BIBLIQUE — BIBLIQUES
de l’époque où ils les écrivirent, du degré de véracité ou d'authenticité et de l'intégrité des différents livres de la Bible, de leur but, de leur contenu et des destinées particulières qu'ils ont pu avoir. Saint Augustin, au commencement du cinquième siècle, dans sa Doctrina Christiana, et Cassiodore au sixième siècle, dans son livre De Inslilulione Divinarum Scripturarum, avaient déjà donné quelque chose de semblable à une histoire de la littérature biblique. Junilius, qui composa en Afrique (vers l’an 550) son traité De Partibus Legis Divinæ, et le dominicain Paguinus, de Lucques (mort en 1541), dans son Zsagoge ad Sacras Litteras (Cologne , 1540 ), approchèrent davantage du but. La première histoire bibliographique des saintes Écritures est, à bien dire, la Biblia sancta à Sixlo Senensi collecta (2 vol., Venise, 1566). Après les précieux travaux publiés par Calow, Hot tinger, Leusden et Buxtorf, on vit paraître au dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième des ouvrages qui jetèrent une vive lumière sur ces matières, notamment l'Apparatus Biblicus de l'Anglais Walton (publié par He-. digger ; Zurich , 1623), etl’Histoire critique du Vieux Testament de Richard Simon (Paris, 1678 ; livre supprimé en France, et par suite réimprimé à Rotterdam, 1685), ainsi que l'Histoire critique du texte du Nouveau Testamené, par le même (Rotterdam , 1689). Carpzov, dans son Znéroductio ad libros canonicos Veteris Testamenti (Leipzig, 1721), donna une forme précise à cette science; et à quelque. temps de là Cramer publia une traduction allemande des ouvrages critiques de Richard Simon relatifs au Nouveau Testament (3 volumes, avec des annotations par Semler; Halle, 1776-1780). 11 nous faut ensuite citer relativement à l'Ancien Testament les travaux d’Eichhorn, {ntroduction à l'Ancien Testament (3 vol., 4° édit., Leipzig, 1821), de De Wette, Matériaux pour servir à l'Introduction à l'Ancien Testament (2 vol.; Berlin, 1807), son Manuel (6° édit.; Rerlin, 1846); et relativement au Nouveau Testament, les ouvrages d’Eichhorn, de Hug, de Credner, de Guerike, de Reuss, de Herbst et de De Wette.
BIBLIQUES (Sociétés). Ces associations, ayant pour but de répandre la Bible dans toutes les classes et tous les états de la société civile, ne pouvaient naître qu'après l’invention de l'imprimerie, et seulement dans le sein du protestantisme, puisque l’Église catholique persiste à penser qu’il y a imprudence à permettre la lecture de la Bible à {ous les laïques indistinctement. Ce fut seulement lorsqu'on eut trouvé les moyens de multiplier rapidement et à peu de frais les exemplaires d’un ouvrage, et encore lorsque la Réformation eut proclamé que la Bible était le livre du peuple, que se trouva constitué le terrain solide sur lequel pouvaient naître et prospérer les sociétés bibliques. Cependant plusieurs siècles s’écoulèrent avant qu’elles entrassent en activité. Les imprimeurs qui, à partir de la moitié du seizième siècle, rivalisèrent en Allemagne pour rendre la traduction de la Bible par Luther la propriété commune des protestants, préparèrent la venue des sociétés bibliques, en mettant par leur industrieuse activité chaque famille aisée en état de se procurer une Bible et en éveillant ainsi de proche en proche le désir de posséder un pareil livre. Les malheurs de la guerre de Trente-Ans, l'absence de vie qui en fut le résultat dans la dogmatique protestante, furent cause d’un long temps d’arrêt, pour ne pas dire d’un immense recul dans cette direction des esprits ; et c’est à ce qu'on a appelé depuis l'école piétiste qu'il était réservé de réveiller ce besoin des intelligences et de tenter pour la première fois d'y donner satisfaction. Dès les premières années du siècle passé, Île baron Hildebrand de Canstein, l'un des plus intimes amis de Spener, avait fondé à Halle, avec la coopération de Francke, un établissement ayant pour but unique de fabriquer à bon marché des exemplaires, soit complets, soit par= tiels, dela Bible, afin qu'ell: pût arriver ainsi aux mains de M l’homme des classes les plus communes. En 1834 il était M