‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 56 sur 527 · BESOINS — BESSARION · texte numérisé non relu

BESOINS — BESSARION

l'embouchure du Danube, elle a pour limites les provinces russes de Cherson et de Podolie, la Gallicie, la Moldavie et

la Bulgarie, et comprend en superficie environ 345 myriamètres carrés formant six cercles, Aischneff, Bjettsu, Chotin, Bender, Akiermañ et Ismail, avec une popu lation de 1,026,346 âmes. La Bessarabie manque de bois et d'eau; cependant une zone de forêts qui ont péri depuis longtemps a laissé sur les chauves plateaux des rochers une épaisse couche d’humus sur laquelle se développent d'immenses steppes où l'herbe parvient à plus d’un mètre de hauteur et où prospère d’une façon admirable l'élève des bestiaux. Le climat essentiellement continental de cette contrée, où à un hiver d’une grande âpreté succède un été d’une chaleur accablante, y favorise la production du froment, de l'orge, du millet, du maïs, du chanvre, du lin, du tabac, des melons, des légumes et des fruits de toute espèce, ainsi que de la vigne. Les bêtes à cornes et les chevaux sont au nombre des animaux domestiques qui y sont l’objet de plus de soins. Le gibier y est rare; mais partout où l’on trouve de l’eau, le poisson est extrêmement abondant. En fait de productions du règne minéral, il faut surtout citer, avec le salpètre, le marbre et la chaux, le sel, particulièrement celui qui provient des marais salants d’Akjerman. L'industrie est encore bien arriérée, et se borne à peu près à la tannerie, à la fabrication des savons et à celle des chandelles, Le commerce est entre les mains des Juifs et des Arméniens ct a surtout pour objet l'exportation des produits du sol. Les habitants sont Valaques, Moldaves, Bulgares, Grecs, Arméniens, Juifs, Bohémiens ou encore Tartares d’origine; cependant, à la longue, plus de huit mille familles de colons allemands sont venues s'établir dans la contrée. Elle a pour chef-lieu Xischneff. Sur les rives du Dniester on trouve les forteresses de Chotn et de Bender, à l'embouchure de ce fleuve Akjerman, et, sur le bras septentrional du Danube, Ismail et Kilianava.

BESSARION (Jean ou BasiLe }, moine grec de Saint- Basile, patriarche titulaire de Constantinople, archevêque de Nicée, ensuite cardinal et légat en France, sous Louis XJ ; n’était point né à Constantinople, comme l’écrivent quelques biographes, mais à Trébizonde, et dans l’année 1389, comme le fait voir son épitaphe, qu’il composa lui-même ; il mourut à Ravenne, le 19 novembre 1472. Le philosophe Pléthon avait été un de ses maîtres. Après avoir passé vingt et un ans dans un monastère du Péloponnèse, occupé de l'étude des belles-lettres , qu’il joignait à celle de la théologie, il en fut tiré en 1438, par Jean Paléologue , qui avait formé le projet de se rendre au concile de Ferrare pour réunir l'Église grecque et l’Église latine. 11 fut fait par lui évêque de Nicée, et suivit son protecteur en Italie, avec Pléthon, l’archevèque d'Éphèse, le patriarche de Constantinople et plusieurs autres Grecs distingués par leurs talents ou par leurs dignités. Il seconda de tout son pouvoir les projets de Jean Paléologue, et finit même par se rendre odieux aux Grecs schismatiques, pour le zèle avec lequel il travaillait à une réunion qu’ils éloignaient de leurs vœux et de leurs efforts.

Le pape Eugène IV l’en dédommagea et le récompensa de son dévouement à l'Église latine par la dignité de cardinal-prêtre du titre des Saints-Apôtres, qu'il lui conféra Dès lors, Bessarion reprit sa vie studieuse, et sa maison devint le rendez-vous de tous ceux qui cultivaient ou aimaient les lettres. Il obtint successivement la confiance et les bonnes grâces de plusieurs papes, et fut sur le point d’atteindre lui-même à cette dignité et de succéder à Nicolas V mais il aurait fallu acheter pour cela par une injustice la voix du cardinal Orsini , et Bessarion refusa de le faire. Le cardinal de la Rovère, moins scrupuleux , consentit à ce qu’on voulait de lui, et fut nommé. Bessarion tut chargé successivement de quatre ambassades délicates et difficiles : il se

tira avec honneur et succès des trois premières; mais il

échoua complétement dans la quatrième, qui avait pour objet d’oblenir de Louis XI des secours contre les Tures. Jl Jégua en mourant sa belle collection de manuscrits grecs à la bibliothèque de Saint-Marc à Venise.

BESSEGES, ville du département du Gard, sur la Cèze, à 32 kilom. d’Alais, à qui elle est reliée par un chemin de fer, possède 8,671 habitants, des hauts fourneaux, des usines nombreuses, des ateliers de construction, ete. Érigée en commune en 1857, elle doit sa prospérité à l'exploitation de ses riches mines de houille. A la suite d’un ouragan l’une de ces mines fut envahie par les eaux (11 octobre 1861), désastre qui causa la mort d'un grand nombre d’ouwriers.

BESSEL (Frénéric-Guiccaums), célèbre astronome allemand, naquit à Minden, le 22 juillet 1784. 11 entra à l’âge de quinze ans dans l’une des premières maisons de commerce de Brême en qualité de commis. Les relations maritimes de cette place lui inspirèrent d’anord le goût de la géographie, et plus tard celui de ta navigation. Comme ses journées étaient absorbées tout entières per les devoirs de l'emploi qu’il remplissait, il prenait sur les nuits le temps nécessaire pour acquérir des connaissances mathématiques, et il ne tarda pas à concevoir le goat le plus vif pour l'astronomie. Un premier travail astronomique le mit en rapport avec Olbers, qui dès.lors l’aida de ses conseils. Sur sa recommandation, Bessel fut nommé inspecteur des instruments astronomiques appartenant à Funiversité de Gœttingue, fonctions qu'il remplit pendant quatre années. Appelé alors à Kænigsberg , il présida, en 1812 et 18153, à la construction de l'observatoire de cette ville.

Parmi les premiers ouvrages de Bessel , il faut mentionner celui qu'il publia en 1810 à Kænigsberg sur le mouvement vrai de La comète de 1807 et ses Fundamenta astronomiæ deducta ex observationibus J. Bradley (Kænigsberg, 1818). Les Recherches sur la longueur du pendule simple à secondes pour Berlin (Berlin, 1828 et 1837) sont restées un livre classique. Citons encore de lui : Observations astronomiques failes à l'Observatoire de Kænigsberg, comprenant la période de 1815 à 1835 (21 parties ; Kænigsberg, 1815-1846 ; continuées par Busch) ; Tabulæ regiomontanæ reduclionum observationum ab anno 1750 usque ad annum 1830 compulalæ (Kænigsberg, 1830) ; Mesure d'un degré dans la Prusse orientale (Berlin, 1838), publié en société avec Bayer; £xposilion des recherches faites de 1835 à 1838 pour elablir l'unité d'un système de mesures prussien, ouvrage publié aux frais des ministères du commerce et des finances, et Recherches astronomiques (Kænigsberg, 1841-1842 ),

Dans les années 1824 à 1833, Bessel acheva une série de 75,011 observations, faites en cinq cent trente-six séances , sur la zone du ciel située entre le 15° degré de déclinaison septentrionale et le 15° degré de déclinaison méridionale. Ces observations, comprenant toutes les étoiles jusqu’à la neuvième grandeur, firent le sujet de plusieurs de ses publications ; lune des plus intéressantes est celle qui est intitulée Mesure de la distance de La 61° étoile de la constellation du Cygne, publiée dans l'Annuaire de Schumacher pour 1839; Bessel y fixe la distance de cette étoile au soleil à 357,700 diamétres de orbite terrestre, c’est-àdire à plus de treize millions de myriamètres,

En se livrant à un examen attentif des observations faites par Brandes et autres sur les étoiles filantes, Bessel trouva que leur ascension est sans exemple, résultat qui fait disparaître une des plus grandes difficultés de la théorie de ces phénomènes. En 1844 cet infahigable travailleur publia encore une dissertation qui contient des recherches d’un haut intérêt sur la mutabilité des mouvements particuliers des étoiles fixes. A la même époque il donnait une esquisse biographique sur son vénérable maitre Olbers, à l’occasion de la 21° réunion annuelle des naturalistes et des

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