BESSARION — BESSIÈRES
. tant élancé seul sur une batterie ennemie , il perdit son ché
médecins allemands à Brême. Mais déjà la santé de Besse commençait à chanceler ; il finit par tomber dans une ma: ladie de langueur, à laquelle il succomba le 17 mars 1846» Deux ans plus tard , son ami Schumacher publia les Leçons populaires sur divers sujets scientifiques que Bessel avait faites presque toutes de 1832 à 1844 dans la Société Physico Économique de Kænigsberg. Dans l’une de celles qu'il faisait en 1840, se trouve déjà annoncée la planète Neptune d'& près les considérations qui un peu plus tard devaient amener sa découverte par M. Leverrier.
BESSES (Bessi), peuple de Thrace, qui habitait sur 14 rive gauche du Strymon, au nord du mont Rhodope. Ils étaient féroces, sauvages et voleurs. Après avoir été long temps gouvernés par des rois, ils furent soumis par les Romains, dont ils parvinrent à secouer le joug; mais Octa vius, père d’Auguste, les fit rentrer sous la domipation: romaine. Ils firent une nouvelle tentative sous son succes seur, pendant le règne duquel un de leurs prêtres, attaché au culte de Bacchus, souleva tout le pays et ravagea [4 Chersonèse; mais ils furent vaincus par Pison , et restèrent depuis attachés aux Romains.
BESSIERES (Jean-Baprisre), duc D’ISTRIE, maré chal de lempire, colonel général de la garde impériale grand-aigle de la Légion-d’Honneur, commandeur de là Couronne-de-Fer, naquit à Preissac (Lot) , le 6 août 1768 Admis en 1790 dans la garde constitutionnelle de Louis X il y trouva l’occasion de sauver la vie à plusieurs per* sonnes dela maison de la reine, Au mois de novembre 179% il passa avec le grade d’adjudant-sous-officier dans les chas= seurs à cheval de la légion des Pyrénées. 11 s’y battit bra® vement, et s’éleva rapidement au grade de capitaine. NH sé fit remarquer aux belles affaires de Bastara, Basola, Lan fluvia, et dans les Combats qui furent livrés dans les plaines” de Figuières. On l’envoya quelques années après à l’armée d'Italie. C'était à l’époque où Bonaparte en prenait k commandement. :
Bessières se fit un grand nom sur ce nouveau théâtres Suivi seulement de six chasseurs, il enleva deux canons aux Autrichiens au combat de Roveredo; un autre jour, sé
val en l'ebordant, mais ilse releva et courut à pied sum une pièce ; les canonniers ennemis le sabraïent, quand quel ques-uns de ses chasseurs, qui avaient aperçu le péril où se trouvait leur capitaine, arrivèrent à son secours; soutenu par eux , il enleva la batterie. Ces actions intrepides fixè sur Bessières les regards du jeune général en chef, qui l@ mit à l'ordre du jour et lui donna le commandement dé ses guides. Ce beau corps devint le noyau de la garde im= périale, Bessières s’y éleva, par les plus nombreux et les plus brillants faits d'armes, à une haute réputation militaire» Il passa en Égypte, et y garda le commandement du mêmé! corps. I] servit avec éclat parmi les plus braves et les pluss intelligents, et prit une part importante aux batailles d& Saint-Jean d’Acre et d’Aboukir. Bonaparte ni confia dans ces journées plusieurs charges décisives, dans lesquelles fit preuve d’une haute et rapide intelligence.
Revenu en France avec Bonaparte, il prêta main-forte à l’entreprise du 18 brumaire, I fit la seconde campagne d'Italie, et décida à Marengo, par une admirable chargé de la cavalerie d'élite, la retraite des Autrichiens. Cesb dans les derniers moments de cette charge qu'il s'hono par une action digne des temps chevaleresques; ee fut mouvement d'une bonté sublime, car ce mouvement | vint daps l'élan furieux d'une dernière attaque sai pdt
dans un de ces instants où l'humanité semble avoir pe tous ses droits, Il avait à disperser les Autrichiens fo droyés et battus de toutes parts. La cavalerie de la garde des consuls chargeait à coups redoublés l'arrière-garde nemie. Bessières se trouvait au milieu du feu, au premier rang. 11 aperçoit tout à coup un cavalier autrichien qu
BESSIÉRES
tombe , blessé, en suppliant les Français de ne pas l’écraser sous leurs chevaux. Bessières s’élance près de lui, et crie aussitôt : « Ouvrez vos rangs, soldats, épargnez ce brave! » A ces mots, les rangs s'ouvrent, et la vie du vaincu est épargnée. C'était un jeune homme qui appartenait à une des premières familles de la Moravie,
Bessières fut porté par Napoléon sur la première liste des maréchaux de l'empire (19 mai 1804), et élevé en 1808 à la dignité de duc d’Istrie. L'empereur l’envoya dans cette même année à la cour de Wurtemberg pour y épouser, au nom d'u prince Jérôme, une des filles du roi. Bessières resta constamment à la tête de la garde. L'empereur joignit dans Plusieurs campagnes à ce commandement celui d’un corps d'armée. En 1805, en avant de Braunn, sur la route d’Olinütz , il défit avec la cavalerie de la garde et la division des Cuirassiers d’Hautpoul un corps de six mille Russes, qui formait l’arrière-garde de Koutouzof; cela fait, sa cavalerie S’élança sur la garde noble d'Alexandre et l’enfonça; puis elle perça le centre de l’armée du czar. Les Russes perdirent dans cette affaire 27 pièces de canon. Durant la campagne de Prusse, le maréchal, placé à la tête du 2° corps de cavalerie, commanda de la manière la plus brillante aux fameuses batailles d’Iéna, d'Heilsberg et de Friedland. A Biezem, en avast de Thorn, il enleva aux Prussiens cinq pièces de canon, deux étendards , et fit huit cents prisonniers. À Eylau, l'empereur ayant réuni les divisions Milhaud, Klein, Grouchy et d'Hautpoul à la cavalerie du maréchal, celui-ci exécuta cette terrible charge qui culbuta 20,000 hommes d'infanterie dans des boues glacées. Bessières y prit toute l'artillerie de ce corps ; un cheval fut tué sous lui.
En 1808 il fut nommé au commandement du deuxième corps de l’armée qui entraiten Espagne. Il établit son quartier général à Burgos. Son administration, juste, vigilante et douce, apaisa les agitations des populations qui lui furent confiées. Bessières fut détaché de ces soins par l’arrivée subite d’une armée espagnole ayant à sa tête le général Cuesta. Cette armée, s’élevunt à 40,000 hommes, avait été équipée par les Anglais. Son général espérait couper les communications entre Madrid et la France. Bessières courut à lui, bien qu’il n’eût à sa disposition que 13 à 14,000 hommes. L'armée de Cuesta, rangée en bataille sur les montagnes de Medina de Rio-Secco, où elle était appuyée par quarante pièces en batterie, fut attaquée et culbutée de ces hauteurs, grâce aux habiles mesures du maréchal. Les premiers moments de l'attaque furent sanglants et nous coùtèrent de braves soldats. Les Espagnols s’enfuirent , laissant sur ces montagnes mille tués. L’ennemi fut vivement poursuivi sur Benavente, Léon, etc. Le maréchal trouva dans ves villes des dépôts de fusils anglais et un grand nombre de munitions. Cette admirable bataille, gagnée au sommet des montagnes, fut admirée par Napoléon. Il dit : « C’est une seconde bataille de Villa-Viciosa; Bessières a mis mon frère sur le trône d’Espagne. » Pendant cette campagne de 1808, Bessières rendit, à la tête de sa cavalerie, d’autres grands services. À la bataille de Burgos, au combat de Sommo-Sierra, il commanda des charges terribles.
La nature de son poste l’obligeant à accompagner partout l’empereur, il quitta l'Espagne avec lui, et le suivit à Paris ; :1 se rendit presque aussitôt en Allemagne (1809), où il prit
. le commandement de la cavalerie de la garde et d’un corps | “de réserve de la même arme, Une nouvelle campagne contre “les Autrichiens était décidée, L'empereur ne se fit pas at- «tendre, et les hostilités commencèrent dès qu’il fut arrivé. Bessières défit un gros corps de cavalerie aux portes de Landshut , et fut chargé de poursuivre avec deux divisions l'infanterie et la brigade Marulaz le 5° et le6° corps autrichien dans leur retraite sur l’Inn; puis, par d’habiles manœures, il contint le général Hiller, qui lui était bien supé- - rieur en forces, et lui disputa avec avantage le ferrain, A
11) Ebersberg, il appuya vigoureusement les combinaisons de Masséna, qui réussirent toutes. A Essling, au moment où l'archiduc Charles parvenait à se placer au centre de l’armée française, qui se trouvait forcément vide entre Essling et Aspern, il s’'élança au-devant de lui, et l’arrêta; il l’assaillit avec fureur, car il y allait du salut de l’armée, et Napoléon en avait appelé, dans cette circonstance, au dévouement de son vieil ami. Bessières foudroya les Autrichiens, les rompit, les repoussa dans un si épouvantable désordre qu'ils ne purent se rallier et revenir sur leurs pas. Il n’épargna pas un moment sa vie dans cette difficile opération. Elle fut décisive. 11 voulut rester au milieu du feu pour exalter l’intrépidité du soldat. Le brave général d’Espagne, plusieurs colonels et un grand norpre d'officiers furent tués près de lui.
Dans la dernière journée, celle de Wagra m, il prit encore une belle part à la bataille, Il conduisit toute la cavalerie sur les flancs de l’armée autrichienne, et la chargea constamment avec une fureur froide et habile. Un hbouletayant atteint son cheval, il fut renversé, et ses soldats frémirent en le voyant tomber ; mais ce n’était heureusement qu’un accident, il n’avait pas été atteint. L'empereur apprit la chute de Bessières au moment où il remontait un second cheval ; il courut à lui, et lui dit avec émotion en l’abcrdant : « Bessières, voilà un beau boulet; i! a fait pleurer ma garde. » Il y avait plus qu’une bravoure chevaleresque et des sentiments élevés chez ce digne maréchal; il y avait de rares talents pour Ja guerre moderne. C'était un des officiers les plus éclarés de Napoléon. Il appuyait la pratique par la théorie la plus profonde. Lorsque cette nouvelle campagne d’Autriche fut terminée, Bessières fut nommé au commande ment de l’armée chargée de soumettre Flessingue; il y remplaca Bernadotte. Bessières fut bientôt maître de cette place par suite de mesures plus habiles et plus fermement exécutées que les précédentes, et, grâce à son dévouement à l’empereur, l'intérêt de la France et de Napoléon était désormais en bonnes mains. L'influence qu'il avait, il la justifiait sans cesse par ses services. Comme il connaissait tous les sentiments de l’empereur, il pensait avec raison que le servir, c’était servir le pays. Son dévouement était sans limites comme sa confiance et son héroïsme. Toujours à cheval et prêt à payer de sa personne, il tirait un des premiers l'épée dans les moments difficiles. Il était intrépide dans le feu et à la suite de Napoléon.
En 1811, l'Espagne, qui se fut jamais conquise, le revit sur son territoire à la tête d’une armée, celle du nord. L'empereur réunit à son commandement militaire le gouz vernement de la Vieille-Castille et du royaume de Léon. Lorsque l’armée anglaise débarqua en Espagne, il vola au secours de Masséna, et partagea sa tâche et ses périls à la bataille de Fuentès de Onoro. La campagne de Russie étant décidée (1812), l’empereur le rappela, et lui donna le commandement de la garde et d’un corps de cavalerie. Il fit très-bien exécuter ce qui lui fut ordonné pendant notre marche sur Moscou; puis au retour, dans la retraite, à travers un océan de neige et sous les coups d’un froid mortel, son âme intrépide et son dévouement firent tout ce qui était humainement possible.
Au commencement de la campagne d'Allemagne (en 1813), le duc d’Istrie fut appelé au commandement en chef de toute la cavalerie de l’armée. L'empereur venait d’élever son poste et de lui offrir l’occasion de montrer ses talents actuels comme la guerre les avait développés. La veille de la bataille de Lutzen, le maréchal, chargé de l'attaque, se rendit au défilé de Rippach; l'ennemi le défendait vivement. Bessières commandait lui-même les tirailleurss il avait mis pied à terre ; il les électrisait. L'ennemi fléchit bientôt , et le défilé fut emporté. Dans ce moment un boulet l’atteignit à la poitrine et le tua ( 1°" mai 1813). Ses officiers prescrivirent le silence aux témoins afin que ce malheur fût caché un jour
à l'armée, qu'il eùt pu consterner, Le corps fut enveloppé dans un linceul et caché jusqu'au surlendemain, L'empereur presque seul connut cette fatale nouvelle. Elle l'accabla de douleur. Il perdit un de ses plus habiles officiers et de ses meilleurs amis, un de ceux qui lui avaient ramené de Moscou les vieilles phalanges que le froid n'avait ni désarmées ni rompues. Il écrivit du champ de bataille à madame d’Istrie que son mari venait de recevoir la mort pour la France, el qu'il avait terminé sans douleur la plus belle vie. Il la dota ainsi que son fils d’une pension considérable. Depuis la mort de Muiron , de Desaix , de Lannes, il n'avait pas paru à ses officiers qu’il eût ressentiune peine aussi vive. Le lendemain de la bataille de Lulzen, il traversait sileneieusement , les bras derrière le dos, quelques rangs de sa garde, quand un vieux soldat voulut lui présenter une demande; un de ses camarades le retint, et lui dit : « Laïssele aujourd’hui, il ne pourrait t’écouter ; vois comme i£ est triste : il a perdu un de ses enfants. » La France paya les frais des funérailles du maréchal, qui eussent sans cela anéanti la modeste fortune qu’il laissait. L'empereur à Sainte- Hélène inscrivit sur son testament le jeune duc d'Istrie, son fils, pour un don de 100,000 fr. Frédéric Fayxor.
BESSIN , nom d’une ancienne division de la Basse-Normandie, comprise entre la campagne de Caen, la mer, le Bocage et le Cotentin. Elle fait aujourd’hui partie des départements du Calvados et de la Manche. Le Bessin ou Bayossin se divisait en kauf et bas Bessin, le premier au levant et l’autre au couchant. Bayeux était sa capitale. Parmi les autres villes de ce pays, on cite encore Saint-Lô, Isigny et Port-en-Bessin.
BESSON (N...), plus connu sous le nom de BESSON- BEY , qu’il portait comme amiral de Méhémet-Ali, vice-roi d'Égypte, naquit en France, en 1782, et entra dans la marine dès l’âge de neuf ans. Il fit les campagnes de 1806 et de 1807, fut nommé lieutenant de vaisseau lors du siége de Dantzig, et se trouvait en 1815 attaché en cette qualité à l'état-major à Rochefort, d'où Napoléon, avant de se livrer aux Anglais , avait eu l'intention de se réfugier en Amérique. Marié avec la fille d’un propriétaire armateur de la ville de Kiel , en Holstein , il offrit ses services à empereur , et mit à sa disposition trois navires de son beau-père , qui par hasard se trouvaient précisément en ce moment dans le port de Rochelort. Déjà tous les détails de ce plan d'évasion avaient été discutés et arrêtés en présence de serviteurs dévoués , et rien ne s’opposait plus au départ, lorsque Napoléon hésita , remit l’embarquement à la nuit suivante, pour donner à son frère Joseph le temps d'arriver, puis s'arrêta au parti de se rendre à bord du Bellérophon , et de là en Angleterre. Besson s’efforça vainement de faire changer Napoléon de dessein; le monarque déchu, entraîné par la fatalité,
y persista. Il congédia le courageux lieutenant de vaisseau,
en lui disant : « Je n’ai plus rien dans le monde à vous offrir, mon ami, que cette arme. Veuillez l’accepter comme souvenir. » Et en même temps il lui donna un fusil de chasse, Douloureusement affecté d’avoir vu ainsi échouer le plan d'évasion qu’il avait formé pour Napoléon, et l’âme navrée de la triste destinée du grand capitaine, Besson abandonna ‘la France, seretira à Kiel auprès de son beau-père, et fut pendant quelques années capitaine au long cours. Ce ne fut qu'en 1821 qu’il entra au service de Méhémet-Ali. A ce moment, le vice-roi s’occupait de créer une marine; il eut tant à se louer des services que Besson lui rendit sous ce rapport, qu’il lui confia le commandement de la frégate Bahiré , construite à Marseille, et le nomma membre de son conseil d’amirauté. Besson mourut le 12 septembre 1837, à bord de son vaisseau amiral, dans le port d'Alexandrie, BESSUS satrape de la Bactriane, vivait dans la seconde moitié du quatrième siècle avant l’ère chrétienne. A la tête des Bactriens, des Sogdiens et des forces de l'Inde soumise aux vois de Perse, il vint au secours de Darius, attaqué par Alexan-