BERZÉLIUS — BESANT
fisik, journal suédois, on possède de Berzélius plusieurs ouvrages traduits en français, Les principaux sont : £ssai sur la théorie des proportions chimiques et sur l'in- Auence chimique de l'électricité; Nouveau système de Minéralogie; De l'emploi du Chalumeau dans l'analyse chimique; Éléments de chimie, Traité de chimie minérale et végélale (10 vol. in-8°), complété par Gerhardt, etc. De plus, comme secrétaire de l’Académie des Sciences de Stockholm, Berzélius publiait annuellement, sous le titre d’'Annuaire des Progrès des Sciences physiques, un compte-rendu de ce que la chimie, la physique et la minéralogie avaient produit de remarquable pendant l’année précédente : de 1820 à 1847, il fit paraître ainsi vingt-sept volumes qui ont été traduits en allemand par Gmelin, Wœæhler, etc.
En 1819, l'illustre Suédois fit un voyage à Paris. Pendant son séjour en France, Berzélius, par l’affabilité de son caractère, sut captiver tout le monde. Les salons de Berthollet à Arcueil étaient à cette époque le rendez-vous de ce que les sciences et les lettres avaient de plus illustre. C’est là que Berzélius cemmença avec Laplace, Gay-Lussac, Arago, Ampère, Dulong, Fresnel, etc., des relations qui n’ont été interrompues que par la mort.
Anobit dès 1818 par le roi Charles-Jean, Berzélius, à occasion de son mariage avec la fille du conseiller d’État Pappius, fut créé baron en 1835. Député à la diète, il obtint en 1838 le titre de sénateur. Mais la faveur royale ne fit pas de Berzélius un homme politique ; son laboratoire ne fut pas négligé pour sa nouvelle dignité. Il resta simple et travailleur comme par le passé, et par cette sage conduite il laisse à sa patrie un nom illustre, inattaquable par les partis et les réactions politiques. Une statue colossale en bronze Jui à été élevée à Storkholm.
BESACE ou BISSAC (du latin bis saccus, double sac), sorte de sac ouvert par-le milieu, qu’on porte sur l'épaule et dont l’un des bouts pend par devant et l’autre par derrière. La besace est surtout l’apanage des mendiants. De là les proverbes Porter la besace, Réduire quelqu'un à la besace. Une besace bien promenée nourrit son maître, dit-on proverbialement ; et sous leurs haillons, certains animaux à deux pieds qui se plaignent du poids de leurs charges répètent encore que c’est {oujours aux queux la besace. Enfin, si l’on en croit les fables des moralistes ,
Le fabricateur souverain Nous créa besaciers, tous de même manière, Tant ceux du temps passé que du temps d’aujourd’hui. Il fit pour nos défauts la poche de derrière, Et celle de devant pour les défauts d'autrui,
BESAGUE ou BESAIGUE. Arme offensive et d’hast, en usage dans le moyen âge. C'était une sorte de serpe ou de hache à deux tranchants, garnie de pointes à son extrémité supérieure. On s’en servit dans les combats jusqu’à l’époque de l'invention de la poudre et des armes à feu, Elle
-cessa alors de faire partie de l’armement des troupes.
BESAN. Voyez BESANT.
BESANCON (Pesuntio), ville de France, chef-lieu du département du Doubs, sur le chemin de fer de Lyon à Strasbourg. Sa population est de 46,961 hab. Siége d'un archevêché, d’une cour d’appel, d’un tribnnal de première instance et d’un tribunal de commerce, Besançon possède une faculté des lettres, une faculté des sciences, un lycée, une école secondaire de médecine, une école normale primaire, un séminaire théologique \s une bibliothèque publique, renfermant 120,000 volumes, un musée d’antiquités, te musée Péris, et un jardin botanique. Place forte, et quartier général de la 7° division militaire, Besançon possède une école d'artillerie et une citadelle. ;
L'origine de cette ville, dont le nom en langue celte significrait sépulcre dans une vallée, se perd dans la nuit des temps. Déjà célèbre sous César, qui en parle avec éloge
DICT. DE LA CONVERS, — T. ll.
(lib. I, cap. 9, De Bell. Gall.), elle devint sous Auguste la métropole de la Grande Séquanie, et atteignit sa plus grande splendeur sous l’empereur Aurélien, à la mémoire duquel
y fut élevé un arc de triomphe (/a Porte Noire), dont les vestiges, avec ceux d’un amphithéâtre et d’un aqueduc , attestent encore aujourd’hui sa haute antiquité. Devenue ville libre et impériale, puis cédée aux Espagnols, reconquise par Louis XIV, elle resta définitivement à la France en 167%, et devint en 1676 le siége du parlement et la capitale de la Franche-Comté.
Dans une situation agréable, à l'extrémité d’une vallée arrosée par le Doubs, la ville de Besançon, divisée en deux portions inégales par la rivière, se trouve dominée par de hautes montagnes couvertes de vignes, de bois , et couronnées par plusieurs forts dont les principaux sont la citadelle assise sur un roc inaccessible, la tour de Chaudanne et le fort du Griphon. La partie de la ville située sur la rive gauche du Doubs est très-bien bâtie, et renferme des places publiques vastes et régulières ; l'hôtel de ville, bel édifice gothique ; un magnifique hôtel de préfecture, l'hôpital , l’ancien palais du cardinal de Granvelle, la cathédrale, les églises Saint-Jean et de la Madeleine, les casernes, de belles fontaines publiques, des bains, la porte Taillée, ouvrage des Romains, la salle de spectacle, le polygone , la promenade de Granvelle et celle de Chamars, avec la statue de Pajol.
Besançon possède des manufactures d’armes à feu et d’armes blanches. On y fabrique de l'horlogerie, des draps, des toiles, de la mousseline, de la bonneterie, des toiles peintes, des gants, des papiers peints, de la quincaillerie. Cette ville a en outre une raffinerie de poudre et de salpêtre et des brasseries renommées. Son commerce est actif, surtout avec la Suisse, l’Alsace et le midi de la France. Elle possède un bureau de douanes.
A trois lieues sud-ouest de Besançon, se trouve la grotte d'Osselle, qui a plus d’un quart de lieue de long, et qui est remarquable par ses belles stalactites et les ossements fossiles qu'on y rencontre.
BESANT , BESAN ou BEZANT, nom d’une ancienne monnaie, qui à d’abord été frappée par les empereurs de Byzance, d’où elle aurait tiré son nom, et qui était d’or pur, au titre de vingt-quatre carats. Plus tard, il fut d’usage en France d’en présenter treize à la messe du sacre des rois , et Henri II en fit battre, expressément pour cette destination, un nombre pareil, en leur donnant le nom de byzantins. On s’est demandé pourquoi nos princes se servaient d’une monnaie étrangère dans leur sacre? Leblanc pense que ce nom éfait donné autrefois à toute monnaie d’or, même quand elle n’était pas frappée à Constantinople.
On ne paraît pas bien fixé sur la valeur du besant ancien. Ragneau et Baquet l’évaluent à 50 livres; le sire de Joinville dit qu’on demanda pour la rançon de Louis 200,000 besants d’or, qui valaient 500,000 livres : ceserait à raison de 50 sous pour chacun. Dans plusieurs titres d'abonnement de fiefs, le besant n’est apprécié qu’à 20 sous; dans un compte des baillifs de France de l’an 1277, il est évalué à 9 sous. Le denier tournois était alors à 1 denier 6 grains de loi, à la faille de 200 au marc : ainsi, il valait de notre monnaie courante 4 deniers un quart, et par conséquent le besant vaudrait environ 21 sous de la monnaie d’aujourd’hui.
BESANT Blason). C’est une pièce de métal ronde et pleine dont on charge l’écu, à la différence des fourteaux, qui sont de couleur; et des cercles et anneaux, qui sont à jour. Les paladins français mirent sur leurs écus de ces sortes de besants, pour faire voir qu’ils avaient fait le voyage de la Terre Sainte. On appelle besant-tourteau celui qui est mi-partie de métal et mi-partie de couleur. Les Espagnols confondent les besanés et les {ourteaux, et les appellent indifféremment roeles ; quelques-uns appellent aussi les besants d'argent plates, du mot espagnol plata, qui signifie argent. Upton nomme les besants d’or talents, et
ceux d'argent palets. Il y a aussi des besants saracéniques (sarrazins ).
BESBORODKO (ALexaANDRE, prince), ministre russe, né en 1742, dans la Petite-Russie, mort à Saint Pétershourg, en 1799, avait accompagné en qualité de secrétaire le feld- Maréchal Romanzoff dans ses premières campagnes contre les Tures, lorsqu'il obtint un emploi de secrétaire à la chancellerie. Connaissant parfaitement sa langue maternelle, il brillait en outre par la facilité et la rapidité de la conception. Ayant reçu un jour l’ordre de rédiger un projet d’ukase, il oublia complétement la commission dont il était chargé, et se présenta au palais de l'impératrice sans être porteur du fravail qui lui avait été demandé. Catherine II le lui rappela, et Besborodko, sans se troubler, tira de son portefeuille une feuille de papier blanc, puis donna lecture à sa souveraine du projet d'ukase comme s’il eût été réellement rédigé déjà depuis longtemps. L'impératrice, satisfaite, lui demanda le papier pour y apposer immédiatement sa signature, et sa surprise fut grande en le trouvant d’une entière blancheur. Toutefois elle prit la chose en bonne part, ne fit point de reproches à Besborodko, et le nomma, au contraire, conseiller intime, puis, en 1780, secrétaire d'État pour les affaires étrangères. Dès lors, et surtout après la mort de Panin (1783), il posséda toute la confiance de Catherine.
Créé comte du saint-empire par l'empereur Joseph IT, et possesseur d’une fortune immense, Besborodko s’allia à la famille Woronzoff,et devint ainsi l’un des adversaires secrets de Potemkin. En 1791 l’impératrice l’envoya à Iassy pour renouer avec la Porte les négociations de paix rompues par Potemkin; et au retour de cette mission son crédit s’accrut encore. 11 dirigeait presque à lui seul toutes les relations de la Russie avec les puissances étrangères, et il exerça la plus décisive influence sur le sort fait à la Pologne. Plus tard, le favori Platon Zouboff le remplaça dans la confiance de Cafherine II, sans que cependant il tombât pour cela en disgrâce. A l’avénement de Paul Ie" au trône, il fut crééprince, et en 1797 cet empereur le chargea de négocier une alliance entre la Russie et l'Angleterre contre la France. Par son testament il consacra une grande partie de sa fortune à des établissements d'utilité publique.
BESCHERELLE (Louis-NicoLas), lexicographe, né à Paris le 10 juin 1802, est fils d’un épicier. Après avoir fait ses classes au collége Bourbon, il fut attaché en 1825 aux archives du conseil d’État, et passa en 1828 à la bibliothèque du Louvre, où il demeura employé jusqu’à la révolution de Février, Grammairien par vocation, il débuta dès sa première jeunesse par une sorte de dissertation sur le Participe passé (1820); puis prenant à partie les grammairiens contemporains, il se donna pour tâche, dans un petit ouvrage intitulé Revue grammaticale (1829), de réfuter leurs bévues ou de redresser leurs règles. C’est avec le même dessein, mais dans un cadre plus large, qu'il publia la Grammaire de l'Académie (1837), critique acerbe du Dictionnaire des quarante; les Classiques et les Ro mantiques (1838, in- 8°), avec M. Martin, examen raisonné du style des écrivains célèbres depuis Corneille jusqu’à V. Hugo; et avec le même une Réfutation complète de La Grammaire de Noël et Chapsal (1838, in-12), réfutation dont Chapsal fut tellement piqué qu’il acheta toute l'édition à Ja condition qu’on ne la réimprimerait plus. Ce goût de la dispute, si cher aux grammairiens de tous les temps, n'avait pas suffi à l’activité de M. Bescherelle : passant de la critique à l’exemple il se fit professeur à son tour, ouvrit un cours particulier de langue française, et devint archiviste de la Société grammaticale et secrétaire fondateur d’une Société d’émulation qui se propusait d'améliorer l’instruction primaire, Avec le concours de son frère cadet et de Litais de Gaux il fit paraître une Grammaire nationale
(1834-37, 2 vol, gr. in-8°), ouvrage qu'il qualifiait lui-même :
d'éminemment classique et où il prétendait fonder les rè-
BESANT — BESELER
gles et constituer le code de notre langue en s'appuyant uni quement sur l'autorité des grands écrivains, tels que Voltaire, Racine, Fénelon, Rousseau, Buffon, B. de Saint-Pierre, Châteaubriand, Lamartine, etc. Cetle tentative d'opposer aux règles absolues et souvent arbitrai es des théoriciens d'école l'usage général et l'autorité des grands écrivains, renouvelée plus tard avec plus de science par Génin, plut au publie, et la grammaire nouvelle obtint jusqu'à six édidions. Le succès de cet ouvrage fit connaître M. Bescherelle qui compila alors un Dictionnaire usuel de tous les verbes français (1842-43, 2 vol. in-8°), puis le Dictionnaire national de la langue française (1843-46, 2 vol. in-4°), qui, avec la prétention d’être universel, n’a réussi qu’à offrir au lecteur un prodigieux amas de mots, d'exemples, de définitions , réunis trop souvent sans liaison ni autorité suffisante.
D’autres écrits du même auteur méritent d’être rappelés, par exemple : Grammaire de toutes Les écoles (1840; in-12), l’Instruclion popularisée par l'illustration (1851- 1852, 2 vol. gr. in-8°, fig.), collection de petits manuels en forme de dictionnaires; Grand Dictionnaire de géographie universelle (1856-58, 4 vol. in 4°), avec M. Devars, Pelit dictionnaire national (1857), l'Usage du monde (1861), Grammaire pour tous (1865, 2 parties).
Son frère, né le 12 juin 1804, estemployé dans les bureaux du conseil d'État; outre sa participation aux ouvrages cités plus haut il a donné seul un Cours complet de la langue française (1852, 6 vol. in-12) et une Méthode pour apprendre les langues modernes (1853-55, 4 vol. in-12).
P. Louisy.
BESELER (Guizrauwe-Harrvic), homme politique danois, est né en 1806, dans le pays d'Oldeubourg. Élevé à Schle£wig, il fit ses études de 1825 à 1827 aux universités de Kiel et de Heidelberg, et reçu avocat, vint se fixer à Schleswig, où bientôt il sut se faire une place des plus honorables au barreau de cette ville. Son rôle politique date de l’année 1844, époque où la ville de Tondern l’élut pour son mandataire à la diète de Schleswig. A cette époque le part radical danois s’efforçait d'entraîner dans son courant d’idées et d'efforts les populations du nord du Schileswig, tant par de belles promesses que par quelques concessions, M. Beseler fut un de ceux qui repoussèrent avec le plus d'énergie les insidieuses tentatives faites pour arriver à désunir ses concitoyens. La diète l’ayant élu pour son président, il eut en cette qualité à combattre les usurpations et les excès de pouvoir de tous genres commis par le commissaire du gouvernement Scheele. A la suite du mouvement produit en mars 1848 dans les duchés, M, Beseler fut appelé par ses concitoyens à faire partie du gouvernement provisoire qui se constitua alors dans les duchés. Plus {ard,#l fut député par la ville de Rendshourg an parlement allemand de Francfort ; et quoique son rôle dans cette assemblée se soit à peu près borné à y défendre le droit de ses concitoyens de conserver leurs lois, leurs institutions et leur langue nationale, il n’y obtint pas moins les honneurs de la vice-présidence. Quand la cause des duchés succomba en janvier 1851 sous la pression d’un corps d'exécution autrichien, M. Beseler, personnellement exclu des diverses amnisties proclamées par le roi de Danemark, se retira à Brunswick, où un asile lui avait été offert au nom du duc.
Son frère, Charles-Georges-Chrélien BESELER, jurisconsulte distingué, né en 1809, près de Husum (Schleswig), se vit refuser par le gouvernement danois le droit de s'établir comme avocat, parce que sa conscience ne lui permit pas de prêter le serment de fidélité à la Loi du roi. Après avoir successivement professé à Geættingue, à Heïdelberg, à Bâle, à Rostock, il fut appelé, en 1842, par le gouvernement prussien, à occuper une chaire de droit à l’université de Greifswald, Élu à l'Assemblée nationale allemande en 1848, par le cercle de cette ville, il y devint l’un des chefs du centre
BESELER — BESOIN
droit, et vofa l'hérédité de l'empire dans la maison de Hohenzollern. Depuis 18,9 il a fait partie de la Chambre des députés prussienne où il siége à la gauche. ‘
BESEN VAL. Voyez BEZENVAL,
BESICLES. Voyez LUNETTES.
BESIGUE. Composé d'emprunts faits au piquet et au mariage, le besigue se joue à deux personnes et en cinq cents points, avec un jeu de trente-deux cartes, dont l'ordre et la valeur sont ainsi réglés : las vaut onze points ; le dix en vaut dix; le roi, quatre ; la dame, trois ; le valet, deux; les neuf, huit, sept, suivent la progression descendante, et peuvent servir à faire des levées, mais ils ne font pas compter de points.
Celui des deux joueurs que le sort a désigné pour donner le premier, donne allernativement, deux par deux, Six cartes à son adversaire et autant à lui même; puis il retourne la treizième , qui indique la couleur de l’'atout. Si la retourne est un sept, le donneur marque dix points, Si e’est une autre carte, celui des deux joueurs qui a le sept de même couleur peut l'échanger contre la retourne, et il marque dix points.
Les diverses chances sont : la quinte majeure en atout, qui vaut cinq cents points et fait gagner d'emblée; les autresquintes, qui valent deux cent cinquante; les quatre as, qui valent cent; les quatre rois, quatre-vingts; les quatre dames, soixante; les quatre valets, quarante. Le bésigue, qui est la réunion du valet de carreau et de la dame de pique dans la même main, vaut quarante. Le mariage, c’està-dire le roi et la dame de même couleur, vaut quarante s’il est en atout, et vingt dans les autres cas; enfin la dernière levée vaut dix.
Après chaque levée, chacun des deux joueurs prend une carte sur le talon; celui qui a fait la levée prend le premier. On ne peut compter les points qu’on a en main, comme besigue, mariages, cent d’as, etc., qu'après avoir fait une levée et avant de prendre la carte du talon. Quant aux points résultant des levées, on ne les compte qu'après le coup.
Tant qu’il y a des cartes au talon, on peut renoncer ou même couper avec de l’atout, bien qu’on ait en main de la couleur demandée. Mais lorsqu'il n’y a plus de cartes à relever, on est tenu de suivre les règles de l'écarté.
Le besigue se joue aussi sans retourner la treizième carte ; alors, c’est le premier mariage compté qui indique la couleur de l’atont.
BESKO W (BervarD DE), grand maréchal de la cour du roi de Suède, né le 19 avril 1796, à Stockholm, est le fils d’un riche négociant, propriétaire de mines importantes. Dès son enfances il montra les dispositions les plus grandes pour la peinture et surtout pour la musique, et ne se laissa que plus tard entrainer par les charmes &e la poésie. En 1814 il entra dans la chancellerie, fut, en 1824, atfaché au cabinet du prince royal, puis nommé secrétaire de ses commandements, anobli en 1826, créé chambellan en 1827, et en 1833 grand maréchal de la cour. En février 1831 il prit la direction du théâtre royal de Stockholm, et fit représenter sur cette scène plusieurs pièces d'un grand mérite ; mais des motifs financiers le forcèrent dès l’année suivante à résigner ce sceptre théâtral. Non content de renoncer aux émoluments atlachés à ses différents emplois , il lui est souvent arrivé de consacrer une notable partie de sa fortune particulière à produire dans le monde et à y soutenir de jeunes talents encore inconnus. Il est l'un des dix-huit de l'Académie Suédoise, et depuis 1834 son secrétaire perpétuel. En 1818 et 1519 il fil paraitre Vifterheds forsak und Æreminne œfver Torkel Knuslon, aussi que le poëme Carl XII, dont la publication lui valut la connaissance et l’amitié de Tegner. En 1824 son poëme Sueriges anor lui fit avoir le grand prix de PAcadémie.
Pendant les annees 1820 et 1821, 1827 el 1528, M. de
Beskow parcourut les principales contrées de l’Europe, se liant partout avec les hommes les plus considérés dans les arts et les lettres. L'un des fruits de ce voyage fut la publication de ses Vandring minnen (Souvenirs de voyages, 2 vol.; Stockholm, 1832). Ærick den Fjortonde fut sa première tragédie; vinrent ensuite Æildegard, Torkel Knutson, peut-être la plus remarquable des tragédies qu'offre la littérature suédoise; Kong Birger och Hans Ælt (1837), et Gustav Adolf i Tykland, traduites en danois et en allemand par Œblenschlæger. Son opéra Les Troubadours à élé mis en musique par le prince royal lui-même, depuis roi de Suède sous le nom d’'Oscar 1er.
M. de Beskow a aussi donné des articles à presque tous ceux des journaux suédois qui s'occupent de littérature et de beaux-arts. Abordant même le champ de la politique, il a fait de la polémique monarchique, notamment dans l’Abeille suédoise, et, comme on devait s’y attendre, s’est efforcé de démontrer que la Suède a le meilleur des gouvernements possibles, donnant ainsi, sans le vouloir peutêtre, une nouvelle preuve de la puissance d'imagination poétique dont l’a doué la nature. Comme prosateur, on doit reconnaitre que son style réunit la pureté à l'éclat, Pélégance à la noblesse; il manie avec un rare bonheur l'ironie, tout en sachant observer toujours les plus exactes convenances. Ses poésies respirent la grâce et tous les sentiments tendres qui parlent au cœur. Si la critique peut reprocher à quelques-unes de ses tragédies des vices de plan et des caractères faux, elle n’a que des éloges à donner à son style et à la facture de ses vers. En 1542 la faculté de philosophie de l’université d’Upsal lui a décerné le titre de docteur. — M. de Beskow est mort le 7 novembre 1868, à Stockholm.
BESMES , ainsi appelé de ce qu'il était né en Bohême, mais dont le vrai nom était Charles DiANoWITZ , assassin à la solde des Guise, devenu fameux par son audace et sa férocité dans les massacres de la Saint-Barthélemi. Ce fut lui qui eut la principale part au meurtre de l'amiral Colign y, et qui jeta son corps par la fenêtre. Il se distingua à la tète des bandes d’égorgeurs tant que durèrent ces sanglantes exécutions. Pour prix de ses services, il reçut, avec une riche dot, la main d'Anne, fille naturelle du cardinal de Lorraine, qui avait été fille d'honneur d’Elisabeth de France, femme de Philippe 11, roi d’Espagne. Par reconnaissance ou par goût, il continua de poursuivre à outrance les huguenots. [l revenait à Paris, après avoir exploité les provinces, lorsqu'il tomba au pouvoir d’un parti huguenot, entre Barbézieux et Châieau-Neuf. Les Rochelais demandèrent qu'il leur fût livré; mais il resta prisonnier au château de Bertanville. En 1575 il parvint à s'évader avec un soldat qui le gardait. Le gouverneur, informé immédiatement de son évasion, se mit lui-même à sa poursuite et l’afteignit. Besmes, qui ne pouvait lui échapper, s'arrête, et armant un pistolet : « N’avance pas, dit-il au gouverneur, ou fu es mort. Tu sais que je suis un mauvais garçon. » Besme manqua son coup. « Je ne veux pas que tu le sois, » répond le gouverneur , ef il lui passe son épée au travers du corps. C’est une chose digne de remarque que les deux assassins de Coligny périrent de mort violente, Maurevel fut rencontré à Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, par le fils du malheureux de Mouy, que ce scélérat avait assassiné à Niort. Maurevel, à laspect du fils de sa victime, prit la fuite; mais le jeune de Mouy Patteignit dans la rue Saint-Honoré, et lui fit plusieurs blessures, dont il mourut le lendemain. Durey (de l’Youve).
BESOIN ( Droit commercial). Dans les effets de commerce, on indique pour payer aw besoin une ou plusieurs personnes auprès desquelles on a recours faute de payement par le débiteur sur qui l'effet a été tiré. Ainsi, d’après Particle 173 du Code de Commerce, les protêts faute d'acceptation ou de payement doivent être faits au domicile de ceux qui ont été désignés par la lettre de change pour la paver
au besoin. Le besoin, étant d’une main étrangère, n’oblige pas, bien entendu, la personne désignée. Celui qui consent à payer ainsi peut exiger la remise de l'effet acquitté, ainsi que le protêt dûment enregistré fait sur le tiré.
BESOINS. On fait venir ce mot de bis somnium, parce que les nécessités que cause le besoin doublent les soucis ou les songes. Cependant, on peut dire qu’il y a des besoins par excès, comme d'autres par défaut, que les animaux sont réduits aux besoins physiques, et que l’homme seul éprouve aussi des besoins moraux. I] est même dans notre nature de se créer des besoins factices, sources d'industrie comme de misère, et qui ont pu élever notre espèce au rang que la civilisation lui assigne sur tous les êtres organisés.
La plante, dans son insensibilité, semblerait exempte de vrais besoins, ou de la douleur que les privations des objets nécessaires à la vie imposent ; cependant elle appète sa nourriture, soit par les racines, soit par les feuilles, dont les pores absorbent les sucs nutritifs, avec l'humidité, lacide carbonique , etc. Chez les animaux, les besoins d’alimentation, la faim, la soif, s'expriment par des actes plus manifestes encore. Il en est ainsi de tous ceux que leur instinct exécute spontanément pour la conservation de l'individu et de sa race. Tout ce qui fait vide dans l’économie animale ou végétale est cause d’un besoin, afin de réparer Pindigence de l'organisme : de là les sensations de la faim, de la soif, celles du froid, de la chaleur, etc.; elles demandent leur contraire, ou le rétablissement de cet équilibre, qui constitue la santé, le bien-être corporel.
L'économie vivante demande également à s’exonérer des matériaux superflus qui peuvent la surcharger ou gèner ses actes. Quand on ne citerait ici que les produits des excrétions, soit du résidu des aliments et des boissons, soit des humeurs surabondantes , dans l’état de santé comme dans les maladies, on comprend qu'il en résulte plusieurs besoins tout aussi réels que ceux par défaut. 11 est surtout des excrétions qui ont une nombreuse série de besoins, telles sont celles relatives à la génération : ainsi l'évacuation menstruelle, celle du lait et du liquide reproducteur, sollicitent des besoins nés d’un excès naturel d'élaboration d’aliments dans l'ige de la vigueur et au faîte de notre existence. Ce n'est donc point la pénurie qui est la cause de tous les besoins, comme on l’a supposé; car la diète même et l’abstinence sont désirées par les personnes trop largement repues. Ainsi le besoin de débarrasser l’estomäc surchargé d'aliments, comme le faisaient l’empereur Vitellius et d’autres gastronomes , est une nécessité, quoique tout opposée à celle du pauvre affamé. Les excrétions spéciales, comme celles de la matière de la soie dans le ver à soie, et d’autres chenilles fileuses, sont également un besoin de leur conslitution, puisqu'elles meurent si elles ne peuvent se décharger de cet amas de matière soyeuse. Les émissions comme les absorptions développent donc de vrais besoins chez les animaux et même dans les végétaux.
Ainsi il y a pour toutes les espèces vivantes un principe qui veille à leur existence, et qui les pousse par des besoins appropriés à ce qui leur est utile, De là sont nés certains appétits remarquables, le besoin de nourritures ou de boissons acides, rafraîchissantes, chez les personnes trop échauffées, etc. De là ce besoin que le chien manifeste de se purger ou de vomir en mâchant du gramen, et tant d’autres actes d’instinct qui paraissent inexplicables, On comprendra facilement que si la fatigue appelle le besoin du repos, l'excès du repos engendre à son tour le besum de l'activité, et qu'il y a un tel degré d’ennui qu’on lui préfère des travaux pénibles, la chasse, la guerre même , qui deviennent alors des plaisirs, ;
L'animal qui trouve sa nourriture, une femelle et un abri, accomplit sa destinée dans l’insouciance qui lui est naturelle, loin de ses ennemis, 11 ne voit jui au delà du présent;