‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 173 sur 552 · GENCIVE — GENDARMERIE · texte numérisé non relu

GENCIVE — GENDARMERIE

partementale, nationale et impériale, sage et utile troupe, espèce de magistrature armée, à cheval, pour laquelle il n’y a ni temps de paix ni temps de guerre, et toujours des temps de dangers et des occasions de dévouement. Les colonies, l'Algérie, les corps d'armée en campagne ont aussi leurs gendarmes , chargés dans ce dernier cas de la police militaire, et aussi d’arrêter les fuyards. Gal BarDix. GENDARMERIE. Les vieux auteurs ont écrit : gens d’armerie, gent d'armerie. C'était une locution estropiée et barbare, dont l’usage a repétri en un mot concret la périphrase et prononcé la légitimation; il est beaucoup moins ancien que le mot gendarme, et a surtout commencé à se répandre quand les gendarmes, d’abord hommes fieffés, sont devenus guerriers volontaires, sous les noms de compagnies d'ordonnance, compagnies de cent lances, et de gendarmerie de la maison du roi. Ces guerriers ont été au service du monarque, des princes, des dignitaires, et se sont séparés des chevau-légers, qui constituaient jusque là leurlance garnie, leur clientèle, leur suite armée. La gendarmerie a commencé alors à se dessiner sous un titre plus net : c'était la grosse cavalerie du temps, la cavalerie à armure complète, tandis que les chevau-légers, devenus des dédoublements des gendarmes, n'étaient qu’une cavalerie à demi-armure, La gendarmerie de la maison du roi, créée par Henri IV, et admise dans la garde du monarque par Louis XIII, fut une modification de l’ancienne gendarmerie : elle participait plutôt de la cavalerie légère que de l’autre cavalerie; elle n’avait conservé aucune pièce d’armure, pas même le casque. Son uniforme était écarlate, chargé d’agréments et de galons d’or sur toutes les coutures, avec des parements de velours noir. Les étendards étaient de satin blanc, relevés en broderie d’or, portant pour emblème un foudre, avec cette devise : Quo jubet iratus Jupiter. Au retour d’une campagne, comme les chevau-légers, elle les déposait dans la ruelle du lit du roi, leur capitaine. Elle fut abolie en partie sous le ministère de Saint-Germain; les ministres qui lui succédèrent en firent disparaître les restes, qu’on appelait gendarmerie de Lunéville. Elle reparut un instant en 1814 pour disparaître définitivement en 1815. Une troupe chargée du maintien de la police de la France échangea, un peu plus tard, son nom de maréchaussée contre celui de gendarmerie départementale; elle devint impériale et corps impérial, quoiqu’elle ne fût ni plus ni moins impériale que le reste de l’armée; mais tel est l'abus trop fréquent des dénominations vaniteusement sollicitées malgré leur insignifiance, et obtenues en dépit de la logique. Dans le principe, cette gendarmerie, ou du moins la maréchaussée à laquelle elle succédait, était un corps à la fois militaire et civil. Aussi ses officiers n’étaient-ils justiciables que des tribunaux civils ; il n’en a plus été ainsi, non que la loi s’en soit expliquée, mais parce que le corps a été considéré positivement comme une partie intégrante de l'armée:

Le décret du 1° janvier 1791 partageait le corps de la

gendarmerie en vingt-huit divisions, et en mille cinq cent soixante brigades ; chaque division était une réunion de deux compagnies , et obéissait à un colonel; chaque brigade se composait de cinq gendarmes commandés par un maréchal des logis ou par un brigadier ; il y avait, sauf quelques exceptions, quinze brigades par département. Huit officiers généraux étaient les inspecteurs du corps. La robe-courte, nommée aussi gendarmerie judicielle, se transforma en gendarmerie des tribunaux. Le décret du 5 juin 1792 augmenta les brigades à cheval, reconnut des brigades à pied, et distribua la gendarmerie en légions; la gendarmerie détachée aux armées, pour y maintenir la police, fut placée en 1809 sous les ordres d'un grand prévôt, officier dont le titre, aboli longtemps, a depuis été rétabli, ayant un rang et des fonctions mal connus; il ne se trouve plus en harmonie avec les institutions d’une armée où il n'y a ni prévôts particuliers, ni prévôtés, ni jugements prévôtaux, ni exécuteurs de haute justice. Sous le premier empire, la gendarmerie, partagée em

!cinquante-huit escadrons, fut augmentée d’une gendarme-

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