesr-GEORGES DE ), frère du précédent, connu comme romancier et comme propagaleur zélé des doctrines de l’homæopathie, est né à Dresde, le 6 avril 1796. Bien différent en cela de son frère cadet, qui se dévouait complétement aux intérêts russes et se faisait même nationaliser en Russie, celui-ci est toujours resté Allemand, A l'université de Leipzig, où il étudiait le droit, le traitement nécessité par une maladie d'yeux qui lui était survenue le mit en rapport avec Hahnemann, et l'amitié qui s'établit alors entre eux se resserra encore plus tard à Dresde, où M. de Brunnow fut pendant deux années attaché à la régence provinciale, en qualité d’assesseur. Forcé alors, par la faiblesse de sa vue, de renoncer à tout service publie, les soins d'Hahnemann prévinrent cependant l'aggravation du mal; aussi, dans son admiration et sa reconnaissance pour le médecin qu’il regardait comme son sauveur, M. de Brunnow résolut-il de consacrer désormais toutes ses facultés à la propagation de l'homæopathie. Après s'être convenablement préparé par des études médicales, il traduisit en français l'Organon d'Hahnemann (Dresde, 1824);

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