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BHURTE OUR
rtégral. On lui doit aussi une Théorie génér ale des Equations algébriques (Paris, 1779, in-4°), où se trouve la première démonstration qui ait élé donnée de la proposition fondamentale de cette théorie envisagée dans toute sa généralité. 11 mourut à Paris le 27 septembre 1783. Il était depuis 1763 examinateur des gardes du pavillon et de la marine, et depuis 1768 examinateur de l'artillerie. Quoique s’adonnant de préférence à l'étude de la géométrie, il cultivait aussi avec succès les sciences physiques. C’est lui qui le premier fit connaitre les grès cristallisés de Fontainebleau, qui depuis ont été l’objet de savantes recherches.
Bezout fut le type du savant honnête et laborieux : aussi sa vie a-t-elle été paisible, pure et heureuse. Condorcet a relevé, dans l'éloge de ce géomètre, un trait qui honore à la fois son courage et la bonté de son cœur, Deux jeunes aspirants de marine étaient malades de la petite vérole, que Bezout n'avait pas eue. Il était alors dans un âge déjà avancé, et il eût été dangereux pour lui de contracter à cette époque cette cruelle maladie. Mais il n’hésita pas entre cette crainte et celle de retarder d’un an l'avancement de ses jeunes disciples ; il alla les examiner dans leur lit. « On ne dit pas, ajoute M. Barginet, que Bezout ait eu l'habitude de n’agréer que ceux de ses élèves qui avaient étudié les mathématiques dans ses livres; les professeurs de notre époque ont seuls le triste droit de réclamer l'honneur d’un pareil progrès. »
BHAGAVAD-GITÀ (c'est-à-dire, Révélations chantées par la divinité), tel est le titre d’un poëme didactique, philosophico -religieux, intercalé comme épisode dans la grande épopée indienne, le Mahäbhäratta. L’action en est à peu près celle-ci: Le dieu Krischna a accompagné, sous une forme invisible, le héros Ardjouna au combat qui va se livrer. C’est à ce moment que l’épisode commence, Les deux armées ennemies, celle des Kourouides et celle des Pandouïdes, qu’unissent des liens de proche parenté, sont en présence et déjà rangées en bataille. Les trompettes donnent le signal du combat, et le Pandouide Ardjouna monte sur son char de guerre, que conduit la divinité ellemême sous la forme humaine de Krischna. Mais quand Ardjouna aperçoit dans les rangs ennemis ses parents, les amis de sa jeunesse, ses maîtres, il hésite à se précipiter dans la mêlée , tourmenté par le doute de savoir si lorsqu’il s’agit du gain d’un avantage terrestre, comme ici de reconquérir le royaume paternel, il est licite de violer les lois sacrées de tout l’organisme politique. Alors Krischna lui démontre dans une série de dix-huit chants la nécessité de l’action, sans se préoccuper du résultat ; et dans la suite du diaïogue qui s'établit entre le héros et le dieu, le poète développe un système complet de philosophie religieuse des Indiens , où il s’efforce de résoudre avec autant de clarté de style que d'élégance d'exposition les problèmes les plus élevés de l'esprit bumain.
1 a été jusqu’à ce jour impossible de déterminer à quelle époque appartenait ce poëme et par quiil a été composé. On ne saurait toutefois le faire dater de l’époque des premiers essais de l'esprit philosophique des Indiens. La nature en est plutôt éclectique, et suppose une longue culture de l'esprit obtenue par la fréquentation de nombreuses écoles philosophiques. 1l est vraisemblable dès lors que le Bhagavad-Gitä est contemporain du premier siècle de l’ère chrétienne. Cet ouvrage jouit dans toute l'Inde d’une immense réputalion ; aussi a-t-il été souvent commenté (le meilleur commentaire est celui de Sridhara Svämin; il a paru à Calcutta en 1832 ) et traduit dans les divers dialectes de l'Inde. Cinq imitations en vers en ont été publiées en 1842 à Bombay. Il en a paru une traduction en langue télégu à Madras (1840), et en langue canaresi à Bangalore (1846), etc., etc. On doit à Guillaume de Schlegel la meilleure édition critique du texte sanscrit avec traduction latine (2° édition, Bonn, 1846). Citons encore, en fait de traductions, celle
DICT. DE LA CONVERS. — T. Il:
qu'en a donnée, en langue anglaise, Wilkins ( Londres, 1785), qui le premier fit connaître ce poëme à l’Europe ; la traduction allemande de Peiper ( Leipzig, 1834), et la traduction grecque de Galanos (Athènes, 1848). Guillaume de Humboldt a exposé de la manière la plus ingénieuse le contenu de ce poëme, dans sa dissertation Sur l'épisode du Mahübhdratta connu sous le nom de Bhagavad-Gild (Berlin, 1827).
BHARTRIHARIE, célèbre poëte indien, auteur d’un grand nombre de sentences en vers. On n’a aucun détail précis sur les circonstances de sa vie. La tradition en fait un frère du roi Pikramäditya, qui vivait au premier siècle avant J.-C., et rapporte qu’il passa sa jeunesse dans des excès de tout genre pour finir comme ermite les dernières années dans les pratiques de la vie ascétique. Son nom figure en tôte d'une collection de trois cents sentences , soit qu’il l'ait réellement composée, soit, ce qui est plus probable , que nous ne possédions là qu’une anthologie attribuée, suivant l'usage indien, à un personnage célèbre dans les fables et les traditions populaires. Dans ces sentences , de gracieux tableaux de la nature et de séduisantes images d'amour alternent avec de sages observations sur toutes les circonstances de la vie et avec des pensées pleines de profondeur sur Dieu et sur l’immortalité de l’âme.
M. de Boblen a donné (Berlin, 1833) de ces sentences, dont la forme est remarquablement belle, une édition critique, à laquelle se rattachent les variæ lectiones du même commentateur (Berlin, 1850).
BHATGONG, ville du Népaul, située à S milles sudest de Katmandou, est la résidence favorite des brahmanes du pays. On y voit un palais de grandiose apparence et quelques monuments. Sa population, qui était jadis de 60,000 âmes, est tombée à t:,000.
BUHAVANI-ROUDAR, ville de l'Inde anglaise, présidence de Madras, est célèbre à cause des beaux temples consacrés à Vichnou et à Siva.
BHANWVALPOUR ou BA WLPOUR, ancienne principauté, située à l’ouest de l'Inde, dans le Sind, et bornée pas le territoire des Sikhs et les déserts de Bhatnir, Bikanaïr et Djessalmair, ne contient sur une superficie d'environ 55,000 kilomètres carrés qu’une population d’à peine 700,000 âmes, à cause de l’infécondité de son sol, La Ghara, le Pandjnoud
eet l'Indus baignent ses limites au nord-ouest, et ce n’est guère qu’au voisinage de ces cours d’eau que le sol est susceptible de culture. L’islanisme est la religion dominante. Les khans de Bhawalpour ont successivement reconnu la souverainelé des Afghans, celle des Sikhs, et depuis 1837 celle des Anglais, qui en 1847 ont placé cette contrée directement sous leur dépendance.
Bhawlpour, chef-lieu de la contrée, compte une population de 20,000 âmes. Bâtie sur un bras de la Ghara, elle est renommée pour ses manufactures, et fait un important commerce, favorisé par sa situation.
Il ne faut pas confondre cette province avec celle de Baaaoucrour, située dans le Bengale, au-dessous du Népaul, et qui contient plus de 2 millions d’âmes. Son chef-lieu, qui porte le même nom, est baigné par le Gange ; on y a fondé en 1852 un collége anglais, où 150 jeunes gens indigènes reçoivent l'éducation moderne.
BHOPAL, territoire de l'Inde anglaise, entre le Gange etla Nerbudda, d’une superficie de 17,511 kilom. carrés e avec plus de 750,000 âmes. Sa capitale, Bhopai, entourée de murailles en ruines et dominée par une citadelle, est située sur la Nerbudda, dont les eaux ont formé dans le voisinage deux immenses réservoirs. C’est là que réside le nabab mahométan tributaire des Anglais.
BHURTPOUR, capitale d’un État tributaire de l'Inde, qui contient 600,000 habitants, se trouve à 50 kilom, nord-
est d’Agra ; il y a, dit-on, 100,000 âmes. Grâce à ses remparts de terre et aux marais qui l'entourent, elle put re-
pousser avec succès en 1805 une première attaque des Anglais; maïs en 1825 elle tomba en leur pouvoir.
BIAIS, ce qui n’est pas taillé, coupé à angle droit. On entend par là en architecture les obliquités qui se rencontrent dans la construction d’un bâtiment, dans un mur de face ou mitoyen, et qu’on ne peut éviter, à cause des coudes que forment souvent les rues d’une ville ou d’un grand chemin, ou le terrain d’une maison voisine. On distingue plusieurs sortes de biais. Le biais gras est celui qui résulte d’un angle obtus; le biais maigre, celui que produit un angle aigu. Le biais par téle est la déviation d’un plan qui provient de ce que le mur de l'entrée d’une voûte droite ou rampante n'est pas d'équerre avec ceux qui portent cette voûte; le biais passé est la fermeture d’un arc ou d'une voûte sur les pieds-droits de travers par leur plan. Selon l’explication qu’a laissée Frézier, on donne ce dernier nom, dans une voûte, à un berceau biaisé par devant et par derrière, dont les joints du lit ne sont pas parallèles aux côtés du passage, cornme dans les voûtes crdinaires biaises, mais dont la direction tend à des divisions des voussoirs inégaux , en situation inverse du devant au derrière, c’est-à-dire de J’entrée à la sortie, de telle façon que les joints de lit à la droite ne doivent pas être droits. On désigne aussi sous le nom de biais passé certaines sujétions qui, dans les bâtiments , obligent à faire des portes ou des fenêtres de biais, qualification qui leur vient du trait géométrique qui se produit ou par équarrissement ou par panneaux ; on appelle corne de bœuf ou corne de vache les ouvertures ou les passages construits de cette sorte, et qui sont seulement de biais d’un côté. Les expressions de biais par téte, biais par dérobement , biais par équarrissement s’emploient également dans la coupe des pierres.
En termes de manége, on dit aller en biais, faire aller un cheval en biais, c’est-à-dire les épaules avant la croupe, ou les parties de devant toujours avant celles de derrière, Pour cela, il faut aider à toutes mains le cheval de la rêne de dehors, et le soutenir, c’est-à-dire le tenir ferme, sans lui donner aucun temps, en l’aidant aussi de la jambe de dehors, de façon que la rêne et la jambe soient du même côté, et toujours en dehors.
Biais se dit par extension en morale, ou dans le sens figuré, avec la même acception que dans le sens propre et direct, des diverses faces sous lesquelles on peut envisager une chose, des divers moyens, des &ivers expédients dont on peut se servir pour y réussir, des diverses manières enfin de tourner , de regarder une affaire, une entreprise. Mais c’est surtout en politique que ce mot reçoit son acception la plus fréquente et la plus étendue. L'adresse et la ruse font plus en politique que la force et la violence; là l’habileté consiste souvent à savoir tourner les difficultés, à les aborder de biais et non en face, car il n’est pas donné à tout le monde de trancher lenœud gordien ; maïs en politique comme en architecture on ne doit jamais user d’un pareil moyen sans nécessilé absolue, ni recourir à la ruse quand on peut employer la franchise, ni aller en biaisant quand on peut marcher droit, ni tourner la difficulté quand il est aussi sûr et plus honorable de l’aborder de face.
BIALOWICZ (Forêt de). Cette forêt primitive est située en Lithuanie, dans le gouvernement de Grodno, entre le Boug et la ville d’'Isla. Sa plus grande longueur est de 31 myriamètres et demi, sa plus grande largeur de 27 myriamètres, et son circuit de 112 myriamètres. Arrosé par trois rivières, la Narwa , la Narewca et la Bialowiczonka, le sol en est généralement marécageux, et elle tire son nom d’un village appelé Bialowicza. On y trouve des sangliers, des loups, des ours et des élans, L’aurochs (voyez Boeur), que l'on voyait autrefois dans toutes les grandes forêts de l’Europe, ne se rencontre plus aujourd'hui que dans la forêt de Bialowicz et dans les marais boisés du Caucase. La chasse à l'aurochs faisait un des plus magnifiques divertissements
BIAIN — BIANCHINI
des rois de Pologne. Une pyramide élevée au milieu de la forêt de Bialowiez, et portant le millésime 1752, a pour but de consacrer le souvenir d’une grande chasse exécutée cette année-là par le roi Auguste IS, et dans laquelle furent tués quarante-deux aurochs. Depuis, la crainte de voir l’espèce complétement s’éteindre (on estime qu’il n’en reste pas au plus cinq cents individus dans toute l'étendue de la forêt de Bialowicz) en a fait interdire la chasse sous Jes peines les plus sévères, même sous celle de mort. On conçoit dès lors que les exceptions admises à cette règle générale soient regardées comme de véritables événements, et que le souvenir s’en perpétue à l’instar des faits historiques. C’est ainsi que l’on cite une chasse à l’aurochs faite par l'empereur Alexandre en 1822; on y tua plusieurs de ces nobles animaux, dont les peaux furent envoyées à différents musées d'histoire naturelle de Russie et d'Allemagne, pour enrichir leurs collections zoologiques. On cite encore une grande chasse exécutée en 1836, par ordre du prince Dolgoroucki, gouverneur général de Lithuanie, et dans laquelle on abattit un aurochs en grande solennité.
Pendant la lutte que les Polonais soutinrent pour la défense de leur indépendance nationale, les patriotes de Grodno, après s'être soustraits à la surveillance des autorités russes, se réunirent dans la forêt de Bialowicz et y levèrent l’étendard de l’insurrection dans les premiers jours d'avril 1831. Grâce à la position qu’ils y avaient prise, ils causèrent beaucoup de mal aux Russes, et ne contribuèrent pas peu à les empêcher pendant quelque temps de franchir le Boug.
BIALYSTOCRK, cercle du gouvernement russe de Grodno, dont il forme l'extrémité occidentale et confinant à la Pologne, qui forma jusqu’à la fin de l’année 1842 une province particulière de 158 myriamètres carrés, avec une population de 183,500 habitants, dans l’arfcienne Podlaquie. C'était autrefois une voïvodie, et elle faisait alors partie intégrante de la Pologne. Lors du dernier partage, elle fut donnée à la Prusse; mais la paix conclue à Tilsitt en 1807 l’adjugea à la Russie.
Le sol en est plat et léger, mais fertile, arrosé dans sa plus grande partie par le Boug, qui y est navigable, et généralement sain, malgré ses nombreux marais, qui sur les bords du Bolz, par exemple, ont quelquefois jusqu’à dix myriamnètres détendue. Les forêts, où les loups et les renards sont très-nombreux, fournissent d'excellents bois de construction. Le sapin y est l'essence la plus commune. Les habitants du cercle de Bialystock sont pour la grande majorité d’origine polonaise et catholique , sous Pautorité spirituelle de l’évêque de Luck ; ceux qui professent la religion grecque ressortissent à l'évèché de Polotsk. On y trouve en outre des Lettons, des Russes, et des juifs, dont le nombre s'élève au neuvième de la population totale. L'agriculture, l'élève du bétail, celle des porcs surtout, l'exportation des céréales, du houblon, de la graine de lin, du bois de construction, des draps, constituent les principales ressources de cette contrée,
BIALYSTOCK , ville bien bâtie, sur la Bialy, et centre d’un commerce important , est le chef-lieu du cercle, avec une population de 10,500 habitants. On y voit un beau chàteau, appartenant au comte Branicki, et entouré d’un pare de toute beauté, ce qui l'a fait surnommer le Versailles de la Podlaquie, On y trouve aussi un gymnase, un hôpital, une école de sages-femmes , deux églises, un couvent de religieuses et deux chapelles.
BIANCHINI (Francesco), célèbre parses travaux astronomiques et archéologiques, naquit en 1662, à Vérone, où il fut élevé au collége des jésuites. Destiné à la carrière ecclésiastique, il alla, en 1680, étudier à Padoue la théologie, les mathématiques, la physique et surtout la botanique, puis le droit à Rome, en 1684. 11 s'y lia avec les savants les plus célèbres, et s'y livra en mème temps à l'étude appro=