‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 58 sur 527 · BESSIÈRES — BESTIAUX · texte numérisé non relu

BESSIÈRES — BESTIAUX

" dre de Macédoine, et prit part à la bataille de Gaugamèle, D'abord fidèle à son souverain dans la mauvaise fortune, Bessus l’accompagna lorsque après sa défaite il chercha à se retirer par l’Hyrcanie dans les forêts de la Bactriane, où il comptait bien que son vainqueur ne s’aventurerait pas 4 le poursuivre, Mais vint Pinstant où Bessus comprit qu c'en était irrémissiblement fait de Darius et de sa race, et

que l’empire des Perses ne pourrait plus se reconstituer

avec les mêmes éléments et sous la même dynastie. Alors son parti fut bientôt pris , et il résolut de traiter pour son compte avec le vainqueur, espérant bien qu'Alexandre le

il lui aurait livré Darius. Les ouvertures qu'il fit à ce sujet ayant été repoussées, Bessus tua Darius, et prit le titre de roi. Il n’en jouit pas longtemps ; car deux ans après il tombait aux mains de Spititsamenès ou de Ptolémée-Lagus, et était conduit à Alexandrie. Le roi de Macédoine s’en remit du soin de venger la trahison dont Bessus

s'était rendu coupable, au frère de sa victime, à Oxatbrès ,“

à qui il le livra après l’avoir fait battre de verges. Les historiens ne s’accordent pas sur la nature du supplice par le: quel on lui fit expier son crime.

BESTIAIRES ( en latin bestiarius ). On appelait ainsi à Athènes et à Rome ceux qui combaftaient contre les bêtes féroces. On en distinguait de deux sortes. Les premiers étaient des criminels, des esclaves ou des prisonniers de guerre, que l’on condamnait aux bêtes, et qu’on leur livrait sans armes et sans défense dans le cirque. Il ne leur servait de rien de trouver dans leur courage ou dans leur désespoir la force et les moyens de sortir vainqueurs d’une première lutte; car on les exposait à de nouvelles attaques jusqu’à ce qu’ils eussent succombé, Du reste, la

plupart du temps les victimes succombaïent dans leur pre- …

mier combat. Bien plus, ordinairement une seule bête

féroce suffisait à la destruction de plusieurs hommes. Ci-

céron, dans l’oraison pour Sextius, parle d’un lion qui seul avait suffi contre deux cents besliaires. Les chrétiens furent souvent livrés aux bêtes sous les empereurs, même ceux qui avaient la qualité de citoyen romain, quoique

cette qualité fût pour les Romains un droit qui les exemptât…

de ce supplice.

La seconde espèce de bestiaires se composait de jeunes gens appartenant souvent aux meilleures familles, et qui, pour faire preuve de courage ou s’habituer au rude métier de la guerre, descendaient armés dans l'arène pour y attaquer les bêtes féroces. Auguste excitasouventles Romains des premières classes à ces dangereux combats; Néron s’y exposa lui-même, et Commode, après y avoir remporté de grands succès, se fit proclamer l’Hercule romain.

BESTIAUX , BETAIL. Ces deux mots ont à trèspeu près le même sens, quoique l’un ne soit employé qu’au pluriel , et l’autre au singulier. On ne fait point de distinction entre les bestiaux ; et bélail est divisé en deux parties, le gros et le menu. Cetle distinction fait voir que le mot bé- Lail appartient plus spécialement au dictionnaire de l’économie rurale, au lieu que le mot bestiaux est d’un usage plus universel. L’un et l’autre désignent les animaux domestiques appartenant à une exploitation agricole (à l’exception des oiseaux de basse-cour ), ou les troupeaux, qui font la richesse des peuples pasteurs. Ainsi, dans une ferme européenne, les bestiaux sont des chevaux, des bœufs et des vaches, des moutons, des chèvres; dans les steppes de l'Asie, le Tatar ajoute à ces espèces celle du chameau, et sur les côtes de la mer Glaciale, le Lapon leur substitue le renne, etc,

Aucune espèce d'animaux ne s’est perfectionnée sous la domination de l’homme; le chien même n’a rien gagné à devenir notre commensal et notre ami, quoique l’on cite quelques races dont la force, le courage et la sagacité sem= blent être le résultat des soins qu’on à donnés à leur pro= pagation et à la culture de leurs facultés. En généra., 2u

maintiendrait dans sa position de satrape du moment où.

BESTIAUX — BESTOUSCHEFF-RJUMINE

ebserve que le joug imposé par l’homme aux animaux les a fait dégénérer d'autant plus qu’il devenait plus pesant. Ainsi, les bestiaux des peuples asiatiques, moins maltraités par leurs maîtres que ceux de l'Europe, conservent plus de vigueur et plus d’instinct primitif; l’homme peut en tirer un meilleur service.

L'économie rurale est déjà parvenue à quelques résultats généraux que l’on peut ériger en préceptes : tel est, par exemple, l'avantage de la nourriture à l’étable, au lieu de laisser vaguer les bestiaux dans les pâturages. Un autre point sur lequel les agronomes sont d'accord, ainsi que les naturalistes, c’est la diverse influence des qualités du mâle et de la femelle sur celle des produits de l’accouplement. Il semble constant que la part du mâle est de déterminer les formes extérieures, et d'agir plus fortement sur tout ce qui tient à la peau ; que la femelle exerce sa prépondérance sur la taille des individus procréés, et sur certaines qualités dont les gastronomes savent apprécier l’importance. Si l’on recherche l'abondance du laitage, on n’attachera que peu d'importance au choix du taureau ; les bonnes qualités de la mère seront le principal objet des investigations. Toutefois, pour des motifs dont le perfectionnement du laitage n’est pas le but, on donnera la préférence aux taureaux dont la tête est petite et les cornes peu saillantes. S'agit-il de l'amélioration des laines, le choix du bélier est de la plus haute importance ; il est décisif pour le succès. Le propriétaire bien conseillé n’épargnera ni soins ni dépenses pour se procurer les individus les mieux pourvus des perfections qu’il veut propager dans ses troupeaux. Mais si l’on voulait avoir des moutons faciles à nourrir, et qui s’engraissent à peu de frais, il parait que le choix des mères influerait essentiellement sur ces dispositions dans les agneaux , quoique le bélier y participe aussi, en sorte que le croisement des races n’est pas un moyen assuré d'arriver à ces sortes d'améliorations.

On voit que dans l’action exercée par l'homme sur les besfiaux qu'il réunit autour de lui pour son usage , ilne s’agit que d'obtenir des variétés et de les conserver; aucune espèce animale n’est considérée en elle-même par rapport à ses qualités spécifiques. Ainsi, les animaux domestiques ont dû varier prodigieusement en comparaison de ceux qui n’étaient soumis q#’à l'influence des causes naturelles. Si l’on s'était proposé de perfectionner chaque espèce par la culture de l’ensemble de ses facultés , on aurait fait disparaître quelques variations locales, et en s’approchant de plus en plus de la limite du bien ou du mieux possible, les espèces ainsi perfectionnées eussent été amenées à la plus grande uniformité. Nos arts ont besoin tout au contraire de diversifier leurs moyens, et de les accommoder à leur propre mobilité ; ce qui est recherché aujourd'hui sera peut-être négligé à une époque peu distante : à moins qu’on ne parvienne à fixer nos goûts, il faudra bien aussi tolérer quelque inconstance, même dans nos méthodes d'économie rurale. FERRY.

: BESTOUSCIIEFF ou BESTOUJEF ( ALEXANDRE ), romancier russe, né vers 1795, élait officier aux gardes et aide de camp du duc Alexandre de Wurtemberg iorsqu’il fut impliqué avec son ami Rylejeff dans la conspiration de 1825. A la suite de l'enquête à laquelle elle donna lieu, il fut dégradé, réduit à la condition de simple soldat, et envoyé comme tel à Jakoutsk en Sibérie. Amnistié plus tard après de longues sollicitations, il eut ordre d'aller rejoindre l’armée du Caucase. Il y périt en juin 1837, dans un des combats livrés aux montagnards insurgés. Avant son bannissement en Sibérie, il avait publié, de concert avec Rylejeff, mort du dernier supplice à la suite de l’échauffourée de 1825, le premier almanach populaire qu’eût encore eu la Russie : PÉloile polaire (Saint-Pétersbourg, 1823). Son genre de vie dans les montagnes du Caucase et le cercle au milieu duquel il se trouvait ont exercé une grande influence sur ses travaux postérieurs, qui se composent d'esquisses et de

DICT, DE LA CONVERS. — T. HI

nouvelles. et q ii ont été publiés sous le nom du Kosak Marliuski, On Y remarque un rare talent de description, une grande habileté à saisir et à reproduire le grotesque des situations ainsi que la vie rude et agitée du soldat. Son style est plein de poésie et pétille d'esprit. Malheureusement il ne sait pas assez modérer sa verve, et trop souvent chez lui l'élément comique dégénère en farce de mauvais goût. Après la nouvelle intitulée Hullah-Nur, son meilleur ouvrage est le roman d’'Ammaleth Beg, dont le sujet est l'histoire de la trahison d'un chef circassien envers la Russie, et dans lequel on trouve les plus attachantes descriptions des contrées cau casiennes, Une édition complète de ses œuvres a paru Saint-Pétersbourg en 1840. Dès 1835 on y avait publié Contes et Nouvelles, par Marlinski.

— Ses frères, Nicolas BEsrouscuere, lieutenant de vaisseau, poëte et auteur des Souvenirs de Hollande, et Michel BesrouscuErr, Capitaine dans la garde impériale à Moscou, ainsi que Pierre Besrouscuerr, lieutenant de vaisseau et aide de camp de l'amiral Moller, furent tous impliqués comme lui dans la conspiration militaire de 1825. Nicolas et Michel, bien que condamnés seulement à vingt ans de bannissement, furent pendus en 1826 par ordre exprès de l’empereur.

Ces quatre frères étaient les fils du conseiller d'État en activité de service Bestouscheff, connu sous le règne d’Alexandre comme publiciste gouvernemental, et qui eut le bonheur de mourir avant cette fatale année 1825,

BESTOUSCHEFF-RJUMINE (ALExis, comte pe), chancelier d’État et feld-maréchal russe, né à Moscou, en 1693, fut élevé en Allemagne, partie à Berlin et partie à Hanovre, et ne parut à la cour de Russie qu’en 1718. Le czar Pierre 1° le nomma son envoyé près la cour de Danemark, et l’impératrice Anne , ou plutôt le duc de Courlarde, l'éleva au rang de conseiller intime et de ministre de cabinet. Après la chute de son protecteur, il resta pendant quelque temps en disgrâce, et fut même arrêté. L’impératrice Élisabeth non-seulement le fit rendre à la liberté, maïs encore lui conféra le titre de comte et la dignité de vice-chancelier de l'empire. Investi de toute la confiance de l’impératrice, il profita de son crédit et de son influence pour satisfaire ses dispositions haineuses à l'égard des cours de Prusse et de France. Il conclut, en 1746, un traité d'alliance offensive et défensive avec le cabinet autrichien, fit marcher, en 1748, une armée de trente miile Russes vers le Rhin, et parvint à renverser Lestocq. Après avoir renouvelé, en 1756, l’alliance avec l'Autriche, il fit déclarer la guerre à la Prusse,

Une indisposition de l’impératrice lui ayant fait ensuite craindre la mort de cette princesse, il se décida à rappeler inopinément le général Apraxin, qui commandait en chef l’armée russe chargée d'agir contre la Prusse, ordre auquel celui-ci se hâta d’obéir. Il paraît que le projet de Bestouscheff était de faire exclure de la succession au trône le grand-duc Pierre Fédorovitch, duquel il se savait baï, et de le remplacer par le prince Paul Pétrovitch. Mais l’impératrice recouvra la santé, et quand elle apprit le mouvement de retraite opéré par son armée, elle en fut tellement irritée qu’elle fit déclarer Bestouscheff coupable de haute trahison, comme tel déchu de tous ses titres et emplois, et qu'elle l’exila dans sa terre de Goretowo. Ces faits se passaient en 1758. Son exil dura pendant tout le reste du règne de Pierre 11; mais en 1762 l’impératrice Catherine II rétablit Bestouscheff dans toutes ses dignités, et le nomma feldmaréchal, sans lui accorder cependant la moindre part d’influence sur la direction des affaires politiques. 11 mourut en 1766. Il avait employé les loisirs que lui avaient faits ses quatre années de disgrâce à composer un recueil de Maximes choisies, tirées des saintes Écritures, pour la consolation de tout chrétien qui souffre injustement, compilation ascétique qui étonnerait de la part d’un homme d’une

aussi profonde immoralité, si l’on ne savait qu'un courtisan disgracié est capable de tout. Il a donné son nom à un médicament ferrugineux, dil Zinc{ura tonica nervina Bestuzewi, qu’il aurait inventé vers 1725 , et dont la formule fut achetée plus tard trois mille roubles , par l'impératrice Catherine IL, pour être rendue publique.

BESTOUSCHEFF-RJUMINE (Micner) appartenait à une branche collatérale de la famille du précédent. Lieutenant au régiment d'infanterie de Pultawa, dont le colonel faisait aussi partie des Conjurés, ce fut lui qui en 1825 provoqua et dirigea avec Mourawief l'insurrection militaire dans le sud de la Russie, surtout après l'arrestation de Pestel. Déjà il avait été avec celui-ci à la tête des diverses sociétés secrètes de la Russie, et s’était efforcé, même après le 18 décembre 1821, de les réunir dans les tendances panslavistes avec les sociétés existant en Pologne; fusion des Slaves- Unis qui s’effectua pendant l’été de 1825 au camp de Leschtschin en Volhynie. Quand la révolution militaire eut été comprimée dans le sud de l’empire, Michel Bestouscheff, pris les armes à la main, fut ramené à Saïnt-Pétersbourg, où il périt sur le gibet avec Pestel , Rylejeff et Serge Mourawieff. Lui et les deux derniers de ses compagnons d’infortune subirent leur arrêt le 25 juillet 1826 avec uneïfermeté qui a laissé deprofonds souvenirs. Unecirconstance horrible signala cette exécution : pour lancer les condamnés dans l'éternité, comme disent les Anglais, le bourreau dut s’y prendre à deux fois, parce que la première fois la corde fatale n’avait pas été serrée assez fort autour du cou des patients pour que mort s’ensuivit.

BÊTA. Voyez B.

BÉTAIL. Voyez BEsriaux.

BÊTE. Ce mot s'emploie dans la même acception que:

celui d'animal, surtout en tant qu'être privé de raison. 1l y a plusieurs sortes de bées. Les béles sauvages, béles féroces ou carnassières, sont celles qui habitent les forêts, qui vivent dans l’état sauvage, sans communication avec l’homme, et qui senourrissent pour la plupart en détruisant les autres animaux, telles que le lion, l'ours, le tigre, etc. On comprend sous la dénomination de bé£es à cornes les bœufs, les taureaux, les béliers, etc. Par bêtes à laine ou béles blanches, on entend les brebis, les moutons, les mérinos, etc. Les bétes de somme sont les animaux à quatre pieds dont l’homme se sert, soit pour sa monture, soit pour le transport de ses fardeaux, tels que le cheval, le dromadaire, le mulet, l’âne, etc.

En termes de chasse, on distingueles quadrupèdes sauvages auxquels on fait la guerre en bétes fauves, telles que le cerf, le chevreuil, le daim ; en bétes noires : ce sont les sangliers ; en bétes rousses ou carnassières : le loup, le renard, le blaireau, On applique aussi la dénomination de bêtes rousses aux jeunes sangliers, depuis l’âge de six mois jusqu’à un an; quand ils passent de la première année à la seconde, on les appelle bé£es de compagnie, parce qu’alors ils vont habituellement par troupes.

Comment la métaphore at-elle osé faire remonter cette qualification à notre espèce (voyez BÊnse )? Est-il vrai que souvent entre l’Ane et ses maîtres le plus béfe

.… n'est pas celui qu'on pense?

Quand nous sommes petits nous avons peur de la béle. Plas grands, noustrouvons parmi nos semblables des bêtes noires, que nous ne pouvons pas souffrir, de mauvaises bètes, que nous estimons peu, et de bonnes bêtes, que nous aimons assez généralement. Nous en voyons qui font la bête... pour avoir du foin, ajoute le proverbe. L'homme abattu par les événements ne sait pas toujours remonter sur sa béle; et en dépit de la sagesse des nations, le venin ne meurt pas si bien qu’on le croit avec la bête.

BÊTE (Faire la). Voyez Howoe.

BESTOUSCHEFF-RJUMINE — BÊTES

BÊTE À BON DIEU ou BÊTE A DIEU. Voyez Coc CINELLE. j BÊTE NOIRE. Voyez BLATTE.

BÉTEL, plante sarmenteuse , originaire des Indes, où elle croît naturellement le long des côtes. Dans l’intérieur des terres, on la cultive comme la vigne. Les botanistes rangent cette plante parmi les poivres. Ses fruits croissent en épis assez longs, et ressemblent à une queue de lézard. Les feuilles de cette plante sont très-remarquables; elles ont beaucoup d’analogie avec celles du citronnier, quoiqu'elles soient plus longues et plus pointues, ayant sept petites côtes ou nervures, qui s'étendent d’un bout à l’autre. Elles ont une saveur amère, et produisent une liqueur rougeâtre lorsqu'on les mâche. Aux Indes orientales, elles font la base principale d’une mixtion dont on fait grand usage, à peu près comme en d’autres pays on fait usage du tabac. Le bétel préparé par les uns avec de la chaux, de l’arec et des trochisques, par d’autres, plus riches, avec du camphre, de l’aloès, de l’ambre gris, du muse, donne une odeur trèsagréable à la bouche, mais il a l’inconvénient de gâter et de faire tomber les dents. Les hommes et les femmes de tout rang mâchent continuellement du bétel, qu’ils ont coutume de porter dans une petite boîte, et qu’ils s'offrent mutuellement lorsqu'ils se rencontrent, comme nous faisons du tabac à priser. On n’aborde jamais une personne élevée en dignité sans avoir préalablement mâché du bétel, et il est même impoli de se parler entre gens de la même condition sans avoir la bouche parfumée de cet arôme. Le bétel, du reste, est bon pour l’estomac, et renforce les glandes salivaires; il prévient les sueurs trop abondantes, et garantit par là des affaiblissements, qui sont à craindre dans ces pays, où la chaleur est excessive.

BÊTES (Ame des). Les animaux ont-ils une âme, et s’ils en ontune, quelle est-elle? Telle est ici la double question qui se présente. Un grand nombre de philosophes, Descartes à leur tête, ont refusé une âme aux animaux, soit que la psychologie ne füt pas alors assez avancée pour qu’on pôt distinguer nettement la nature du principe qui préside à leurs actes , soit que l'opinion qui leur accorde une âme ait paru contrarier certains dogmes du christianisme, qui fit ses eflorts pour la rejeter, soit enfin que l’orgueil de l'homme ait été offensé d’une trop grande analogie avec des êtres d’une nature inférieure, et probablement pour toutes ces raisons à la fois. Maintenant les progrès de la science psychologique ne permettent pas de révoquer en doute que les animaux soient mus par un principe qu'il convient d’appeler une âme, si l’on veut continuer d'appeler les choses par leur nom. Qu’entendons-nous, en effet, par dme Aumaine, si ce n’est ce principe constitutif de notre être, en vertu duquel nous sommes capables de sentir, de connaître et de vouloir? Or, l'induction la plus simple nous amène à reconnaître dans les animaux une force autre que la force organique, une force à la fois sensible, intelhigente, active, qui peut différer par degrés de la force analogue dans l’homme, mais qui n’en diffère pas par sen essence, par ses attributs constitutifs, qui sont le sentir, le connaître et le vouloir.

Sentiment. Pourquoi sommes-nous assurés que les êtres revêtus d’un corps semblable au nôtre sont susceptibles de plaisir ou de douleur, quoique nous n’ayons aucun moyen d'atteindre directement le plaisir ou la douleur qu’ils éprouvent? C’est uniquement parce que nous leur voyons produire certains gestes et certains sons que nous produisons nous-mêmes quand nous sommes affectés des mêmes sentiments. Or, c’est aussi légitimement que nous sommes autorisés à conclure à l'existence de phénomènes agréables ou désagréables dans les animaux que nous voyons exécuter certains mouvements, que nous entendons émettre certains cris, qui sont pour nous les signes infaillibles de leur peine ou de leur plaisir, Quel est l'homme qui ne reconnaît dans

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