‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 62 sur 527 · BETTERAVE — BEUCHOT · texte numérisé non relu

BETTERAVE — BEUCHOT

bien ameublé la terre par un ou deux labours profonds, on

sème, à la volée ou en rayons, depuis la mi-mars jusqu’en |

mai; on éclaircit, suivant la qualité du sol et le volume de l'espèce, de manière à ce que les plants soient à trente ou cinquante centimètres les uns des autres : on sarcle et l’on donne plusieurs binages. On peut aussi semer en pépinière

pour mettre en place lorsque la racine a atteint la grosseur |

du doigt, en ayant soin que l'extrémité ne soit pas repliée au fond du trou; mais les racines plantées, quelque jeunes qu'elles soient alors, ne viennent jamais aussi belles que celles des betteraves qui ont été semées sur place : on ne doit donc employer la transplantation que pour regarnir les places du champ semé où Le plant manquerait, Les betteraves aiment une terre douce, profonde, fumée de l’année précédente, Les racines se récoltent en novembre : après avoir coupé les feuilles, on les laisse se ressuyer, et on les met dans une cave ou une serre sèche, à l'abri de la gelée. Pour récolter de la graine, on replante, en mars, des racines choisies et bien conservées ; cette graine se conserve quatre ou cinq ans. En 1599 Olivier de Serres parla le premier de la betterave, qui venait d’être rapportée d'Italie. Plas tard, l’abbé de Commerel et le baron de Those contribuèrent puissamment à faire connaître cet intéressant végétal. La découverte de Margraff donna lieu à un grand nombre de travaux, dont les principaux sont ceux d’Achard, de MM. de Beaujeu et Payen, enfin de MM. Champonnois, Possoz et Perier. BETTERTON (Tuouas), comédien et auteur dramatique anglais, né à Londres, en 1635, et mort en 1710, était le fils d’un sous-chef des cuisines du roi Charles I‘, Son père lui fit donner une bonne éducation. Ambitieux pour son fils, qui annonçait les plus heureuses dispositions, il le desfinait à une profession libérale ; mais la révolation renversa la marmite de notre maître queux en même temps que le trône de son maître, et il dut se résigner à placer son fils en qualité de commis chez un libraire. Thomas s'ennuya bientôt de cette position; et il ne se sentit pas plus tôt en état de voler de ses propres ailes, qu'il s’engagea dans la troupe de William Davenant. Ses débuts sur la scène furent heureux. 11 devint un des acteurs favoris du public, qui n’estimait pas moins en lui l’homme privé que le comédien, Au déclin de sa vie, Betterton eut le chagrin de perdre dans une entreprise commerciale une somme considérable, fruit des travaux et des épargnes de toute sa carrière dramatique; et réduit à un état voisin de la misère, il supporta son malheur avec la plus philosophique résignation. On lui attribue les pièces suivantes : The woman made a justice (La femme prise pour juge), et une imitation du Georges Dandin de notre Molière, The amourous Widow (La Veuve amoureuse). Il reft aussi pour le théâtre une pièce de Jobn Welster, 7he injust Judge, or Apprus and Virginia. BETTI. Deux peintres fiorentins ont porté cenom. L’un, Miccolo Berri, florissait vers le milieu du seizième siècle. Al aida Vasari dans la décoration du Palazzo Vecchio, et peignit pour le cabinet d'étude un tableau représentant des Soldats romains déposant aux pieds de César les dépouilles des peuples vaincus. Cette toile orne aujourd’hui la galerie de Florence. L'autre, Sigismondo Berri, vivait au milieu du siècle dernier, et fut élève de Matteo Bonechi. C'était un bon dessinateur et un habile peintre à fresque et à l'huile. Parmi les principaux ouvrages qu’on voit de lui à Florence, nous mentionnerons la voûte de la nef de l’église Saint-Joseph; une fresque exécutée vers 1754 et représentant Saint François de Paule ravi au ciel par les anges; et une Vierge dans une gloire, entre saint Paul et sainte Catherine, pour l’église des Barnabites. En 1765 il exécuta encore, pour le sanctuaire de Varallo, une Présentation de Jésus au Temple. On a aussi de lui quelques bons pastels. Un poëte du même nom, Zacharia Berri, né à Vérone, en 1737, mort dans la même ville, en 1788, est auteur d’un poëme sur le ver à soie, intitulé : Del Baco da Seta,

Canti IV, con annotazioni (Vérone, 1756), et dédié au marquis Spolverini, auteur d'un poëme sur la culture du riz. 1l avait fondé à Vérone une Académie d'Agriculture.

BETTINA, célèbre peintre de l’école milanaise, qui florissait dans les dernières années du dix-septième siècle. Elle excellait à peindre les fleurs et les fruits.

BETTINA D’ARNIM. Voyez Anim (Élisabeth d’).

BETTINELLI (Giuserre-Mania), littérateur italien, né à Mantoue, en 1718, mort en 1808, entra dans la société de Jésus, et prolessa, de 1739 à 1744, les belles-lettres au collége de Brescia. En 1748, il alla occuper une chaire de rhéorique à Venise; mais contraint bientôt après, par la faiblesse de sa santé, à la partie active de l’enseignement public, il dirigea pendant huit ans le collége noble de Parime. Des voyages qu’il eut occasion de faire en Italie, en Allemagne et en France, le mirent en rapport avec quelquesuns des littérateurs les plus éminents de son siècle, entre autres avec Voltaire, qui le reçut aux Délices. Bettinelli se trouvait à Modène lorsque eut lieu la suppression de l’ordre des Jésuites, etil se retira alors à Mantoue, où il continua à se livrer à la culture des lettres. Obligé de se réfugier à Vérone devant l’invasion française, en 1796, il ne revint ans sa ville natale qu'en 1797. II y commença une édition de ses œuvres complètes, intitulée : L'Abbale Bettinelli, Opere edite ed inedite, in prosa ed in versi (Venise, 1801).

BETTINI (Anronio), écrivain ascétique italien, né à Sienne, en 1396, fut élu, à l’âge de soïxante-cinq ans, évéque de Foligno, diocèse qu'il édifia par ses vertus chrétiennes. Parvenu à un âge très-avancé, il se démit de son évêché pour se retirer dans le monastère des Jésuites de Saint-Jérôme, où il avait fait profession dans sa jeunesse. Il est auteur d’un ouvrage mystique, intitulé : Monte santo di Dio, qi fut imprimé à Florence, in-4°, en 1477. C’est le premier livre imprimé avec des gravures en taille-douce dans le texte. Une autre édition, imprimée à Florence, en 1491, est ornée de gravures sur bois. On a en outre d’A. Bettini une Esposizione della Dominicale Oratione et un traité De divina Præordinatione Vilæ et mortis humanæ.

BETTINI. On compte deux peintres italiens de ce nom. L'un, Domenico Bernini, né à Florence, en 1644, mort à Bologne, en 1705, fut à Rome l'élève de Mario Nuzzi, alors le plus célèbre peintre de fleurs qu’il y eût en Italie, et devint dans ce genre presque l’égal de son maître. Le premier il sut faire saillir ses groupes de fleurs ou de fruits sur des paysages éclairés et agréables, au lieu de les détacher sur des fonds obscurs et insignifiants, ainsi que cela s'était toujours pratiqué avant lui. Appelé à la cour du due de Modène vers 1760, il y resta pendant dix-huit ans, puis alla travailler à Bologne, où s’écoula le reste de sa vie.

L'autre, Giovanni-Antonio Berrint, peintre bolonais, mort en 1773, étudia larchitecture, la perspective et l’ornement sous Carlo Giuseppe Carpi. 11 dépleya en ce genre une remarquable habileté, et on peut voir des échantillons de son talent dans divers palais et églises de Bologne.

BETTIO (Giuserre), peintre de l’école vénitienne, né à Bellune, en 1720, mort en 1803, se forma par l’étude réfléchie des chefs-d'œuvre du Titien, de Paris de Bordone, de Paul Véronèse et du Bassano, Un amateur anglais l’attira à Londres, où avec son pinceau il acquit une fortune honorable. Il revint alors dans sa patrie, où, quoique en état de se livrer aux charmes du jar niente, il ne cessa point de cultiver so art. Si à la facilité d'exécution, à la fraicheur et à la vigueur du coloris, il avait réuni un dessin plus sévère et une observation plus exacte de la vérité du costume, sa mémoire occuperait plus de place dans l’histoire de l'art.

BÉTYLES. Voyez BÉTAYLES.

BEUCHOT (AprIEN-JEAN-QuENTIN), savant et sCrupuleux bibliographe, ancien bibliothécaire de la Chambre des Députés, naquit à Paris, le 13 mars 1773, d'un père qui y exerçait le profession d’avocat, ef qui, vers 1781, fut nommé

secrétaire de l’intendance de Lyon, où il alla s'établir avec sa famille. Le jeune Beuchot fut élevé au collége de la Trinité de Lyon, que dirigeaient des pères de l’Oratoire; il fut ensuite un moment clerc de notaire à Lyon, puis il se mit à étudier la médecine, et fut attaché en 1794, en qualité de chirurgien-major, au 9° bataillon de l'Isère. Après trois années de service, il renonça à ces fonctions , qui éfaient peu conformes à ses goûts, revint à Lyon, et se remit à travailler -chez un notaire. Tout en grossoyant, Beuchot cutivait déjà les lettres , faisait des chansons et des vers, et enrichissail de sa prose et de sa poésie la partie littéraire des Pelites- Affiches du département du Rhône.

Beuchot se décida à venir à Paris en 1801. Il n’y trouva d’abord que de faibles ressources, et ne réussit à placer des articles que dans le Courrier des Spectacles, que publiait Lepan. Il eut alors l’idée de se faire libraire , et travailla aussi pour le théâtre, où il eut à passer par toutes les épreuves cruelles, à essuyer tous les déboires réservés aux auteurs encore inconnus, et où cependant il finit par se faire une place, car nous pourrions citer les titres de plusieurs de ses

pièces jouées avec succès sur différents théâtres consacrés au:

vaudeville. Ceux qui l'ont connu à cette époque s’accordent à dire qu’il cultivait avec succès le couplet à la Collé et à la Panard. En 1808 il entreprit la publication du nouvel Almanach des Muses; il écrivit en même temps dans la Décade Philosophique avec Andrieux, Ginguené, etc. Dès l’origine de la Biographie Universelle publiée par M. Michaud , il prit une part active à ce vaste et précieux recueil, et apporta dans la rédaction des articles dont il fut chargé cette science scrupuleuse devenue le cachet de tout ce qui est sorti de sa plume.

L'imprimerie, par l’immense multiplication des livres, a fait de la bibliographie une science vaste et compliquée, science qui oblige ceux-là même qui y sont le plus profondément versés, et malgré la plus grande mémoire, à recourir fréquemment aux catalogues, et à s’aider de moyens matériels pour ne pas perdre le fruit de leurs recherches et de leurs travaux. Le législateur a senti la nécessité, entre autres choses, de fonder légalement une sorte d’éfaf civil de l'imprimerie, ars artium conservatrix. Un décret impérial du 14 octobre 1811 imposa à la direction de la librairie l'obligation d'insérer dans un journal l’annonce de tous les ouvrages qui seront imprimés, d’y indiquer le lieu et l’année de leur impression, le format et le nombre de leurs volumes, leur prix, les noms de leurs imprimeurs, ceux des libraires-éditeurs, ceux de leurs auteurs s’ils sont connus , etc. Beuchot fut choisi pour rédiger la Bibliographie de la France, dont Pillet aîné était nommé l’imprimeur; rédaction que Beuchot a continuée avec le même zèle et la même autorité jusqu’à sa mort.

En 1814, Beuchot, quin’avait jamais encensé la gloire despotique de Bonaparte empereur, s’indigna en voyant ceux qui s'étaient prosternés aux pieds de l’idole aux jours de sa puissance, lui jeter la pierre quand elle était tombée de son piédestal. Il prit la plume, et publia, sous le titre de : Oraison funèbre de Bonaparte, par une sociélé de gens de lettres, prononcée au Luxembourg, au Palais Bourbon et ailleurs (Paris, 1814, Delaunay), le curieux recueil de toutes les basses adulations prodiguées à Napoléon par ses hauts fonctionnaires, et insérées à diverses époques au Moniteur. Pendant les Cent-Jours il fit acte de bon citoyen dans une courte brochure, où respire l'esprit de 1789, et qui est intitulée : Opinion d'un Français sur l’Acte additionnel aux Constitutions de l'empire. 11 donna la même année, sous le voile de l’anonyme, son Dictionnaire des Immobiles , par un homme qui jusqu'à présent n’a rien juré et n'ose iurer de rien (Paris, septembre 1815), publication qui lui a fait à tort attribuer la paternité du Dictionnaire des Giroueltes. On sent que Beuchot ne prend le mot immobilé que dans une acception toute favorable et par opposi-

Page 1