GARIBALDI — GARNERIN
dant prendre la parole à la fin de la séance, lorsque déjà, le président quittait le fauteuil ; on refusa de l'entendre et il en résulta un incident tumullueux auquel la foule répondit, à l'extérieur, en Jui faisant une ovalion. Le 16 février, il retournait à Caprera, d’où il réponuil par un refus au Comité central de Paris qui, après l'insurrection du 18 mars, lui offrait la présidence de la Commune.
GARLANDE ( Jean DE ), poëte et grammairien du commencement du onzième siècle, néen Angleterre, selon Moréri et Du Cange, mais qu’il est plus rationnel de considérer, avec Depping, comme Français, soit qu’il fût issu de la noble famille de ce nom, soil qu'il eût vu le jour au village de Garlande, dans la Brie. Ceux qui le font naître en Angleterre conviennent même qu’il avait fait ses études en France, tandis que ceux qui professent l'opinion contraire pensent qu'après la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Bâtard, il passa dans ce royaume, comme beaucoup d’autres savants français, et qu'avec la protection de ce prince il y ouvrit une école, qui devint célèbre. Las enfin d’un long séjour sur la terre étrangère, il serait, à les en croire, revenu, vers la fin du onzième siècle, habiter sa patrie, où il avait des propriétés, et y serait mort, selon les uns, en 1081, suivant d’autres , en 1098.
Un de ses ouvrages les plus curieux est un vocabulaire ch dictionnairelatin (Libellus deverborum compositione), donnant des notions quelquefois incomplètes, mais souvent très-intéressantes, sur la rhétorique, la médecine, la navigation, l’architecture, l’industrie, le vêtement , la nourriture. Depping l’a publié à la suite de son Paris sous Philippe le Bel( Documents inédits sur l'histoire de France, 1837). On a encore de lui un poëme De Triumphis Ecclesiæ, dédié à Foulques, évêque de Londres : on y voit que le onzième siècle, quand il s'avisait d’être pédant, ne l'était pas moins que celui de la Renaissance, et que les poëtes de la première époque, quand ils se piquaient de belle latinité, faisaient entrer aisément Bacchus dans le sacrement de l’Eucharistie: c’est ce que démontre, avec une érudition fort spirituelle, M. Le Clerc dans la notice qu’il a consacrée à Jean de Garlande, dans les tomes XXI et XXII de l Histoire littéraire de la France, publiée par l'Académie des Inscriptons et Belles-Lettres , en 1853. ‘
Ce poëte grammairien a laissé de plus un recueil de distiques sur les devoirs de l’homme, intitulé Facetus ; un livre sur les Miracles de la Vierge ; un poëme latin sur le Mépris du monde et un choix de centons intitulé Floretus ou Liber Florelti, réimprimé dix fois en moins de vingt ans : ces deux derniers ouvrages sont fréquemment attribués à saint Bernard; Metricus de Verbis deponentialibus Libel- Lus; Disticha hexametra moralia; Opus Synonymorum ; De Orthographia; Compendium Alchymiæ.
GARNERAY (Awsroise-Louis), peintre de marines, a été célèbre un moment, vers 1830. JL s'était depuis longtemps fait connaître aux expositions du Louvre; en 1817 on avait vu de lui quatre tableaux, et il produisait avec une grande facilité. Sa fécondité et peut-être aussi quelques louanges exagérées lui valurent une notoriété qui ne dura pas; sa gloire avorta en naissant, et pour la génération nouvelle M. Garneray n’est que l’auteur de nombreuses lithographies et de marines plus nombreuses encore et non moins insignifiantes. 1] peignit en 1831 la Pafaille de Navarin, et en 1836 le Combat naval d’ Augusta; ces toiles sont aujourd’hui dans les galeries de Versailles, avec quelques autres qu’on a peu remarquées. A côté des Isabey et des Gudin même les moins forts, les tableaux de M. Garneray ne font qu’un effet médiocre. M. Garneray fut nommé en 1832 conservateur du musée de Rouen. C’est lui qui, en 1837, a publié le catalogue de cette intéressante collection. Depuis cette époque il n’a pas cessé de travailler; mais nous sommes forcés de dire qu'il a peint un peu dans le désert. Il est mort à Paris le 11 septembre 1857,
GARNERIN (ANDRÉ-Jacques), célèbre aéronauté, qu'on peut regarder, comme l'inventeur du parachute,
la fin de cette année, il adressa une lettre à ses amis où il les exhortait à prendre part au mouvement national sous le roi Victor-Emmanuel. Nommé général sarde en 1859, il procéda à l'organisation d’un corps de volontaires, qui se composa de 5,000 hommes, et à la têle duquel il fit, du 6 mai aux premiers jours de juillet, sur le flanc de l’armée autrichienne, sa brillante campagne de Lombardie, Il tenta vainement, a près la paix, d'envahir le terriloire pontifical; c'est surtout dans ce but qu’il suscita la fameuse souscription d’un million de fusils et forma las sociation de la Nation armée (Nazione armuta). Une révolte ayant éclaté en Sicile contre le roi de Naples, au printemps de 1860, il partit de Gênes dans la nuit du 5au 6 mai, à la tête de 1,500 hommes, débarqua le 11 à Marsala, et arriva le 27 devant Palerme, oùilentra le 13 juin. Ayant ensuite occupé Messine, il quitta la Sicile le 8 août, s'empara de Reggio le 21, et le 7 septembre entra sans armée à Naples, que venait d'abandonner François IL. Il y proclama aussitôt Victor-Emmanuel, et lors de l'entrée de ce roi Garibaldi parut à côté de lui, avec sa chemise rouge et son feutre gris. On lenomma général d'armée, et il se relira dans son île de Caprera.
Elu en 1861 député de Naples au parlement italien, il y aitaqua violemment la politique de Cavour, surtout la cession de la Savoie et de Nice, puis rentra dans sa retraite. Mais vers les premiers jours du mois d'août 1862, on apprit qu’il venait de donner le signal de la guerre, et que de Corleone, en Sicile, il avait convoqué la jeunesse ilalienne et ses anciens compagnons d'armes à la conquête de Rome, Le ministère oblint du roi Victor-Emmanuel une proclamation, où Garibaldi était accusé de violer les lois et de porter atteinte à la sécurité de la patrie. Celuici néanmoins, quittant Catane, alla aborder sur la plage de Melito, et, le soir du 28 aoûi, campa sur le plateau d’Aspromonte, en Calabre. Attaqué par les troupes italiennes, il fut défait et reçut une balle au pied droit. On le tran sporla au fort de Varignano, près de la Spezzia, où, après diverses tentatives infructueuses faites par d’autres chirurgiens, le docteur Nélaton parvint à extraire la balle qui avait pénétré profondément dans les chairs. Il put être conduit, le 20 décembre, à Caprera. Au mois d'avril 1864, il fit en Angleterre un voyage qui fut un véritable triomphe. Lors de la guerre de 1866, il commanda encore les volontaires, au nombre de quarante bataillons; maïs cette seconde campagne de Lombardie n’eut pas l'éclat de la première.
Au mois d'octobre 1867, il entreprit une nouvelle {entative contre les Etats du pape, et fut défait, le 3 novembre, à Mentana, par les troupes pontificales appuyées du corps expéditionnaire français. Il parvint à gagner Terni, mais fut arrêté par ordre du ministère italien, conduit au Varignano, puis à Caprera. Quelques jours après, une amnistie était accordée pour les délits d’invasion dans les États pontificaux.
Aussitôt que Garibaldi connut la révolution du 4 septembre 1870, il se mit à la disposition des compagnies franches des Vosges; ses deux fils l’accompagnaient, 11 avait pour mission principale de couper au général Werder la route de Lyon, et y réussit. Le 6 jaivier 1871, à la suite d’un combat victorieux à Beaune, il pénétra dans Dijon, où il parvint à se maintenir, malgré les attaques des Prussieus, jusqu’à l'armistice. Élu le 8 février membre de l’Assemblée nationale française, par la Seine, la Côte-d'Or, les Alpes-Maritimes et la circonscription d’Alger, il donna sa démission le 18 février, Il voulut cepen-