‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 171 sur 552 · GELLERT · texte numérisé non relu

GELLERT

mant 130 dessins. On dit que les trois autres se trouvent en Espagne.

GELÉE BLANCHE. Au commencement du printemps ou vers la fin de l’automne, il arrive, même par des nuits sereines, et quoique la température de l’air soit au-dessus de zéro, que la surface du sol se couvre d’une couche de petits glaçons très-rapprochés les uns des autres: c’est ce qu’on est convenu d'appeler gelée blanche. C’est une sorte de givre, ou, pour mieux dire, c’est de la rosée qui s’est déposée par un plus grand degré de froid.

GÉLIMER, appelé aussi Gilimer, se laissa entraîner par une ambition qui devint funeste au royaume des Vandaleset à lui. Descendant deGenséric, et destiné par sa naissance à remplacer Hildéric, qui n'avait pas d'enfants, il se montra impatient de régner, et en 530 précipita du trône le confiant Hildéric. Justinien, empereur de Constantinople, voulut venger son allié, ou plutôt il saisit ce prétexte pour attaquer les Vandales, dont il était jaloux. Bélis aire, son général , à la tête des légions qui avaient combattu les Perses, s'empare de Carthage, met en fuite Gélimer à la sanglante bataille de Tricaméron et le fait prisonnier sur une montagne où il s'était fortifié. Le dernier roi des Vandales orna le triomphe de Bélisaire. Sa valeur et son habileté dans les combats, sa fermeté et sa résignation dans la défaite, lui attirèrent les égards du vainqueur. Quoique usurpateur, il fut traité en roi. Justinien lui donna, dans la Galatie, un domaine considérable. Le royaume des Vandales devint une province de l’empire romain; il avait subsisté 134 ans depuis sa fondation par Genséric.

GELINOTTE, nom donné à plusieurs oiseaux de l’ordre des gallinacés, compris dans les genres éetras, pterocles et perdrix. Les gélinottes ont beaucoup de rapports avec nos perdrix communes, pour la grandeur , le plumage et la pose. Les principales espèces sont la gélinotte, poule des coudriers ( tetras bonasia), un peu plus grosse que la perdrix grise, d’un plumage agréablement varié de brun , de blanc, de gris et de roux, portant une bande noire transversale près du bout de la queue, et une huppe sur la tête : la gorge des mâles est noire ; la gélinotte noire d'Amérique (tetras canadensis), d’un brun assez foncé et nuancé de roux; la gélinotte des Pyrénées (plerocles setarius), plus allongée et plus forte que la perdrix, à plumage écaillé de fauve et de brun, la queue en pointe très-longue, par le prolongement des deux pennes du milieu; elle habite le midi de la France. Ces espèces, ainsi que plusieurs autres (tetras fasianellus, senegalus, arenarius, perdix aragonica), sont un gibier d’un goût exquis. P. GAUBERT.

GELLE (AuLu). Voyez AuLu-GELLE.

GELLERT (Curisrian-TuéoriME), naquit en 1715, à Haynichen, dans l’£rzgebirge, où son père remplissait les fonctions de pasteur et n’avait pas médiocrement de peine à nourrir ses treize enfants. Aussi dès l'âge de onze ans, lejeune Christian Gellert dut-il par un travail de copiste contribuer à alléger les charges de sa famille. Son éducation, son goût pour la poésie et les lettres, le portèrent à choisir la carrière de l’enseignement, après une tentative malheureuse pour aborder la chaire évangélique. Il donna d’abord ses soins à l'éducation de deux jeunes gentilshommes danois; puis il ouvrit à Leipzig un cours public de littérature et de morale, qui obtint le plus grand succès. Tout en donnant des leçons particulières, il se livrait au travail de la composition littéraire et s’efforçait de doter son pays d’une gloire qui lui fût propre; et on peut dire que la bonté, la candeur , l'honnêteté de son âme, inspirèrent toujours sa muse. Le recueil de ses Fables rendit bientôt son nom populaire, Pleins de naturel et de bonhomie, comme ceux de notre grand fabuliste, d’ailleurs si supérieur à Gellert en géme, les apologues de ce dernier, aisément lus et compris de toutes les classes du peuple, leur faisaient en même temps comprendre et aimer toutes les vertus sociales, et les attachaient à l’auteur; ainsi qu’en témoignent bon nombre de traits naïfs. Gellert publia ensuite des contes, des comédies,

et son roman intitulé Za Comtesse suédoise de C***, Ces publications furent toutes très-bien accueillies du public. Son roman était la première œuvre de ce genre qui eût paru en Allemagne. Il donna aussi à son pays le premier modèle du style épistolaire, en publiant le recueil de ses lettres avec une dissertation sur ce genre de style. Ses hymnes et ses odes sacrées suivirent cette publication.

La faiblesse de sa santé, ses habitudes mélancoliques et sa modestie le détournèrent de l'enseignement académique. Mais la cour de Saxe, pleine d'estime pour son mérite, le nomma professeur extraordinaire de philosophie. Son cours public sur la poésie et l’éloquence, et par la suite la lecture de son cours de morale, attirèrent constamment une grande affluence d’auditeurs. Les officiers y accouraient comme auprès de leur général. Gœthe, qui faisait son premier cours universitaire à Leipzig, fut l’un de ses disciples. Mais le génie qui a pris si souvent Méphistophclès pour interprète ne pouvait guère s’accommoder de la pure et douce morale professée par Gellert. Aussi la trouvaitil molle, efféminée, et bonne seulement à former des dupes. C’est ainsi qu'il s’en exprime dans ses mémoires, en citant ce mot comme d’un Français, que l’on pourrait fort bien prendre, sans courir grand risque de se tromper, pour un frère jumeau de l’auteur original du Temple de Cnide. Quoi qu'il en soit, la morale de Gellert devrait être celle de tout le monde, et restera toujours celle des cœurs que le monde n'aura pas corrompus.

Les travaux de Gellert augmentaient ses souffrances. Souvent, malgré lui, sa mélancolie dégénérait en tristesse et en abattement. Mais jamais ses maux ne furent à charge à ses amis ni à ses élèves. Le prince Henri de Prusse, frère du grand Frédéric, aimait à s’entretenir avec le bon professeur, Frédéric lui-même lui témoignait de l’estime. Plusieurs grands personnages s’empressèrent d'augmenter par des présents et des pensions le médiocre revenu de l’excellent professeur, que sa bienfaisance était toujours prêt à partager avec les malheureux. Ses besoins étaient très-borné;; il s'était habitué à vivre de peu. Il vit approcher avec joie la fin de ses longues souffrances, disant qu’il n'aurait pas cru qu'il fût si difficile de mourir. Sa mort, arrivée le 14 décembre 1769, causa un deuil universel. Peu d’hommes célèbres ont excité des regrets plus vifs et plus sincères. Une reine respectée pour ses vertus, Élisabeth, épouse du grand Frédéric, honora l’estimable écrivain, et s’honora elle-même, en traduisant en français ses Poésies sacrées et son Cours le Morale (Berlin, 1789). Ce cours avait déjà été traduit par M. Pajon (Utrecht et Leipzig, 1772). Il existe trois traductions de ses fables, de ses contes et de La Comtesse suédoise. Ses lettres ont été traduites par Huber et M" de la Fite ( Utrecht, 1775). Ses comédies, La Fausse Dévote, les Tendres Sœurs, Le Lot gagné, ont eu également les honneurs de la traduction. AUBERT DE VITRY.

GELON , roi de Syracuse, fils de Dinomène, naquit à Géla, en Sicile, vers 535 avant J.-C. Il se distingua dans les guerres qu'Hippocrate, tyran de sa patrie, eut à soutenir contre ses voisins, qu'il subjugua presque tous; peu s'en fallut même que Syracuse ne tombât alors en son pouvoir, Après la mort d'Hippocrate, Gélon s'empara de sa puissance, et sous prétexte de défendre les droits des enfants du tyran, il prit parti contre les citoyens. Quelque temps après, vers l'an 500 avant J.-C., il s’'empara de Syracuse au moyen de quelques bannis qu’il y avait fait entrer, et qui décidèrent le peuple à lui en ouvrir les portes, abandonna Géla à Hiéron, son frère, agrandit, fortifia Syracuse et son territoire, et se créa des forces considérables : plusieurs victoires avaient déjà illustré son nom, et il possédait une marine redoutable, lorsque les Grecs, attaqués par Xerxès, implorèrent son secours : Gélon le promit, à condition qu'il serait gé-

néral en chef de toutes les forces réunies ; les Grecs refusè- !

rent par orgueil, L'habileté de Gélon fut bientôt nécessaire à son pays, Les Carthaginois, voulant faire la conquête de la Sicile, envoyèrentune nombreuse armée, qui assiégea Hi-

GELLERT — GEMEAUX

| mère; Gélon la défit, et imposa aux vaincus lobligation | de ne plus immoler de victimes humaines : c'était la première fois que dans un traité de paix on s’occupât des intérêts de l'humanité. Gélon voulut abdiquer; mais ses sujets le supplièrent de rester à leur tête; il travailla sans cesse à leur bonheur, et sa mort, arrivée l’an 477 avant J.-C., fut une calamité publique. Son frère Hiéron lui succéda. Plus de cent trente ans après, Timoléon, ayant rétabl la liberté à Syracuse, fit vendre toutes les statues des anciens rois, après avoir fait à chacune son procès, et avoir fait entendre de nombreux témoins. Celle de Gélon fut seule préservée par la reconnaissance publique. F. Haray. GEMARE ou GHEMARA. Voyez TALmuD.

GEMBLOUX ou GEMBLOURS, petite ville wallon:

ne, dans la partie septentrionale de la province de Namur (Belgique), dépendant autrefois de la province de Brabant, compte environ 3,000 habitants, est célèbre par la victoire qu’y remporta sur les Flamands le gouverneur espagnol don Juan d'Autriche, et plus encore par les restes grandioses de la magnifique abbaye de bénédictins qu’elle possédait jadis, Fondée, l'an 922, par saint Gilbert, descendant des rois francs, restée soumise à l’autorité immédiate du saintsiége jusqu'en 1503, époque où elle passa sous la juridiction du chapitre de Bursfeld , et dotée de priviléges importants, elle parvint bientôt à une telle splendeur, que, sous le titre de comté, elle prenaïit le premier rang parmi les états du Brabant. Cet éclat temporel de l’abbaye de Gembloux n’empécha point les membres de l’ordre d'acquérir un grand et juste renom de savoir : et c’est leur compagnie qui, vers le commencement du douzième siècle, rédigea la chronique connue sous le nom de Chronique de Sigebert de Gembloux, l'une des sources les plus précieuses pour l'étude de l’histeire du moyen âge.

GÉMEAUX. Cette constellation occupe, selon 1’ des signes septentrionaux, la troisième place dans le zodiaque. Cet astérismeest ainsi figuré dans nos almanachs). (Son nom, chez les Latins était Gemini, et chez les Grecs àtôvuor, deux mots qui l’un et l’autre signifient doubles ou gémeaux. Cetie constellation était l’amie des navigateurs dans l’antiquité; c'était sous son invocation que les vaisseaux étaient mis à la mer. Les Grecs et les Romains l’appelaient généralement Castor et Pollux, Tyndarides, Dioscures. L'existence de ces deux frères inséparables coïncida merveilleusement avec le phénomène de cet astérisme, dont les deux belles étoiles qui formulent la tête de chacun sont disposées de manière que l’une se lève quand l’autre se couche. En effet, les Gémeaux paraissent se tenir embrassés et descendre les pieds droits; ils semblent au centraire inclinés et couchés en se levant. Toutefois, Manilius nomme ce signe Apollon et Hercule Égyptien ; mais Horus et Harpocrate, divinités que ne séparaient jamais les prêtres de Memphis, étaient plus généralement son appellation chez le peuple égyptien. Chez les Grecs, cet astérisme était le symbole de l'amitié ; aussi l’appelaient-ils encore Triptolème et Jasion, ou Amphion et Zétus, et quelquefois Thésée et Pirithoüs. Selon le catalogue de Flamsteed, les Gémeaux sont formulés par un groupe de quatre-vingt-cinz étoiles, dont la plupart ne sont point visibles à l'œil nu. Six d’entre elles seulement brillent d’un éclat plus ou moins remarquable : deux de la seconde grandeur , d’une belle iumière, et près du zénith, sont, l’une à la tête du Gémeau occidental, et Pautre à la tête du Gémeau oriental; à chacun de leurs pieds luisent, mais d’un plus faible éclat, deux autres étoiles placées de même et parallèles aux deux plus grandes ; deux autres, indiquant les genoux, sont semblables à ces dernières. En réunis: sant avec des lignes les têtes et les pieds des Gémeaux, on a un parallélogramme, Les têtes des Gémeaux sont dirigées vers la grande Ourse et les pieds vers le magnitique astérisme d’Orion, Ils occupent l’espace du ciel qui est entre ces deux ! constellations; enfin, une ligne tirée de la yrande Ourse | aux Gémeaux, étant prolongée au delà leurs pieds, abouti- , rait à l'épaule orientale d'Orion, c'est-à-dire à l'étoile la

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