‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 92 sur 527 · BIBLIQUES · texte numérisé non relu

BIBLIQUES

sorti de cet établissement 2,754,350 exemplaires de la Bible et 2 millions d'exemplaires du Nouveau Testament. L'écoulement de ces exemplaires s’était singulièrement accru aussitôt que des sociétés bibliques avaient aussi surgi en Allemagne.

La première association vraiment digne de ce nom, celle qui a provoqué la création de sociétés analogues dans toutes les contrées civilisées par le christianisme, celle qui, et sous le rapport des immenses moyens d’action dont elle dispose, et sous celui de la prudence et de l'énergie de ses représentants , ne saurait être comparée à aucune autre au monde, est la Société Biblique britannique et étrangère (the Bristish and foreign Bible Society) de Londres. Vers la fin de l’année 1802, un prêtre du nord du pays de Galles, appelé Charles, était venu dans cette capitale avec la ferme conviction que la connaissance de la Bible était le seul moyen de remédier à l'ignorance et à la rudesse de mœurs des populations galloises. Ses pressantes exhortations obtinrent un accueil sympathique parmi les nombreux partisans d’un christianisme agissant, mais surtout parmi les membres d’une société de missions anglaises créée depuis 1796. Sur la proposition expresse de Hughes de Battersea, dans le pays de Galles, il se forma une société (1803) ayant pour but de propager la Bible, non pas seulement dans une province particulière, non pas seulement dans toutes les possessions britanniques, mais dans le monde entier. C’est dans cet esprit que dès le premier jour de la fondation de cette société (4 mars 1804), il fut décidé qu’elle aurait uniquement pour but de répandre les saintes Écritures dans tous les pays de la terre, qu’ils fussent chrétiens, mahométans ou païens, et que les dissidents eux-mêmes auraient la liberté de participer à l’œuvre. Fut considéré comme membre de la société quiconque en approuvait le but et s’efforçait par le payement d’une cotisation annuelle d’aider à l’atteindre. Ces tendances si libérales et si éclairées provoquèrent une foule d’adhésions au projet proposé; et le nombre s’en accrut bientôt à tel point qu’il y eut nécessité de donner à la société une organisation complète. A cet effet, on nomma un comité composé par moitié de laïques et d’ecclésiastiques tant de l’Église épiscopale que des partis dissidents ; et le comité ainsi constitué élut à son tour dans son sein un président , vingt-six vice-présidents , un trésorier et trois secrétaires. Des agents furent désignés pour parcourir l’Angleterre et le continent dans les intérêts de l’œuvre, dont le succès est demeuré un des faits saillants de notre époque. Des sociétés auxiliaires (auxiliary societies) s'organisèrent dans les grandes comme dans les petites villes d'Angleterre, établissant des affiliations (branch societies) dansles localités de moindre importance, et le nombre des unes et des autres ne tarda pas à dépasser sept mille, dont les membres prenaient l'engagement de verser au moins un penny par semaine au profit de l'œuvre. Des associations analogues se créèrent dans toutes les classes de la société ; et en adressant le produit de leurs collectes respectives à la direction générale de l'œuvre, elles obtenaient le droit de recevoir des exemplaires de la Bible et du Nouveau Testament au-dessous du prix fixé pour la vente. En raison de l’empressement universel à participer à l’œuvre de la Société Biblique, des fands considérables se trouvèrent bientôt à la disposition de son comité. Si dans la première année de son existence la Société ne put dépenser qu’une somme de 619 Liv. sterl. (15,475 fr.), par suite ses recettes s’élevèrent, année commune , de 80 à 100,000 liv. sterl. La recette de l'exercice 1849-1850 atteignit le chiffre de 118,445 liv. sterl. (3,161,125 fr.). Depuis son origine jusqu’en 1850 la dépense totale faite par la Société s’est élevée au chiffre énorme de 3,648,012 liv. sterl. (91,200,300 fr. ).

Si la Société dispose de ressources éncrmes , on doit dire aussi qu’il n’y a rien de comparable à l’activité qu'elle déploie. Elle ne fournit pas seulement de Bibles et de Nouveaux

Testaments en anglais toute l'Angleterre et ses colonies; il résulte encore de son compte rendu pour l’année 1850 qu’elle a fait traduire soit la Bible tout entière, soit des parties détachées de la Bible, dans cent soixante-six langues diffé-

rentes; et aujourd’hui encore elle poursuit son entreprise

de traduction des saintes Écritures avec autant de prudence

que d’habileté, De Calcutta et de Madras les populations de l'Asie centrale et de l'Asie orientale reçoivent les saintes Écritures traduites dans leurs langues respectives. Smyrne, Malte et quelques autres dépôts établis dans la Méditerranée fournissent aux besoins des populations du nord de l’Asie, du Levant et de l’Afrique septentrionale. La Société entre-

tient en outre sur tous les points de la terre habitée des

agents voyageant à ses frais, à l'effet de trouver et d'indiquer les voies les plus sûres et les plus convenables à employer pour la propagation de la Bible, et aussi afin de rencontrer d’habiles traducteurs ou d’acquérir des manuscrits d’anciennes traductions. C’est ainsi que dans le courant de l’année 1849 jusqu’à la fin de mars 1850 il avait été expédié de Londres 450,070 Bibles complètes et 886,625 Nouveaux Testaments. Depuis sa fondation, la société a répandu 8,840,891 Bibles complètes et 14,269,159 Nouveaux Testaments, en tout 23,110,050 exemplaires des saintes Écritures. Consultez {he 46" Report of the british and foreign Bible Society (Londres, 1850). Enfin, la Société Biblique de Londres a établi des relations avec les sociétés analogues qui se sont créées sur les différents points du globe civilisé, contribuant à leurs efforts par des sommes d’argent, par des envois de caractères d'imprimerie, de planches toutes stéréotypées et de presses à imprimer, et aussi par des souscriptions à un certain nombre d’exemplaires des Bibles qu’elles se chargeaient d'établir pour leur propre compte. Toutefois, ces rapports de la Société de Londres avec les sociétés du continent subirent en 1825 une grave perturbation. A l’origine il avait été convenu en principe que l’on réimprimerait la Bible purement et simplement, sans observations ni commentaires. Mais on n’avait point tardé à tolérer, avec la division par chapitres et par versets, les titres donnés aux chapitres eux-mêmes ainsi que l’indication des concordances. Les protestants d'Allemagne attachaient en effet un prix tout particulier à ces deux détails de l'exécution matérielle. Aussi le mécontentement fut-il général parmi eux quand la Société de Londres exigea qu’on les supprimât désormais dans tous les exemplaires de la Bible publiés sous son patronage. En 1825, le comité directeur de cette Société ayant annoncé en outre l'intention de ne plus distribuer que les livres canoniques de l’Écriture sainte, d'en retrancher tous les apocryphes et de refuser à l'avenir toute espèce d'appui aux sociétés bibliques étrangères qui ne se conformeraient point à cette décision, un grand nombre d’entre elles rompirent les liens qui les avaient jusque alors rattachées à l'Angleterre.

A l'instar de la Société Biblique de Londres, des associations pour la propagation de la Bible se fondèrent partout, notamment en Russie, en Suède, en Norvège, en Danemark , en Allemagne , en Suisse , en Hollande et en France. On conçoit que nous ne pouvons nous occuper ici que de celles qui ont obtenu les résultats les plus importants.

On peut dire que la Société Biblique russe, qui a son siége à Saint-Pétersbourg, s’est montrée la digne rivale de la Société Biblique de Londres. Elle à fait imprimer la Bible en trente et une langues ou dialectes différents parlés par les diverses populations de l'empire russe, et elle est parvenue à organiser des succursales dans les provinces les plus lointaines de cet immense empire, à Irkutzk et à Tobolsk, parmi les Tcherkesses et les Géorgiens. Sa sollicitude s’est même étendue au delà des frontières de la Russie, et d’Odessa elle fait répandre des exemplaires de la Bible dans tout le Levant.

La grande Société Biblique Américaine, qui compte au«

jourd’hui pius ae mille sociétés affiliées dans l'étendue de l’Union, n’a pas obtenu des résullats moins grandioses. Lors de sa création, elle s’est , il est vrai, imposé pour règle de ne point chercher à agir au dehors tant que chaque famille habitant le territoire de l'Union ne posséderait point un exemplaire de la Bible; mais en revanche l’activité qu’elle a déployée à l'intérieur n’en a été que plus grande et plus efficace. Elle imprime des Bibles stéréotypées que les sociétés affiliées sont chargées de répandre et de distribuer gratuitement parmi les pauvres, et depuis sa fondation elle n’a pas distribué moins d’un million d'exemplaires de la Bible. Dans la seule année 1848 elle a fait imprimer 760,000 exemplaires des saintes Écritures, tant en anglais qu’en allemand et en portugais.

La grande Société Biblique de Berlin est l'institution la plus importante de ce genre qui existe dans l'Allemagne protestante. Elle fut créée le 2 août 1814, et depuis cette époque elle ne discontinue pas de répandre tant à l'intérieur qu’à lextérieur du pays des exemplaires de la Bible dans la traduction adoptée par chaque confession, sans notes ni commentaires. Le comité, composé d'un président, d’au moins trois vice-présidents, d'au moins douze directeurs, de trois secrétaires et d’un trésorier, s'attache avec le zèle le plus digne d’éloges à obtenir des renseignements certains sur les besoins des diverses provinces du royaume, et à fonder autant que possible des succursales sur tous les points un peu importants de la monarchie prussienne. Le nombre en 1849 en était de quatre-vingt-quinze. Au 1° janvier 1850 la société centrale avait distribué, en totalité, 1,073,686 exemplaires dela Bible et 492,345 exemplaires du Nouveau-Testament. Le mouvement général pour l'exercice de 1849 avait été de 34,927 exemplaires de la Bible et de 13,575 exemplaires du Nouveau Testament.

Indépendamment de la grande Société Biblique de Prusse, l'Allemagne compte encore bon nombre d’associations de ce genre, qui ne laissent pas, toutes proportions gardées, que de rendre d'importants services. La Société Biblique de Hambourg, fondée en 1817, a répandu jusqu’à ce jour 95,000 exemplaires des saintes Écritures. Les succursales qu’elle compte à Berggedorf, Eppendorf, Ham et Steinbeck ont déjà distribué pour leur propre compte 87,644 Bibles et 8,121 Nouveaux Testaments. La Société Biblique de Dresde, fondée en 1813, a répandu en tout 200,585 exemplaires de la Bible. La Société Biblique de Nuremberg ( association centrale de l’Église protestante de Bavière), fondée en 1823, avait déjà distribué en 1850 126,274 Bibles, 57,741 Nouveaux Testaments, et 1,726 Psautiers. La Société Biblique de Lubeck, depuis son origine jusqu’à l’année 1849, avait distribué 14,649 exemplaires des saintes Écritures. La Société Biblique pour les duchés du Schleswig- Holstein, fondée en 1826 à Schleswig, a distribué dans les duchés, depuis son origine, 130,296 exemplaires de la Bible, dont 2,968 pendant l’année 1849-1850, au milieu même des graves perturbations apportées dans ce pays par la guerre qu’il dut soutenir contre le Danemark pour la défense de sa nationalité et de son indépendance. A Francfort-sur-le- Mein, à Brême, à Stuttgard, à Marbourg, existent aussi des Sociétés Bibliques rendant de non moins utiles services.

D'un rapport publié par la Société Biblique de Paris pour l'exercice 1849, il résulte qu’elle avait distribué cette annéelà 2,201 exemplaires de la Bible et 4,429 exemplaires du Nouveau Testament. La Société Biblique de Colmar, fondée en 1820, avait distribué en 1848 2,205 Bibles et 4,145 Nouveaux Testaments.

La Société Biblique de Bâle pendant l'exercice 1849 avait répandu, suivant son compte rendu, 4,959 exemplaires des saintes Écritures.

La Société Biblique de Suède, qui a son siége à Stockholm, a également fait savoir dans son compte rendu pour l'année 1850 qu’elle avait répandu à cette date 45,099 Bibles.

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