‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 127 sur 552 · GARDES DU CORPS — GARDIEN · texte numérisé non relu

GARDES DU CORPS — GARDIEN

banfoulière, blanche, verte, ‘blétie, jaune, etc. , distinguait chaque compagnie,

Monsieur, comte d'Artois, eutaussi, à la Restauration, deux compagnies de gardes du corps, dont l'uniforme vert était d’ailleurs presque le même que celui des gardes du corps du roi. Par ordonnance du 21 avril 1819, ces deux compagnies n’en formèrent plus qu’une, qui, à la mort de Louis XVIII, devint la 5° des gardes du corps du roi. Les cinq furent licenciées en masse par ordonnance du 11 août 1830.

GARDES FRANÇAISES, La création de ce corps d'infanterie d'élite, qui a subsisté dans Parmée française jusqu’en 1790, remonte au seizième siècle. Ce fut Catherine de Médicis qui en ordonna la formation ; il devait être chargé spécialement de la garde du roi. Cette innovation assez coùfeuse, parce que le régiment fut tout de suite porté à un effectif considérable, fit jeter les hauts cris à l’opposition d'alors, c'est-à-dire aux huguenots, On se plaignit d’un tel surcroît de dépense, et l’on fut surpris de voir le trône s’entourer d’une force armée aussi considérable. Des conflits d'attribution entre les hommes chargés de commander les gardes françaises donnèrent raison aux mécontents; et le régiment fut cassé et licencié en 1573. Mais un an après, de nouvelles craintes engageaient Charles IX à le rétablir. A l'origine , le régiment des gardes françaises se composait de 10 compagnies. Sous Henri IV et Louis XII il en compta 20. De 1635 à 1689, il en eut 30. A cette époque, Louis XIV y ajouta 2 compagnies de grenadiers; en 1719, le régent y en ajouta une 3e. En 1777, Louis XVI organisa le régiment par bataillons. Le nombre des hommes varia comme celui des companies. Dans l’origine, elles étaient de 50 hom= mes ; sous Henri IV, de 80, puis de 40; en 1635, de 300. Cet effectif, conservé longtemps, porta le régiment à la force énorme de 9,600 hommes. Réduit au chiffre de 4,110, il-fut porté sous Louis XVI à 4,880 hommes. Outre les soldats, il avait à sa suite des cadets, qui furent même très-nombreux depuis Charles IX jusqu'à l'ordonnance de 1670, quiles réduisit à 2 par compagnie.

Les gardes françaises, comme faisant partie de la maison du roi, jouissaient de nombreux priviléges. Ils avaient le pas sur tous les autres régiments de l’armée, choisissaient leur poste en campagne, et le prenaient d'ordinaire au milieu de l'infanterie. Quand une place assiégée ouvrait ses portes, c’est à eux que revenait l'honneur d’y entrer les premiers, et même seuls, s’ilsétaient assez forts pour la garder. Aussi en coûtait-il pour être capitaine dans ce corps d'élite, de 60 à 80,000 francs. Ce fut Louis XIV qui lui donna un uniforme gris-blanc, avec galons d’argent faux sur toutes les coutures du justaucorps; les officiers étaient vêtus d’écarlate brodée d'argent. Depuis Louis XV l'habit du soldat fut bleu, relevé de rouge, avec des galons de fil blanc aux boutonnières ; celui des officiers, de mème couleur, galonné d’argent. Les drapeaux étaient bleus , semés de fleurs de lis d’or sans nombre, avec une croix blanche au milieu, chargée à chaque bout de ses travers d’une couronne d’or. On n’admettait dans les gardes françaises aucun étranger, pas même les hommes nés dans les provinces réunies en dernier lieu à la France, comme l'Alsace. Les soldats et caporaux avaient le droit de suppléer à la modicité de leur solde en exerçant des métiers en ville; et comme le régiment était caserné dans le faubourg du Temple à Paris, les rapports du soldat avec l’habitant de cette capitale étaient continuels. C'est ce qui explique la part active qu’il prit aux premières scènes de la révolution de 1789. Les gardes françaises furent le premier régiment de l’armée qui embrassa la cause du peuple. A la fin de juin une mutinerie éclata dans ses rangs. Les chefs la punirent en envoyant onze des coupables à l'Abbaye, dont le lendemain le peuple vint briser les portes. La cour, comprenant qu’elle ne devait plus compter sur ce corps pour le maintien de l'autorité royale dans la capitale, fit approcher de Paris quelques autres régiments, dont elle croyait pouvoir être plus sûre. A l’affaire du Pont-Tournant, le ré-

gment royal-allemand, commandé par M, de Lambese fit |

feu sur le peuple. Maïs alors les gardes françaises , consignés dans leurs quartiers, en brisèrent les grilles, et épousant la cause du peuple, marchèrent vers la place Louis XV pour en expulser les troupes qui venaient de donner un coup de collier au profit de la cour, et qui durent se replier sur Ver-

| sailles. A quelques jours de là, le régiment tout entier mar-

chait contre la Bastille, et contribuait puissamment à la prise de ce boulevard d’un despotisme caduc. Le 31 août suivant, une ordonnance de Louis XVI cassa les gardes françaises, Officiers et soldats furent alors incorporés , sous la dénomination de garde nationale soldée, dans la garde nationale de Paris. Puis un décret du 10 octobre 1792 les répartit dans les divers bataillons de l’armée active , chargée de défendre le territoire de la France.

GARDES SUISSES. Voyez Suisses.

GARDE-TEMPS, nom que l’on donne quelquefois aux chronomètres ou montres marines.

GARDE-VENTE ou FACTEUR. C’est le nom qu’on donne au commis qu’un marchand prépose pour l'exploitation et pour la vente des bois dont il s’est rendu adjudicataire. Les garde-ventes doivent être agréés par l’agent forestier local et assermentés devant le juge de paix. Ils sont autorisés à dresser des procès-verbaux pour les contraventions commises tant dans la vente qu’à l’ouie de la cognée, c’est-à-dire à la distance de 250 mètres , à partir des limites de la coupe. A défaut par le garde-vente de dresser procès-verbal du délit, l’adjudicataire en est responsable. Le garde-vente inscrit jour par jour et sans lacune, sur un registre timbré, coté et paraphé par l'agent forestier, la nature, l’espèce et la qualité des bois et marchandises qui sortent de la vente, ainsi que les noms des voituriers. Il délivre à ceux-ci des certificats ou bulletins énonciatifs de la quantité de pièces qu’ils sont chargés de conduire, de leur dimension et des jour et heure du chargement. Tous autres bois dont les voituriers se trouvent chargés sont réputés bois de délit.

GARDIE ( Famille de LA). Voyez LA GARDIE.

GARDIEN. En général, ce nom se donne à celui qui garde ou protège, ou qui est commis pour garder ou protéger quelqu'un ou quelque chose : Le gardien d’un monue * ment public. Dansles ports, on donne le nom de gardien à tout individu chargé de garder un magasin, un bâtiment dé sarmé, etc. Cesont ordinairement de vieux matelots ou officiers mariniers. À bord des navires armés , il y a des gardiens de la soute aux poudres, de la sainte-barbe, de la fosse-aux-lions, etc. Les curés de paroisse portaient autrefois le titre de gardiens , et l'on appelait gardien du palais l’ar chichapelain de la cour. Le gardien de la régale était un officier chargé de percevoir au nom du roi les revenus des abbayes et évéchés vacants. Aujourd’hui, en termes de pratique, gardien se dit de celui qui est commis par justice pour garder des meubles saisis, des scellés, etc.

Dans les couvents de franciscains, on nomme gardien, ou père gardien, le supérieur de la communauté : Le père gardien des capucins, des cordeliers. La congrégation de la Sainte-Trinité à Rome, qui remonte à saint Philippe de Néri, et à laquelle est affiliée la plus grande partie de la noblesse romaine de l’un et de l’autre sexe, a pour gardiens, ou administrateurs, un conseil de douze prètres, institué par Innocent XI, en 1677.

En Angleterre, le gardien souverain de la jarretière est le grand-chancelier de cet ordre, et le titre en est toujours réservé au roi. On appelle encore dans ce pays gardien, ou gardien de La spiritualité, c’est-à-dire du spirituel, le dignitaire qui dans un diocèse a la juridiction spirituelle durant la vacance du siége. Ces gardiens le sont de droit et par la loi, comme un archevêque dans sa province, ou par délégation, quand un archevêque ou un vicaire général charge pour un temps quelqu'un de ses fonctions. Le doyen et le chapitre de Cantorbéry sont gardiens du spirituel dans tout le diocèse pendant la vacance de cet archevéché,

GARDIEN (Ange). La foi catholique nous montre l’homme placé entre deux esprits, qui s’attachent constamment à ses pas : l’un, ange ténébreux, qui l’obsède pour le porter au mal, et qui, selon saint Pierre, tourne sans cesse autour de lui comme un lion rugissant pour le dévorer; l’autre, esprit céleste, chargé de le conduire à la vertu par ses conseils, de l'éloigner du vice par des remords, de l’éclairer par ses lumières, de le protéger par ses secours. C’est ce mentor céleste que nous nommons ange gardien.

GARDIEN JUDICIAIRE, celui quiest préposé, au nom de la justice, à la garde d’objets saisis, séquestrés, mis sous les scellés ou confiés de toute autre manière, pour être représentés à qui de droit. Les femmes peuvent être gardiennes, excepté en matière criminelle et correctionnelle. Le gardien répond de la chose qui a été détruite, perdue, endommagée, à moins qu’il ne prouve le cas fortuit. La contrainte par corps peut avoir lieu contre lui. Il reçoit pour la garde des frais fixés par la loi. La peine infligée au gardien coupable de négligence varie suivant la nature des choses mises sous scellé; mais s’il commet le crime prémédité de bris de scellé, il est puni de deux à cinq ans d'emprisonnement, et quelquefois de peines beaucoup plus fortes.

GARDIENS DE LA PAIX, corps de police créé à Paris pour remplacer les sergents de ville, dont le rôle politique avait été si odieux pendant les dernières années de l'empire, A peine M. de Kératry fut-il en posssssion de la préfecture de police qu’il prit un arrêté, le 7 septembre

1870, d’après lequel les sergents de ville étaient licenciés et remplacés par un corps de police ayant « pour mission exclusive de veiller au maintien du bon ordre et à la sécurité des personnes et des propriétés ». Ils ne devaient pas être armés, et leur recrutement aurait iieu parmi les anciens militaires. Leur costume était des plus simples ; pantalon noir, vareuse noire, casquetle à visière carrée, Jong caban à capuchon ; une cocarde tricolore, placée sur la poitrine , indiquait la nature pacifique de leurs fonctions. Ils devaient requérir la garde nationale pour réprimer toute infraction à Ja loi, Les anciens sergents de ville furent pour la plupart incorporés dans le nouveau corps et envoyés aux avants-postes, du côté de Clamart et d'Issy. Lors de l'insurrection du 18 mars 1871 ils rejoignirent le gouvernement à Versailles et firent, avec les gendarmes et les gardes de Paris. la campagne contre Paris insurgé aux premiers rangs de l’armée, Plusieurs d’entre eux faits prisonniers furent massacrés comme otages à la prison de la Roquette. Après la prise de Paris, les gardiens de la paix firent la police de la ville en tenue de guerre, le revolver à la ceinture et le chassepot en bandoulière, éorganisés le 25 juin 1871, on les distribua en 4 bataillons à 10 compagnies , ayant un eflectif total de 6,700 hommes, Ils reçurent un nouvel uniforme : tunique bleu-noir, pantalon noir à bande rouge, képi; ils ne portent dans lexercice de leurs fonctions que le sabre-baïonnette.

GARDIENS DE PARIS. Voyez SERGENTS DE VILLE,

GARDINER (ÉTIENNE), évêque de Winchester et chancelier d'Angleterre, né en 1483, à Saint-Edmundsbury, dans le comté de Suffolk, était fils naturel de l’évêque de Salisbury "Lionel Woodville, et fut élevé à Cambridge, où il se livra avec succès à l'étude des sciences théologiques et politiques. Doué d’une grande aplitude au travail et d’une rare souplesse d'esprit, il obtint toute la faveur du cardinal Wolsey, dont il était devenu le sécrétaire, et qui le recommanda au roi. Quand Henri V II] poursuivit son divorce d'avec Catherine d'Aragon, Gardiner fut envoyé par lui à Rome, en 1528, comme négocialeur, et l’année suivante il était nommé membre du conseil d’État, quoiqu'il eût échoué dans cette mission, En récompense de la complaisance extrême dont il fit preuve dans le procès de divorce et lors de l'établissement de la suprématie de la couronne en matières ecclésiastiques, Henri VIII le nomma, en 1544, évèque de Winchester, Un écrit dirigé contre le pape et intitulé De vera

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