‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 523 sur 527 · BRUNO · texte numérisé non relu

BRUNO

terré. 11 ne pouvait guère étre âgé de plus de soïxante-huit ans. Le culte de saint Bruno, autorisé dans les églises des chartreux par Léon X, en 1514, fut étendu à toutes les autres par Grégoire XV , en 1623.

Il ya plusieurs éditions des œuvres de saint Bruno. À l'exception des commentaires sur les Psaumes et sur saint Paul, de deux lettres, dont l’une à ses frères de la Chartreuse, et d’une élégie de quatorze vers sur l'imprudent oubli de la mort, citée par les Bollandistes, dont la poésie n’est pas très-remarquable, le reste est attribué à saint Bruno d’Aste, et à Bruno, évêque de Wurtzhourg, duc de Carinthie. Les commentaires sur les Psaumes et sur saint Paul, écrits dans un latin passable, annoncent un esprit exercé aux études les plus profondes de la philosophie de l’époque. Son goût pour la solitude respire dans la plupart de ses ouvrages. Les tableaux représentant la vie de saint Bruno dont Lesueur avait orné le cloître des chartreux de Paris, après être restés longtemps au musée du Luxembourg, ont été transportés au Louvre.

H. BouGiiTTÉ, ancien recteur.

BRUNO (Giorpaxo), penseur célèbre, qui fut le précurseur des différents systèmes panthéistes modernes, naquit à Nole au milieu du seizième siècle. Il entra de bonne heure dans Pordre des Dominicains; mais, ayant émis des doutes sur la transsubstantiation et sur l’immaculée Conception, il devint suspect, et dut fuir. En 1580 il était à Genève, d’où le chassèrent les calvinistes orthodoxes ; il vint à Paris, où il ouvrit un cours sur le grand art de Raïimond Lulle ; mais ses querelles avec les partisans fanatiques d’Aristote l'obligèrent à quitter aussi cette ville et à se retirer à Londres, où il vécut quelques années sous la protection de Pam: bassadeur de France Michel de Châteauneuf de la Mauvissière, et où il composa ses ouvrages les plus importants. En 1585 il se rendit, par Paris et Marbourg, à Wittemberg, où il professa publiquement de 1586 à 1588, et où il prononça pour discours d'adieu un éloge enthousiaste de Luther, Les années suivantes il habita Prague, Brunswiclg, Helmstedt, Francfort. On ignore les raisons qui le portèrent à retourner en Italie en 1592. 11 passa quelqnes années à Padoue sans être inquiété; mais en 1598 linquisilion larrêta à Venise, et le fit transférer à Rome, où, après une captivité de deux ans, ayant refusé de se rétracter, il fut brûlé vif, le 17 février 1600, comme hérélique et violateur de ses vœux.

Ses écrits, dont les plus importants sont en italien, annoncent un esprit plein de force et d'énergie, facile à Sirriter, capable d'enthousiasme, mais ne brillant pas par la clarté, Sa Cena delle ceneri est une apologie de lastronomie de Copernic ; le Spaccio della bestia trionfante (Paris, 1584), une allégorie dans le goût du temps, pleine de remarques satiriques sur son siècle. Dans la Cabala del cavalo Pegaseo coll agiunta del asinio Cillenica (Pa-. ris, 1585 ), il vante ironiquement le bonheur de l'ignorance. Les poésies qu’il a publiées sous le titré Deyli eroici Furori (Paris, 1585), célèbrent l'amour divin. Il avait fait imprimer auparavant une comédie satirique, 44 Candelajo (1582). Les principaux de ses écrits, sans parler de ses nombreux traités latins sur la Mnémonique et la Topique de Lulle, sont ses ouvrages de métaphysique, entre autres Della causa, principio ed uno (Venise, 1584); Deë infinito universo e mondi (Venise, 1584 ), et son poème De innumerabilibus, immenso et infigurabili, seu de universo et mundis, publié à Francfort, 1591 avec le traité De monade, numero et figurd. F.-G. Javobi attira de nouveau l'attention sur: les idées de Bruno dans ses Lettres sur la doctrine de Spinoza. Les éditions originales «le ses œuvres sont trés-rares ; Wagner a publié ses œuvresitaliennes (2 volumes, Leipzig, 1830), avec une notice sur sa vie, et Gfœrer une partie de ses ouvrages latins dans son Corpus Philo-, sophorum (Stuttgard, 1834 et suiv.). Consultez Barthclinès, Jordano Bruno de Nola (2 vol., Paris, 1846); Clé-

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