GARROT — GASCOGNE
fort court passé entre les deux branches d’un jeune arbre, afin d’en contraindre une troisième qui est au milieu, et qui est le véritable montant de l'arbre; ce qui s'appelle garrotter un arbre. :
GARROT (Ornithologie), sorte d'oiseau du genro canard, dont le bec est plus court et plus étroit à sa partie antérieure ; il y en a plusieurs variétés. Le garrof proprement dit (anas clangula, Linn.) a 0,46 ou 0,48 de longueur; il est blanc, a la tête, le dos et la queue noirs ; une petite tache en avant de l'œil, et deux bandes à l’aile blanches , avec le bec noirâtre. La femelle est cendrée et a la tête brune. Ces oiseaux, qui habitent pendant l'été les contrées septentrionales des deux continents , nous viennent pär troupes du Nord en hiver, et nichent même quelquefois sur nos étangs ; mais le plus grand nombre ne se livrent aux soins de la reproduction que dans les régions froides, qu’ils regagnent dès le printemps. Leur nid est formé d'herbes grossières , et leur ponte est de sept, huit, neuf et jusqu’à dix œufs entièrement blancs. Leurs pieds très-courts , leurs doigts réunis par des membranes qui s'étendent jusqu’au bout des ongles, rendent leur marche très-pénible : aussi ne les voit-on quitter l’eau que rarement, et pour peu d’instants. Leur vol est très-rapide, quoique peu élevé, et leurs ailes produisent , en frappant l'air, une espèce de sifflement. Ils sont aussi bons plongeurs que bons voiliers; et ils vont chercher au fond de l’eau les petits poissons dont ils se nourissent ; ils mangent aussi des vers et des grenouilles, et sont extrèment gloutons. DÉMEZx.
ARROTE, L’originede ce genre de supplice, qui n’est plus en usage qu’en Espagne, remonte fort loin : c’est encore celui que subissent les condamnés à mort dans la Péninsule. L'époque de son origine n’est pas connue. Un major anglais, témoin d’une exécution de ce genre 4 Grenade, la ragonte ainsi : « On vit d’abord, dit-il, au milieu de la Plaza del Triumpho, une grande potence avec un escalier pour y monter, et sur la droite une garrote, supplice dont le genre d'exécution me frappa. Un certain nombre de tabourets étaient rangés sur une plate-forme et appuyés chacun contre un poteau. Le criminel était assis sur un des tabourels : on lui passa un collier de fer autour du cou, et l’exéteur, en tournant une vis mit fin en un clin d'œil à l’exisfence du patient. La mort qui en résulte m’a semblé devoir être assez douce.» Durey (de l'Yonne),
GARROTTEURS. Voyez CHAUFFEURS,
GARROWS, peuple de l’Indetransgangétique, demeuré encore aujourd'hui à peu près à l’état sauvage, mais dont le dialecte (le gaura ) n’en est pas moins l’idiome savant des Indous, celui dont on se sert le plus généralement pour l'enseignement, et dans lequel ont été traduits à cet eflet un grand nombre d'ouvrages sanscrits.
GARUM, saumure très-précieuse chez les Grecs et les Romains contemporains de Pline. Pour la préparer, on jetait dans un vase profond des maquereaux et des intestins de thons , de sardines et autres poissons ; on écrasait grossièrement le tout, et on y ajoutait une grande quantité de sel, On exposait le vase à l’ardeur du soleil, et on remuait de temps à autre. Quand la fermentation était arrivée au point convenable, c’est-à-dire au bout d’environ deux mois, on enfonçait dans le vase un long panier d’osier d’un tissu serré ; Ja portion liquide du mélange passait à travers le tissu du panier, etétait recueilli avec soin ; c'était le véritable garum, liqueur âcre, nauséabonde, à demi putréfiée, mais que les Apicius Payaïent jusqu’à vingt francs le litre, parce qu’ils lui Téconnaissaient la propriété de réveiller l'appétit. La partie ferme qui restait dans le vase avait beaucoup moins de valeur; cependant, vendue sous le nom d’arec, elle servait encore à l’'assaisonnement de quelques ragoûts.
GARUS (Elixir de). L'élirir de Garus, que quelques suteurs désignent sous le nom d’a/coolat ou d'esprit de safran composé, ne diffère de ce dernier que parce qu'il contient du sirop de Capillaire et une matière colorante. Scn nom lui vient de celui de son inventeur. Les substances
DICT. DE LA CONVERS, — 7, x.
principales qui composent cet élixir sont la myrrhe, le safran, la cannelle, le girofle, l’aloès, l'esprit de vin, etc, Pour le préparer, on fait d'abord macérer toutes ces substances résineuses ou aromatiques dans l'esprit de vin pendant huit jours environ, puis on distille. On obtient une liqueur trésaromatique, mais amère et désagréable. Pour la transformer en élixir de Garus, il suffit d'y ajouter une certaine quantité de sirop de capillaire et d’eau de fleurs d'oranger, dans laquelle on a fait dissoudre un peu de caramel pour lui donner une couleur d’or. M. Fée propose avec raison de remplacer le caramol par une partie du safran que l’on ne met pas en macération, et que l’on conserve pour ajouter à l'ulcoolat obtenu par la distillation : l'élixir ne perd pas alors de sa suavité, ce qui a lieu lorsqu'on y ajoute du caramel.
Le garus est une liqueur très-douce et très-agréable. Ses propriétés médicales sont toniques et excitantes : il peut calmer les maux d’estomac causés soit par une mauvaise digestion, soit par une irritation de cet organe.