‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 8 sur 527 · BÉRENGÈRE — BÉRÉNICE · texte numérisé non relu

BÉRENGÈRE — BÉRÉNICE

Castille, où elle fut nommée régente durant la minorité de son frère Henri 1°*; maisayant abdiqué en faveur du comte de Lara, celui-ci la bannit de la Castille. Elle y rentra en 1217, pour succéder à son frère, qui était mort, et céda le trône à Ferdinand, son fils aîné. Elle mourut en 1944.

BERENHORST ( Gsorces-Hennt pe), bon stratégiste

allemand, connu surtout par ses vives controverses sur Jancienne tactique, né en 1733 à Sandersleben, dans le pays d’Anhalt-Dessau, et mort en 1814, était le fils naturel du prince Léopold d’Anhalt-Dessau. Il entra au service de Prusse en 1748, en qualité de lieutenant dans le régiment d’infanterie d’Anhalt. En 1757 il fut attaché en qualité de brigademajor à l'état-major du prince Henri de Prusse, et trois ans plus tard Frédéric le Grand le prit pour aide de camp. ” Après la guerre de sept ans Berenhorst vécut à la cour du prince d’Anhalt-Dessau , qu’il accompagna ensuite dans ses voyages en France, en Italie et en Angleterre, de même que plus tard le prince Georges, à qui il servit de mentor, après avoir eu la présidence de l’espèce d’Académie qui avait été instituée pour diriger son éducation. Dès lors, il vécut entièrement dans la retraite. Dans ses Considéralions sur l'art de la guerre, ses progrès, ses contradictions et ses certitudes (Leipzig, 1797), il a exposé des principes nouveaux en même temps qu’il s’est efforcé de combattre des préjugés encore {trop généralement accrédités. 11 faut aussi mentionner ses Aphorismes (1805 ).

BÉRÉNICE (c'est-à-dire, qui porte la victoire, du grec pépw, je porte, et véxn, victoire). Plusieurs femmes célèbres dans l’antiquité ont porté ce nom.

BÉRÉNICE, seconde épouse du roi d'Égypte Ptolémée 1°" Soler (323-284 avant J.-C. ), si célébrée par les poëtes, par exemple par Théocrite dans la quinzième et la dix-septième de ses idylles. Elle était fille de Lagus et nièce d’Antipater, et avait épousé en premières noces un Macédonien obscur du nom de Philippe, dont elle avait eu plusieurs enfants, entre autres Magas el Antigone. Plus tard, venue en Égypte

Ja suite d’Eurydice, femme de Ptolémée Soter, elle inspira une passion si violente à ce prince, qu’il l'épousa, quoiqu'il eût des enfants de celle qu’il abandonnait. Elle eut de lui Ptolémée Philadelphe, Argée, Arsinoé et Philotère. Son influence sur Ptolémée Soter fut telle qu’elle le détermina à désigner pour son successeur au trône Ptolémée Philadelphe, son fils du second lit, au détriment des enfants d’Eurydice, et malgré l'opposition de Démetrius de Phalère, À so mort, ce prince lui fit rendre les honneurs divins.

BÉRÉNICE, fille de Ptolémée Philadelphe et d’Arsinoé, fille de Lysimaque, épousa, l’an 252 avant J.-C., Antiochus If, roi de Syrie, à la mort duquel elle périt assassinée par ordre de Laodicée, première femme d’Antiochus, et de son fils, Séleucus 11 Callinicus.

BÉRÉNICE, fille de Magas qui s’était rendu indépendant à Cyrène , où Ptolémée-Philadelphe l'avait nommé gouverneur, dut, aux termes d’un traité intervenu entre Maygas et Ptolémée-Philadelphe ; épouser son frère germain Ptolémée, adopté par Arsinoé, femme de son père. Mais elle fut offerte en mariage à Démétrius-Poliorcète par cette même Arsinoé qui fit de Démétrius son amant. Celui-ci se conduisit avec fant de brutalité envers Bérénice qu’elle entra dans un complot tramé contre lui, et par suite duquel il fut assassiné dans le lit même d’Arsinoé. Bérénice épousa alors son propre frère, Ptolémée Évergète (la loi égyptienne autorisant de pareilles unions), et elle l’aima tendrement, Ce prince ayant entrepris une expédition en Syrie, Bérénice, alarmée des périls qu'il allait affronter, fit vœu de se faire couper les cheveux et d’en faire une offrande à Vénus Aphrodite s'il revenait vainqueur, Évergète, après avoir soumis ent lois la Mésopotamie, la Susiane, la Perse, la Médie et la Babylonie, rentra sain et sauf dans ses États; et alors Bérénice, exacte à accomplir son vœu, déposa sa chevelure, qui reéhaussait tant l'éclat de ses charmes, dans le temple

de Vénus, d’où elle fut enlevée dès la première nuit. Polémée Évergète témoigna une profonde douleur de ce larcin, considéré tout aussitôt comme odieux sacrilége, et ordonna les recherches les plus sévères pour en découvrir l’auteur. Toutes les perquisitions étant demeurées inutiles, l’irritation du roi n’en devint que plus vive; et il était à redouter qu’il ne se livrât à tous les excès d’une aveugle vengeance et ne frappât une foule d’innocents, lorsque l’astronome Comon, de Samos, imagina de lui certifier qu'il avait aperçu dans les cieux la chevelure de son épouse chérie, et qu’elle y formait une constellation, composée de sept étoiles disposées en une espèce de trngle dans la queue du Lion. Ce sont ces sept étoiles que de nos jours encore les astronomes ont l'habitude de désigner sous le nom de Chevelure de Bérénice. Callimaque composa sur le merveilleux enlèvement de cefte chevelure un poëme, que Catulle traduisit plus tard en latin. Bérénice survécut à Ptolémée Évergète, et fut mise à mort (216 av. J.-C.) par ordre de son fils Ptolémée Philopator. — En 1862 M. Beulé a découvert à Benghazi, petite ville de l’ancienne Cyrénaïque, un vase antique décoré d’un bas-relief et dédié à cette princesse; aussi l'a-t-il nommé vase de Bérénice.

BÉRÉNICE, épouse de Mithridate, fut mise à mort par son époux, qui, battu par Lucullus, l'an 72, craignait qu’elle ne tombât entre les mains de l'ennemi.

BÉRÉNICE, fille de Ptolémée Aulètes et sœur de la fameuse Cléopâtre, mourut l'an 58 avant J.-C. Quand les habitants d'Alexandrie se révoltèrent contre son père, et le chassèrent de leur territoire , ce fut elle qu’ils appelèrent à s’asseoir sur le trône. Mariée d’abord à Séleucus Cybiosactés, elle le prit bientôt en dégoût à cause de ses vices et de ses difformités, et le fit assassiner. Après quoi elle épousa Archélaus, que Pompée nomma grand-prêtre et roi de Comane. Lorsque le gouverneur romain de la Syrie eut rétabli Ptolémée Aulètes en possession de ses États, celui-ci fit mettre à mort la fille dénaturée qui avail usurpé son trône.

BÉRÉNICE, appelée aussi Cléopâtre, fille de Ptolémée IX (Lathyre), succéda à son père vers l’an 81 avant J.-C., et fut contrainte par Sylla d’epouser son cousin Alexandre et de l’associer au trône. Quelques jours après, elle fut assassinée par son époux, jaloux de régner sans partage, et qui à son tour périt bientôt égorgé par ses sujets révoltés.

BÉRÉNICE, fille d’Hérode 1°" Agrippa, roi des Juifs, fut d’abord mariée à un prince de Cilicie. Devenue veuve, elle vint se fixer à Césarée, auprès de son frère Agrippa ; et leurs relations donnèrent lieu à des suppositions injurieuses. Elle était avec lui, lorsque saint Paul eut à se défendre devant le tribunal de ce prince, Elle se trouvait à Jérusalem , en l'an 65, lors du siége de cette ville, où elle rendit de nombreux services à ses compatriotes. Elle s’attira ensuite par ses présents la bienveillance de Vespasien, et l'amour de Titus par sa beauté, Sa liaison avec ce prince durait encore après le sac de Jérusalem. Elle l’accompagna à Rome, vécut pendant quelque temps avec lui dans le palais impérial, et fut même sur le point de se faire épouser par ce prince, qui ne fat pas plutôt monté sur le trône qu’il la renvoya pour ne point blesser les préjugés nationaux et religieux des Romains en la prenant pour femme. C’est ce sujet que Racine a traité dans sa tragédie de Bérénice.

Diverses villes portèrent aussi dans l'antiquité le nom de Bérénice, entre autres Bérénice Cyrène, ainsi nommée en l'honneur de la fille de Magas; et Bérénice d'Égypte, sur la mer Rouge, qui tirait son nom de l'épouse de Ptolémée I°",

BEREÉNICE (Zoologie), genre de méduses de forme discoide , déprimée ou renflée, garnies à leur circonférence d’une rangée de longs Lantacules tilamenteux ; corps excavé inférieurement , de manière à ce que cette surface remplisse les fonctions de bouche ; canaux de l'estomac vasculiformes, aboutissant par quatre troncs principaux à un sinus médian. Ce genre est le type de la tribu des bérénicidées, proposée

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