BIANCHINI — BIARRITZ
fondie des langues et des littératures grecque, hébraïque et française. Les antiquités romaines devinrent aussi l'objet particulier de ses recherches, et il en exécuta lui-même des dessins avec antant de goût que d'habileté. Alexandre VISI lui accorda une riche prébende, et Clément XI le nomma secrétaire de la commission instituée pour rectifier le calendrier. Chargé de tracer une ligne méridienne et d'établir un cadran solaire dans l’église de Sainte-Marie des Anges, il s’acquitta avec un rare bonheur de ce travail difficile, Dans un voyage qu'il fit en France, en Hollande et en Angleterre, il conçut le plan de tracer en Italie d’une mer à l’autre une méridienne, à l'instar de celle qu'avait tracée Cassini en France, il consacra huit années à ce travail, qu'il exécuta à ses propres frais, mais qui resta inachevé. Indépendamment des nombreuses dissertations astronomiques et archéologiques qu’on a de lui, nous citerons son histoire universelle Sloria universale provata co’ monumenti e figurala co’ simboli degli antichi (Rome, 1694), et sa grande édition de l'ouvrage d’Anastasius, de Vitis romanorum Ponlifi- Cum, qu'acheva son neveu Giuseppe Bianchini (Rome, 1718-1724, 4 vol.). Il mourut en 1729 ; un monument lui a élé érigé dans la cathédrale de Vérone.
BIANCOLELLE. Voyez DOMINIQUE.
BIARD (François-AucusTe). Lyon nous à donné des poëles, des historiens, des philosophes, des mécaniciens des peintres. Parmi ceux-ci, et en première ligne, citons Biard, créateur d'un genre qu'on avait rêvé peut-être, mais que nul encore n'avait eu le courage d'exploiter. Ce n'est point la caricature, comme l'ont faite les Charlet, les Bellangé, les Teniers, les Callot, les Decamps. C’est une pensée toujours rieuse, caustique; c'est le coup de lanière sur un ridicule, un sarcasme sur un travers. Biard est un peintre de mœurs. Ce qu'on doit le plus admirer dans ses tableaux, c’est l'esprit, la vérité, le pittoresque des détails, la physionomie de ses personnages. Mais quand le peintre se fut rassasié des scènes amusantes qu'il traduisait à sa barre impitoyable, il alla chercher au loin de nouvelles études, de nouveaux spectacles. Il part vers le pôle, il est en face d’un monde inconnu de la foule; il nous le rapportera tel qu'il le voit, avec ses glaces éternelles, avec ses aurores si merveil-
"leuses, avec ses avalanches, avec ses ours dévorateurs et ses Scènes de deuil. Sa femme l'avait courageusement suivi dans ce voyage. JACQUES ARAGO.
Né en 1800 à Lyon, Biard était destiné par ses parents à l’état ecclésiastique; un penchant irrésistible le porta vers la peinture, et il fit ses premières études chez Revoil, qui dirigeait alors l’école lyonnaise. Il se mit ensuite à voyager, et parcourut l'Italie, les fles de la Grèce et le Levant. A son retour il exposa au salon de 1828 son premier tableau de genre, les Enfants perdus dans la foret, que là gravure rendit bientôt populaire. Depuis il entreprit d’autres voyages dans les différentes contrées de l'Europe, fit partie comme dessinateur de l'expédition de l’Uranie au Spitzberg, et passa en 1859 au Brésil, où il resta deux ans. Outre plusieurs médailles cet artiste a reçu en 1838 la croix d'honneur. La nomenclature de ses tableaux nous mènerait trop loin; ceux que lui a inspirés son voyage au pôle nord ont été l’obiet de critiques méritées pour la monotonie de la composition et l’exagération des effets ; nous ne dirons rien de ses toiles historiques, ni de ses portraits. C’est dans le genre familier que Biard s’est acquis une légitime réputation, et qu’il a créé une foule de petits chefs-d’œuvre pleins d’esprit, de mouvement et d'expression ; nous rappellerons les suivants : #ne Famille de mendiants et la Diseuse de bonne aventure, au musée de Lyon; Les Comédiens ambulants, au Luxembourg; Le Baptéme sous les tropiques, le Bon gendarme, les Honneurs partagés, la Sortie d’un bal masqué, la Traverséedu Havre à Honfleur, le Mal de mer, le Conseil de révision, un Plaidoyer en province. M. Biard a publié la relation de son Voyage au Brésil (1862, gr. in.8°, fig.).
BIARMIE, nom d'un royaume finnois, au nord ou nord-est de la Russie, dont il est souvent question dans les traditions scandinaves, L'ancienne Biarmie, semble s'être étendue; le long de la Dwina, sur une grande partie des gouvernements d'Archangel et de Vologda, et avoir été baignée par la mer Blanche,
BIARRITZ, village du département des Basses-Pyrénées, situé sur le golfe de Biscaye, à 7 kilom. de Bayonne, avec une population de 3,852 âmes en 1866. Habitée dès le le douzième siècle par des pêcheurs qui y entretenaient pour la baleine une flottille considérable, cette localité relevait de l'évêque de Bayonne. L'émigration des baleines vers le pôle arctique ruina les habitants ; et le sable finit par boucher le port. Bien qu’il n’eût pas cessé de servir de bains de mer aux populations basques des environs, le village s’appauvrit et tomba dans l'oubli. Il a fallu un caprice de souveraig pour l'en tirer et de ruineuses dépenses pour le mettre à Ia mode.
L'impératrice Eugénie , qui avait souvent visité ces bains avec sa mère, souhaita d'y passer une partie de l'été, et Napoléon III y fit élever en 1854 une résidence. Elle reçut le nom de pilla Eugénie, et fut bâtie au-dessus de la côte du Moulin, sur deux rochers qui, à une distance de 30 mètres seulement de la mer, sont atteints par la marée haute, L'édifice, en pierres de taille, se compose d’une façade principale et de deux ailes, et affecte la simplicité autant à l'extérieur que dans la distribution des êtres. Bien que d’une construction toute récente, il a fallu plusieurs fois y faire des réparations. Tel qu'il est, sans grilles ni jardins, il a plutôt l'air d’une caserne que d’un château de plaisance.
Le bourg n’a rien d’intéressant en lui-même ; il se compose d’une rue longue et irrégulière, coupée de courtes ruelles, de maisons et d'hôtels épars dans un assez grand désordre ; on n'y trouve d'autre monument que l’ancienne église qui date de la domination anglaise. La plage décrit un arc de cercle depuis le cap Saint-Martin, qui porte le phare, jusqu'à l'extrémité de la côte des Basques. Au nord c’est la cote du Chdteau, falaise rocheuse qui s'étend au-dessous de la villa ; puis la cote du Moulin, découverte et entourée de pentes gazonnées , mais où la lame est forte, et au bout de laquelle s’abrite contre un rocher un établissement de bains chauds d'eau de mer et d'eau douce, bâti dans le style maures. que. « Quand la merest basse, dit M. Joanne, on peut passer au pied des rochers que surmonte un petit kiosque pour gagner l’anse étroite dela Chinaougue ( parc aux huttres). Sur les rochers de la Chinaougue s’élève le casino. Des sentiers pitforesques montent au sommet de l’Afalaye (tour du guet), promontoire couronné des ruines d’un château. La base est percée d’un tunnel qui permet de se rendre sans fatigue du casino au Port-Vieux. A l’ouest on a prolongé au moyen de blocs artificiels le promontoire de l'Atalaye et on l’a réuni à quelques tlots rocheux, afin d’enfermer un espace d'environ 3 hectares, qui servira de port de refuge aux yachts de plaisance et aux embarcations surprises par le mauvais temps. Ces travaux sont la principale curiosité de Biarri{z. » Le Port- Vieux est une anse étroite, surplombée de rochers à pic, et à laquelle ou descend du côté du bourg par un escalier monumental : c’est là que se trouve le principal établissement de bains, avec cent cabines. Au delà et vers le sud s'étend la céle des Basques, où la mer est dans un état d'agitation continue; on y a formé un troisième établissement pour les baigneurs expérimentés. Le deuxième dimanche de septembre, les Basques, suivant une coutume ancienne, viennent s’y baigner par milliers au son du fifre et du tambourin. Parmi les curiosités des environs on cite la Chambre d'amour, grotte à demi fermée par les sables, et où, suivant une légende du’ pays, deux amants, surpris par la marée montante, auraient ensemble trouvé la mort.
Parmiles 5 ou 6,000 étrangers qui venaient sous le second empire passer l'été à Biarritz se trouvent en majorité des An-
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glais. Napoléon III, aprèsayoir pris les eaux de Vichy, allait passer tous les ans le mois de septembre à Biarritz en compagnie de sa femme et son fils; il y reçut la visite des souverairs d’Espasune, de Portugal et de Belgique, et celle de beaucoup de personnages importants, entre autres MM. de Cavour en 1858, et de Bismark en 1866. Biarritz a beaucoup perdu à la chute du gouvernement impérial, et il n’est plus fréquenté que par les louristes où par les familles du midi, de la France.
BIAS, l’un des sept sages de la Grèce, naquit à Priène, ville d’Ionie, vers l’an 570 avant J.-C. 11 s’attacha principalement à l'étude de la morale et de la politique, et, philosophe pratique avant tout, il resta étranger aux spéculations hasardeuses qui caractérisent la métaphysique de l'école ionienne, disant que nos connaissances sur la Divinité se bornent à savoir qu’elle existe, et qu’on doit s’abstenir de raisonner sur son essence. Aussi éloquent que désintéressé, il consacra ses connaissances en législation à plaider devant les tribunaux, mais sans exiger de rétribution, et seulement pour les causes qu’il croyait justes. Aussi disait-on, pour désigner une cause excellente : C’es{ une cause dont se chargerait Bias. Lors de la conquête de llonie par les généraux de Cyrus, les Priéniens, voyant leur ville assiégée, la quittèrent en emportant ce qu'ils avaient de plus précieux; et comme on demandait à Bias pourquoi il ne faisait pas comme les autres : « C’est, dit-il, parce que je porte tout mon bien avec moi. » Il resta dans sa patrie dans un âge très-avancé, avec la réputation d’orateur habile, de bon politique et d’excellent citoyen. Les Priéniens lui élevèrent un magnifique tombeau, et lui consacrèrent une enceinte, qu’on nommait le Teutamium (il était fils de Teutamus). Il composa un poeme de deux mille vers, où il enseignait les moyens de rendre un État heureux et florissant. On nous a conservé de lui un grand nombre de maximes, qui attestent la finesse de son esprit, l’austérité de sa morale, et les sentiments d’une piété sage et élevée. C.-M. PAFFE.
BIBACIER. On désigne sous ce nom vulgaire le bel arbrisseau que Thunberg a rapporté en 1784, et qu’on appelle encore néflier du Japon (mespilus japonica). Le bibacier s’est acclimaté dans notre pays, et a soutenu en pleine terre et dans toutes les localités un froid de treize degrés centigrades. Cet arbrisseau plaît par ses fruits jaunâtres acidulés et agréables au goût, par ses fleurs, qui sont très-odorantes, et par ses feuilles, qui sont larges et persistantes, On le cultive aussi dans l'Inde et à l’île de France.
BIBAN-EL-MOLOUR, vallée de la rive gauche du Nil, près de l’ancienne Thèbes, et où l’on a découvert les fombeanx des premiers rois d'Égypte.
BIBANS. Au sud des montagnes de Bougie, dans la province de Constantine, règne une plaine assez étendue, que sépare du Sahara une suite non interrompue de mamelons liés aux montagnes de Bougie et de Flissa par une chaîne transversale dont le mont Jurjura est le nœud. C’est là que se trouve le fameux défilé des Bibans, appelé par plusieurs voyageurs es Portes de Fer. C'est une gorge étroite, formidable et sombre, d’un accès fort difficile et bordée de rochers à pic très-élevés. Le chatnon de l'Atlas qu’elle traverse est formé par un grand soulèvement qui a relevé verticalement des couches de roches horizontales à l’origine. L'action des siècles a successivement enlevé les portions de terrain qui réunissaient autrefois les bancs de roche, de telle sorte qu’elles offrent aujourd'hui l'aspect d’un mur presque droit, sans aspérités, impossible à franchir, ct qui se prolonge au loin, se rattachant çà et là à des sommets tout à fait inabordables. Un ruisseau salé, l'Oued- Biban, qui s’est ouvert une route à travers un lit de calcaire dont les faces verticales s'élèvent à plus de 33 mètres de bauteur, et atteignent, par des escarpements successifs, aux crêtes anguleuses et bizarrement découpées qui couron-
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nent les montagnes, coule en grondant au miïieu de cetfg chaîne, et y fait tant de circuits qu’on est obligé de le tra. verser au moins quarante fois pendant les quelques heures qu’on met à passer le défilé. Le sentier, rude et caillouteux ici, sablonneux et effondré plus loin, se dresse tantôl em montée à pic et tantôt fuit sous le pied par des pertes d’une roideur extrême, qui rendent la marche des hommes et des chevaux excessivement pénible. Bientôt on descend versun fond , entouré d’une pittoresque couronne de rochers énormes, surplombants et comme pendants dans le vide : ce site est le plus sauvage qu’on puisse voir. C’est là qu’on rencontre une première ouverture pratiquée perpendiculairement dans ces masses de granit, sur une largeur de trois mètres environ. A partir de cette première porte, le sentier se rétrécit insensiblement pendant une centaine de pas, jusqu’à une seconde ouverture, maïs si étroite, qu’un mulet chargé n’y passe qu'avec une grande difficulté. Ce chemin caverneux tourne alors un peu vers la droite , et par des sinuosités sans nombre, sous deux nouvelles voûtes de rochers, gris à leur base et rosés au sommet, vous permet enfin de continuer sans interruption , sans trop d'obstacles, le parcours de la gorge, qui s’élargit peu à peu dans une étendue de cinq cents pas à peu près. Un petit vallon, resserré par de hautes montagnes, sert d'écoulement aux eaux de l’Oued-Biban dans la saison des pluies, où, devenu torrent, ceruisseau, arrêté dans son cours par les rétrécissements de ce passage, élève quelquefois le niveau de ses eaux jusqu’à dix mètres au-dessus du sol, puis s'échappe enfin avec violence par la seule issue que lui ait ménagée la nature en creusant cette vallée à l’extrémité même de la pente des Bibans.
Une fois hors de ce passage, où le soleil pénètre rarement, où le vent s’engouffre avec sa voix grondeuse et ses cris lamentables, où quelques palmiers naïns, étiolés, étendent leurs maigres rameaux souvent brisés par l’aile puissante d’un vautour, on retrouve comme par enchantement le ciel chaud et rayonnant de PAfrique, la verdure vigoureuse des vallées, et ces points de vue admirables qui reposent si heureusement le regard, encore fatigué de la désolation des Bibans. Trop heureux si des maraudeurs embusqués dans ces positions formidables ne vous fusillent pas à bout portant, car il serait impossible, en cas d’attaque , d’opposer la moindre résistance dans ces lieux. Avant notre conquête, les caravanes, quelque nombreuses et bien armées qu’elles fussent, ne manquaient jamais d’être surprises, à leur passage aux Bibans, par les Berbères. Il fallait composer avec eux sous peine de mort. Le bey de Constantine lui-même, qui n’allait à Alger qu'avec une armée , était obligé de leur payer une somme pour passer le défilé ; sans cela ils l’auraient attaqué et volé comme après la conquête d'Alger, lorsqu'il se retira avec un trésor considérable pris dans la maison de l’aga,
Telle était donc la route d'Alger à Constantine du temps des Tures. La mine et la pioche y avaient laissé leurs marques; elles indiquaient que des travaux immenses avaient dû être exécutés avant d'obtenir seulement pour résultat un sentier à peine franchissable aux bêtes de somme en de certains endroits. Évidemment, elle n'existait pas avant l'établissement de la puissance algérienne ; car aucune trace des soldats romains ne se fait remarquer aux environs, et l'étude du système de routes qui liaient ensemble les différents points de la Mauritanie semble prouver que la communication entre Sitifis Colonia (Sétif) et Auzia (Aumale) se faisait, soit par Saldæ (Bougie) et la station de Tubusuptus (Bordj-el-Bouberak ), soit par la route, plus longue encore, qui tourne par le désert les montagnes d'Ouennouagh.
Depuis quelque temps on avait compris la nécessité de reconnaître cette partie de la province de Constantine qui s'étend depuis la ville jusqu'aux Portes de Fer, et de là jusqu’à l'Oued-Kaddara, en passant par le fort de Hamza, où le dey
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Omar avait fait ouvrir une route royale (so/{ania), qui conduit aux Bibans en passant par le sud et assez près du fort. La présence du duc d'Orléans, débarqué pour la seconde fois en Afrique, hâta le moment de cette importante opération. Le 25 octobre 1839, une colonne expéditionnaire, commandée par le maréchal Valée et composée de deux divisions, sous les ordres, la première, du prince royal, la seconde, du géaéral Galbois, partit du Sétif et vint s'établir sur ’oued Bouselah. De là le corps expéditionnaire se porta rapidement vers Sidi-Embarek; et après avoir traversé le territoire des Ben- Bou-Kethon et des Beni-Abbas, les deux divisions se separèrent. Le général Galbois rentrait dans la Medjanah; le gouverneur général et le duc d’Orléans, avec la première division, marcheient sur Alger. On s’engagea dans le terrible défilé des Bibans , gardé seulement par quelques compagnies d'élite à ses deux extrémités. Les chéiks arabes gardiens des Portes de Fer, qui devaient nous guider dans cette marche, ayant reconnu l'autorité de El-Mokrani, notre kalifat, reçurent du prince leurs burnous d’investiture, puis se placèrent à notre tête, et la colonne s’ébranla aux mâles accents du clairon. Il s'agissait de se porter sur Alger par les vallées de l’Oued-Beni-Mansour et de son affluent l'Oued-Hamza. Le passage, commencé le 28 à midi, ne fut terminé qu’à quatre heures du soir. Ce ne fut qu’un longue promenade, sans dangers sérieux, et qui n’eût pas eu autant de retentissement si le prince royal en personne ne l'avait dirigée ; mais il y avait quelque chose de grand et de glorieux dans cette marche triomphale de nos drapeaux à travers ces gorges redoutables, que les Turcs eux-mêmes n'avaient jamais franchies sans payer tribut, et où n’étaient point parvenues les invincibles légions romaines. Nos soldats, grimpant comme des chamois sur les flancs de cette immense muraille, y tracèrent avec la pointe de leurs baïonnettes cette simple inscription, qu'on lit aussi sur les plus hautes pyramides d'Égypte : Armée française ! Quelques coups de fusil de maraudeurs les interrompirent à peine dans leur orgueilleuse opération. On quitta le défilé en chantant la Marseillaise, et la colonne se dirigea vers le territoire des Beni-Mansour. Le 30 ellese porta sur Hamza. Au moment o1 l'avant-garde débouchaïit dans la vallée de Hamza, on aperçut les troupes d'Ahmed-ben-Salem, établies sur une crête parallèle à celle qui suivait la division. La cavalerie fut immédiatement lancée dans la vallée; mais les cavaliers de Ben-Salem ne l’attendirent pas. On trouva le fort de Hamza complétement abandonné. Sur le territoire des Beni-Djaad les tribus de cet outhan voulurent s'opposer à la marche de la colonne, mais sans pouvoir l’inquiéter sérieusement. Enfin le 1°" novembre, au soleil couchant, la division expéditionnaire s’établissait sous la protection du camp du Fondouck, réunie à la division du général Dampierre, qu’elle avait rencontrée à l'Oued-Kadara. Le lendemain les troupes entraient à Alger, où une fête fut célébrée. Le passage des Bibans irrita l’orgueil de l’émir. C'était en quelque sorte la contre-partie de lexeursion tentée par lui peu de temps auparavant du côté de Bougie. Notre expédition tranchait par le fait une question de limites, et consommait la prise de possession des communications entre Alger et Constantine. Les dispositions hostiles d’Abd-el-Kader ne se dissimulaient plus. On avait pris pendant la route des courriers de l’émir qui portaient des lettres où il appelait des chefs à la guerre sainte. Bientôt les Arabes passaient la Chiffa, et la guerre éclatait de tous côtés.
BIBASIS. Nom d’un jeu en usage parmi les jeunes Lacédémoniens ; c'était un exercice propre à donner de l’agilité et de la souplesse, une espèce de danse. Les jeunes garçons et les jeunes filles qui s’y livraient étaient nus. La bibasis consistait principalement en sauts, dans lesquels il fallait, en se repliant snr soi-même, frapper son derrière avec ses tslons. Celui qui faisait les plus beaux sauts et les plus nombreux remportait le prix. Les peintures d'Herculanum et