‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 176 sur 552 · GÉNÉALOGIE DE JÉSUS-CHRIST — GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

GÉNÉALOGIE DE JÉSUS-CHRIST — GÉNÉRAL

gile, car, après avotr tracé sa généalogie pour montrer que le Christ était issu de David, il n'hésite pas de nous dire que Joseph n'était pas le père de Jésus; il savait donc aussi bien que nous que Jésus ne descendait de David que par sa mère, — Alors c'était la généalogie de Marie qu’il fallait donner. — Non : prouver que Joseph était du sang de David, c'était le prouver également pour Marie. —Comment? —Parce que, d’après la loi, Marie n’avait pu se marier que dans sa parenté. — Mais cette loi avait souffert plus d’une exception : sans parler de plusieurs étrangères, telles que Rahab et Ruth, qui figurent dans la généalogie

de Jésus, combien de femmes s'étaient mariées ailleurs que !

dans leur tribu! Michol, de la tribu de Benjamin, était la femme de David; Josabeth, du sang royal de Juda, était mariée au grand prêtre Joïada. — S'il était libre aux filles qui n'avaient point de part dans l'héritage de se marier où elles voulaient, celles qui étaient héritières, c’est-à-dire qui n’avaient point de frères , étaient obligées de se marier non-seulement dans leur tribu, mais dans la famille de leur père, afin que l'héritage demeurât dans la famille et qu’il n’y eût point de confusion dans les biens (Num., XXXVI). Or, Marie, unique héritière d’Héli ou Héliachim, n'avait pu épouser qu’un parent; par conséquent, si Joseph descendait de David, Marie en descendait aussi. D'ailleurs, il fallait faire voir en Jésus-Christ l'héritier légitime de David; la généalogie de Marie seule ne pouvait donner cette preuve. Jésus passait pour le fils de Joseph, il l'était aux yeux du publie , il l'était aux yeux de la loi, suivant cette maxime : Pater is est quem justæ nuptiæ demonstrant. Prouver que Joseph était fils David, c’était donner la preuve légale que Jésus avait droit à l'héritage de ce monarque.

Mais tout cela ne prouve pas que Jésus soit descendu de David.— C’est pour cela que saint Luc a donné la généalogie de Marie. Voulez-vous une filiation légale ? Saint Matthieu vous la donne par Joseph, père de Jésus selon la loi; demandez-vons une filiation de sang? vous la trouverez dans saint Luc, par Marie, sa mère selon la nature. Il nous resterait encore à examiner pourquoi saint Matthieu a parfasé sa généalogie en trois séries de quatorze générations ; comment , pour ne pas déranger son plan, il a rayé, d’un trait de plume, les trois rois Ochosias, Joas et Amasias, de la race de David, et sauté près d’un siècle pour faire Osias fils de Joram. Pour ces questions et d’autres encore, qu'on pourrait soulever, nous préférons renvoyer aux commentateurs , qui les ont toutes résolues ; voyez entre autres les Réponses criliques de Bullet. L’abbé C. BANDEviLLr.

GENELLI (BoxayenrurA), dessinateur plein d’imagination et d'originalité, est né à Berlin en 1803. Après avoir suivi pendant deux années les cours de l’Académie de cette ville, il se rendit en 1820 à Rome, où il fit un séjour de douze années consécutives, employées à se perfectionner dans son art d’après l'exemple et les conseils des artistes allemands au milieu desquels ily vécut, et notamment de Cornelius. Ce qui dominait chez Jui, c'était une hâte extrême dans la production de ses idées et une tendance toute particulière à inventer et à créer; qualités qui s’opposaient à ce qu’il apportât toujours beaucoup de fini dans son exécution, du moins pour les grands sujets. Il le prouva bien à son retour d'Italie à Leipzig, où il entreprit de peindre dans l'édifice appelé das Ræmisches Haus une suite de scènes empruntées au mythe de Bacchus, mais où il n’acheva que quelques petites figures placées au-dessus des fenêtres et la composition du plafond (Bacchus et les Muses qui dansent pendant que Comus joue de la musique ).

Genelli vint alors se fixer à jte Ses nombreux dessins, dont les sujets sont empruntés à tous les ordres d'idées, aux souvenirs classiques, au domaine de l’ imagination ou

encore aux mille détails de la vie commune, sont aujour- |

d’hui répandus dans toute l'Europe. Nous nous bornerons |

à mentionner iei les principaux : Hercule jouant de La lyre; Marche triomphale de Bacchus et d'Ariadne; Un

Tigre avec ses pelils el des Amours; Eliézer mettant à :

DICT, DE LA CONVERS, — ", x.

Rebecca ses bracelets, figures éminemment orientales et pleines de caractère; L'Enlèvement d'Euro; 2; Samson ef Dalila; La Vision d’Ezéchiel; La Destruction de Sodome; La Vie d'un Prodique, en 18 feuilles, qui ont aussi été gravées; une Téle colossale de don Quichotte, d'un effet extraordinaire; 25 esquisses pour l’'Homère de Voss, gravées par Genelli lui- même ; Jason et Médée, pour l Album des artistes allemands ; ; Esope assis sur un rocher et récitant ses fables au peuple, œuvre de la conception la plus grandiose; esquisses pour la Divina Commedia du Dante,

36 feuilles publiées à Munich, et gravées aussi par Genelli ; la Vie d’une Sorcière, en 10 feuilles, gravées par Merz ef Gouzenbach, texte d’Ulrici. Les compositions de Genelli abondent en idées neuves et frappantes ; et quelquefois cette abondance est telle qu’elle leur nuit. Ce qui les distingue

: éminemment, c’est quelque chose de grandiose et de majes-

tueux, c’est la grâce et la douceur, c’est le sentiment du beau antique. Genelli est mort en 1868, à Weimar.

GENERAL. Ce titre indique un officier milifaire qui commande plusieurs corps de troupes et de différentes armes, sans appartenir à aucun en particulier. Le plus élevé en grade des officiers attachés à une troupe qu’il commande toujours est le colonel; au-dessus de lui viennent les généraux, qui forment eux-mêmes aujourd’hui en France dans l’armée de terre trois degrés hiérarchiques : les généraux de brigade, les généraux de division, et les maréchaux. Dans d’autres pays, on y ajoute différents autres échelons, qui, à les bien considérer, ne sont que des classifications se réduisant en principe aux trois degrés que nous avons indiqués ci-dessus : ce sont les brigadiers, les généraux d'infanterie, de cavalerie, d’artillerie, les capitaines généraux , etc. Nous avons compris les maréchaux au nombre des grades militaires, quoique, selon quelques personnes, le maréchalat soit simplement une dignité, parce que depuis long temps (vers 1200) ils ne sont plus employés qu'aux armées, et qu'ils ne sont choisis que parmi les généraux.

L'origine de l’emploi du titre de général comme appellatif des grades supérieurs militaires, quoiqu’elle ne soit pas très-ancienne, ne saurait cependant pas être fixée avec précision. Il n’y a dans la hiérarchie militaire aucun grade qui soit désigné par le titre seul de général. Cependant, ce mot était nécessaire, et rien ne peut exprimer plus clairement l’ensemble des officiers supérieurs qui commandent une portion plus ou moins grande d’une armée, formée de plusieurs corps distincts, que le titre d'officiers géné- Taux.

L'emploi des officiers généraux a beaucoup varié. Il fut d’abord fixe dans la nature et l'étendue du commandement de chaque grade. Chez les Grecs, les trois grades d'officiers généraux étaient le mérarque, le phalangarque et le polémarque, ou stratége, ou général en chef. Chaque armée, formée régulièrement, se composait d'un nombre déterminé de phalanges simples , dans l’organisation desquelles étaient compris les deux premiers officiers généraux. Chez les Romains, pendant la durée de la république, les officiers généraux étaient les dr'ibuns militaires, au nombre de six dans chaque légion, et dont chacun la commandait à son tour ; les légats, ou lieutenants généraux, choisis par le gépéral en chef, et qui n'avaient point de commandement fixe ; les questeurs, majors et intendants généraux ; et les généraux en chef, préteurs ou consuls, et par conséquent magistrats, de la république. Sous les empereurs jusqu’à Constantin, les généraux en chef ne furent plus que les légats, ou lieutenants généraux de l’empereur, quoique toujours pris parmi les citoyens qui avaient au moins exercé la questure. Les légions eurent chacune un tribun, ou préfet, pour commandant en chef; la cavalerie fut organisée par ailes ou brigades, ayant chacune son chef. Plus tard, l'emploi dans les armées de corps auxiliaires étrangers, la plupart pris parmi les barbares, tour à tour alliés et ennemis de l'empire, multiplia le nombre des offciers généraux, qu’on

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