À. CHAMPOLLION-FIGEAC
BIBLIOTHEQUE. Ce mot est formé de deux mots grecs, B16)ov, livre, et 6ñxn, dépôt, lieu où l’on cache, où l'on conserve. Il se prend dans trois acceptions différentes : 1° comme lieu qui renferme des livres; 2° comme collection de livres ; 3° comme recueil de travaux de divers auteurs dans une spécialité commune, tel que Bibliothèque des Pères de
| PÉglise, Bibliothèque des Auteurs ecclésiastiques, Bi bliothèquechoisie des Romans, Bibliothèque générale des Voyages, Bibliothèque du dix-neuvième siècle; etce., etc. (voyez aussi l’article BisciocRapmiE). Pendant le moyen âge, l’on donna encore le nom de bibliothèque à la Bible, réunion des livres sacrés.
La tradition veut que la première bibliothèque ait été fondée à Memphis par le roi Osÿmandias, qui régnait près de 2000 ans avant J.-C. Suivant Diodore de Sicile , on lisait sur la porte cette simple inscription : Remèdes de l’äme. Chez les Phéniciens , comme en Égypte, la conservation des archives était confiée aux prêtres. Les nombreuses connaissances que ce dernier peuple acquit par la navigation et le commerce lui firent recueillir de bonne heure et avec soin les livres les plus utiles. Les Hébreux n’avaient pas de livres avant Moïse, et ce ne fut qu'après la mort de ce patriarche que l’on songea à recueillir ses écrits. Un exemplaire du livre de la Loi était déposé dans le temple de Jérusalem; plus tard, on y ajouta les écrits de Josué et des prophètes ; on les plaça dans la partie la plus secrète du sanctuaire, que le grand-prêtre avait seul le droit de visiter. Mais à la prise de cette ville par les Babyloniens, le temple et la bibliothèque furent brûlés. Néhémie, au retour de la captivité de Babylone, rassembla de nouveau, en forme de bibliothèque , et avec l’aide d’Esdras, les livres de Moïse, les livres des Rois, les livres des Prophètes. Chaque synagogue possédait aussi des livres sacrés. Du reste, fort peu de renseignements nous ont élé conserves sur ces \EiNps l'ECUIES,
Si nous tournons les yeux vers la Perse, Ctésias nous apprendra que les annales de cette nation étaient anciennement écrites par ordre des rois; que la loi forçait les familles à déposer dans des archives l’histoire de leurs ancêtres, et que c'était de ces monuments qu’il avait tiré une grande partie des fastes de ce peuple. Aucun historien postérieur n’a démenti ce récit, et l’on sait quele Grec Mégasthène se rendit à la bibliothèque de Suse pour y composer aussi une histoire des Perses. Diodore de Sicile et l’Écriture Sainte parlent également de la bibliothèque de cette ville. En Grèce ce furent Polycrate et Pisistrate qui formèrent les plus anciennes collections de livres, le premier à Samos, le second à Athènes, Xerxès enleva celle-ci lorsqu'il brûla cette ville, et elle fut transportée en Perse, où elle était encore du temps d'Alexandre. Aulu-Gelle rapporte qu’elle fat renvoyée à Athènes par Séleucus Nicator; Sylla la pilla de nouveau, et l’empereur Adrien la rétablit. La précieuse collection de livres de médecine conservée dans la bibliothèque de Cnide la rendit célèbre vers le même temps. Parmi les bibliothèques particulières des Grecs, on citait celles d'Euclide, de Nicocrate, d’Euripide, d’Aristote, etc. Cette dernière n'était ouverte qu'aux péripatéticiens, et passa, après la mort d’Aristote, à Théophraste, qui la ioignit à la sienne. Ptolémée l’acheta de Nélée, héritier de Théophraste, et la fit porter en Égypte.
Maisla bibliothèque d'Alexandrie, due à lamagnificence des rois grecs d'Égypte, est la plus célèbre de toutes celles de l'antiquité. Eumène en fonda une rivale à Pergame. Ptolémée-Épiphane, pour arrêter cette concurrence effrayante, fit défendre l'exportation du papyrus d'Égypte. On y suppléa en perfectionnant l’art, déjà connu, d'écrire sur des peaux d’animaux, et le parchemin (pergamena charta) devint d’un usage général, Plus tard Évergète II établit une seconde bisliothèque à Alexandrie.
Les Romains ne prirent le goût des lettres et des arts qu’après avoir vaineu es Grecs, qu’ils voulurent imiter en tout. Paul-Émile et Lucullus rapportèrent à Rome dans leur butin les premières bibliothèques qu’ait eues cette ville. L’atrium du temple de la Liberté, situé sur le mont Aventin, reçut la première bibliothèque publique qu’Asinius Pollion fonda à Rome avec les livres qu’il avait pris chez les Dalmates et chez les autres peuples conquis. Cicéron et Atticus possédèrent, eux aussi, de grandes et belles collections. L'empereur Au-
uste fonda deux bibliothèques, l’une appelée Palatine, parce qu’elle fut placée dans le temple d’Apollon sur le mont Palatin ; l’autre Octavienne, parce qu’elle était sous le portique du temple de sa sœur Octavie. Les deux incendies qui détruisirent en partie la ville de Rome, sous Néron et Titus, consumèrent plusieurs bibliothèques, entre autres celle que Tibère avait établie dans son palais. Domitien voulut réparer ces pertes en faisant copier les manuscrits d'Alexandrie. Une bibliothèque fut placée dans le temple de la Paix par Vespasien et brûlée par un troisième incendie pendant le règne de Commode. Enfin le nom d’Ulpienne fut donné par Trajan à celle qu’il rassembla : elle l’emportait sur toutes les bibliothèques de ses prédécesseurs par sa richesse et son luxe. Pline le Jeune avait un grand nombre de livres dans sa maison de ampagne à Laurentium. Ce favori de Trajan, en fondant une école publique à Côme, sa ville natale, la dota d’une bibliothèque. On en a découvert une petite dans une maison de campagne d’Herculanum. En général, les bibliothèques des Romains étaient composées d’armoires dans lesquelles on plaçait des rouleaux ou volumes qu’on distinguait par des numéros. On décorait les bibliothèques des statues et des bustes des hommes célèbres. Le médecin Sammonius Sérénus légua à Gordien le jeune soixante-douze mille volumes qu’il avait ramassés, Enfin Publius Victor, qui décrivait la ville éternelle au quatrième siècle, y compte vingt-huit bibliothèques publiques, outre bon nombre de grandes bibliothèques particulières,
BIBLIOTHEQUE
Constantin, en portant le siége de l'empire romain dans la ville qu’il fonda sur les ruines de Byzance, et à laquelle il donna son nom, y construisit des bâtiments qui pour le «
Rome. 11 y réunit aussi une bibliothèque , qui de son vivant renfermait six mille volumes. Successivement augmentée par les héritiers de son empire, elle comptait plus de cent mille volumes à la mort de Théodose, Mais Léon l’Isaurien ne pouvant réussir à entraîner dans son parti les savants pré:
luxe et la somptuosité pouvaient rivaliser avec ceux de
posés à sa garde, les enferma dans le bâtiment où elle était rangée, et y fit mettre le feu. C'était l'an 727 de J.-C. Plusieurs importantes collections de livres furent formées «lu neuvième au onzième siècle par l'empereur Basile le Macédonien et par l'illustre famille des Conmènes, notamment dans les couvents des îles de Archipel et sur le mont Athos. Constantin Porphyrogénète, protecteur des sciences et des lettres, fonda de nouveau à Constantinople une bibliothèque, à l’arrangement de laquelle il travailla lui-même. Elle n’é-
prouva aucune perte lors de la prise de Constantinople par
les Turcs. Les Arabes possédaient de même à Alexandrie une bibliothèque considérable dans leur langue, et Al-Mamoun faisait acheter et transporter à Bagdad un grand nombre de manuscrits grecs. Dans la suite, Amurath IV, dans un accès de dévotion, sacrifia la seconde bibliothèque de Constantinople à sa haine pour les chrétiens.
Quant à la bibliothèque actuelle du sérail, exclusivement réservée au service de la maison impériale, on en attribue généralement la fondation à Achmet III et à Mustapha HI au commencement du dix-huitième siècle ; ils l’enrichirent, ainsi que leurs successeurs. On croit qu’elle renferme aujourd’hui 15,000 volumes, et le nombre s’en augmente con-… tinuellement. Au-dessus de la porte on lit en arabe : Zntrez en paix. À son cadenas pend le sceau du bibliothécaire. Outre cette bibliothèque on en compte plusieurs autres à Constantinople, toutes assez riches en manuscrits. Dans les bibliothèques turques, les volumes sont élégamment reliés, et, deplus, enfermés dans des étuis pour les préserver de la poussière, el c’est sur ces étuis que sont écrits les titres
des ouvrages. 11 y a encore en Égypte quelques bibliothè- «
ques dans les couvents cophtes.
Au milieu des querelles théologiques, la Grèce vit son génie national s’éclipser ; plus heureuse cependant que l'Occident, elle échappa aux invasions des Barbares. Les chrétiens grecs, en fondant leurs monastères, y réunirent aussi des bibliothèques dans lesquelles passèrent probablement des volumes de l'ancienne bibliothèque des empereurs. Les couvents de l'ile de Pathmos en possédaient encore de fort belles et en fort bon ordre. Bagdad servit de retraite aux savan{s grecs que les querelles de religion portèrent à abandonner leur patrie pendant le huitième et le neuvième siècle Le khalife Haroun-al-Raschid, et surtout son fils et successeur Adallah-al-Mamoun, les employèrent à traduire en arabe et en syriaque des ouvrages de sciences et de philosophie. Tous deux dépensèrent des sommes énormes pour recueillir dans leurs palais des livres d'Égypte, de Syrie, d'Arménie, etc. Ce dernier prince exigea même, lors d’un traité avec l'empereur de Byzance, Michel III, que des auteurs grecs de toute espèce lui fussent donnés. On citait surtout de son temps les bibliothèques de Fez etde Maroc, dont la première comp= tait plus de cent mille volumes. É
Pendant que les sciences s'étaient réfugiées en Orient, sous la protection des khalifes, l'instruction disparaissait de l'Occident par suite des invasions des peuplades du Nord. La perte de presque toutes les bibliothèques de cette contrée la plongea dans l'ignorance, et la conquête de l'Egypte par les Arabes l’augmenta encore en rendant le papyrus très-rare, et les livres d’une cherté excessive, L'on se remit alors à écrire plus que jamais sur des peaux d'animaux ; mais leur prix élevé força souvent les moines à gratter d'anciens mas nuscrits, et à convertir ainsi des Tife-Live et des Cicéron en
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de longues et souvent très-peu lucides dissertations mystiques. De là les manuscrits palimpsestes, où peuvent être retrouvés les livres des historiens classiques qui nous manquent. La barbarie ne fit pourtant que s’accroitre en Occident pendant les neuvième, dixième et onzième siècles. Quelques seigneurs puissants et les principaux monastères possédaient seuls un petit nombre de livres. On citait comme magnifiques en France la bibliothèque de Charlemagne, celle de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, celle de l’abbaye de Pontivy, en Bretagne, contenant 200 volumes ; en Angleterre, celle que fonda, à York, Egbert, archevêque de cette ville, et celle du monastère de Saint-Alban, rassemblée par Richard de Bury, évêque de Durham et chancelier d'Angleterre. En Allemagne il y avait des bibliothèques à Fulda, à Corvey et depuis le onzième siècle à Hirschau. En Italie, l'abbaye du mont Cassin avait 90 volumes; celle de Pompose, près de Ravenne, 60 ;eten Belgique, au commencement du onzième siècle, celle de l'abbaye de Gembloux en contenait 160. Les Arabes, maîtres de l'Espagne méridionale, y firent | fleurir leur littérature et leurs arts, en établissant des aca- | démies et des écoles à Cordoue, à Grenade, à Valence et à Séville. L’'Andalousie possédait soixante-dix bibliothèques,
parmi lesquelles celle de Cordoue, contenant, dit-on, 250,000
volumes. La plupart ont depuis enrichi celle de l’Escurial. | Seuls les Arabes cultivaient alors les sciences , pendant que PEurope chrétienne était sans livres, sans lettres, et plongée dans la barbarie.
L'invention du papier de chiffon , en fournissant d’abondantes matières à l'écriture, vint heureusement remplacer dans le treizième siècle le papyrus et le vélin, et multiplier } ainsi les moyens de reproluire les livres jusque là enfouis dans les monastères. Saint Louis, de retour de la Terre Sainte, fit copier les meilleurs ouvrages conservés dans les couvents pour eu former une bibliothèque. Malheureusement le roi et ses successeurs disposèrent , par une clause de leur testament, des livres rassemblés pendant leur règne. On peut voir au cabinet des titres de la Bibliothèque Nationale l'inventaire de la bibliothèque de la reine Clémence de Hongrie, deuxième femme de Louis X , morte au Temple, le 13 octobre 1328. 11 peut servir à indiquer de quoi se composait une bibliothèque royale à cette époque, où les livres étaient d’un prix si élevé : quarante volumes formaient cette collection, et l’invenfaire la divise en deux parties : les livres de chapelle et les roumans. Charles V fut le premier qui fonda en France une bibliothèque publique; ses livres servirent de base à la Bibliothèque Nationale, devenue de nos jours la plus riche de l'Europe.
Après la découverte de l’imprimerie, la formation d’une bibliothèque devint plus facile. Celle du Vatican commençait à naître, quand elle fut transférée à Avignon, avec le saintsiége , sous Clément V, et ne revint à Rome que sous Martin V. Nicolas V l’augmenta tellemert qu’il passe pour
son fondateur. Elle se composait alors de 6,000 volumes des
plus rares. Dispersée sous le pontificat de Calixte III, SixteIV,
Léon X et Clément VII travaillèrent à la rétablir; mais elle
fut de nouveau détruite en partie par l’armée de Charles-
Quint qui saccagea la ville de Rome. Sixte-Quint lui rendit
son ancienne splendeur, et l’enrichit d’un grand nombre de
livres et de précieux manuscrits. Elle compte aujourd’hui
300,000 volumes et 24,000 manuscrits, dont quelques-uns
sont du plus grand prix. Les autres prmapales bibliothè-
ques de Rome sont : celle du cardinal François Barberini
(25,000 volumes imprimés et 5,000 manuscrits); celles du
palais Farnèse, du prince Borghèse, de Pamfili et de divers
autres princes de Rome, ainsi que de plusieurs maisons religieuses. Ce fut le pape Clément VII qui fonda, au commencement du seizième siècle, une bibliothèque dans l’église Saint-
Laurent à Florence (20,000 volumes). Côme de Médicis,
de la même famille que ce pape, en réunit aussi une dans
l'église de Saint-Marc de la même ville (20,000 volumes,
5,000 manuscrits grecs, latins, orientaux). La bibliothèque Magliabechiana du même lieu compte 100,000 volumes et 8,000 manuscrits. La bibliothèque de Saint-Ambroise de Milan (voyez Auvaostenne | Bibliothèque]), celles de Manoue, Turin (200,000 vol.), Ferrare, Bologne (150,000 vol. et 9,000 manuscrits), Padoue, Naples (180,000 vol. et une foule de manuscrits précieux }, sont les plus célèbres d'Italie. En 1866 ce pays possédait 210 bibliothèques, dont 164 publiques, contenant plus de 4 millions de volumes.
On remarque en Allemagne la bibliothèque royale de Munich (plus de 800,000 volumes, 20,000 manuscrits, plus de 12,000 incunables ); la bibliothèque impériale de Vienne, fondée en 1430, par Maximilien I°°, enrichie des collections de Mathias Corvin, du prince Eugène, etc. (plus de 300,000 volumes et 28,000 manuscrits), et la bibliothèque de l'uversité dans la même ville ( 115,000 volumes ); la bibliothèque de Gæœttingue (450,000 volumes el 5,000 manuscrits); la bibliothèque royale de Dresde ( plus de 300,000 volumes, 182,000 dissertations et brochures, 2,000 incunables et 2,800 manuscrits}; la bibliothèque royale de Stuttgard (200,000 volumes, 2,300 incunables et 3,600 manuscrits); la bibliothèque royale de Berlin, fondée par Frédéric Il (640,000 vol., 11,000 manuscrits et 46,000 cartes) ; celle de Prague (130,000 volumes et 4,000 manuscrits); la bibliothèque de Bamberg 70,000 volumes et 2,600 manuscrits) ; la bibliothèque de l'université de Bonn (180,000 volumes et 230 manuscrits); la bibliothèque de Carlsruhe (90,000 vo:umes et un grand nombre de manuscrits); la bibliothèque de Cassel (70,000 volumes et 400 manuscrits, pour la plupart d’une hauteimportance); la bibliothèque d’Erfurt (60,000 volumes) ; la bibliothèque d’Erlangen (100,000 volumes et 1,000 manuscrits ) ; la bibliothèque de Francfort-sur-le-Mein (80,000 volumes ); la bibliothèque de Fribourg en Brisgau (80,000 volumes); la bibliothèque de Giessen (près de 100,000 volumes); la bibliothèque de Gotha (160,000 volumes ct 5,000 manuscrits); la bibliothèque de;Halle {100,000 volumes); la bibliothèque de Hambourg (250,000 volumes et 5,000 manuscrits); la bibliothèque de Heidelberg ( 150,000 volumes et un grand nombre de manuscrits très-curieux relatifs à l'histoire d'Allemagne); la bibliothèque d’Iéna (60,000 volumes); la bibliothèque d’Inspruck (40,000 volumes); la bibliothèque de Kiel ( 80,000 volumes ) ; la bibliothèque de Kænigsberg (60,000 volumes ) ; la bibliothèque de l’université de Leipzig (150,000 volumes, plus de 1,800 incunables et 2,000 maauscrits); la bibliothèque de la ville à Leipzig (80,000 volumes et 2,000 manuscrits ); la bibliothèque de Marbourg ( 100,000 volumes) ; la bibliothèque de Meiningen (40,000 volumes) ; la bibliothèque de Nuremberg ( 80,000 volumes et 800 manuscrits); la bibliothèque d’Oldenbourg (80,000 volumes); la bibliothèque de Weimar (140,000 volumes); la bibliothèque de Wolfenbuttel (220,000 volumes et 4,500 manuscrits).
La bibliothèque Bodléienne est la plus riche de toutes celles d'Angleterre. Elle fut ainsi appelée du nom de son principal fondateur, Thomas Bodley, qui la légua à l'université d'Oxford. Elle commença à être publique en 1602. Dans le quinzième siècle , le duc de Gloucester avait donné à la même université la sienne, composée de 129 volumes. Il en résulte aujourd'hui un fonds de 265,000 vol. et 22,000 manuscrits. Georges 111 en établit une au château de Buckingham, qui contient aujourd’hui plus de 80,000 volumes. Elle à été augmentée par Georges IV, qui l’a léguée par son testament au British-Museum. Elle contient 350,000 vol., et près de 30,000 manuscrits, indépendamment d'envi ron 30,000 chartes, diplômes, etc. Celles de la Sociétéroyale du collége des Hérauts, de Lambeth, et du collége des Méde cins, sont aussi fort nombreuses. — Les débris des bibliothèques des Maures d’Espagne furent apportés au couvent de Saint-Laurent, et servirent à fonder la bibliothèque de l'Es curial. aue Charles-Quint établit, et qui fut considérable:
ment auginentée j ar Philippe IL, de celles du roi de Fez et de Maroc, achetées lors du pillage de la forteresse de Larache, La foudre détruistt en partie la bibliothèque de VEseurial en 1670. Elle contient aujourd'hui 260,000 vol, et un grand nombre de manuscrts arabes.
L'empire de Russie dut à Pierre 1°" de nombreuses académies et de nombreuses bibliothèques. Sous son règne celle de l’Académie de Pétersbourg reçut un assez grand nombre de volumes, que Catherine LE augmenta considérablement en y ajoutant ceux qu'elle acquit de Diderot et de Voltaire. La bibliothèque impériale de Pétersbourg est aujourd’hui très-belle; elle contenait, en 1850, 640,000 vol. et en 1857, 802, 717, vol. et 28,536 manuscrits.
En 1721 les Russes découvrirent chez les Tatars Kalmouks une bibliothèque dont les livres étaient extrémement longs, les feuillets épais, tissus d’une espèce de coton ou d'écorce d'arbre, enduits d’un double vernis ; l'écriture blanche sous un «louble fond noir. Des fragments de ces manuscrits furent donnés à diverses bibliothèques d'Europe. On en voit quelques feuilles à la Bibliothèque Nationale de Paris.
Les autres principales bibliothèques d'Europe sont : en Suède, celle du roi à Siockholm, et celle de l'universilé d’Upsal ; en Danemark, la Bibliothèque royale et celle de l’université de Copenhague (400,000 volumes et plus de 3,000 manuscrits ) ; dans les Pays-Bas, celles d'Amsterdam, de Leyde, d'Utrecht, etc.; en Belgique , la bibliothèque de la ville à Bruxelles (100,000 volumes), et la Bibliothèque royale de la même ville (70,000 volumes et 25,000 manuscrits ), fondée par le gouvernement en 1837, et qui renferme la célèbre bibliothèque des ducs de Bourgogne; et celles de Berne, Bade, Zurich ( 55,000 volumes et beaucoup de manuscrits ), Saint-Gall et Genève en Suisse, Parmi les bibliothèques de l'Inde, on cite la bibliothèque du roi d’Oude, à Lucknow , et celle établie à Oummera-Poura, capitale des Birmans, classée par ordre dans de grands coffres ornés de dorures et de jaspe, et portant sur le couvercle la note du contenu en lettres d’or. fl y a anssi dans chaque kioun ou monastère un dépôt de livres conservés ordinairement dans des caisses de laque. Ces livres se composent généralement de minces filaments de bambou, artistement tressés et vernis de manière à former une feuille solide, unie et aussi grande qu'on le veut. Cette feuille est ensuite dorée, et on y trace les lettres en noir et en beau yernis du Japon, La marge est ornée de guirlandes et de figures en or, sur un foud rouge, vert ou noir. Le gouvernement chinois met, de son côté, tous ses soins à former de vastes dépôts de livres et à les accroître sans cesse. Dès la dynastie de Lean, en 502, la bibliothèque impériale comptait, dit-on, 370,000 volumes. Des dépôts de livres existent aussi non-seulement dans la capitale et dans les palais des empereurs, mais en core dans les métropoles de provinces.
Il y avait, en 1855, aux États-Unis 15,615 bibliothèques, dont 1,217 publiques, contenant 4 millions et demi de vo lumes ; ces chiffres ont dû bien angmenter depuis, Une des plus belles est celle de Boston inaugurée en 1858. — Enlin des bibliothèques ont été fondées dans les villes naïssantes de l'Australie, notamment à Melbourne. Voyez Edwards, Statistical View of the principal public Libraries of Europe and America (Londres, 1848).
BIBLIOTHÈQUES D PARIS. Après la bibliothèque Nationale, à laqueile nous consacrons un article particulier, les principales bibliothèques de la capitale sont :
1° La bibliothèque Mazarine, fondée en 1648, par le cardinal] dont elle porte le nom, dans le local oceupé maintenant par la Bibliothèque Nationale , rendue publique dès cette époque, et transportée quarante ans après au collége Mazarin, dont elle a fait partie jusqu’en 1792. À son origine elle se composait de 60,000 volumes ; elle en compte aujoprd’hui 150,000, y compris les manuscrits et un grand nombre d’opuscules remontant au quinzième siècle. Dans
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une de ses salles sont placés quatre-vingts modèles en rel'ef des monuments pélasgiques de l'Italie et de ja Grèce, colleelion formée par P etit-Radel, administrateur de celle bibliothèque. Les galeries de cet établissement ont subi de grandes réparations en 1861 et 1862.
2° La bibliothèque de l'Arsenal, créée par le marquis de Paulmy (voyez notre article ArGENSON, t. 1°, p. 785 de Le comte d’Artois en fit l'acquisition en 1781. A celte époque il y réunit la plus grande partie de l’ancienne bibliothèque du duc de La Vallière, Aujonrd'hui elle compte 200,000 volumes, sur lesquels il y a environ 8,000 manuscrits. Elle est riche surtout en romans depuis leur origine, en ouvrages de littérature moderne, en pièces de théâtre depuis l’époque des moralités et des mystères, et en recueils Lis ds françaises depuis le commencement du seizième: siècle.
3° La bibliothèque Sainte- Geneviève, dont lafondationne remonte qu'à 1624 : elle se compose aujourd’hui de 150,000 volumes et de 3,000 manuscrits, Elle avait reçu en don, du cardinal de La Rochefoucauld, un fonds de 600 volumes ; en 1687, elle en comptait déjà 20,000, et en 1710 Letellier, archevêque de Paris, lui légua tous ses livres. Sa collection typographique du seizième siècle est assez précieuse, et celle des Aldes qui s’y trouve est une des plus complètes, Placée d’abord dans une dépendance de l’ancienne abbaye Sainte-Geneviève, que la révolution transforma en collége, clle occupe maintenant des bâtiments neufs élevés sur l’emplacement de l’ancien collége Montaigu, qui servait aupa= ravant de prison militaire. Elle est ouverte le soir.
4° La bibliothèque de l'Institut. Son premier fonds provient de l’ancienne bibliothèque de la ville de Paris, qui contenait alors à peine 20,000 volumes; celle de l’Institut en compte aujourd'hui plus de 80,000. Cette bibliothèque est réservée aux membres de l'Institut.
La bibliothèque de la Ville, composée en grande partie de livres modernes, au nombre de 70,000, a été consumée dans l'incendie de l'Hôtel-de-Ville (mai 1871). La bibliothèque que légua à la ville le procureur du roi Moreau, en 1759, servit de base à cette collection, A la révolution, elle fit le fonds de celle de l’Institut; celle qui a été brûlée était tirée des dépôts littéraires nationaux. La ville de Paris a voté des fonds pour la reconstituer.
La bibliothèque du Louvre, qui contenait 80,000 vol, et quelques manuscrits précieux, a été également incendiée le 23 mai 1871. Les bibliothèques de la préfecture de police (8,000 vol.), du conseil d'Etat (25,000 vol.), du ministère des finances (10,000 vol.), dela cour des comples (6,000 vol.) et de l’ordre des avocats (10,000 vol.) ont péri presque entièrement par les flammes à la même époque.
Parmi les bibliothèques les plus imporlantes de Paris, on compte encore celles du Corps législalif, fondée en 1795 par la Convention (50,000 vol.), du Sénat (18,000 vol.), du Muséum d'Histoire naturelle (40,000 vol.), du Bureau des Longitudes (4,000 vol.), du Collége de France (5,000 vol.), de la faculté des Lettres (30,000 vol., 314 manuscrits), de la faculté de Droit (10,000 vol.), de la faculté de Médecine (30,000 vol. ), de l'École Normale ( 20,000 vol. ), de l'École Polytechnique (27,000 vol.), de l'École des Mines (4,000 vol.), de l'École des Ponts et Chaussées (5,000 vol.), de l'École des Beaux-arts (1,500 vol. }, du Musée ( 3,000 vol.), du Conservatoire de Musique, créée en l’an 11 (5,000 vol.), du Conservatoire des Arts et Métiers (17,000 vol.), du séminaire Saint-Sulpice (20,000 vol.), du lycée Louis le Grand (30,000 vol.), de la Société asiatique (2,000 livres ou manuscrits ), du ministère des affaires étrangères (15,000 vol.), du ministère de l’intérieur (14,000 vol.), du conseil desmines(12,000 vol.), de l’hospice des Quinze-Vingts (2,000 vol.), de l'imprimerie nationale (3,000 vol.), du ministèrede la guerre (7,000 vol.), du dépôt de la guerre (19,000 vol., 9,000 manuscrits), du dépôt d'artillerie (9,000 vol.), des In-
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valides (20,000 vol.), du ministère de la justice (12,000 vol.), de la cour de cassation (36,000 vol. ), du tribunal de 1°°instance ( 25,000 vol.), du ministère de la marine (2,700 vol.) du dépôt de la marine (15,000 vol.), des Archives nationales (14,000 vol.).
BigLiornÈèques nes DÉPARTEMENTS. On compte en France (en 1867) 338 bibliothèques publiques, possédant 3,738,439 volumes, dont 44,070 manuscrits ; si l’on y joint celles de Paris on arrivera à un total de 6,233,500 volumes, et de 104,000 manuscrits. À la même époque il y avait en Autriche 2,488,000 vol.; en Prusse, 2,040,450; en Bavière, 1,268,500 ; en Angleterre, 1,771,493 ; en Italie, 4,149,281; en Russie, 852,000; en Belgique, 510,000; etc. Des bibliothèques départementales la plus considérable est celle de Lyon, qui contient 150,000 vol. et près de 2,400 manuscrits. D'abord placée au collége de la Trinité, elle reçut un assez grand nombre de volumes que lui envoyèrent Henri 111, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, sur la demande des pères Auger, Coton et Lachaise. Une partie des livres et du bâtiment fut délruite par un incendie, en 1644. Placée dans des bâtiments de l’Oratoire , elle perdit un assez grand nombre de volumes lors de la suppression de la compagnie de Jésus. En 1793, pendant le siége de la ville, les boulets attaquèrent l'édifice, fracassèrent les tablettes et détruisirent encore une immense quantité de livres. Un bataillon de volontaires y fut logé, qui, sous prétexte de faire disparaître les ouvrages d'église, en brûla et en dispersa beaucoup d’autres. Des commissaires du comité de salut public y vinrent aussi faire un choix d'ouvrages imprimés et manuscrits les plus précieux pour être envoyés à la Bibliothèque Nationale de Paris. Quatorze caisses furent emballées, mais la plupart n’arrivèrent pas à leur destination; quelques-unes descendirent le Rhône, d’autres se perdirent en chemin. Bientôt après, la bibliothèque de Lyon reçut, pour réparer ses pertes, celles de p'usieurs ordres religieux, Le catalogue en a été publié par le bibliothécaire Delandine. Cette ville possède encore deux dépôts importants : la bibliothèque de l'Académie (6,000 vol.) et celle du palais des Beaux-Arts (6,500 ).
La bibliothèque de Bordeaux contient 110,000 volumes et 150 manuscrits. — Après elle, la plus riche de nos départements est celle d'Aix en Provence, qui possède près de 100,000 volumes et 1,100 manuscrits. On y remarque un choix des plus belles productions des Alde, des Estienne, des Plantin, des Elzevir, etc., etc. — La bibliothèque de Strasbourg, riche en manuscrits et en livres des premiers temps de l'imprimerie, comptait 80,000 volumes. Sa fonda tion remontait à l’an 1531. Elle a été incendiée par les Allemands dans la guerre de 1870. — La suppression des couvents et des maisons religieuses, en 1793, mit à la disposition des communes et des districts fous les ouvrages rassemblés par les religieux qui les avaient habités. Tel fut le premier fonds de l'établissement à Marseille d’une bibliothèque publique, qui compte 60,000 volumes et près de 1,300 manuscrits. — A Rouen, la bibliothèque de l’abbaye de Saint-Ouen possédait non-seulement un grand nombre de livres, mais encore une riche collection de manuscrits précieux, qui servirent de base à la bibliothèque de la ville lorsque les religieux abandonnèrent leur maison , au commencement de la révolution. Le second étage des bâtiments de la mairie de Rouen, qui a remplacé le réfectoire de l’ancienne abbaye, est le local qu’occupent aujourd’hui la bibliothèque et le musée. La première renferme 111,000 volumes et 2,960 manuscrits, pour la plupart en anglo-saxon, provenant de l’abbaye de Jumiéges. C’est un des plus précieux trésors bibliographiques de la France.
La fondation de la bibliothèque de Grenoble date de l'année 1772, et les livres de Jean Caulet, évêque de la ville, acquis par les Grenoblois au moyen d’une souscription, en furent le premier fonds. Bientôt après, l’ordre des avocats y
réunit la sienne , et les bâtiments qu'occupaïent anciennement les jésuites furent en partie cédés par l'administration
du collége à la ville. Ce fut le 5 septembre 1773 que la bib'iothèque devint publique, La révolution l'augmenta de plusieurs raretés bibliographiques, et d’un assez grand nombre de manuscrits, parmi lesquels il faut citer ceux de la Grande-Chartreuse. La ville dépense annuellement plus de 3,000 francs pour cette bibliothèque, qui contient arjourd'hui 60,000 volumes et 1,200 manuscrits, parmi lesquels on remarque celui des poésies de Charles d'Orléans. Champollion Figeac et Champollion jeune en ont été bibliothécaires. — La ville d'Amiens possède aujourd'hui une bibliothèque riche de plus de 50,000 volumes, dont la plupart ont été fournis par la suppression des abbayes; elle comple aussi 572 manuscrits. La bibliothèque du séminaire contient 4,000 volumes, — À Versailles, la principale richesse de la bibliothèque consiste en un grand nombre d'éditions des Estienne, Plantin, Elzevir, Baskerville, etc., 60,000 volumes y sontréunis. — La ville d'Arras en comple 40,000, et 1,000 manuscrits, dont le plus remarquable est un Évangile du dixième siècle. — La bibliothèque de Cambrai a beaucoup de manuscrits; le catalogue en a été publié par M. Le Glay, bibliothécaire. Elle possède aussi plusieurs raretés bibliographiques. Elle s’accrut à la révolution des collections du chapitre métropolitain et de plusieurs abbayes. Le nombre de ses volumes s'élève aujourd’hui à plus de 30,000, dont 1,000 manuscrits, parmi lesquels on distingue un Grégoirede Tours, du septième ou du huitième siècle. — La bibliothèque d'Avignon renferme 80,000 volumes ef 500 manuscrits.
Après ces bibliothèques, les plus considérables de France sont celles : d’Abbeville (20,000 vol. ), cataloguée par M. Louandre père; d’Agen (15,000 vol.) ; d’Ajaccio (14,000 vol.); d'Albi (14,000); d'Angers (40,000 ); d'Angoulême (16,000, avec plusieurs manuscrits précieux ); d'Auxerre (35,000 vol. et 200 manuscrits ); d’Autun (10,000 vol. et quelques manuscrits) ; d’Avranches, dans laquelle M. Cousin a découvert le manuscrit du Sic ef non d’Abeilard (15,000 vol.); de Beaune (36,000 vol.); de Besançon, riche en précieux manuscrits, entre autres ceux du cardinal Granvelle, et qui eut pour bibliothécaire Weiss (120,000 vol. ); de Blois, longtemps dirigée par M. de la Saussaye, de l'Institut (25,000 vol. et quelques manuscrits rares); de Boulogne (33,000 vol. ); de Bourg (25,000 vol.); de Bourges (20,000 vol. et de curieux manuscrits); de Brest, les trois bibliothèques (54,000 volumes ) ; de Caen (61,000 vol.); de Cahors (15,000); de Carcassonne (21,000); de Carpentras (25,000 avec 1,200 manuscrits) ; de Chälons-sur-Marne (28,000 vol.); de Chälon-sur-Saône (15,000); de Charleville (23,000, avec 400 manuscrits); de Chartres (52,000 vol. et 800 manuscrits); de Chaumont (40,000 vol.) ; de Clermont-Ferrand (40,000 vol.); de Colmar (50,000); de Dijon (70,000 vol. et 900 manuscrits); de Douai (40,000 vol. et 1,000 manuscrits); d'Épernay (13,000 vol.); d'Épinal (18,000 vol.) ; d'Évreux (18,000); de La Flèche (20,000 vol.); de Fontainebleau (à l’État, 40,000 vol.) ; du Havre (30,000 vol.); de Langres (10,000 vol.); de Laon (15,000 vol. et 480 manuscrits); de Lille (34,000 vol ); de Limoges (23,000 vol. et quelques manuscrits); de Mâcon (7,000 vol.); du Mans, bibliothèque de la ville (45,000 vol. et 7,000 manuscrits ), bibliothèque du séminaire (15,000 vol.) ; de Meaux (16,000 vol.); de Melun (15,000 vol.); de Metz (40,000 vol.); de Montauban (15,000 vol.); de Montbelliard (40,000 vol.); de Montbrison (6,000 vol.); de Montpellier, de la ville (40,000 vol.), de la faculté de médecine (30,000 vol. et 600 manuscrits), du musée Fabre (25,000 vol.); de Moulins {24,000 vol.); de Nancy (40,000 vol.); de Nantes (90,000 vol. et 600 manuscrits); de Narbonne (6,000 vol.); de Nice (40,000 vol.); de Niort (30,000 vol.) ; de Nimes (50,000 vol.); d'Orléans, 42,000
vol.); de Pau (25,000 vol.); de Périgueux (20,000 vol.); de Perpignan (18,000 vol.); de Poitiers (25,000 vol.) ; de Reims (60,000 vol. et 1,500 manuscrits); de Rennes (45,000 vol.) ; de La Rochelle (25,000 vol. et 200 manuscrits); de Saint-Brieuc (27,000 vol.) ; de Saint-Omer (15,000 vol.); de Saint-Quentin (17,000 vol.); de Saintes (22,000 vol.); de Semur (12,000 vol.); de Soissons (30,000 vol. et 220 manuscrits); de Toulouse (60,000 vol. et plusieurs curieux manuscrits); de Tours (40,000 vol. et 1,000 manuscrits); de Troyes (110,000 vol. et 400 manuscrits); de Valenciennes (25,000 vol.); de Valognes (15,000 vol. et 100 manuscrits); de Verdun (22,500 vol.), etc.
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE de Paris, la plus riche, la plus vaste de l’Europe. Elle est divisée en quatre départements : 1° livres imprimés; 2° livres manuscrits chartes et diplômes ; 3° médailles et antiques ; 4° estampes, Les cartes et plans ont été réunis en 1858 aux imprimés.
La réunion des conservateurs et des conservateurs-aajoints, qui ont voix consultative, forme, sous le nom de Conservatoire, l'administration responsable de cet établissement. Un administrateur général président, un vice-président et un secrétaire composent le burean.
L'origine réelle de cette bibliothèque est, comme celle de la plupart des grands établissements publics, obscure et incertaine ; elle eut de faibles commencements, et ce n’est qu'après de longues suites d’années et de nombreuses révolutions qu’elle est parvenue à ce degré de magnificence qui en fait aujourd’hui le plus vaste dépôt des connaissances humaines. Charlemagne avait une bibliothèque; il ordonna qu’elle fût vendue, et que le prix en fût distribué aux pauvres. Ses successeurs disposèrent aussi de leurs livres comme du reste de leur mobilier. Saint Louis forma à son tour une bibliothèque, dont il permit l’usage aux savants; il la dispersa encore par une clause de son testament. Philippe le Bel et ses trois fils imitèrent cet exemple ; Philippe de Valois s’occupa peu des sciences et des livres; le roi Jean, au contraire, ramassa quelques volumes ; Charles V en hérita, et en réunit avec soin un assez grand nombre d’autres : ce fut là l’origine et la base primitive de la Bibliothèque Nationale comme établissement public. Le premier inventaire qui s’y trouve, et qui remonte à 1373, est signé de Gilles Malet , valet de chambre de Charles V, garde de la librairie du Louvre. 11 constate un total de 910 volumes, parmi lesquels les ouvrages de théologie, d’astrologie, de géomancie et de chiromancie figurent en grande majorité,
En 1429 , la bibliothèque du roi, qui était à la tour du Louvre depuis Charles V, fut achetée par le duc de Bedford, régent du royaume, pour 1,220 livres, et ce seigneur en envoya une bonne partie en Angleterre. Louis XI en ramassa quelques débris épars dans les maisons royales. L'invention de limprimerie lui apporta de nouvelles richesses. Louis XII la transporta à Blois; François 1° la réunit à celle qu’il avait formée à Fontainebleau, et créa la charge de maistre de la librairie du roi. Henri 11 ordonna qu'il serait remis à la bibliothèque du Roi un exemplaire de chaque livre imprimé par privilége. Parmi les maistres de la librairie figurent Guillaume Budé, Mellin de Saint-Gelais, Jacques Amyot, Auguste de Thou, François de Thou, un fils du ministre Colbert, etc. La bibliothèque du roi fut pillée au temps de la Ligne. Henri IV la fit transporter à Paris au collége de Clermont, que les jésuites exilés venaient d'abandonner, Elle passa en 1604 aux Cordeliers , puis sous Louis XIII à la rue de la Harpe, en 1666 à la rue Vivienne, et enfin en 1724 au local actuel, hôtel de Nevers, rue Richelieu.
Les principales acquisitions dont elle s’enrichit furent : en 1657, le legs des frères Dupuy, anciens bibliothécaires, consistant en 126 manuscrits et plus de 9,000 vol. imprimés, les plus précieux peut être qu’elle possède encore anjourd’hui ; en 1665, celui du comte Hippolyte de Béthune, con-