BERCHOUX — BÉRENGER
fire et sa Gastronomie, il n’en a pas moins eu l'honneur par ces deux écrits remarquables de laisser trace de poëte dans notre époque et dans les souvenirs de ses contemporains. OuRRY.
BERCHTESGADEN ou BERCHTHOLDSGADEN, justice de paix ( Landgericht ) du cercle de la Haute- Bavière, formait jadis une prévôté dont le titulaire avait le titre et le rang de prince, et dont la fondation remontait à l’année 1196. Sécularisée en 1803, elle fut attribuée alors comme principauté à l'électorat de Salzbourg, puis en {805 à l'Autriche; enfin, en 1810, elle fut définitivement adjugée à la Bavière. C’est une contrée d’une nature éminemment alpestre, assez élevée, entourée par les montagnes de Salzbourg, et fort importante par ses salines ainsi que par l’industrie de ses habitants. La petite commune protestante qui essaya de s’y constituer au commencement du dix-huitième siècle, émigra dès 1732 à Berlin et dans la marehe de Brandebourg.
Le chef-lieu de la principauté et du Zandgericht est le bourg de Berchtesgaden, avec une population de 3,000 habitants, un château, une église collégiale, une inspection supérieure des salines, etc., etc. Il est justement renommé par sa situation ravissante, par le caractère distinctif de ses habitants, par les objets de toute espèce, en bois, en os et enivoire qu’on y fabrique ainsi que dans les environs, mais surtout par l'exploitation de ses mines de sel, par la saline de Frauenreuth et par le grand canal, qui de là conduit l’eau salée aux salines de Reichenball, Traunstein et Rosenheim, Des routes magnifiques mettent Berchtesgaden en communication avec Salzbourg, Hallein et Reichenhall, et sillonnent toute la principauté, dont la nature grandiose, avec ses montagnes et ses vallées, qu’habiten de 7 et la marmotte, excite vivement la curiosité du voyageur. Le bourg de Ramsau, célèbre par ses carrières de pierres meulières, et le lac de Schellenberg font encore partie du Zandgericht de Berchtesgaden; et à peu de distance on trouve le lac Saint-Barthélemy (Bartolomæussee), à bon droit célèbre par le caractère éminemment pittoresque de ses rives. Il a 13 kilomètres de long sur 4 de large, etest situé à 662 mètres au-dessus du niveau de l'Océan, au pied du mont Watzmann, haut lui-même de plus de 3,000 mètres.
BERCY, commune du département de la Seine, sur la rive droite de ce fleuve, comptait en 1856 une population de 14,495 habitants. Une partie de cette commune fut annexée en 1859 à Paris et appartient au 12° arrondissement; le reste, en dehors des fortifications, a été réuni à Charenton-le-Pont. C'est le centre d’un commerce immense en vins et eaux-de-vie, qui lui arrivent par la Seine. On y fabrique du sucre raffiné, des vinaigres, des produits chimiques. On y trouve un grand nombre de distilleries, on y construit des canots, et le bois de flottage y est entreposé pour la consommation de la capitale. Un pont, d'abord suspendu, puis reconstruit en pierres, met Bercy en communication avec la rive gauche, à la hauteur du boulevard extérieur. Un autre pont de cinq arches, nommé pont Napoléon, en maçonnerie, joint Bercy à Ivry et livre pasaga au chemin de fer de ceinture; mais une partie de la voie a été ménagée pour les voitures et les piétons. Un théâtre a été bâti à Bercy en 1854, Sa mairie a été brûlée par les fédérés le 26 mai 1871.
Ce qui donne une physionomie particulière à Bercy, ce sont ses immenses magasins en caveaux qui bordent des espèces de rues ornées d'arbres. Le long du quai, qui en cet endroit prend le nom de La Répée, on voit de joyeux cabarets et des restaurants, célèbres les uns et les autres par leurs maleloles, et où se donnent rendez-vous Ja population du port, les marchands de vin, les courtiers, les acheteurs, et les nombreux amis des uns et des autres, qui, sous prétexte de déguster, vont faire en catimini leurs dévotions au dieu du lieu. Le dimanche, les canotiers parisiens, ces L DICT. DE LA CONVERS. — T. lil.
innocents émules des Jean Bart et des Duguay-Trouin, remplacent dans ces parages la population mercantile.
La prospérité de Bercy date les premières années de ce siècle, Ce n'était auparavant qu'un village fort insignifiant, célèbre seulement par le magnifique château qu'y possédai la famille Nicolaï. Ce château, demeure toute royale et bâti dans les dernières années du dix-septième siècle par l'architecte Pierre Leveau, appartenait originairement an marquis de Bercy, financier opulent qui avait épousé la fille de Desmarets, contrôleur général des finances sous Louis XIV. La fille du dernier marquis l’apporla par mariage dans la famille Nicolaï, Le pare, œuvre de le Nôtre, fut entamé, en 1840, par les fortifications, puis par le chemin de fer de Lyon. Le petit château avait disparu vers 1820. Le château même et ce quirestait du parc furent vendus en 1861 par M, de Nicolaï. Une compagnie financière dite des Magasins généraux de Bercy se forma pour établir sur l'emplacement de vastes entrepôts ; le château fut démoli. La gare du chemin de Lyon s’est étendue jusqu'aux fortifications et a rejoint le quai à la hauteur du pont Napoléon. Outre les bâtiments qui lui étaient nécessaires, la compagnie a fait construire de vastes magasins avec six longues galeries de caves ouvertes niveau sur le quai de Bercy, et une série d'autres magasins, de dimensions givantesques, et où les marchandises sont remisées suivant leur pays de provenance, Bourgogne, Bourbonnais et France centrale. De violents incendies ont ravagé l’entrepôt de Bercy en 1853 et en 1858.
BERDYCZEW ( on prononce Berditchef). Celte ville de Russie, qui faisait autrefois partie du gouvernement de Kief , et qui dépend aujourd’hui du gouvernement de Volhynie , est située sur les frontières de la Podolie, et compte une population de 58,645 habitants. Les maisons des habitants, pour la plupart juifs de religion , offrent en général tout l'aspect de la misère et de la malpropreté qui en est ordinairement la conséquence. Cependant Berdyczew est le centre d’un commerce assez actif, et il s’y tient deux fois par an des foires de chevaux et de bêtes à cornes, qui y attirent un grand nombre d'étrangers. On se fera une idée de l’importance des transactions auxquelles donnent lieu ces foires, quand on saura qu’il s’y vend , année commune, de 100 à 150,000 chevaux venus de la Podolie, de l'Ukraine, de la Valachie et de la Turquie. Berdyczew fait aussi un grand commerce avec Odessa et Brody, et peut être considérée comme l’entrepôt de ces deux villes. Une grande quantité de voitures et de pianos, fabriqués à Varsovie, y trouvent aussi placement à chaque foire.
BÉRENGARIENS, nom qu’on donnait aux hérétiques qui partageaient les opinions de Bérenger de Tours touchant l'Eucharistie. Bérenger, au milieu de ses nombreuses rétractations, en revient toujours à penser que dans la consécration le pain demeure pain, et que c’est uniquement par la foi des fidèles qu’il peut acquérir les vertus que l’Église attribue au corps de Jésus-Christ.
BÉRENGER !°, roi d'Italie. Fils d'Éberard, duc de Frioul, et de Gisèle, fille de Louis le Débonnaire, il prétendit à la couronne après la déchéance de Charles le Gros, et fat reconnu roi d'Italie par une assemblée des états du royaume. Pendant les trente-six années que dura son règne, il eut continuellement à lutter contre les compétiteurs que lui suscitèrent les grands, jaloux de son autorité. Tour à tour servi par la mort et par la victoire, débarrassé de Guido, ex-duc de Spolète, de Lambert, fils de ce dernier, et d’Arnolphe, roi de Germanie, enlevés tous les trois par une fin précoce, vainqueur de Louis, fils de Boson, roi de Provence, de Rodolphe IF, roi de la Bourgogne Transjurane, il allait enfin demeurer seul et sans rivaux maître du pays, quand une défaite inattendue vint tout changer, et l’obligea à se réfugier à Vérone. IL y tomba sous les coups d’un assassin, nommé Flambert, au mois de mars 924.
BÉRENGER IT, roi d'Italie, petit-fils de Bérenger 1° par
Gisèle, sa mère, était fils d’Adalbert, marquis d’Ivrée. Réfugié à la cour d’Othon le Grand, en Allemagne, pour échapper à son frère Hugues , comte de Provence, que sa belle-mère Ermengarde avait placé sur le trône d'Italie, il parvint, à force d’intrigues, à soulever les grands feudataires. Hugues dut renoncer à la couronne en faveur de son fils Lothaire , et Bérenger devint de fait le chef de la péninsule. Mais les persécutions qu’il employa contre Adélaïde, veuve de Lothaire, mort empoisonné, pour la forcer à devenir épouse de son fils Adalbert, lui attirèrent l'hostilité de ce même Othon le Grand qui avait accueilli à sa cour, et sous la protection duquel se placa, à son tour, la princesse. Dépossédé de l'Italie par ce terrible adversaire, Bérenger en obtint la restitution, à titre de fief relevant de l’Allemagne. Mais ayant de nouveau provoqué son courroux, après plusieurs défaites que lui firent essuyer soit Ludolphe, fils d’Othon, soit Othon lui-même, il s’enferma dans la forteresse de Saint-Léo, comté de Montefeltro, où la famine l’obligea à se rendre après un siége assez long. Envoyé avec Willa, sa femme, dans les prisons de Bamberg, il y mourut, en 966.
BÉRENGER DE TOURS, ainsi appelé de la ville où il naquit, en 998, fit ses études à Chartres, sous l’évêque Fulbert, auprès duquel à demeura jusqu’à sa mort. 11 retourna alors à Tours, en 1030, et fut choisi pour enseigner dans les écoles publiques de Saint-Martin. Il devint camérier, puis trésorier de cette église. La dignité d’archidiacre d'Angers, qui lui fut conférée en 1039, ne lui fit point abandonner son école, qui était très-fréquentée, et d’où sortirent des hommes qui devinrent plus tard éminents dans l'Église.
L'histoire de Bérenger de Tours n’est que l’histoire de sa controverse sur l’Eucharistie et des persécutions qu’elle lui attira, 11 paraît que ce fut en 1047 qu’il commença à renouveler sur la présence réelle les opinions de Scot Erigène, qui avait attaqué ce dogme vers le milieu du siècle précédent. Brunon, évêque d’Angers, soutint ses sentiments , et lui attira en peu de temps quelques sectateurs. Lanfranc s'étant élevé contre lui, Bérenger lui écrivit, et défendit dans sa lettre son sentiment et celui de Scot. Lanfranc se trouva à Rome au concile tenu dans cette ville, sous le pape Léon IX, lan 1050. Sur la lecture de sa lettre, Bérenger fut excommunié, et un concile fut ordonné pour le mois de septembre à Verceil, auquel il serait appelé. Ayant appris sa condamnation , Bérenger se retira en Normandie, comptant sur la protection de Guillaume le Bâtard ; mais, condamné par un synode à Brienne, il fut obligé de sortir de la province, et se relira à Chartres. Le concile de Verceil, où il n’osa point paraître en personne, condamna son sentiment et le livre de Jean Scot duquel il l'avait emprunté. Dans cette même année 1050, un concile fut £enu à Paris, le 16 novembre, par ordre d'Henri 1‘, Mais Bérenger ni Brunon n’y parurent. [ls furent condamnés tous deux.
Cependant, le premier soutint son opinion dans d'actives controverses avec les théologiens contemporains, parmi lesquels on remarque surtout Adesman, clerc de l’église de Liége, et Ascelin, moine de Saint-Évron en Normandie, Déçu dans Pespoir dont il s’était flatté d’être protégé par Richard, roi d'Angleterre, qui se trouvait alors à la cour de France, il rétracta ses opinions, en 1055, au concile de Tours, présidé par le légat de Victor 11, Hildebrand, depuis Grégoire VII. Mais aussitôt après il recommença à soutenir le sentiment qu’il venait de condamner lui-même. Anathématisé par le concile de Rouen en 1063, et en 1075 par celui de Poitiers, où il courut le danger d’être tué, il resta dans ses opinions, malgré les sages représentations de Brunon, qui avait pris la résolution d'éviter toute dispute, et qui lui conseillait de suivre son exemple, Enfin il fit une nouvelle et dernière rétractation au mois de décembre de l'année 1078, au concile de Rome, présidé par Grégoire VII,
Il est naturel de suspecter la sincérité de ce dernier changement, quoiqu'il puisse être raisonnablement attribué à la faiblesse de l’âge, car Bérenger avait alors quatre-vingts ans. Le sentiment qu'il défendit pendant la plus grande partie de sa vie étant devenu dans la suite une des bases de la Réforme, les protestants, qui cherchent dans la tradition. des écrivains qui leur soient favorables , se sont trouvés intéressés à soutenir que Bérenger n’avait cédé qu’à la force et au désir de la paix, et les catholiques, de leur côté, ont dû s’appliquer à prouver sa sincérité, Quoi qu’il en soit, ik paraît que sa rétractation parut sincère aux églises qui furent le plus agitées par ses opinions. On en a la preuve dans. le service annuel célébré pour lui dans l’église de Tours,
Il mourut le 6 janvier 1088, dans l'île de Saint-Côme, près de Tours , après avoir encore été obligé , dans ses dernières années, de rendre compte de sa foi au concile de Bordeaux, en 1080. 11 ne reste de lui que peu d'ouvrages, qui tous ont rapport à ses opinions sur l'Eucharistie, et qui sont écrits dans un style sec et tout rempli de subtilités scolastiques. " H. Bovcnirré, ancien recteur.
BÉRENGER (ALPnoNSsE - MARIE-MARCELLIN -THOMAS ) dit de La Drôme, fils d’un avocat célèbre que le tiers état du Dauphiné nomma député aux élats généraux, et qui exerça sous la République et sous l'Empire les plus hautes fonctions de la magistrature dans sa province, naquit à Valence, le 31 mai 1785. Il suivit la même carrière que son père, et devint avocat général à la cour impériale de Grenoble. 11 occupait ce poste élevé en mars 1815, lorsque Napoléon, venant de l’île d’Elbe, s’arrêta dans cette ville. M. Bérenger désirait que sa compagnie, en se présentant devant l’empereur, lui exprimât des vœux pour des institutions libérales et de sages réformes. Il rédigea même dans ce sens un projet d'adresse que la majorité trouva trop énergique. La minorité obtint du moins que la cour s’abstint du langage banal de la flatterie, et qu’elle se renfermât dans un morne et noble silence, Mais l’empereur ne voulut pas que l’audience donnée à la magistrature ne fût qu’une scène muette. 11 parla beaucoup lui-même, et demanda quelle était l'influence de la cour dans les départements de son ressort. « Nulle , lui répondit M. Bérenger. — Pourquoi cela? — Parce que dans les constitutions de l'empire le pouvoir judiciaire a été trop subordonné au pouvoir exécutif, et que la considération et le crédit politiques s’obtiennent en raison de l'étendue, de l'autorité et de l’indépendance de la fonction. — Je ne me suis pas mêlé de ces choses-là, repartit l’empereur ; j'avoue que je m’en suis peu occupé; c’est Treilhard qui a tout fait : il était dominé par la crainte de ressusciter les anciens parlements, en accordant trop de prépondérance à la magistrature. »
Peu de temps après M. Bérenger fut nommé à la chambre des représentants par le département de la Drôme. Sa conduite dans le sein de cette assemblée fut conforme aux principes libéraux qu’il avait toujours professés, et pour lesquels. il avait rendu témoignage en présence même de l’empereur. Sa sollicitude pour la liberté ne l’empêcha pas de reconnaître que le maintien de la dynastie impériale était néces-
.saire à fe re nationale et au salut de la révolution,
Après le terrible désastre de Waterloo et la seconde abdication de Napoléon, il insista pour faire déclarer que, par la seule force des constitutions existantes, Napoléon IL était devenu empereur des Français, et il entraîna la majorité à proclamer ce jeune prince par acclamation Plus tard , et en face des baïonnettes étrangères, M. Bérenger fut du nombre des députés qui signèrent, entre les mains du président Lanjuinais , une protestation contre la violence que subissait la représentation nationale,
La seconde restauration accomplie, il se démit de ses fonctions d'avocat général, et véeut dans la retraite, appliqué à l'étude de notre législation criminelle et à la recherche des perfectionnements dont elle était susceptible. En 1818