‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 65 sur 527 · BEUGNOT — BEURNONVILLE · texte numérisé non relu

BEUGNOT — BEURNONVILLE

Arrivé à la Chambre des Pairs sous le cabinet Guizot (25 décembre 1841), M. Beugnot y faisait, avec le marquis de Barthélem y, partie de cette fameuse triade néo-catholique dirigée par M. de Montalembert, qui se signala surtout dans sa croisade en faveur de... d’autres diraient contre la liberté de l’enseignement. En 1849 il représenta la » Haute-Marne dans l'Assemblée législative, et fut un des dixsept burgraves qui suspendirent le suffrage universel, puis le rapporteur de la loi sur l'instruction publique qui, sous le prétexte de liberté, devait remettre l’enseignement tout entier dans la main du clergé. Après le 2 décembre 1851 nous retrouvons M. Beugnot dans la commission consultative. Depuis cette époque il ne prit aucune part aux affaires et mourut en mars 1865, à Paris.

Outre les ouvrages cités on a de lui : l'État théologien. (1845) ; Vie de Becquey, ministre d’État (1859), Mémoire sur le régime des terres franques en Syrie (1854), et des articles de polémique dans le Correspondant et la Revue catholique.

BEULÉ (Cnanes-Ernesr), membre de l'Institut, est né le 29 juin 1826, à Saumur. Élève de l'École normale de 1845 à 1848, il professa la rhétorique au collége de Moulins et fut ensuite envoyé à l’École française d'Athènes. Il y entreprit en partie à ses frais des fouilles qui amenèrent la découverte de la citadelle, vainement cherchée jusqu'aiors. Le 28 mai 1852 reparut au jour l’escalier de marbre qui conduisait aux Propylées, au pied même de l’Acropole, et quelques jours plus tard M. Beulé trouvait le mur d’enceinte même, en pierre et en marbre, admirablement conservé dans toute sa hauteur. Ces découvertes firent une grande sensation et l’heureux savant fut décoré et chargé de la chaire d'archéologie de la Bibliothèque impériale (1854). 11 publia à cette époque Les Frontons du Parthénon (1854, in-8°), l'Acropole d'Athènes (1854,2 vol.; 1863, 1 vol.) Études sur le Péloponèse (1855), les Templesde Syracuse (1856), et Les Monnaies d’Alhènes (1858, in-4°), ouvrage qui partagea le prix de numismatique à l’Institut. En 1859 M. Benlé fil un voyage à Tunis, et dans des fouilles qu'il fit faire à ses frais il découvrit d'abord la citadelle, puis les ports et le cimetière de Carthage; entin le beau vase de Bérénice, à Benghazi, ville de la Cyrénaïque. Élu membre de l’Académie des inscriptions en 1860, il devint, en 1862, secrétaire perpétuel de celle des beaux-arts; ce fut en cette dernière qualité qu’il signa au nom de cette compagnie différents écrits pour protester contre la désorganisation de l'École des beaux-arts. A cette période appartiennent les ouyrages suivants qui intéressent à un haut degré l'archéologie et l'histoire: l'Architecture au siècle de Pisistrate (1860, n-8°), Fouilles à Carthage (1861), Fhidias, drame antique (1863, in-12), Histoire de la sculpture avant Phidias (1864), les Éloges d'Horace Vernet, d’Halévy, d'Hippolyle Flandrin et de Meyerbeer : Auguste, sa famille et ses amis (1867, in-8°), Tibère et l'héritage d'Auguste (1868, in-8°), et le Sang de Germanicus (1869, in-8°); ces trois derniers ouvrages furent très-remarqués pour Ja vivacité des allusions au régime despotique; enfin Le Drame du Vésuve (1871, in-8°), émouvante histoire de l’éruption volcanique qui détruisit les villes de Pompéi, d'Herculanum et de Stabies. On a du même écrivain des articles insérés dansla Revue des Deux-Mondes, le Journal des Savants, les Débats, etc.

Aux élections générales du 8 février 1871 M. Beulé a été élu membre de l’Assemblée nationale par le département de Maine-et-Loire, et il figure parmi les notabilités du parti conservateur libéral.

BEURNONVILLE (Pierre RIEL, comte, puis marquis pe), pair, maréchal de France, ministre d'État, membre du conseil privé, ete., né le 10 mars 1762, à Champignoles, près de Bar-sur-Aube, fut destiné par ses parents à l'état leccésiastique ; mais, entrainé par son goût pour l'état mi-

Page 1