‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 172 sur 552 · GÉMEAUX — GENCIVE · texte numérisé non relu

GÉMEAUX — GENCIVE

plus orientale et la plus boréale de ce brillant astérisme. C’est du 19 au 23 mai que le soleil semble quitter la constellatiun du Taureau pour passer dans la partie du ciel occupée par les Gémeaux. Quand le soleil paraît arriver à l'extrême limite des Gémeaux, vers le 20 juin, l'hémisphère septentrional sort du printemps pour entrer en été; et, au contraire, l'hémisphère méridional voit son automne finir et commencer son hiver. DENNE-BaRoON.

GÉMILAH. Voyez DiÉmLan.

GÉMINÉ (dulatin geminare, doubler, redoubler, accoupler). En droit, les actes géminés et les commandements géminés sont ceux qut ont été réitérés. En botanique, l’on donne cette épithète aux parties des plantes qui naissent deux ensemble du mème lieu, ou qui sont rapprochées deux à deux. 11 y a des étamines, des folioles, des fleurs, des épines géminces.

On appelie lettres géminées celles qui, dans les inscriptions et les médailles, marquent toujours deux personnes : les lettres S et P dans COSS et IMPP, désignant deux con- | suls ou empereurs, étaient géminées ; il'en était de même de celles IMP PP désignant trois empereurs. Nos deux | | |

MM. employés comme abréviation de messieurs, sont des lettres géminées, ainsi que LL. MM., LL. AA., leurs matestés, leurs altesses, etc.

GÉMISSEMENT.,. C'est une voix plaintive, tendre, pi- | toyable, inarticulée, qui s'échappe d’un cœur serré et oppressé. Il ne faut pas confondre le gémissement et la Zamentation. La lamentation, dont le son est plus élevé et se prolonge davantage, est l'expression d’une affliction plus vive et plus prolongée : ainsi, on dit les Zamentations et | non pas les gémissements de Jérémie. Le gémissement n’an- nonce que la sensibilité; la Zamentation marque en général une sorte de faiblesse. C’est ce qui faisait dire à Cicéron : « Le gémissement est quelquefois permis aux hommes, les lamentations ne le sont pas même aux femmes. » Que | penser alors de ce pieux Énée, qui ne fait que gémir et qui à la première disgrâce s’abandonne aux lamentations ?.… Le gémissement est la plainte de l’âme; c’est l'expression vocale de la souffrance , de la douleur, de l’affliction ou du mécontentement (coyez Cm). D° GiniEz.

GEMMA (ReyNier), surnommé souvent Frisius, à cause du lieu de sa naissance, savant physicien et mathématicien hollandais, naquit à Dockum, dans la Frise, en 1508. I] était professeur de médecine à l’université de Lonvain ; Mais il dut sa grande réputation à ses importants travaux relatifs aux mathématiques et à l'astronomie, parmi lesquels nous citerons les ouvrages suivants: Methodus arithmeticæ; De usu annuli astronomici ; De locorum describendorum ralione, deque distantiis eorum inveniendis; Libellus de principiis astronomiæ et cosmographiæ; Demonstrationes geometricæ de usu radii astronomici, etc. Gemma jouissait dans le monde savant d’une considération telle que Charles-Quint l'invita souvent à venir à sa cour ; mais il eut la modestie de s’y refuser, assez sage pour préférer la tranquillité de sa retraite toute philosophique aux honneurs que lui aurait fait rendre la faveur impériale. Il mourut’ Louvain, en 1555.

Son fils, Cornelius Geuma, né à Louvain, en 1535, mourut en 1579, laissant le renom de poëte, de philosophe et de physicien. 11 fut professeur de mathématiques à l’université de Louvain. Entre autres ouvrages dont on lui est redevable, nous citerons la savante dissertation qu’il publia en 1573, à l’occasion de la nouvelle et brillante étoile qui apparut l’année précédente dans la constellation de Cassiopée, et qui disparut après être restée visible pendant dix-huit mois. Elle est intitulée : De stella peregrina quæ superiori anno apparere cœpit, etc.

GEMMAA GIAZAOUANH. Voyez Dieumas Gna- AOUAH.

GEMMATION, GEMMIPARITÉ (de gemma, bourgon) , reproduction des animaux ou des végétaux au moyen une sorte de corps reproducteurs qui ne sont ni des œufs

ni des boutures, et qu’on désigne usuellement sous lé nom de bourgeons (voyez BouRGEONNEMENT).

GEMME. Voyez PIERRES PRÉCIEUSES.

GEMME (Sel). Voyez Se.

GEMMES ORIENTALES. Voyez Connnox.

GEMMIPARITE. Voyez Gemmarion.

GÉMONIES (Gemoniæ scalæ), lieu où l'on suppliciait ordinairement les malfaiteurs, à Rome. C'était un endroit creux, une espèce de puits dans lequel on avait disposé des marches faites de telle manière, que les coupables une fois lancés roulaient sans pouvoir s'arrêter sur ces échelons rapides, se brisaient inévitablement ayant d’arriver au fond du précipice et y trouvaient une mort horrible. Les Gémonies étaient situées dans la treizième région, où se trouvait placé le temple de Junon Reine. L'an de. Rome 358, Camille les destina à exposer les corps des criminels à la vue du peuple; des soldats veillaient à ce que l’on n’enlevät pas les cadavres pour leur donner la sépulture, et les traînaient dans le Tibre avec un croc, lorsqu'ils tombaient en putréfaction. Ces horribles précautions inspiraient tant de terreur, que la superstitieuse populace de Rome croyait que les Gémonies étaient hantées la nuit par des esprits malfaisants. Elle jugea plus d’une fois du degré de culpabilité par la corruption plus ou moins rapide des restes des suppliciés.

GEMSCHID. Voyez DsEMscrtD.

GENCIVE. Ce mot, dérivé du substantif latin gingiva, sert à désigner un tissu rougeâtre et très-serré qui entoure les dents, les maintient en place et les affermit: à cet effet, il adhère fortement d’une part aux bords alvéolaires des mâchoires, et se continue avec la membrane dont l’intérieur de la bouche est revêtu. C’est sur les gencives que se manifestent les premières maladies dont l’homme est aflligé. Elles accompagnent plus ou moins le douloureux travail de la dentition; à cette époque chanceuse de la vie des enfants, les gencives se tuméfient, rougissent, s'enflent et deviennent le théâtre d’une phlegmasie qui, retentissant au cerveau, cause souvent des convulsions, le délire, etc. Longtemps avant de voir apparaître les dents, les enfants tiennent leurs doigts dans la bouche en raison du prurit et de Pirritation légère qui s'accroît à mesure que l’époque dentaire se rapproche. Il faut dans les cas difficiles recourir À la chirurgie; car il est quelquefois nécessaire d’inciser crucialement les gencives pour favoriser la sortie des dents ; dans d’autres cas, il convient de soustraire du sang sur ce tissu enflammé, soit par des scarifications, soit par des sangsues.

Chez les enfants, les gencives, comme la membrane muqueuse, se couvrent souvent d’aphthes. Ces inflammations, toutes superficielles et bornées qu’elles soient, mettent assez fréquemment la vie en danger par leur confluence et par la fièvre qui les accompagne. C’est principalement dans les saisons froides et humides, dans les pays marécageux, qu'on rencontre cette irruption confluente d’aphthes ; elles sont aussi causées par une alimentation vicieuse ou insuffisante; mais comme cette affection se manifeste sur une surface beaucoup plus étendue que celle des gencives, on la traitera plus tard au mot Mucuer. Chez l’homme adulte, les affections des gencives sont encore communes et variées. On sait comment elles s’amollisent, pâlissent, se rétractent ou se gonflent et s’ulcèrent dans le scorbut. La tuméfaction et l’ulcération des gencives sont même considérées à tort par le vulgaire comme constituant cette maladie : elles sont le plus ordinairement des accidents inflammaloires, et elles cèdent plus facilement à une diète adoucissante et à des boissons rafraichissantes qu’à la tisane et aux sirops antiscorbutiques. L'usage du mercure cause ordinairement un gonflement considérable des gencives, souvent suivi de la destruction de ce tissu et de la chute des dents: c’est un inconvénient très-grave qu'on ne peut quelquefois pas empêcher avec toute la prudence requise. Les gencives sont encore le siége de l'affection appelée épu- Lie, qui débute par une fumeur isolée, et dont Les terminai-

sons sont variables : tantôt elle demeure dure et indolente, tantôt elle s’abcède et devient un foyer sanieux, d’autres fois fongueux. La tuméfaction et l’ulcération des gencives, accompagnées d’une chaleur brûlante dans la bouche et de puanteur de l’haleine, sont souvent liées à une maladie de l'estomac, et c’est l'affection de ce viscère qu’il faut combattre pour guérir la bouche. D' CHARBONNIER.

GENDARME , mot qui s’est d'abord écrit gens darmes, et qui a été une corruption du terme très-ancien {a gent d'armes (gens armata), c’est-à-dire la partie armée dela nation. Nous ne connaissons jusque ici aucune définition satisfaisante de ce terme, parce que, comme tous les mots fort anciens, moitié latins, moitié patois, celui-ci a changé maintes fois de signification. Les écrivains qui ont essayé de le traduire n’ont parlé que du temps où ils vivaient ; ils n’ont donné qu’un chapitre de l’histoire du mot; ñs ont laissé confus et presque inintelligible l’ensemble. En parlant de gens d'armes, s'agit-il des cavaliers (caballarii), au temps où la France ne parlait que latin, gens d’armes, armures, lances, feudataires, ou nobles, étaient alors même chose. S'agit-H des gens d'armes, nommés f£evaliers, quevaliers, quand le patois commence à se franciser , ces gens d’armes étaient ce que, par un terme fort confus lui-même, les modernes ont appeléchevaliers. S'agit-il de ces gens d'armes combattant aux croisades, comme soldats à cheval, des troupes où les chevaliers étaient officiers ou chevelains, était le premier essai d’une cavalerie moins mal constituée que celle qui jusque là ne se composait que de gendarmes, ou de chevaliers. S'agit-il de ces gens d’armes devenant gendarmes, s'appelant indifféremment hommes d'armes, et servant dans les compagnies d'ordonnance, non plus sous des chevaliers, mais sous des capitaines, et continuant à être armés de fer ; s’agit-il des gendarmes chefs de lance garnie, ou de ceux qui, le terme étant tombé en désuétude depuis un siècle, et l’armure ayant disparu pièce à pièce, devenaient cavalerie privilégiée dans la garde du souverain, c’étaient des troupes caractérisées par une dénomination disant le contraire de ce qu’elle voulait dire, puisque ces gendärines n'étaient plus vêtus que de bufile on de drap, et que rigoureusement gens armala signifiait race habillée de fer. S'agit-il de ces gendarmes dont le titre, succédant, en 1791, à une appellation effacée du vocabulaire depuis 1786, n'avait aucun des caractères des gendarmes de toutes ces différentes périodes? Combien n'est-il pas à regretter que, dans l’armée française, quand une institution nouvelle voyait le jour, il ne fût jamais créé un mot qui en accusât la spécialité ; c’est une des causes, c’est la principale cause des erreurs grossières où tombent ceux même qui étudient, et de lignorance profonde où restent ceux qui n’étudient pas.

Le ministre Saint-Germain ayant licencié les gendarmes de la maison militaire de Louis XVI, et son successeur presque immédiat ayant réformé ceux de Lunéville, dits petite gendarmerie, iln°y avait plus de gendarmes sur pied en 1784. Mais l’Assemblée constituante donna ce nom aux cavaliers de la maréchaussée, ou de la police royale, sans réfléchir qu’elle faisait revivre improprement une qualification qui avait été pendant des siècles uniquement féodale et synonyme de soldat noble, ou lancier armé de toutes pièces.

En même temps que ces gendarmes, il en existait d’autres, intrépides aventuriers, brillants déserteurs. Ceux-là composèrent une troupe à pied, dont le certificat de vie était un arrêt de mort, puisque le décret d'institution défendait qu’ils se recrutassent ; ils étonnèrent l’armée de Sambre et Meuse par des prodiges de valeur; mais ils étaient tellement l’opposé des anciens gendarmes gentilshommes, que l'esprit républicain, en présidant à leur création, avait voulu que tous leurs officiers fussent au choix des soldats, et redevinssentannuellement simples soldats, C'était le chef-d'œuvre de la déraison et le triomphe du chaos.

11 nous est resté de l’organisation de 1791 la gendarmerie chargée de la police de l'empire, cette gendarmerie tour à tour départementale, impériale et royale, puis encore dé-

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