‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 111 sur 552 · GARGILASO DE LA VÉGA — GARD · texte numérisé non relu

GARGILASO DE LA VÉGA — GARD

L'Espagne a eu un historien de mérite, s’appelant aussi Garcilaso de la Véga, surnommé l’Inca, parce qu’il descendait par sa mère de cette famille royale du Pérou. Né à Cuzco, en 1540, ilse livra de bonne heure à l'étude Ë l’histoire de la partie de l'Amérique méridionale qui lui avait donné le jour attira surtout son attention, et il s’appliquait avec ardeur à éclaircir toutes les traditions et tous les documents qui pouvaient la faire connaître, lorsque Philippe il, ayant conçu de l'ombrage de ces laborieuses recherches, lui ordonna de se rendre en Espagne. Il se fixa à Valladolid. Ses ouvrages n’en virent pas moins le jour, mais longtemps après sa mort, arrivée en 1620. Ils se composent d’une histoire du Pérou, intitulée Comentarios reales que tratan del origen de los Incas reyes, etc. (Madrid, 1723 , 2 vol. in-fol.), et de La ylorida del Inca (mème date, 2 vol in-fol.). Une édition complete de ses œuvres (1800-1801 ) a été publiée à Madrid eu 13 volumes in-12. On reproche à; Garcilaso un style ampoulé, mais on s'accorde à louer la fidélité de ses récits.

GARCON, enfant mâle, jeune homme. Saint-Évremond nous dit :

On voit arriver d'ordinaire

Qu'un mari souhaite un garcon

Qui voudra la mort de son père

Pour se trouver plus tôt maitre de la maison,

Ce mot indique aussi l'homme qui vit dans le célibat, quelque soit son âge. Garçon s'emploie aussi pour désigner un servifeur dans un bureau, dans un lieu ou établissement public : Un garçon de bureau, un garçon de théâtre, un garçon de classe, un garçon de bain, un garçon de café, un garçon de salle, etc. ; un ouvrier, un apprenti sous un maître, ou chez un marchand : Un garçon tailleur, un garçon de chantier, Un garçon marchand de vin, un garçon épicier. Autrefois on disait un garçon apothicaire, un garçon chirurgien, un garçon peintre. Au dix-huitième siècle on appelait aussi garçons philosophes, garçons encyclopédistes, le fretin des auteurs de la secte philosophique. Dans la maison de nos rois, au-dessous des valets de chambre et des valets de garderobe, il y avait des garçons de la chambre, de la garderobe, qui s’acquittaient des menus détails du service et n’en laissaient que les honneurs à leur chef. Dans les grandes maisons, il y a des garçons d'office, des garçons de cuisine, des garçons d’écurie, etc.

Dans le langage figuré, le mot garçon emporte un foule de sens différents, selon l’épithète qui y est jointe. On dit, par exemple, qu’un homme est un bon garçon, en deux sens contraires, soit pour dire qu’il est trop facile, qu’il se laisse mener, soit pour exprimer que c'est un bon vivant, aimant les plaisirs etla bonne chère. Un mauvais garçon désigne un homme dangereux, toujours prêtà la rapine et au meurtre, De là le nom de rue des Mauvais-Garçons, donné, dans Paris, à plusieurs ruelles servant d’habitacle à des bandits, ou qui furent le théâtre de quelque scène sanglante, telle, parexemple, que celle où fut assassiné, en 1407, le duc d’Orléans, frère de Charles VI.

Personne n'ignore ce que veut dire la vie de garçon, vie d'indépendance, de plaisir et d’insouciance, tant qu’on est jeune, de délaissement et d’ennui quand on vient sur l’âge. Après avoir été le favori des dames et l’effroi des maris, un garçon, quand ses cheveux ont grisonné, est souvent condamné à languir tristement sous le joug d’un laquais ou d’une servante. Quant aux maris garçons, ils sont parfois plus heureux : après avoir fait une victime de leur épouse délaissée, quand l’âge a glacé leur sang, ils retrouvent quelquefois au foyer domestique une compagne généreuse qui les aide à finir doucement leur carrière.

Le mot gars, dans le vieux langage, est synonyme de garçon. On l’emploie quelquefois dans la poésie légere, mais en conversation il n’est employé que très-familiérement. En Bretagne, en Lorraine et dans plusieurs provinces , les paysans disent toujours gars, pour garçon. Il est fâcheux que le féminin , qui se trouve fréquemment dans nos

DICT. DE LA CONVERS, — T, X

vieux auteurs pour signifier jeune fille, ait été profané au point de le faire à jamais bannir du langage décent. Charles Du Rozom.

GARD, petite rivière de France, qui donne son nom à un département. Le Gard prend sa source en deux endroits différents dans le département de la Lozère, et forme d’abord deux branches. La branche la plus septentrionale porte le nom de Gardon d’Alais, l'autre celui de Gardon d'Anduze, et se divise en trois autres branches. Les deux premiers se réunissent entre Mers et Cassagnoles, et ne forment plus qu’une rivière sous le nom de Gard ou encore Gardon, et qui se jette dans le Rhône au Comps-Saint-Etienne, après un cours d'environ 72 kilomètres. Le Gard charrie des parcelles d’or, et est sujet dans la saison pluvieuse à de grands débordements. Il est traversé par le célèbre pont aqueduc du Gard.

GARD (Département du). Formé des anciens diocèses de Nimes, d’Uzès et d’Alais, dépendant de la province du Languedoc , il estborné au nord par les départements de la Lozère et de l'Ardèche, à l’est par le Rhône, au sud par la Méditerranée et le département de l'Hérault, à l’ouest par celui de Aveyron. Il tire sonnom de la rivière du Gard ou

Gardon, qui le traverse du nord-ouest à l’est. Sa superficie, d’après le cadastre, est de 583,556 hectares, dont 149,361 en terres labourables; 9,139 en prés ; 76,3,2 en vignes; 114,520 en bois et forêts; 130,248 en landes et bruyères; etc. D’après l'enquête de 1862, la valeur totale de ses produits agricoles était estimée à environ 83 millions de fr. On y comptait alors 438,000 moutons, 61,000 porcs, 43,000 chèvres, 42.000 chevaux, ânes et mulets, et seulement 8,000 bœufs. Il ya douze mines de fer el deux de galène argentifère en exploitation. L'industrie métallurgique y est lrès-active.

Il est divisé en 4 arrondissements, dont les chefs-lieux sont Nîmes, Alais, Le Vigan, Uzès, qui forment ensemble 39 cantons, comprenant 348 communes; la population est de 429,747 habitants. Il envoie 9 députés à l’Assemblée, est compris dans la dixième division militaire, le diocèse de Nîmes, le ressort de la cour d’appel de la même ville, et l'académie de Montpellier. On y compte 1 lycée, 4 colléges, 9 institutions, 933 écoles primaires. Moins de la moitié des habitants savent lire et écrire.

Le territoire de ce département est traversé par des montagnes, prolongation de la chaîne des Cévennes, surtout dans la parlie de l’ouest et du nord-ouest. Elles renferment d'immenses carrières de schiste, adhérant à un noyau granitique. Du nord à l’est, il n’y a que de petites montagnes et des collines de nature calcaire, qui vont s’abaissant jusqu’à la mer. Le département est arrosé par le Rhône, l'Hérault, la Vidourle, la Dourbie, l'Ardèche, la Cèze, le Gard, etc. 7 chemins de fer, 13 routes nationales, 22 départementales, 6,690 chemins vicinaux, 8 canaux le traversent,

Les richesses minerales que renferme le département du Gard sont très-négligées. Les mines de fer y sont presque seules exploitées. Cependant on y trouve de l'argent, du cuivre, du plomb, de la houille, de l’asphalte, du plâtre, de la terre à poterie et de la pouzzolane.

Ce département est riche en productions végétales; on y cultive la vigne avec succès: on yrécolte du blé, de l’orge, de l’avoine, du millet noir, des vesces, des pois, des lentilles. Parmi les arbres fruitiers, l'olivier, le châtaignier et le mûrier sont un principal objet de culture. Dans les îles de la Camargue, il y a quelques haras de chevaux d’une race peu estimée, mais qui serait susceptible de grandes amélicrations. On y élève encore des taureaux et des moutons,

Les bêtes à laine acquièrent sur ce sol une qualité de laine très-belle; le gibier y est très-abondant, et les rivières généralement poissonneuses. On y fabrique des étoffes de laine, des soieries, des cuirs, et de la poterie; l’industrie des fers est encore considérable.

Les principales villes du département sont: Nêmes,

ehef-lieu au département; Alais; Uzsès; Le Vigan, sur VArre, avec b,104 habitants ; un tribunal de première instance , une chambre consultative des manufactures, une église consistoria calviniste, un collége, une exploitation de houille, et des filatures de soie ; des blanchisseries, des tanneries, une papeterie, et un monument à la mémoire du chevalier d’Assas; Aigues-Mortes; le Pont Saint- Esprit, Beaucaire, Bagnols avec 5,184 habitants, un collége, une récolte d’excellents vins rouges ordinaires et des distilleries d’eaux-de-vie.

GARD (Pont du). Voyez AQUEDUC.

GARDA {Lac de), Lago di Garda, appelé par les Romains lacus Benacus, l’un des plus remarquables lacs de la région des Alpes, situé dans le royaume d'Italie, province de Vérone, et n’appartenant au Tyrol que par $on extrémité septentrionale. Il a 48 kilomètres de longueur!, sur 16 de largeur, 298 mètres de profondeur extrême, et tire son nom actuel de l'antique petite ville de Garda, bâtie sur sa rive orientale, célèbre par la victoire que Bonaparte | remporta sous ses murs en 1796 sur Wurmser, et où l’on compte une population de 3,000 âmes. Les vents appelés Sover et Ora, qui soufflent périodiquement sur le lac, y favorisent la navigation, et il y existe aujourd’hui un service régulier de bateaux vapeurs ; cependant il ne laisse pas que d'être beaucoup trop sujet aux rafales et aux grains. Il est d’ailleurs fort poissonneux.

Les ramifications des Alpes qui entourent ce lac sont encore très-élevées, et viennent expirer de la manière’la plus abrupte sur ses rives, où elles ne laissent pourtant pas que | de former une belle et fertile contrée, animée par un grand nombre de villages, de plantations et de points de débar- | quement. Les environs des petites villes de Desenzano et de Salo au sud sont vraiment enchanteurs, C’est là qu’est situé : le promontoire Sermione, cette presqu’ile Sirmio dont Catulle célèbre tant les charmes, et où l’on voit encore les | ruines de sa maison de campagne. Le lac Garda a pour | principal et presque pour unique affluent la Sarca, et. son écoulement s'opère à Peschiera, à son extrémite sud, par | le Mincio, l’un des affluents dn P6.

GARDAFUI ou GUARDAFUI, cap formant l'extrémité orientale de l’Afrique , sur la côte d’Ajan, dans le pays de | Somanlis, C’est l’Aromatorum promontorium (promontoire des Aromates) des anciens, qui lui avaient donné ce nom parce qu’il avoisine la côte où se faisait l’embarquement des produits aromatiques de l'Arabie, Ce cap, qui est fort élevé et qu’aperçoivent de fort loin les marins qui se dirigent vers la mer Rouge, est situé par 11° 46 lat. nord et 49° 38’ ne. est.

ARDE, On donne ce nom à une réunion de militaires désignés pour veiller, pendant un temps déterminé, au maintien du bon ordre, à la conservation d’un monument, prêter main-forte, au besoin, contre les malfaiteurs, etc. Une ordonnance du roi, du 1% mars 1768, a fixé la durée du service de garde, la manière dont il doit être fait, soit dans les places, soit dans les quartiers, en temps de paix, ou en temps de guerre. Les gardes prennent des noms dif férents suivant la mission qu’elles reçoivent au moment du défilé de la parade. Ainsi, on distingue La garde de police, la garde d'honneur, la garde du champ, la garde du drapeau, etc. : ces diverses gardes sont munies d’instructions ou de consignes différentes, dont leur nom respectif indique suffisamment la nature. Monter La garde, c’est | faire partie de la garde qui prend le service ; relever la garde, c’est remplacer par une nouvelle garde celle dont le service est ! expiré; descendre la garde, rentrer au quartier ou au loge- | ment, quand la garde a été relevée, |

Lorsqu'un corps ou un détachement militaire, de quelque | nombre d'hommes qu’il soit composé, est en route, il doit se ! faire précéder d'un détachement appelé avant-garde, |

pour éclairer sa marche, et laisser à une distance détermi-

née sur ses derrières une arrière-garde, pour se mettre 1 l'abri des surprises,

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