BIBLIOTHÈQUE — BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
sistant en 1,923 volumes manuscrits; en 1678 le don fait par Cassini de 700 vol. sur les sciences mathématiques ; en 1728 l'acquisition de mille volumes imprimés provenant du cabinet de Colbert, et en 1732 la plus importante que la Bibliothèque nationale ait jamais faite, celle des manuscrits du même cabinet, au nombre de près de 10,000, y compris 645 mannscrits orientaux et 1,000 manuscrits grecs: en 1733 l'acquisition de la bibliothèque du sieur de Cangé, 6,000 vol., presque tous relatifs à l’histoire littéraire de France; en 1756 l’acquisition des manuscrits de du Cange et de l’église de Paris, au nombre d’environ 300, la plupart des onzième et douzième siècles ; en 1762, le legs de 11,000 volumes par Falconnet ; en 1765, la bibliothèque du célèbre Huet, évêque d'Avranches (plus de 8,000 vol. ); en 1766 l'acquisition du cabinet Fontanieu, riche surtout en manuscrits, parmi lesquels on remarque plus de 60,00 pièces originales sur l’histoire de France; l’acquisition des manuscrits et livres précieux qui composaient la magnifique collection du due de La Vallière, et enfin, à la révolution de 89, les abondantes dépouilles des bibliothèques des émigrés , et de celles des nombreux monastères mn sans compter les richesses étrangères dues à nos conquêtes,
Avant cette époque le vaste dépôt de la rue Richelieu était un établissement purement privé, mais que la magnificence du roi ouvrait, à de rares intervalles, à quelques lecteurs privilégiés. La révolution changea cet ordre de choses : la publicité, une publicité sans autres limites que les précautions à prendre pour la conservation des objets, fut pour la première fois posée en principe, et mise à exécution aussitôt qu’adoptée.
L'an XIT, la Bibliothèque eut à regretter les pertes qu’éprouva son cabinet des antiques par le vol qui y fut commis le 26 pluviôse, Maïs, quatre mois après, les cinq pièces capilales furent retrouvées à Amsterdam, entre les mains mêmes des voleurs, et furent réintégrées à la Bibliothèque. L'empereur Napoléon conçut à cette époque le projet de transporter la Bibliothèque au Louvre; mais l'examen du local fit abandonner ce projet à cause de l'insuffisance des sure faces. Ce projet a souvent été renouvelé depuis , toujours sans suCCès.
Les puissances étrangères, maitresses de la France après les désastres de 1814, réclamèrent les objets d’art pris dans leurs capitales, et dont la plupart avaient été stipulés comme conditions de traités antérieurs. L’Autriche, la première , se fit restituer les différents monuments apportés de Vienne en 1809. L'ordre en fut expédié à l'administrateur de la Bibliothèque par l'abbé de Montesquiou, et les ohjets furent rendus le 14 septembre. Le retour de Napoléon mit fin, pour cette année, aux réclamations des autres cabinets ; et en mars 1815 la Bibliothèque reprit son ancienne inscription de Bibliothèque Impériale, En jnillet, le baron de Muflling , redevenu gouverneur de Paris au nom des puissances alliées, expédia promptement des ordres sévères pour. faire restituer aux divers États les objets enlevés de leurs musées et bibliothèques. 11 fit aussi réclamer au nom de l'Autriche les monuments d'Italie conquis par nos armées, Mais Dacier, alors administrateur, refusa de les rendre avant d’avoir reçu des instructions du ministre; sa fermeté et ses démarches réitérées auprès des autorités préservèrent alors la Bibliothèque des malheurs inséparables d’une invasion. Les ordres expédiés quelques jours après par M. de Barante, ministre de l’intérieur, avertissaient les conservateurs de ne céder qu’à la force, puisque aucun traité ne mettait l'Italie sous la domination de l'Autriche. Le commissaire de celte. puissance renouvela sa visite le 4 octobre, accompagné d’un officier d'état-major, et ce ne fut que pour éviter les désordres et les dégâts qui pouvaient résulter de lintroduction des troupes dans un établissement littéraire, que ladminis= trateur céda aux injonctions des plus forts, et laissa enlever les objets que naguère encore on était fier de contempler en ;