‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 73 sur 527 · BEZENVAL · texte numérisé non relu

BEZENVAL

français, Bèze lance des coups de foudre contre l'épiscopat. | Dansson Histoire Ecclésiastique des Églises réformées au royaume de France, depuis l'an 1521 jusqu’en 1563, écrite en français et publiée en 1580, il se montre plus modéré, plus impartial que dans ses écrits polémiques. Il avaît fait imprimer en 1556 sa version du Nouveau Testament | avec des notes. Cette traduction eut sept éditions du vivant | de l’auteur, mais toujours avec de nouveaux changements dans les annotations, ce qui lui a attiré de grands reproches de la part de ses contemporains. Marot avait traduit en vers français les cinquante premiers psaumes de David, Bèze, d’après le conseil de Calvin, entreprit de compléter cette version, et donna les cent autres psaumes, traduits, dit un contemporain, non avec la méme joliveté que Marot. Les révolutions de la langue ont rendu cette jolivelé bien ridicule. La traduction de Marot et de Théodore de Bèze fut admise dans la liturgie protestante, et par là devint plus odieuse aux catholiques : dans la suite, elle fut rajeunie par Conrad et La Bastide, et longtemps les Églises protestan- “ tes, suivant leur degré de pédanterie, se partagèrent entre « l’ancienne traduction et la nouvelle, toutes deux assez vieilles « aujourd’hui,

Pendant que Bèze mettait la dernière main à la publication des psaumes, il fut attaqué de la peste qui régnait à Genève (1605). A ce propos il publia un écrit en latin, fort rare, et qui prouve qu’alors comme aujourd'hui il y avait, en fait d’épidémie, des contagionisles et des non-contagionistes. En voici le titre en français : Solution de deux questions sur la pesle : Est-elle ou non contagieuse? Est-il permis aux chrétiens de s’y soustraire par l'éloignement ?

En 1597, à soixante-dix-huit ans, il retrouva toute la verdeur de sa jeunesse pour faire la petite guerre aux jésuites. Clément Dupuy, l’un d'eux, avait écrit que Bèze était mort après avoir fait profession de la foi romaine. « Ne fallait-il pas, s’écria Bayle, être de la dernière bêtise pour s’imaginer que les protestants laisseraient perdre une si belle occasion de crier contre les impostures et les fourberies monacales. » Sous le titre de Beza redivivus, le prétendu mort publia une satire en vers latins, qui pro- duisit tant d'effet, que les jésuites , habiles à se retourner, n’eurent d'autre ressource que de soutenir que la prétendue lettre à eux imputée, sur la mort et conversion de Bèze, était une pure imposture de Bèze et des Bézanites de Genève, forgée par ceux-ci pour le plaisir de la leur imputer. Il est assez remarquable qu’un de ses derniers écrits rappelle, par le feu de la composition, toute la verve qui avait présidé à la composition deses Juvenilia.

Cet étonnant vieillard, beau encore à quatre-vingt-six ans, n'eut pas, comme tant d’autres, le malheur dese survivre à luimême. Seulement, comme dit Bayle, sa mémoire était « fort bonne et fort mauvaise : fort bonne à l'égard des choses qu'il avait apprises pendant la force de son esprit; car il pouvait réciter par cœur tous les psaumes ettousles chapitres de saint Paul; et fort mauvaise à l'égard des choses présentes, car après avoir dit une chose il ne s’en souvenait point. » Le testament de Bèze, qui est imprimé, respire partout l'amour de la France et de la paix, mêlé au souvenir et au regret de ses fautes. 11 mourut à Genève en 1605. Ch. pu Rozorr.

BEZENVAL (Prerre-Vicror, baronne), né à Soleure, en 1722, d'une famille noble de la Savoie, mériterait à peine d’êtreici nommé si, après avoir traversé le règne de Louis XV et de Louis XVI, il n'avait assisté, dans ses derniers jours, au début de la révolution française; s’il n’en eût été le plus ridicule adversaire, et si enfin la petitesse de certains hommes ne servait à mesurer la grandeur d’une époque, Le baron de Bezenval entra dès l’âge de neuf ans dans les gardes suisses, fit en 1735 el 1748 les campagnes de Bohême et de Hanovre, fut nommé maréchal de camp en 1757, et après la paix de 1762 licutenant général, inspecteur général des Suisses et des Grisons , grand-croix de Saint-Louis,

BEZENVAE — BEZIERS

Ajoutez à toutes ces dignités une brillante réputation d’esprit et de courage, des succès de cour, succès de femmes et de chansons, la faveur de Marie-Antoinette, le renvoi de quelques ministres, le titre, fort honorable alors, d’oflicier suisse, une confiance illimitée en son heureuse étoile, et vous aurez une idée complète de l’arrogance du vieux courtisan, qui voulait lutter corps à corps avec la révolution française. Le baron de Bezenval la menaçait des mesures les plus énergiques dans le conseil privé, dans ce que le peuple appelait éloquemment le comité autrichien. Au 14 juillet, la cour, dans son embarras , jeta naturellement les yeux sur le baron suisse, et le fit commandant de l’intérieur. Bezenval, qui n'avait pas compté sur tant d'énergie populaire, perdit contenance, prit la fuite, fut arrêté à Villenaux, et mis en jugement, malgré toutes les démarches de Necker. I ne pouvait nier ses intelligences avec le gouverneur de la Bastille; mais la cour et Necker redoublèrent d’instances et d’intrigues ; Mirabeau s’employa pour lui, et Bezenval fut absous. Depuis ce jour, il vécut dans la plus profonde obscurité, guéri sans doute de son fanatisme, et mourut en 1794, cachant également sa vie et sa mort à ces révolutionnaires qu’il avait tant méprisés. Les mémoires de Bezenval ont été publiés en 1806 par son héritier, le comte de Ségur. T. TOUSSENEL.

BEZEREDJ (Érienxe), l’un des membres les plus marquants de l'opposition hongroise avant 1848 , né le 28 novembre 1796, à Szerdahely, dans le comitat d'Œdenbourg, fit ses études à Œdenbourg et à Presbourg, et se fixa ensuite dans le comitat de Tolna, où il se rat{acha à la fraction la plus avancée de l’upposition, et prit, dès l'année 1823, la part la plus active à la résistance aux mesures inconstitutionnelles du pouvoir. Élu en 1830 député à la diète par le comitat de Tolna, qui le réélut pour son mandataire jusqu’à l’année 1849, il figura constamment dans cette assemblée au premier rang de l’opposition, se distinguant de ses coilègues en ce qu’il s’attachait à traiter plutôt les questions sociales que les questions politiques; c’est pourquoi il y avait la réputation d’un philanthrope par excellence. Sos discours, toujours remarquables par un style fleuri et par une chaleur entraînante, étaient souvent plus pathétiques que parlementaires. 11 insistait surtout sur l’urgence d’améliorer la condition des paysans; et en donnant le premier l'exemple de se soumettre volontairement à l'impôt, alors qu’un projet de loi tendant à soumettre la noblesse au payement de l'impôt avait été repoussé par la diète dans sa session de 1833-1834, il prouva tout ce qu’il y avait de sincère dans ses efforts pour arriver à une plus équitable répartition des charges publiques. Plusieurs centaines de nobles et de magnats, électrisés par cette preuve de patriotisme, s’honorèrent en l’imitant. Il s’efforça aussi de faciliter aux paysans de ses domaines le rachat des corvées, de même que de favoriser autant que possible les entreprises de colonisation. Ses tendances, plus philanthropiques que politiques, l’empêchèrent de jouer un rôle bien saillant dans les événements de 1848 et 1849. Il ne prit part que comme député du comitat de Tolna aux délibérations de la diète, parla toujours pour le parti de la modération et de la conciliation : aussi, après la compression de la révolution hongroise, ne fut-il, de la part du gouvernement, l’objet d’aucune recherche. Il est mort le 6 mars 1856.

Sa femme, Amélie Bézérédj, douée de toutes les qualités du cœur et de l’esprit , née en 1804 , dans le comitat d’Eisenburg, s’est fait avantageusement connaître par la publication de ses Nouvelles et Récits (2 vol., Pesth, 1840 ). Elle mérita surtout de ses compatriotes par la part active qu’elle prit à la fondation de crèches et d’écoles pour l’enfance, de même que par d'excellents ouvrages à l’usage de la jeunesse, Flori Eæhive ( Pesth, 3° édit., 1546) et Fwldesi estvék (2° édit., Pesth, 1848). Elle est morte à l’âge de trente-trois ans, en 1837.

BÉZIERS, très-ancienne ville du bas Languedoc, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement de l'Hérault, à 72 kilom. de Montpellier et à 847 de Paris, avec une station sur le chemin de fer du Midi et un embranchement sur Graissessac; sa population était, en 1866, de 27,722 habitants. Les chaleurs de juillet et d'août y sont heureusement tempérées par la brise de mer qui vient tous les mains rafratchir l'atmosphère. Cette ville est assise du côté de Narbonne sur la crête d’une montagne escarpée d’où se découvre un immense panorama ; vers le midi, à 10 kilomètres, la Méditerranée forme la ceinture d'une riche plaine. parsemée de villages et de maisons de campagne, Au nord, les derniers contre-forts des Cévennes bornent l’horizon à 40 kilomètres de distance ; à l’ouest, ce sont les montagnes qui touchent au département du Tarn. Entre ces deux chaînes s'étend uneautre plaine, couverte d'habitations el de riches cultures. La rivière d'Orbe descend des hauteurs du nord, vient baigner le pied de la ville, y prête un moment ses eaux au canal des deux mers, et va se perdre dans la Méditerranée à deux kilomètres du village de Sérignan. Le canal y descend par neuf écluses de la colline de Foncerannes, qui est en face de Béziers, et, après avoir franchi la rivière, se prolonge vers les ports d'Agde et de Cette. Un pont fort tortueux avait été jeté dans le moyen âge sur la rivière; un autre, plus digne de notre temps, l’a remplacé; là viennent aboutir la route de Sérignan et de la mer, celle de Narbonne et d’Espagne, celle de Carcassonne et celle de Castres. Au delà de la rivière est la route d’Agde, qui arrive au faubourg Saint- Pierre, comme les routes de Bédarieux et de Montpellier, Mais de ce côté, vers le levant, la ville n’est aperçue qu’au moment où l’on y entre; et ce n’est point cette situation qui a donné lieu au proverbe latin dont elle se glorifie. C’est la perspective qu’elle offre du côté de l’Orbe et le beau climat dont elle jouit qui ont fait dire à quelques voyageurs du vieux temps : Si vellet Deus in terris habitare, Biterris. Les bourreaux des Albigeoiïs ont ajouté ces trois mots injurieux : w£ iterum crucifigeretur.

Le nom de Biterræ lui vient des Romains, et n’est qu’une corruption du nom primitif de la contrée, qui était celle de Bliterres ou Bæterres. Cette peupiade appartenait à la nation des Volces, et comme on la donne tantôt aux Tectosages et tantôt aux Arécomices, il est probable qu’elle était sur la frontière qui séparait ces deux divisions du peuple volce. Conquise par les Romains, elle fit partie de la Gaule narbonnaiïse, et devint la station des vétérans de la septième légion , qui lui imposèrent le nom de colonie des Septimaniens. Cinq cents ans plus tard, en 406, Béziers fut comprise dans le territoire concédé aux Visigoths par Honorius ; tomba trois siècles après au pouvoir des Sarrazins, qui la pillèrent ; futreconquise sur eux par Charles-Martel, qui la démantela en 737, au lieu de la fortifier. Rebâtle par les rois d’Espagne, elle fut reprise par Pépin en 752, gratifiée d'un vicomte particulier par Charlemagne, ruinée au treizième siècle par les sanguinaires compagnons du légat d’Innocent III, de Simon de Montfort et de saint Dominique, adjugée enfin à saint Louis et à la France par un traité signé en 1258, par la maison d’Aragon. Le premier évêque de Béziers fut saint Aphrodise, contemporain de saint Denis, et décapité comme lui pendant la même persécution. Ses successeurs partagèrent plus tard avec le vicomte le droit de justice, portèrent le titre de comtes, et laissèrent de grands biens que la Convention vendit pour du papier, comme tant d’autres.

Les Romains avaient élevé deux temples dans Béziers, l'un à l’empereur Auguste, l’autre à Julie, sa fille. C’étaient des dieux fort étranges. Il ne reste rien de ces édifices. La ville ne possède que des vestiges fort douteux d'un cirque, qui formerait aujourd’hui le jardin d’un étahlissement de bains. Les monuments du christianisme y étaient très-considérables : c'était la cathédrale de Saint-Nazaire,

Jes églises paroïssiales de Saint-Aphrodise, deSaint-Jacques, de la Madeleine et de Saint-Félix. La nef de celle-ci sert aujourd’hui de halle. Les quatre autres existent. De ses couvents, il ne reste que la moitié de l’église des Récollets. L'hospice des Enfants-Trouvés existe encore, ainsi que la maison des Sœurs de la Charité. Rien n’a été changé à l’église ni au collége fondés par les jésuites en 1599. Cet établissement sert aujourd’hui à un des meilleurs colléges communaux de France, Les monuments modernes sont la statue de Paul Riquet, ouvrage du statuaire David d'Angers, et une salle de spectacle.

Béziers possédait autrefois une académie des sciences et lettres, fondée en 1723. Elle a aujourd’hui une société archéologique, qui s'occupe de recueillir les débris de ses antiquités et de son histoire. Cette ville est depuis longtemps célèbre par son commerce. Elle était déjà au dixième siècle un entrepôt des produits asiatiques, italiens et mauresques, Plus tard, les soies, les cuirs, le vert-de-gris, exercèrent son industrie. Aujourd’hui toutes les spécclations se tournent vers les esprits et la culture de la vigne, qui en fournit avec abondance. Un fort marché s’y tient tous les vendredis : c’est une espèce de bourse hebdomadaire pour toute la contrée; et, malgré une distance de plus de deux cents kilomètres, grâce aux bateaux à vapeur, Marseille y approvisionne ses abatloirs et ses boucheries. L'évêché de Béziers était suffragant de l’archevêché de Narbonne, La ville avait en outre une sénéchaussée et un présidial dépendant de la généralité de Montpellier; elle a aujourd’hui une sous-préfecture, un tribunal de première instance, un tribunal de commerce, une bibliothèque, quatre typographies, etc. Après le coup d’État du 2 décembre 1851, des troubles graves éclatèrent dans cette ville.

BEZOARD. Les Arabes ont désigné sous ce nom des concrétions calculeuses formées dans l'estomac ou les intestins de divers animaux, et auxquelles ils attribuaient la vertu de prévenir ou de guérir une foule de maladies, de préserver des contagions et de neutraliser les poisons. Ces propriétés merveilleuses , et généralement reconnues sur la foi des médecins arabes, faisaient des bezoards des objets très-précieux, que les grands recherchaïient avec ardeur et payaient au poids de l’or. A l’époque de la découverte de l'Amérique, on apporta de ce continent de nouveaux bezoards, dont les voyageurs vantèrent les vertus, mais qui cependant n’atteignirent jamais la réputation des bezoards arabes, nommés dès lors bezoards orientaux, par cpposition à ceux d’Amérique, que l’on réunit avec d’autres, trouvés en Europe, sous la dénomination commune de bezoards occidentaux.

Les bezoards orientaux présentent une surface lisse et brillante, une couleur brune ou d’un vert foncé; ils ont une saveur un peu âcre et chaude, et dégagerit, quand on les chauffe, une odeur forte et aromatique. Lls sont composés de couches concentriques, et ont ordinairement pour noyau un fruit, une graine ou quelque autre corps étranger. Leur forme est variable ainsi que leur grosseur : on en trouve quelquefois du volume d’un œuf de poule, mais ils sont ordinairement beaucoup plus petits. Ce sont des concrétions résino-bilieuses, solubles dans lalcool et précipitées par l’eau de cette dissolution, qui se fondent à une chaleur douce, mais s'enflamment quand on les chauffe fortement. C’est dans la quatrième des cavilés gastriques de lantilope des Indes qu’on les trouve ie plus ordinairement; toutefois, d’autres ruminants, et même, à ce qu'il parait, toutes les chèvres et antilopes des montagnes de l'Asie et de l'Afrique, fournissaient jadis à l'Europe cette drogue précieuse. La famille des ruminants n’est pas la seule dans laquelle on l'ait prise : le bezoard de porc-epic, par exemple, qui se reconnait à son toucher et à son a»pect gras el savonneux , passait pour un préservatif infaillible contre toute espèce de contagion. Quant à la manière dont on employait les bezoards, nous nous bornerons à dire qu’on les portait en amulettes, qu'on

BÊZIERS — BEZOUT

les appliquait sur les plaies ou les parties malades, et qu’on les prenait à l’intérieur, soit en poudre, soit associés à

dd

d’autres substances. Est-il nécessaire d'ajouter que cette

panacée merveilleuse est complétement tombée en désuétude, du moins chez les nations éclairées de l'Europe, et qu'elle ne fournit plus aujourd’hui qu’un fait assez curieux à l'histoire naturelle des animaux , et un article à l’histoire, malheureusement si longue, des aberrations de l'esprit humain.

Les bezoards occidentaux sont fournis par différents animaux herbivores des hautes montagnes de l’Europe, et surtout des parties élevées de l'Amérique méridionale, tels, par exemple, que le chamoiïs, la vigogne , les cerfs des mon: tagnes de la Nouvelle-Espagne. Ils sont formés, comme les bezoards orientaux, de couches concentriques, et il est bien: diflicile de les distinguer par des caractères précis, ce qui d’ailleurs est tout à fait naturel, puisque leur origine est semblable. Toutefois l’on a rangé également parmi-les bezoards occidentaux des composés salins, blancs ou gris,

formés de carbonate de chaux ou de phosphate ammoniaco=M

magnésien, et qui paraissent venir de la vessie plutôt que du canal intestinal. Quoi qu’il en soit, les bezoards de l’Occident, bien qu’employés dans diverses maladies, et préconisés surtout pour les cas de blessures empoisonnées, n’ont jamais eu ni la réputation ni la valeur des bezoards de l’Orient, et même on ne cherchait souvent à s’en procurer que pour mieux les distinguer des anciens et vrais bezoards. Les uns comme les autres ne figurent plus que pour mémoire dans nos matières médicales. DÉMEZIL.

BEZONS (Jacques BAZIN pe), fils de Claude Bazin, seigneur de Bezons, conseiller d’État, intendant de Languedoc, membre de l’Académie Française, naquit en 1645, et mourut en 1733. 11 n'avait pas encore vingt-trois ans lorsqu'il servit en Portugal, sous le maréchal de Schomberg ; puis il suivit La Feuillade à l'expédition de Candie. En 1671, au passage du Rhin, il était capitaine de cuirassiers; en 1674 il fut blessé à la bataille de Senef, Comme brigadier (général de brigade), il commandait, en 1692, le corps de réserve aux affaires de Steinkerque et de Nerwinde. Après la paix de

Riswick, Louis XIV lui donna le gouvernement de Grave-

lines; il ne le quitta que pour aller combattre d’abord en Allemagne, sous Villeroi, en 1701, et passer ensuite en Italie pour assister à la bataille de Chieri. Nommé lieutenant général, il seconda le duc de Vendôme dans toutes ses expéditions. I1 se trouva avec lui à l'affaire de Luzzara et au siége de Governolo. Tandis que le duc couvrait le Piémont, Bezons fut chargé de coinmander l’arnkée du Pô et de protéger Mantoue. On le retrouve plus tard aux siéges de Verceil, d’Ivrée et de Verrue; en 1708 il commandait la ville et la citadelle de Cambrai; en 1718 il prenait Landau, et dans la suite il activait le siége de Tortose en Espagne, sous le duc d'Orléans. Le bâton de maréchal, la grand’eroix de Saint- Louis, et ensuite le cordon-bleu, furent la récompense de ses services.

Armand Bazin DE BEzons, son frère, docteur de Sorbonne, fut agent siénéral du clergé de France, puis évêque d'Aire, ensuite archevêque de Bordeaux, de Rouen, membre du conseil de la régence, pendant laquelle il ordonna le fameux abbé Dubois, et chargé de la direction des économats après la mort de Louis XIV. II mourut à Gaillon, en 1721, à l’âge de soixante-six ans. Aug. SAVAGNER,

BEZOUT ( Évienne), membre de l'Académie des Sciences au siècle dernier, s'est surtout rendu célèbre par ses Cours de Mathematiques à l'usage de la marine et de l'artillerie, qui parurent pour la première fois en 1764 et en 1770, et dont on ne compte plus maintenant les édilions, Né à Ne= mours, en 1730, d'une famille fort pauvre, la lecture de quelques livres de mathématiques lui révéla sa vocation; l'Academie des Sciences lui ouvrit ses portes en 1758, à la suite de deux mémoires qu'il venait de publier sur le calcul

Page 1