‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 63 sur 527 · BEUCHOT — BEUDANT · texte numérisé non relu

BEUCHOT — BEUDANT

tion à girouelte. Ses Immobiles ne sont autres que de fermes et généreux citoyens, tels que Lanjuinais, Lafayette, Daunou, Stanislas Girardin, etc. , etc.

Nous ne mentionnerons pas ici tous les autres travaux de Beuchot, et nous nous bornerons à parler de sa magnifique édition de Voltaire en 70 volumes, commencée en 1828 et terminée en 1834. C’est la plus correcte et la plus complète qui existe. Beuchot ne s’est pas contenté de lire son auteur, il en a lu tous les réfutateurs, les Fréron, les La Beaumelle, les Nonotte, les Patouillet, les Clément; ct quand il a trouvé que par hasard ils avaient noté quelque point à propos, il en a tenu compte. Deux volumes d’index ou de table alphabétique des matières, publiés en 1841,

facilitent singulièrement les recherches, et achèvent de M donner la clef de cette œuvre immense. Cette édition , fruit M

de vingt ans de travaux, est et restera le plus beau fleuron de la couronne de Beuchot. On lui doit aussi une édi tion du Dictionnaire de Bayle en 16 volumes.

Ce laborieux bibliographe reçut, le4 mars 1831, la décoration de la Légion-d'Honneur; et la Chambre des Députés ayant perdu son bibliothécaire à la fin de 1833, Beuchot fut élu, au scrutin, le 18 janvier 1834, pour en remplir les fonctions, qu’il n’a quittées que peu de temps avant sa mort, arrivée en 1851, Ch. Roey.

BEUDANT (François-Surice), membre de l’Académie des Sciences, un des minéralogistes les plus distingués de notre époque, était né le 5 septembre 1787, à Paris. Arrivé à l’âge de vingt et un ans sans avoir encore aucune carrière ouverte devant lui, Beudant, devenu maître de disposer à son gré du faible patrimoine que son père lui avait laissé, n’hésita pas à le sacrifier tout entier pour assurer un peu d’aisance à sa mère. Ne voulant devoir qu’à son travail les moyens d’existence dont il aurait lui-même désormais besoin, il entra comme élève à l’École Normale, où il se prépara à suivre la carrière ardue et obscure de l’enseignement secondaire, 11 s’y distingua bientôt, et, après une année d’études solides, il obtint une chaire de mathématiques au lycée d'Avignon.

«. Dix ans plus tard, a dit M. Milne-Edwards, après avoir occupé avec distinction la chaire de physique au lycée de Marseille, et avoir acquis un rang élevé dans la science par ses nombreux travaux de recherches, Beudant fut désigné par l’Académie des Sciences et par le Collége de France pour remplir la place de professeur de physique dans ce dernier établissement. L’ordonnance du roi Louis XVIII qui lui conférait ce titre était déjà signée par ce monarque, lorsque notre modeste collègue apprend que son ami Ampère désirait vivement obtenir cette position, et en avait réellement besoin pour pouvoir s'occuper d'expériences dont l'importance lui était connue ; il pensa peut-être aussi que les droits scientifiques d'Ampère étaient supérieurs aux siens, et, n’obéissant qu’au noble mouvement de son cœur, il courut chez le ministre, demanda l’annulation de l’ordonnance rendue en sa faveur, et destinée à paraître dans le Moniteur du lendemain ; plaida avec chaleur la cause de son ami, et, ne pouvant dans cette première entrevue vaincre la résolution déjà prise par M. Corbière, dans les attributions duquel le Collége de France était alors placé, il insista sans relâche, pendant quinze jours, pour obtenir le remplacement qu’il sollicitait comme bien d'autres auraient sollicité une faveur ; et enfin, pour trancher la question, il rendit sa démission publique par la voie de la presse. Cet acte d'un désintéressement si rare ouvrit à Ampère les laboratoires de physique du Collége de France, où il fit bientôt après ses belles découvertes sur l'électro-magnétisme; et Beudant, en voyant son ami rendre à la science de pareils services, se sentit heureux d’avoir été la cause première de ses succès , et trouva dans la gloire d'Ampère la récompense du sacrifice qu'il s'était lui-même si généreusement imposé. »

RE

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