GARDIEN — GARENNE
obedientia, qu’il avait publié en 1536, avait achevé de lui concilier au plus haut degré la faveur de ce prince. Gardiner, qui n’en était pas moins demeuré en secret un adversaire décidé de la réforme religieuse, combattit avec énergie tous les projets de Cranmer, contribua activement à la chute du secrétaire d'État Cromwell, empêcha la conclusion d’une alliance entre Henri VIILet les protestants allemands, et réussit à faire poursuivreles protestants anglais par le fer et le feu. Cependant sesrelations avec la princesse Marie, déclarée bâtarde, éveillèrent les soupçons du roi. Ayant accusé d’hérésie Catherine Parr, femme de Henri VIII, qui parvint à se justifier aux yeux du tyran, il tomba complétement en disgrâce, et fut expulsé du conseil d’État. Sous le règne d'Édouard VI, le parti protestant le fit languir en prison pendant plusieurs années. La persécution ne refroiditen aucune façon son zèle contre la réforme; rendu à la liberté, il se remit aussitôt à combattre les nouvelles doctrines; et en 1551 le parti dominant , après l’avoir d’abord déposé, l’emprisonna de nouveau. L’accession au trône de la reine Marie eut pour résultat immédiat sa mise en liberté et son rétablissement sur son siége épiscopal. Plus tard, il fut placé à la tête des affaires publiques, avec le titre de chancelier. Il conseilla alors à la reine de rétablir le culte catholique en Angleterre, tout en conservant à la couronne le droit de suprématie; puis, secondé par de nombreux espions, il entreprit contre les protestants la plus sanglante des persécutions. Observateur rien moins que scrupuleux de son vœu de chasteté, il déploya tous les raffinements de la cruauté à l'égard des prêtres mariés et de leurs familles.
Reconnaissant enfin l'impossibilité d’en finir par la force avec les hérétiques, il renonça peu à peu à ce système de violence, et mourut le 12 novembre 1555, après avoir encore assisté sur l’échafaud les évêques Ridley et Latimer.
Gardiner mérita bien de son pays, lors de la rédaction des articles du contrat de mariage de la reine Marie avec le prince Philippe d’Espagne, par le soin qu'il apporta à y sauvegarder les droits et les immunités de sa nation. Indépendamment du traité mentionné ci-dessus, on a de lui : Necessary Doctrine of a christian man (1543).
GARDON. Voyez Garv.
GARE, bassin naturel ou artificiel qui fait les fonctions de petit port auprès de certaines rivières. Quelquefois un des bras de la rivière sert de gare : dans ce cas, les glaces sont arrêtées ou brisées par une estacade en charpente.
Les stations les plus importantes de cheminsdefer sont pourvues de gares, c’est-à-dire de vastes emplacements pour le chargement et le déchargement des bagages et marchandises ; à ces gares se rattachent des magasins pour le combustible, et souvent des ateliers pour l'entretien et les réparations du matériel roulant. Par extension, on donne souvent le nom de gare aux embarcadères eux-mêmes,
GARENGEOT (RENÉ-JAcQuEs CROISSANT be }), chirurgien, naquit à Vitré, en 1688. Ses principaux ouvrages sont un Traité des Opérations de Chirurgie ( Paris, 1720-1749, 3 vol.);un Traité des Instruments de Chirurgie (1723); une Myolomie humaine ct canine ( 2 vol.) ; une planchnologie (1728 ); etc. Mais le nom de Garengeot a surtout conservé une certaine popularité, grâce à nn instrument qui M sert à l'extraction des dents, et qui lui doit d’utiles modifi- « cations : la clef de Garengeot ou clef anglaise est encore tous les jours entre les mains des dentistes. Démonstrateur royal aux écoles de chirurgie, membre de l’Académie royale de Chirurgie, et enfin, en 1742, chirurgien-major du régiment du roi, Garengeut occupa un rang distingué parmi les praticiens de son époque. Frappé d’apoplexie, il mourut à Cologne , le 10 décembre 1759, ‘ 4
GARENNE, lieu à la campagne, dit l’Académie, où il * ya des lapins et où l’on prend soin de les conserver, On appelle garenne privée où gurenne forcée un lieu entouré de murailles ou de fossés, où on élève des lapins. L'article 524 du Code Civil considère les lapins de garenne comme immeur bles par destination,