GENDARMERIE — GENDRE
rie d'élite faisant partie de la garde impériale. Sous la Restauration, il y eut dans la garde royale un corps de luxe nommé gendarmerie des chasses. G*! BaRDiN.
Aujourd’hui la gendarmerie chez nous se compose : 1° de vingt-six légions pour le service de nos quatre-vingt-six départements et de l'Algérie; 2° de la gendarmerie coloniale, comprenant quatre compagnies pour la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, la Guyane, et un poste de trois brigades aux iles Saint-Pierre et Miquelon; 3° de la gendarmerie maritime augmentée en 1868; 4 de la garde ré publicaineà pied et à cheval; 5° des gendarmes vétérans; en tout, 25,000 hommes environ. Le régiment de gendarmerie de la garde impériale, créé en 185%, fut supprimé en 1869, et la gendarmerie d'élite de ce même corps fut licenciée en 1870. Ayant aujourd’huile même rôle qu'avait jadis la maréchaussée, la gendarmerie est établie pour veiller à la sûreté publique et pour assurer dans Pempire et aux armées le maintien de l’ordre et l'exécution des lois. « Cette admirable milice, lisons-nous dans un rapport du ministre de la guerre à l’empereur (1854), tête de colonne de l’armée, porte inscrits sur ses drapeaux et étendards les | deux mots Valeur et discipline. Son service à cheval compte près d’un tiers en plus de sa force totale, et forme le quart | à pou près de la cavalerie réglementaire en temps de paix. | Cette force de près de 14,000 chevaux est la plus belle, la | plus solide, la plus imposante cavalerie du monde; elle | égale en composition, en instruction, en discipline, la gen- | darmerie de l'empire, si renommée.
« En 1811, alors que la gendarmerie impériale comptait trente-quatre légions, que ces brigades faisaient le service | de guerre en Espagne et couvraient les départements loin- | tains du Zuyderzée et de l’'Ombrone, son effectif ne s’élevait qu’à 25,513 hommes, dont 15,000 environ de cavalerie. : « Les temps difficiles que nous venons de traverser ont : mis en relief le moral militaire de ces soldats et leur inébranlable dévouement à la cause de l’ordre et des lois. Un fait inoui prouve jusqu’à quel point brillent dans ce corps ) la moralité et l'honneur : des comptes de la justice militaire depuis dix ans il résulte que cette troupe de 20 à 25,000 hommes n’a à traduire annuellement devant les tribunaux ) qu’un ou deux des siens prévenus d'actions qualifiées crimes : ou délits par la loi,
« Napoléon avait donné à la gendarmerie le caractère de magistrature armée, qu’elle a conservé depuis, et qui n’a fait | que se développer chez ces hommes d'élite, recrutés parmi ) les mieux notés et les plus éprouvés de nos régiments. Sen- | tinelle infatigable, elle veille aux intérêts communs; elle Lest là où se trouve un droit à défendre, un individu à protéger. Auxiliaire des organes de la loi, son active surveillance est le plus solide fondement du bon ordre; ses in- Jformations promptes et exactes sont la garantie de la sécurité publique.
« L’abnégation du guerrier, a dit un écrivain, est une croix plus lourde que celle du martyr. Qui poussa jamais plus loin cette abnégation que ces hommes esclaves du devoir, qui jouent chaque jour leur vie, soit contre les hasards d'une rencontre avec des maifaiteurs, soit contre le fléau Ldestructeur de l’inondation et de l'incendie?
Un décret du 16 novembre 1851 a rétabli le comité de î la gendarmerie, chargé d'examiner toutes les questions intéressant l'arme, Un autre, du 17 mars 1854, porte rè- | lement sur l'organisation et le service de la gendarmerie. | À la suite de nos premiers revers sur le Rhin, un décret | du 11 août 1870 organisa deux régiments de gendarmerie, lun à pied, l'autre à cheval, formés des brigades des dé- | partements envahis. Appelés à défendre Paris, ils perdirent {beaucoup de monde pendant le siége, et plus tard dans les combats contre les troupes de la Commune.
{ GENDEBIEN (Arexanne), né à Mons, en 1789, Mune famille honorable, fit ses études à Bruxelles, où il ut reçu avocat; et par le talent ainsi que par la loyauté dont il fit preuve dans l'exercice de cette profession, il
acquit une clientèle aussi étendue que lucrative. De anne heure aussi il prit part à l'agitation politique provoquée parmi ses concitoyens par les fautes du roi Guillaume; et ce fut lui qui défendit M. De Potter, lors du second procès que lui fit intenter le pouvoir en 1830. Quand éclata la révolution de Septembre, le souvenir de la part importante qu’il avait prise à la lutte soutenue contre un régime antinational et oppressif était trop récent pour qu’on ne le comprit pas au nombre des membres du gouvernement provisoire qui se constitua alors. Quoique démocrate, il travailla d’abord à faire élire pour roi des Belges un prince de la famille d'Orléans. Les deux missions qu'il vint remplir à Paris en octobre 1830 et celle qu’accepta tout aussitôt après dans le même but M. Van de Weyer, échouèrent. également. Cependant, il n’en vota pas moins le 3 février 1831 en faveur de la candidature du duc de Némours. Sous la régence de M. Surlet de Chokier, il accepta Je portefeuille de la justice.
Après l'élection du prince Léopold de Saxe-Cobourg, il eut pu, avec moins de désintéressement, se faire adjuger comme tant d’autres quelque bonne et brillante sinécure ou de lucratives fonctions. Mais on vit alors cet homme, de formes si douces et d’un caractère si bienveillant, se distinguer par la violence de ses motions, par l’âcreté de sa parole, et se poser le défenseur quand même des principes démocratiques. C’est ainsi que, à l’occasion des premiers discours adressés au roi par M. de Gerlache en qualité de président de la chambre, il lui donna dans les journaux une sévère leçon de dignité. M. de Gerlache avait prosterné la chambre aux pieds du monarque; Gendebien la releva d’une main vigoureuse. En 1833 il proposa de mettre en accusation le ministre de la justice, pour violation de la constitution. Ce fut après une de ces luttes parlementaires, que, quelques mots amers ayant été échangés entre lui et son ancien collègue Rogier, un duel leur mit le pistolet à la main. Il se prononça surtout avec une grande énergie contre toute conces= sion à la diplomatie européenne, et en particulier contre l'abandon du Luxembourg. Enfin, fatigué de frapper dans le vide, il résigna son titre de député, et revint à ses affaires, qu’il avait trop négligées, et que sa nombreuse famille lui faisait un devoir de ne plus sacrifier à des-abstractions patriotiques. IL continua seulement de siéger encore pendant quelque temps au conseil municipal, où il fit de l'opposition comme à la Chambre. M. Gendebien conserva néanmoins une grande influence politique. Il mourut le 6 décembre 1869, à Bruxelles. Suivant sa volonté formelle, il fut enterré civilement.
GENDRE. La racine de ce nom est grecque ; on le donne à l’homme qui a épousé une fille, par rapport au père et à la mère de celle-ci. Un gendre n’est qu'un enfant de plus ; maïs les intérêts pécuniaires qu’il lui faut déméler avec les père et mère de sa femme en font souvent un ennemi de ceux-ci, quand la coutume du pays est de doter les filles et qu’elles héritent. Dans les classes élevées, les relations de famille sont accompagnées de formes polies, qui déguisent l’avidité et tous les sentiments bas dont elle est la source, ce qui n'empêche pas les procès d’être assez fréquents entre les gendres et les beaux-pères. La Bruyère a dit : Un beaupère aime son gendre, une belle-mère aime son gendre: Tous deux commencent, il est vrai, par se dévouer à celui de qui dépend le bonheur de leur fille; mais si, par ses vices ou ses défauts, il rend l'existence de leur fille insuvportable ; si elle est victime de ses désordres, ou de ses vio lences, au point de ne pouvoir les dissimuler, cette première tendresse des parents pour le gendre se change en aversion profonde. Quelquefois les mères persévèrent après le mariage de leurs filles à vouloir les guider dans le monde, ef, loin de réprimer la légèreté, l’étourderie, les passions inséparables de la jeunesse, elles les encouragent par leur imprévoyance et leur défaut de principes : c’est le gendre alors qui a raison de s'indigner et de rompre tout commerce avec sa belle-mère. Les pères, moins faibles, moins
occupés de leurs filles, assez disposés à l'indulgence quand il s’agit de leur sexe, se rendent moins coupables envers leurs gendres, et leur pardonnent davantage. Cependant, il est moins rare de voir un gendre d'accord avec les parents de sa femme qu’une bru d'accord avec les parents de son mari. Csse pe BRranl.
GÈNE, tout ce qui comprime nos mouvements , soit au moral, soit au physique. Dans bien des circonstances, la gêne, sans causer toujours un mal réel, se convertit à la longue en un véritable supplice, et gâte les positions les plus brillantes. 11 est des hommes qui, par la sévérité de leur caractère où la hauteur de leurs manières, mettent à la gène ceux même qu’ils aiment le plus : le maréchal de Montluc regrettait vivement un de ses fils, mort jeune à la guerre , et auquel il n'avait jamais permis de s’épancher en sa présence. Dans l'intimité, on est rarement tout à fait heureux avec les gens d’un caractère froid : ils arrêtent toute espèce d’eflusion : on peut les aimer pour leurs bonnes qualités, on peut leur devoir de la reconnaissance, mais on est toujours à la géne avec eux.
Comme rien n’embarrasse plus que d’avoir, en fait d’argent, son compte tout juste, on a appliqué à cet état fächeux le mot de géne. Ce n’est au reste ni pauvreté, ni détresse, car avec d'immenses revenus et certains vices on peut vivre dans une sorte de géne continuelle.
Les hommes qui embarrassent le plus dans le monde sont ceux qui ont pris l’habitude de vivre toujours sans gêne. Sous des dehors pleins de franchise et de bonhomie, ils suivent avec persévérance un plan d’égoisme que rien ne peut troubler : à force de prendre sur les uns, d’usurper sur les autres, ils finissent par posséder tout ce qu’il y a de plus agréable et de plus avantageux; enfin, se dégageant de certaines bienséances, ils restent les maîtres partout où ils sont reçus. SAINT-PROSPER.
GÉNÉALOGIE, Ce mot, composé de deux mots grecs, Yévos, race , et A6yos, discours, signifie histoire des parentés et des alliances d’une famille. On voit dans l’Ancien et le Nouveau Testament quelle importance la généalogie avait chez les Hébreux; les évangélistes nous ont transmis celle de Jésus-Christ, Généalogie était jadis synonyme de noblesse. Ainsi, l’on disait, en parlant d’un homme qui voulait se faire passer pour noble : « Cet homme se pique de généalogie, cet homme parle toujours de sa généalogie, ete. » A cette époque , comme beaucoup de charges et d'emplois, même inférieurs , n'étaient accessibles qu’à ceux qui pouvaient prouver leur noblesse, ou au moins un certain nombre d’aïeux , la généalogie était une chose importante. On n’eût pas élé reçu, par exemple, dans les chapitres de Lyon, de Vienne, elc., si l’on n'avait démontré qu’on possédait tant de quartiers ; et pour entrer dans certains ordres militaires , il fallait apporter la même preuve authentique, Nous sommes redevables à cetle circonstance d’un des derniers manuscrits sur parchemin qui aient été et seront jamais exécutés, et qui est aussi l’un des plus beaux. C’est le registre généalogique de l’École militaire de Saint-Cyr, actuellement déposé à la Bibliothèque nationale, Par suite de ce que nous venons de dire, il est facile de concevoir que les fonctions de généalogiste, loin d’être, sous l’ancien régime, aussi futiles qu’elles nous sembleraient aujourd’hui, qu'il n’y a plus ni noblesse ni généalogie sérieuse, étaient, au contraire, fort importantes. Le célèbre d'Hozier, dernier généalogiste royal, était un homme fort instruit, versé profondément dans la connaissance des vieux titres et des anciens instruments , et qui a rendu de véritables services à la vieille noblesse en l’éclairant souvent sur les limites ou l’origine de ses possessions. Malheureusement , tous les généalogistes n'étaient m aussi fidèles ni aussi consciencieux. Quelquesuns se laissèrent corrompre par cet amour-propré qui a créé les distinctions parmi les hommes, et qui les engagea à fabriquer des titres de noblesse aux parvenus assez vains pour en vouloir, Ce fut probablement ce qui donna lieu à ce proverbe : « Menteur comme un généalogisle, »
saint Matthieu ni pour ceux auxquels il adressait son Éval