BIBER ACH
les pierres gravées offrent des sauteurs de bibasis ; il yena même qui l’exécutent sur la corde,
BIBBIENA (Bernann DOVIZI, cardinal pe), né de pæ rents obscurs, en 1470, entra comme précepteur dans la maison de Laurent de Médicis, qui lui confia le soin de veiller sur la conduite de son fils, le cardinal Jean de Médicis. L'élève, qui devint pape sous le nom de Léon X, conféra la pourpre romaine, en 1513, à son gouverneur, et cinq ans plus tard l'envoya en qualité de légat du saint-siége en France, à l'effet de déterminer François 1‘ à laisser prêcher dans ses États une croisade contre les Turcs. Ce prince ne paraissait pas éloigné d’en entreprendre une pour son propre compte; mais les secrètes intrigues et les défiances de la cour pontificale ne tardèrent pas à l'en dissuader. Le cardinal Bibbiena, à ce que rapporte le P. Fabre, prévoyant les conséquences d’une conduite si peu politique, en écrivit à Rome dans les termes de reproches les plus vifs. On y interpréta mal une franchise qui, quelque sensée et bien intentionnée qu'elle fût, devint cause de sa perte. En effet, quelques jours après son arrivée dans la capitale du monde chrétien, il succomba tout à coup à une mystérieuse maladie, à l'âge de cinquante ans à peine, au moment où jamais sa santé n'avait été plus robuste. On croit, dit Paul Jove, qu’il fut empoisonné avec des œufs à la mouillette. Il était évêque de Coutances, en Normandie.
Ce prélat, homme d'esprit et de savoir, compte parmi les restaurateurs du théâtre. Sa comédie intitulée {a Calandra (Rome, 1524) est la première qui ait été écrite en prose italienne. L'auteur la composa à l’époque d’un carnaval , à l'effet de divertir la marquise de Mantoue, Isabelle d’Este, dont la cour était le sanctuaire des arts et le siége du plaisir.
Le nom de Bibbiena a été aussi porté par plusieurs artistes du dix-septième siècle, issus du peintre J.-Marie Galli.
BIBB Y, nom vulgaire d’un palmier de l’Amérique méridionale que les botanistes rapportent au genre £læis.
BIBERACH est une ville du Wurtemberg, autrefois ville libre impériale, aujourd’hui chef-lieu de l’arrondissement de son nom, dans le cercle du Danube, à 34 kilom. sud-sud-ouest d'Ulm, sur la Riss , avec une fabrication trèsactive de peaux mégissées, de pelleteries, de toiles fortes, de lainages, un important commerce de grains et une population de près de 5,000 âmes, dont 1,800 catholiques environ. Elle fut témoin de deux victoires des Français sur les Autrichiens, dont la première remonte au 2 octobre 1796.
Afin de ne pas être cernée par toutes les forces autrichiennes, l’armée de Rhin et Moselle était rentrée en France au mois d’octobre 1796. Il ne lui était plus possible de continuer sa retraite, ni de forcer le passage des montagnes Noires, qu'après s'être débarrassée, au moins pour quelques jours, du général Latour, qu’il fallait rejeter à une certaine distance. Les Francais avaient pour unique avantage de posséder des forces concentrées. Ils ne pouvaient point se dissimuler cependant qu’ils étaient environnés de dangers. Mais ils avaient la faculté, dans cette position, de porter à leur gré leurs masses réunies contre les divers corps qui les pressaient isolément &e tous côtés; ils pouvaient ainsi battre l'ennemi successivement et en détail. Le général Moreau £garantit son armée d’une perte certaine en profitant habilement de cette situation.
Le corps de Nauendorf marchait dans les vallées de la Kinzig et de la Rench pour couper le passage des Français ; il avait déjà passé Tubingue, il avait trop d'avance, et se trouvait trop éloigné du général Latour pour que celui-ci pût en recevoir des secours. Dans cet isolement, Moreau résolut d'attaquer ce général. Sa seule ressource était dans une bataille : ce parti était audacieux peut-être, mais la constance admirable des troupes semblait ly convier. Il fit donc tous ses préparatifs : l'aile droite était commandée par le général Férino, qui devait laisser sur l’Argen un corps de troupes destiné à être opposé au général autrichien Frœ-
lich. Dans le mème moment, le surplus avait ordre de se diriger vers le village d’Essendorff, en poursuivant l'ennemi, après avoir passé par Waldsée. Le général Saint-Cyr, commaudant le centre et la réserve, était chargé d’attaquer les Impériaux vers Steinhausen, et ses instructions lui enjoiguaient de faire ses efforts pour pousser l'ennemi jusqu’à Biberach; dans le même temps, Desaix, à la tête de l’aile
gauche, devait par la route de Rieldingen à Biberach aller |
attaquer l’ennemi de l’autre côté du lac. Il lui était expressément ordonné de tâcher de précéder le général Latour sur les hauteurs près de Steinhausen.
La principale attaque fut commencée par le centre, le 2 octobre 1796, vers sept heures du matin, sur la route qui conduit de Reïchenbach à Biberach. Une seconde colonne fut commandée pour marcher à l'ennemi par la droite de Schussenried; une autre attaque enfin était disposée, et fut exécutée sur Oggelthausen. Après un combat très-animé de part et d’autre, les Français eurent la gloire de culbuter les Autrichiens, qui furent aussitôt vivement poursuivis, Tous les divers mouvements avaient été calculés, et tout fut exécuté avec une précision qui coopéra beaucoup au succès que nous obtinmes. L’aile gauche, s'étant miseen mouvement plus matin, devait arriver au centre à l'instant désigné pour l'attaque entre Seekirk et Ala. Alors, l’aile droite des Impériaux, pour soutenir leur centre, fut obligée de plier ainsi que leur corps de bataille, qui supportait tout le choc des Français, dont la victoire fut complète. Les trophées de cette brillante journée furent cinq mille prisonniers autrichiens , dix-huit pièces de canon et deux drapeaux.
Telle fut la première bataille de Biberach. Jetons un coup d'œil sur la seconde, qui fut livrée le 9 mai 1800.
Le cabinet de Vienne avait profité de l’absence de Bonaparte, qui était en Égypte, pour reprendre son ancienne domination en Italie et en Allemagne; mais Bonaparte, à son retour d'Égypte, placé à la tête du gouvernement , en qualité de premier consul de la nation française, réorganise ses armées, qui se sont ressenties de son éloignement. Son imagination le reporte encore vers l'Italie; il se repait des souvenirs glorieux de cette époque. Déjà les Impériaux. ont été vaincus par l’armée du Rhin à Engen et à Moëskirk. Ces deux batailles sanglantes ont fait penser que le général Kray se retirerait derrière l’Iller. Cependant, on le voit se porter, par des marches forcées, sur les hauteurs en avant de la Riss. Le général Lecourbe marche le 9 mai 1800 sur l’Atrachi. Il dirige sa droite vers la hauteur de Lenkirk, le centre vers Welishoffen et Arnach, la gauche sur Wurtzach, la réserve sur Biberach, par la route de Pfullendorf, tandis que le général Saint-Cyr s’y rend également en suivant la route de Buchau, avec les deux divisions Baraguay d’Hilliers et Thurreau. La première de ces divisions est rencontrée par l'ennemi; on en vient aux mains, mais ces escarmouches ne rétardent presque point sa marche. Les Impériaux, forts de
dix bataillons, voient arriver à eux devant les hauteurs
qu’ils occupent les deux divisions françaises. L’ennemi a sur cette position quinze pièces d'artillerie et un corps nombreux de cavalerie. Le général Kray plaçait le reste de son armée en arrière de Biberach ; le grand ravin formé par la rivière de la Riss couvre le front de ses troupes.
A peine arrivés en présence, les bataillons du général Saint-Cyr se précipitent avec une telle impétuosité sur les Autrichiens qui occupent les hauteurs, que du premier choc ils sont culbutés dans le ravin, et que, bien loin de chercher à reprendre leurs lignes pour résister, ils jettent en partie leurs armes. Le général Kray se hâte d'envoyer des secours assez puissants pour protéger la retraite ou plutôt la déroute des siens. Il fait aussi diriger son peu d'artillerie dans la même intention ; sans cela on aurait fait un grand nombre de prisonniers sur ce point.
L’ennemi avait aussi été rencontré par le général Richepanse dans la direction de Pleinheiss, à un myriamètre de