‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 69 sur 527 · AUBERT DE VITRY · texte numérisé non relu

AUBERT DE VITRY

On a commencé en 1860 une édition complète des œuvres de Beyle en 18 vol. in-18. Outre les ouvrages déjà cités elle contient des nouvelles inédites, des mélanges d’art et de littérature, une correspondance assez étendue. Les manuscrits qu’il a laissés, entre autres une Histoire de Napoléon, n'ont pu tous être déchiffrés parce qu'ils étaient écrits en caractères dont on n’a pu trouver la clef. Son ami intime, Mérimée, a publié en 1870 une notice anonyme intitulée H. B., qui a fait quelque bruit par la singularité des opinions qui y sont exprimées.

BÈZE (Tuéonore ne ),un des principaux piliers de la réforme (Bayle), qui fut à Calvin ce que Mélanchthon fut à Luther, et que ses coreligionnaires avaient surnommé le Phénix de son siècle, naquit le 24 juin 1519, à Vézelai dans le Nivernais, au même lieu où saint Bernard avait prêché la seconde croisade. Il fut destiné d’abord à l’état ecclésiastique. Sa famille était riche et noble; il avait fait avec succès les plus brillants progrès dans les lettres sacrées et profanes. A peine âgé de vingt-cinq ans, sans avoir encore pris les ordres, il était pourvu de deux ou trois riches bénéfices, entre autres du prieuré de Lonjumeau. Beau comme Adonis , fort comme Hercule, éloquent, doué de la prestance d’un prince et de l'esprit d'un ange, pour me servir des expressions de ses contemporains, il pouvait prétendre aux premières dignités de l’Église catholique; mais dès son enfance il avait été imbu des principes de la Réforme par Melchior Wolkmar de Rothwell , jurisconsulte et helléniste, qui professa pendant plusieurs années à Orléans et à Bourges. L'indépendance des nouvelles doctrines convenait merveilleusement à l'esprit fier, fougueux et emporté du jeune Théodore, qui, malgré les écarts d’une adolescence trèsdissipée , était parvenu presque en se jouant à en savoir autant que son docte maitre. Mais, par une loi de la nature qui admet peu d’exceptions, elle n’avait pu départir tant de dons à un mortel sans ÿ mêler le germe des passions les plus orageuses. Homme complet s’il en fut jamais, Bèze les eut toutes, Il ne connaissait dans sa vie privée que cette autre loi, appelée par les épicuriens la bonne loi naturelle, et il s’y livra sans frein et ouvertement.

Celui qui, par la séduction de la parole , devait un jour faire tant de prosélytes à la Réforme, commença par faire chez l'un et l’autre sexe maintes conquêtes à Satan :

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