‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 140 sur 552 · GASSENDI — GASSION · texte numérisé non relu

GASSENDI — GASSION

Louis de Valois, comte d’Alais, et depuis duc d’Angoulème, vint en Provence, connut Gassendi, se lia intimement uvec lui, et le présenta en 1641 pour les fonctions d'agent général du clergé; mais le sage préféra la tranquillité à la rjchesse, et céda cet emploi à son concurrent, l'abbé Hugues, En 1645, on pensa à le charger de l'éducation du jeune Louis XIV. Il refusa cet honneur, préférant la douce indépendance de l'étude, la vie de famille, aux chaînes brillantes d’une si haute position. Ce fut peut-être un malheur, Qui sait en effet si Louis XIV, instruit à des idées de tolérance par Gassendi, n’eût pas épargné à la grandeur de son règne un déclin qui en ternit l’éclat? La reine de Suède, Christine, rechercha son commerce. Elle lui fit d’abord écrire par

Bourdelot qu’elle serait charmée d’entrer en correspondance,

avec lui, et bientôt on la voit elle-même lui écrire . « Je vous consulterai comme l’oracle de la vérité, pour m'éclaircir de mes doutes, et si vous voulez prendre la peine d’instruire mon ignorance, vous ne ferez autre chose sinon d'augmenter le nombre de ceux qui savent vous estimer dignement. » Quand Christine abdiqua, Gassendi la félicita, et l’on assure qu’en cette circonstance l’admiration du philosophe causa une joie extraordinaire à la reine de Suède,

Le cardinal de Richelieu força, en 1645, Gassendi à accepter une chaire de mathématiques au collége royal. Après y avoir réuni longtemps une foule d’auditeurs, Pauteur de la Philosophie d’Épicure , épuisé par le travail, et victime de l’usage immodéré de la saignée, qui était alors devenue une manie, mourut le 14 octobre 1655. 11 fut enterré à Saint-Nicolas-des-Champs, dans la chapelle de Saint-Joseph, où sont encore son buste et son tombeau, à côté de la tombe de son oncle Guillaume Bu dée. Quand il avait senti la vie lui échapper, il avait pris la main de son secrétaire, l'avait posée sur son cwur et lui avait dit:« Voilà ce que c’est que la vie de l’hoinme. » Ses principaux ouvrages sont (sans parler de ses productions mathématiques et astronomiques) : 1° Exercitationes paradoxicæ adversus Aristotelem (Grenoble, 1624); 2° Disquisitio metaphysica adversus Cartesium (Paris, 1642); 3° De Vita et Moribus Epicuri( Lyon, 1647 ); 4° Syntagma Philosophiæ Epicuri (Lyon, 1649 ); et quelques écrits polémiques. Les œuvres complètes de Gassendi ont été publiées à Lyon (1658), et à Florence (1728), en 6 volumes in-folio.

DE PONGERVILLE, de l’Académie Française,

GASSION (Jean pe), maréchal de France, naquit en 1609, à Pau; son père était président du parlement de cette ville, et professait la religion réformée. Jean de Gassion fit ses premières armes en Piémont et dans la Valteline, à l’armée commandée par le duc de Rohan. 11 passa ensuite au service de Gustave-Adolphe, roi de Suède, qui lui confia le commandement d'une compagnie destinée à sa garde. Le boulet qui tua ce prince à Lutzen (1632), arrêta Jean de Gassion au milieu de la carrière que lui avait ouverte l'amilié de ce héros. Rentré en France, il alla rejoindre l'armée aux ordres du maréchal de La Force en Lorraine. Lesiége de Dôle, les prises d’Hesdin et d’Aire lui fournirent l’occasion de se signaler par sa valeur et par son habileté. En 1639, l’énergique répression d’une insurrection qui avait éclaté à Rouen lui valut le grade de maréchal de camp. A la bataille de Rocroy il commandait l'aile droite , et contribua puissamment au gain de cette journée. Blessé dangereusement au siége de Thionville (1643), il reçut le bâton de maréchal de France, L'année suivante, il fut envoyé avec le titre de lieutenant général à l’armée de Flandre commandée par Gaston d'Orléans, et se signala encore aux siéges de Furnes et de Gravelines, Cette dernière place succomba sous ses efforts combinés avec ceux du inaréchal La Meilleraye, malgré la mésintelligence ouverte qui éclata entre les deux maréchaux pendant la durée même du siége, et qui faillit amener une sanglante collision entre les corps placés sous leurs ordres respectifs. Dans la campagne de 1647, ses démélés avec le maréchal de Rantzau, qui commandait avec lui, empêchèrent l’armé française de se porter à temps au se

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