GASSION — GASTON
cours de Landrecies, assiégé par l'archiduc Léopold. La place dut capituler. Cependant Gassion vint assiéger Lens. Le 28 septembre 1647, à l'attaque d’une palissade, il fut atteint d’un coup de feu à la tête. Cinq jours après, il succombait à Arras, des suites de cette blessure. Le maréchal de Gassion était resté célibataire; de bonne heure, il avait refusé divers partis avantageux. « Je ne fais pas assez de cas de la vie pour en faire part à quelqu'un, disait-il. »
GASTEIN (Eaux de) ou de Wildbad-Gastein, lune * des plus célèbres sources thermales de l'Allemagne, située dans le cercle de Salzach, duché de Salzbourg, Haute-Autriche, était déjà fréquentée du temps des Romains , et fut visitée dès 1436 par le due Frédéric d'Autriche, devenu plus tard empereur d'Allemagne.
Le village de Gastein, dont la population fixe est d’environ 1,400 habitants, est situé à 1,080 mètres au-dessus du niveau de la mer, au pied du Graukogle, haut de 2700 mètres, dans une étoite vallée des Alpes Noriques arrosée par l’Ache, qui, à peu de distance de l'établissement thermal, forme une des plus magnifiques cascades de l’Europe, et entourée de hautes montagnes parfaitement boisées que dominent au loin les glaciers. Il offre en quelque sorte le panorama complet du caractère imposant des contrées alpestres, mais en revanche est assez peu favorablement situé pour les malades qui vienneut y chercher la santé. Le climat, en raison de l'élévation extrême du sol, est âpre et froid.
On y compte six sources, dont les plus bienfaisantes sont la source des Princes, la source du Docteur, la source de l’empereur Franz et la grande source. Elles produisent toutes les mêmes effets , et leur température varie de 30 à 38°R. Les eaux de Gastein , qu’on prend soit en boisson , soit sous forme de bains doivent leurs effets aux eaux alcalines et salines ; et la cause de ces effets n’est pas claire, puisqu’à l'analyse chimique elles ne différent guère des eaux de source ordinaire. Elles sont légèrement excitantes , vivifiantes et fortifiantes, d’ailleurs calmantes, adoucissantes et apéritives. Aussi les emploie-t-on avec succès dans les affections chroniques des nerfs, dans les maladies des organes génitaux consistant en faiblesse de divers genres, dans les anciennes douleurs rhumatismales et arthritiques, dans les mauvaises suites de blessures, dans les affections de la membrane pituitaire et dans les maladies chroniques de la peau. Il faut se garder d’en faire usage pour les congestions du sang vers la tête et pour la pléthore du bas-ventre. Bien que la situation peu favorable de létablissement thermal appelât des améliorations, ce n’est qu’en 1830 que les plus indispensables ont été effectuées.
Depuis 1860, Guillaume I°*, roi de Prusse, est allé plusieurs fois prendre les eaux de Gastein. En 1865, M. de Bismark, qui l'y avait accompagné, signa, le 14 août, avec M. de Blome, l’envoyé autrichien, la fameuse convention de Gastein, qui réglait l'affaire des duchés de l’Elbe, en donnant le Holstein à l'Autriche et leSchleswig à la Prusse. De celte convention, différemment interprétée par les deux gouvernements, sortit la guerre de 1866.
GASTEROPODES (de yaorp, ventre, et moûs, xoû6s, pied). Les gastéropodes constituent une classe très-nombreuse de mollusques, que Cuvier, dans ses travaux sur la classification de ces animaux , a substituée à celle désignée Sous le nom de limaces par Pallas, et sous celui de repentia par Poli et Lamarck. Ces mollusques rampent généralement Sur un disque charnu, placé sous le ventre comme un large pied, et formé de fibres qui se croisent en sens divers. La plupart ont une coquille produite par le manteau qui s'étend plus ou moins sur leur dos, de manière à recouvrir presque entièrement le test de l’animaï. 11 prend diverses formes, et offre des couleurs très-variées ; il y en a de symétriques et d’une seule pièce ; d’autres sont de plusieurs pièces ; il en existe également qui n’offrent aucune régularité. Il y a des espèces dont les coquilles sont tellement concaves et croissent si longtemps qu’elles forment une spirale oblique,
produite par un cône dans lequel se lacent successivement d’autres cônes plus larges dans un sens que dans l’autre, ce qui donne à la coquille cette forme dont nous venons de parler, La tête des gastéropodes se montre plus ou moins, quoique placée en avant, suivant son enfoncement sous le man: teau ; leurs tentacules; au nombre de deux à six, sont petits et placés au-dessus de la bouche sans Pentourer : ces tenta cules manquent quelquefois; ils sont tantôt filiformes, comme dans les mélanies, tantôt triangulaires, comme dans les lim nées ; il y en a aussi de cylindriques. Tous ces tentacules sont plus ou moins rétractiles; ils servent au toucher et à l’'odorat. Leurs yeux, adhérents tantôt à la tête, tantôt à la base, au côté ou à la pointe du tentacule, sont très-petits et toujours au nombre de deux ; il est même quelques espèces qui n’ont pas d’yeux; toutes ont un seul cœur, placé entre la veine pulmonaire et l’aorte.
La division des familles a été fondée sur la position, la structure et la nature de leurs organes respiratoires, qui sont très-variables : en effet, les uns respirent par des poumons, d’autres par des branchies. Il en est dont les sexes sont séparés et d'autres qui sont hermaphrodites; il y en a même qui n’ont qu’un seul sexe et qui peuvent se reproduire sans le secours d’un autre individu. Un grand nombre de gastéropodes, principalemeut de ceux qui sont à coquille spirale, ont un opercule corné ou calcaire, attaché sur la partie postérieure du pied, qui ferme la coquille lorsque l'animal y est rentré; ceux de ces mollusques qui en sont privés ont un organe qui peut remplacer l’opercale, et qu’on nomme épiphragme : ces petits corps sont destinés à les préserver de la rigueur des saisons. Toutes les espèces de gastéropodes n’ont pas les coquilles dontnous avons parlé : les unes sont nues; chez quelques autres, le test ost caché par le manteau; enfin, il en est, et c’est le plus grand nombre, dont les coquilles sont très-apparentes. C. FAVROT.
GASTÉROSTÉE (en latin gasterosteus). Voyez Épino- CHE.
GASTON. Plusieurs comtes de Foi x ont porté ce nom.
GASTON I!", dit le Magnifique, onzième comte de Foix, succéda, en 1302, à Roger Bernard III, son père, et malgré Philippe le Bel, il fit en 1303 la guerre au comte d’Armagnac. Gaston soutint le roi dans ses guerres contre la Flandre, et s’y comporta vaillamment. Il fit en 1308 la guerre au roi de Majorque, conclut la paix en 1308, et se tourna alors une seconde fois contre le comte d’Armagnac; en vain les légats du pape lui enjoignirent de se retirer avec son armée, et le frappèrent d’excommunication ; il fallut un arrêt du parlement, une dure captivité au Châtelet, pour que Gaston renonvelât la paix au comte d’Armagnac. Gaston fit ensuite la nouvelle guerre des Flandre, et mourut à Pontoise en 1315.
GASTON II, son fils, lui succéda à l’âge de sept ans. A onze ans il combattait dans la guerre des Flandres, à quinze ans dans celle de Gascogne. Marié alors à une femme qui fut une des femmes remarquables de son époque, Éléonore de Comminges, il soutint d’un côté le roi de France dans les guerres contre les Anglais, à la tête de ses troupes, de façon à mériter le titre de capitaine général du roïen Gascogne, et lui refusa del’autre des subsides pour cette guerre, afin de bien sauvegarder les droits de sa couronne comtale. Gaston sesignala aux prises de Castres, de Bourg, de Blaye, fit la guerre au comte d’Armagnac, alla combattre les Anglais dans la Flandre, et ne respirant que combats, se rendit en Espagne pour aider le roi de Castille à prendre Algésiras aux Maures; il y brilla entre les plus braves, et mourut à Séville, en 1343, laissant la réputation d’un héros, eten même temps d’un sage homme, d'un négociateur habile.
GASTON III, comte de Foix et vicomte de Béarn, surnommé Phœæbus, soit à cause de sa beauté, soit parce qu’il avait pris un soleil pour devise, le plus fastuenx chevalier de son siècle, naquit en 1331. Ayant succédé tout jeune encore à son père Gaston LL, il eut bientôt à lutter contre des ennemis puissants et nombreux. Sa vie fut singulièrement agitée et toute guerrière ; il combattit d’abord les Anglais en 1345, et
jes repoussa victorieusement. Il alla ensuite servir en Prusse contre les infidèles. Pendant la jacquerie, il contribua puissamment à la délivrance du dauphin à Meaux. 11 eut ensuite à combattre le comte d'Armagnac, et cette fois c'était pour repousser les prétentions du comte sur le Béarn. Le roi de France, Charles V, réussit pourtant à réconcilier les deux rivaux, et le fils du comte de Foix épousa la fille de Jean d’Armagnac, En 1380, Gaston Phœbus fut même nommé lieutenant général du Languedoc; mais le roi étant mort un mois après, le duc d'Anjou régent nomina à sa place Jean, duc de Berry. Gaston Phœbus marcha à la rencontre de son compéliteur, le défit complétement, etconsentit pourlant à lui accorder la paix. Ce fut à peu près à cette époque (1382) que Gaston Phœæbus eut le malheur de tuer son fils unique. Froissart, dont ce prince était le protecteur et l’ami, nous a laissé un émouvant récit de ce tragique événement. Le jeune prince était accusé d’avoir voulu empoisonner son père d’après les conseils de son oncle, Charles le Mauvais. Renfermé dans une tour, il refusait de prendre aucune nourriture; son père, irrité, le frappa involontairement au cou avec un petit couteau qu’il tenait à la main. L'enfant mourut instantanément. En 1390 Gaston Phœbus céda ses États à Charles V, qui pourtant renonça plus tard à cet héritage. Il mourut l’année suivante. Vaillant et magnifique guerrier, il cultiva les lettres et les arts; violent de caractère, il aimait la chasse avec passion; ses équipages de vénerie et de fauconnerie surpassaient ceux des princes les plus riches. 11 a laissé un livre qui est un traité complet et méthodique de là chasse, II est intitulé : Miroir de Phæbus, des deduicts de la chasse des bestes sauvaiges el des oyseaux de proie.
GASTON IV, de lamaison de Grailly, fils de Jean de Grailly, comte de Foix, lui succéda, en 1436. Fait capitaine général contre les Anglais en 1439, pair en 1358, il se montra dévoué à Charles VII, qui lui donna pour son fils aîné la main de Madeleine de France, et plus tard à Louis XI, son beau-frère, quiavait unegrande admiration pour son habileté, et le nomma capitaine général des troupes qu’il envoya en Catalogne. Néanmoins, en 1471, il se laissa entraîner par le duc de Bretagne, qui avait épousé une deses filles, dansla ligue formée contre ce monarque. Gaston épousa Éléonore de Navarre, et mourut en 1472. Des historiens lui reprochent d’avoir cherché, par une série de forfaits, la possession de la couronne de France. D’autresle représentent comme un grand caractère, franc, loyal, embrassant un parti avec conviction et sans arrière-pensée, ayant beaucoup d’élévation dans l’esprit et d’habileté dans la conduite des affaires. Il eut une grande passion pour les joutes et les tournois; son fils aîné, prince de Viane, fut mortellement blessé dans un de ces tournois qu’il affectionnait tant.
[GASTON DE FOIX, duc de Nemours, fils de Jean de Foix, comte d'Étampes, vicomte de Narbonne, et d’Isabelle de France, sœur du roi Louis XII, fut l’un de plus célèbres capitaines de son temps. A l’âge où les princes font leurs premières armes, il commandait la puissante armée d'Italie, Après avoir battu les Suisses près de Côme et près de Milan, il délivra Bologne, assiégé par l'armée confédérée du roi d’Espagne, du pape et des Vénitiens, et reprit Brescia. Profitant de ses avantages et de la confusion qu’il avait portée dans les rangs ennemis, il se jetta ensuite avec une étonnante rapidité sur la Romagne. Une victoire plus éclatante et plus décisive l’attendait dans les champs de Rayenne. Il justifia dans cette terrible journée le surnom de foudre de guerre que lui avaient donné les Espagnols; heureux s’il eût suivi les sages conseils de Bayard, et si, maître du champ de bataille, il ne se fût point exposé comme un simple aventurier, et n’eût pas compromis, par une bravoure irréfléchie, les résultats de la bataille. Ayant aperçu, dit Brantôme, un maraud d’aventurier qui s'enfuyait, il lui demanda ce qu'il avait : « Ah! monsieur, dit-il, ce sont les Espagnols qui nous ont défaits, » A ces mots, le prince s’éeria: « Qui m'aime, me suivel» et accompagné d’une vinglaine de braves, il chargea dans un